‹ Essai d'une instruction sur le passage des rivières et la construction des ponts militaires à l'usage des troupes de toutes armesChapitre 35 sur 48 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Reconnaissance du cours des rivières.

On ne peut vouloir franchir une rivière , surtout proximité de l’ennemi , avant d’avoir reconnu une partie de son cours , cette reconnaissance est indispensable , elle doit avoir pour but de connaître les dispositions militaires prises par l’ennemi , et de déterminer l’emplacement le plus favorable à l’exécution du passage projeté, ainsi que les mesures à prendre pour l’établissement des communications dont on compte se servir.

Les officiers chargés de cette reconnaissance examineront avec soin les chemins qui aboutissent à la rivière, la nature des rives , les facilités qu’elles présentent, ouïes difficultés qu’elles opposent à l’embarquement et au débarquement des troupes et à la construction des ponts ; si elles sont escarpées ou en pente douce , découvertes ou boisées. En s’approchant du bord de l’eau , ils prendront quelques précautions pour n’étre pas vus par l’ennemi, qui pourrait soupçonner les projets qu’on a conçus , et s’y opposer ; ils profiteront de l’entrée de la nuit pour mesurer la largeur de la rivière et la vitesse du courant aux endroits qui auront paru favorables à l’exécution du passage.

La conformation des rives, l’aspect de l’eau, la direction que suit le thalweg, la nature du fond , la forme du lit, suffisent pour indiquera un œil exercé le régime habituel du cours de la rivière.

Si l’on peut se procurer une nacelle légère , on s’en servira pour explorer de nuit le cours de la rivière, on aura la précaution d’envelopper de peaux les tolets , la partie de la rame qui frotte contre les tolets , ainsi que les palettes des rames , afin d’en amortir le bruit ; arrivé à l’emplacement qu’on a jugé devoir particulièrement convenir à l’établissement des ponts , on y sondera la rivière dans toute sa largeur, la sonde indiquera la profondeur de l’eau , la nature du fond , et l’on s’assurera ainsi qu’il n’existe point de bas-fonds qui empêcheraient ou retarderaient la construction des ponts , ou qui seraient un obstacle invincible à franchir par les bateaux chargés des premières troupes de débarquement ; on contournera les lies , l’on reconnaîtra leur position, leur étendue, et si elles peuvent favoriser l’exécution du passage. On s’approchera aussi près qu’on le pourra de la rive ennemie, on cherchera même à y aborder, et, tout en explorant le terrain , on tâchera de découvrir les positions de l’ennemi et ses préparatifs de défense. Au défaut de nacelle , on ferait traverser la rivière par quelques bons nageurs à l’emplacement où l’on a dessein d’effectuer le passage.

Si la rivière est guéable en quelques points , on s’assurera , en parcourant les gués dans toute leur étendue , qu’ils sont encore praticables , et que l’ennemi ne les a point détruits.

L on reconnaîtra aussi avec soin les ressources de toute nature que l’on peut trouver à proximité delà rivière , et celles que l’on pourra utiliser pour l’établissement des com-, munications. On complétera ces renseignements en con-. sul tant avec circonspection les habitants et surtout les bateliers du pays.

On peut se borner, quand une armée est arrivée sur

ESSAI D ONE INSTRUCTION

le bord d’une rivière qu’elle doit franchir, à ne reconnaître , pour la détermination du mode de passage et des dispositions militaires à ordonner, que la partie de son cours qui se trouve comprise sur la ligne d’opération de l’armée.

Mais lorsque les armées occupent une grande étendue de pays coupée par plusieurs cours d’eau , ce n’est plus le cours d’une seule rivière qu’il faut connaître, on doit étudier tout le système hydrographique de la contrée ; une connaissance approfondie de la direction générale des rivières, de leur importance, du parti qu’on peut en tirer pour l’attaque et pour la défense, est aussi nécessaire aux combinaisons de la stratégie qu’à la réussite des opérations de la tactique.

De là la nécessité, aux olficiers qui seront chargés de l’exécution du passage des rivières , de se procurer , avant d’entrer en campagne , des renseignements exacts sur le cours de toutes les rivières que l’on présume devoir reni contrer sur le théâtre de la guerre. Ou établira , pour chaque rivière , un mémoire particulier accompagné de croquis , on consignera dans ce mémoire toutes les notions que l’on pourra puiser dans les meilleurs ouvrages de géographie ou de voyages , dans les cartes générales ou particulières du pays, et surtout dans les mémoires militaires des généraux célèbres qui ont décrit leurs campagnes.

On connaîtra approximativement par ce premier travail tout le cours d’une rivière depuis sa source jusqu’à son embouchure , quelques particularités sur le mouvement des eaux, l’époque des crues , la navigation en usage, les principales villes fortes ou commerçantes situées à proximité des rives , leur population , le genre d industrie des habitants , les ressources de toute espèce que l’on

peut espérer trouver dans le pays , les grandes routes qui longent ou qui coupent les rivières, les principaux points de passage , etc., etc.

On s’attachera surtout à connaître les événements militaires qui se sont passés sur les bords de la rivière, ainsi que les passages effectués par les armées , et comment ils l’ont été.

Ces premiers documents serviront à régler la composition des équipages de pont à mener à la suite de l’armée , et ils éclaireront les officiers sur la nature des opérations qu’ils auront à diriger par la suite.

En avançant dans le pavrs, l’on rectifiera et l'on complétera les renseignements donnés par les livres et par les cartes, et qui seront toujours très-imparfaits. On explorera autant que possible le cours de toutes les rivières que l'on rencontrera, quand bien même leur passage ne présenterait aucune difficulté; l’on ne peut prévoir les événements qui surviendront, et le cours d’une rivière que l’on aurait négligé de reconnaître peut devenir plus Lard une base importante d’opérations.

Les objets qui doivent fixer l’attention des officiers chargés de la reconnaissance sont si nombreux qu’il ne sera pas inutile de les énumérer en .ajoutant quelques observations sur la manière de les envisager et de les décrire; ce sera en quelque sorte tracer le cadre qu’on aura à remplir.

Sources : on dira leur nombre, leur position, si elles sont abondantes. On fera connaître si la rivière prend sa source dans des montagnes élevées et couvertes de neige, dans des montagnes boisées ou non, dans un pays montueux ou de plaines, car on peut tirer de ces considérations des inductions sur l’époque et la durée des crues, sur la vitesse du courant, etc.

( Tom. 1 , 3r lav. } 30

,'»6C essai d’une instruction

Direction générale du cours de la rivière : elle s’indique par rapport aux points cardinaux. On a remarqué que les rivières qui coulent en ligne droite ou en pays de montagnes ont ordinairement plus de vitesse que celles qui serpentent beaucoup ou qui traversent un pays de plaine.

Embouchures : la rivière se jette-t-elle dans une autre rivière ou dans la mer? a-t-elle plusieurs embouchures? Si l’on décrit un fleuve qui se jette dans une mer sujette au flux et au reflux, on fera connaitre jusqu’où se font sentir les plus grandes , les moyennes et les plus petites marées , et quelle est à l’embouchure la différence de niveau entre la plus grande hauteur et le plus grand abaissement des eaux.

On décrira successivement, et d’amont en aval, les villes , villages , usines, etc., qu’on trouve sur les bords de la rivière, et l’on indiquera le nom des rivières ajjluentes et la position des confluents. On désignera la position des villes et villages , on donnera des renseignements précis sur leur étendue, leur population, leur commerce , leur industrie ; sur leurs usines, et particulièrement les scieries et les forges; sur les ressources que ces lieux oflrent en bateaux , nacelles , tonneaux , ancres , cordages , bois propre aux radeaux, aux poutrelles et madriers de ponts, en charbons et en fer pour clameaux ; sur le nombre d’ouvriers en bois, en fer, de cordiers ; sur les chantiers de construction de bateaux ; sur le nombre de chevaux de halage et de voitures agricoles ; on indiquera le genre de construction des maisons. Si la place est fortifiée, on fera connaître le système et l’état des fortifications , la garnison qui y est renfermée , les armements et approvisionnements de toute espèce, et si le feu du canon peut interrompre la navigation. On donnera la largeur, la profondeur de la rivière et la

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vitesse du courant aux endroits les plus remarquables , et de distance en distance.

Cette description des lieux étant achevée, on fera connaître d’un point à un autre , et toujours d’amont en aval , savoir î

La forme des rives , leur nature, leur élévation, leur escarpement, leur commandement, leurs sinuosités et les positions militaires avantageuses qu’elles présentent. Si elles sont marécageuses , on dira quelles sont la position et l’étendue des marais, eten quelles saisons ils sont praticables.

Le lit : est-il constant ou sujet à varier par l’efïet des crues ou d’autres causes ?

Le fond : on dira si le fond est de rocher, s’il est couvert de pierres grosses, angulaires ou rondes, de galets, de gravier plus ou moins gros , de sable , de terre argilleuse ou «le vase, s’il est embarrassé de roseaux ou de bancs de sable mouvant. On s’attachera surtout à bien connaître le fond aux endroits où la rivière est gucable et à ceux désignés comme favorables à l’établissement des ponts, afin que l’on sache les moyens qu’il convient d’employer pour assurer l’ancrage des ponts.

Le courant : on donnera sa vitesse par seconde en différents endroits de la rivière lors des hautes, des moyennes et des basses eaux. S’il y a des remous dangereux on les signalera, et l’on dira la direction que suit le thalweg.

Les crues : la rivière est-elle sujette à des crues périodiques ou seulement à des crues accidentelles ? en résulte-t-il des inondations , des changements dans le lit ? On assignera les causes, les époques ordinaires et la durée des crues, ainsi que l’étendue de terrain qu’elles inondent.

Les glaces et débâcles : on fera connaître si la rivière prend pendant l’hiver ou si elle ne fait que charier des gla-

4Ô8 ESSAI d'une instruction

çons ; si la glace devient assez épaisse pour porter des hommes, des chevaux , des voitures. A quelle époque arrive la débâcle. Ses effets ordinaires.

Les lies : on indiquera leur position, leur grandeur; sont-elles habitées, cultivées, boisées, ou en bruyères marécageuses, sujettes à être inondées par les crues ? peuventelles servir à masquer les préparatifs d’un passage?

Les barrages , écluses , épis , digues et autres travaux d’art : les barrages qui existent sont destinés à faciliter la navigation, à faire aller des usines, ou .à changer la direction de la rivière. S’il y a des gués en aval, subsisteront-ils encore après la destruction des barrages ?

Les écluses peuvent-elles servir à produire des inondations, quelles sont les dimensions des portes, des sas?

Quel est l’effet des épis sur le courant? sont-ilsconstruits en fascinage ou par empierrement? les digues sont-elles en bon état, et quelles sont les inondations qui résulteraient de leur rupture en plusieurs endroits ? sont-elles assez élevées pour masquer les préparatifs d’un passage ?

La navigation : on indiquera le point où la navigation descendante commence, et celui où se termine la navigation ascendante; si la navigation est interrompue une partie de l'année , par les crues, par l’abaissement des eaux ou par les glaces; si l’on fait usage de bâtiments à la voile, de bateaux à vapeur, et jusqu’à quel point du cours de la rivière 1 on peut s’en servir. Y a-t-il des passages difficiles ou dangereux, et quelles sont les précautions à prendre pour les franchir? Lorsque la rivière se divisera en plusieurs bras, on dira quel est celui qu’il faut suivre en descendant, quel est celui qu’il faut prendre en remontant ; sous quelle arche des ponts on doit passer ; quelle est la largeur de cas arches.

On mentionnera les diverses espèces de bateaux qui naviguent sur la rivière, leurs principales dimensions, leur forme, leur solidité de construction; quel est le poids de leur chargement lors des hautes, des moyennes et des basses eaux. On dira s’ils peuvent servir à la construction des ponts militaires, et quel serait le temps nécessaire pour en rassembler un certain nombre à un point indiqué.

Les vents : quelle est la direction des vents régnants? soufflent-ils d’amont ou d’aval, favorisent-ils la navigation? les ouragans sont-ils fréquents ?

Les chemins de halage : on indiquera leur nature-, s’ils sont praticables pour des hommes et des chevaux ; en quels endroits ils sont interrompus par des fossés , bois, marais , etc., où ils changent de rive.

Les routes et chemins : on décrira les routes et les chemins qui aboutissent à la rivière ou qui longent son cours, en faisant connaître les lieux habités entre lesquels ils établissent une communication; leur largeur, leur état ;. s’ils sont praticables pour l’artillerie ou seulement pour l’infanterie; s’ils exigent de grandes réparations; quels sont les endroits où l’on pourrait facilement établir un chemin joignant le bord de la rivière à une roule qui longe son cours.

Les moyens de communication entre les rives : on- mentionnera 1’emplacement des gués , leur profondeur , la nature de leur fond , leur direction , les points remarquables qui les feront retrouver ; s’ils sont praticables pour l’infanterie, la cavalerie et l’artillerie. On fera connaître l’emplacement des ponts volants, des trailles, des bacs ; le nombre d’hommes , de chevaux , de voitures qu’ils peuvent transporter dans un seul trajet , et le temps que dure chaque passage. Pour les ponts, on désignera leur espèce, leur em-

placement , leurs abords et débouchés , leur longueur, largeur, élévation, les matériaux dont ils sont formés; leur état, les fardeaux qu’ils peuvent supporter, les réparations dont ils ont besoin, les moyens de les détruire.

Les affluents seront reconnus avec autant de soin que la rivière principale, surtout s’ils sont navigables et qu’ils peuvent servir aux préparatifs d’un passage.

Si l’affluent est un canal de navigation , on dira quelles communications il établit, on décrira ses écluses, et l’on fera connaître tout ce qui est relatif à sa navigation.

Tels sont les principaux objets qui doivent fixer l’attention.

On y ajoutera quelques considérations générales sur la statistique et la topographie du pays arrosé , scs productions, les ressources de toute nature qu’on peut y trouver; sur le commerce et l’industrie des habitants, et l’on terminera par l’indication des lieux qui semblent devoir être favorables à l'établissement des ponts militaires et aux positions h occuper pour s’opposer h un passage, ou pour garder et défendre la plus grande longueur possible du cours de la rivière. Enfin, dans un résumé concis, on récapitulera cç que le mémoire de reconnaissance renferme d’important , et ce qui mérite de fixer plus particulièrement l’attention d’un chef d’armée.

Les mémoires sur les reconnaissances des rivières devront être rédigés avec ordre , clarté , et une grande précision , et sur un plan uniforme pour faciliter les recherches.

L’empereur Napoléon voulait que les mémoires de reconnaissance fussent toujours du style le plus simple et purement descriptif , et que l’on ne craignît pas d’entrer dans les détails les plus minutieux ; mais il exigeait aussi

SUR LE PASSAGE DES RIVIÈRES. à7i

que l'on ne s’écartât jamais de son sujet pour présenter des idées étrangères ; une méthode précise était la seule qui convenait à l’empereur.

« Quand je demande, disait-il, une reconnaissance , je » ne veux pas qu’on me donne un plan de campagne ; le » mot Y ennemi ne doit pas être prononcé une seule fois » dans tout le mémoire. »

L’importance que tout chef d’armée attache avec raison à posséder un bon mémoire de reconnaissance ; les difficultés que l’on pourrait éprouver à coordonner les résultats de recherches aussi variées que nombreuses que comporte la reconnaissance d’une rivière, nous engagent à donner ici un extrait d’une reconnaissance faite sur le Danube , de Passau à Lintz < nous joindrons ainsi l’exemple au précepte.

Reconnaissance du Danube de Passau à Lintz (I).

Source et embouchure. Le Danube prend sa source à Donaueschingen , dans le Wurtemberg , traverse le Wurtemberg, l’Autriche, la Hongrie, une partie de la Turquie , et se jette par six embouchures dans la mer Noire , après un cours d’environ 1,200 lieues, et après avoir reçu près de 200 rivières, dont 60 propres à porter bateau.

Où il commence à porter bateau. Le Danube commence à porter bateau à Ulm; on peut le remonter jusque là avec les bateaux de moyenne .grandeur, lorsqu’ils sont peu chargés , ou que les eaux sont considérables ; dans le

(1) 17 lieues du cours du Danube. Cet article est élirait d'un mémoire sur la reconnaissance du Danube, de l'Inn et de la Salza, etc-, rédigé en 1800 par M. Lavilette, alors lieutenant d'artillerie-

ESSAI DUNE INSTRICTION

cas contraire, on ne le remonte que j usqu a Giüizbourg , 5 lieues au-dessous d’Ulm. On ne peut naviguer avec les plus grands bateaux que sur la partie du fleuve qui est au-dessous de Passau. C’est surtout à partir de celte ville que, grossi des eaux de l’Inn, le Danube devient extrêmement important.

Villes , villages, usines, etc., qu’on trouve sur les bords et rivières qu’il reçoit (fig. 42, PI. 11). La ville de Passau est située précisément au confluent des rivières de l’Inn et de l’Ilz ; ce qui la divise en quatre parties : la première, sur la droite de l’Inn, se nomme Innstadt ; la deuxième, entre la rive gauche de llnn et la rive droite du Danube, est la ville de Passau proprement dite; la troisième, entre la rive gauche du Danube et la rive droite de l’Ilz, est la citadelle, qu’on nomme Ober-IIausen; enfin la quatrième , sur la rive gauche de l'ilz , s’appelle llzstadt.

La ville de Passau est la mieux bâtie, quoiqu’elle ait quelques restes d’ancienne construction ; Innstadt est plus ancienne encore, et Ilzstadt a toutes ses rues étroites et incommodes pour la circulation des voitures ; toutes trois sont entourées de murailles crénelées dans la partie de leur contour, dont l’approche n’est pas défendue par l’eau, et sont assises , surtout Passau et Ilzstadt, sur un terrain inégal. On communique de l’une à l’autre par des ponts.

Les trois villes ont ensemble 800 maisons et 9,500 habitants (1). Passau compte pour sa part 500 maisons, et environ 6,000 habitants.

On pourrait y réunir , dans un rayon de deux lieues.

(I) On compte maintenant 11,000 habitants , et depuis 1800 on a augmenté le» fortifications de Passau et bâti de belles casernes.

300 chevaux de trait en un jour, et une trentaine de paires de bœufs , quoiqu’on s’en serve fort peu pour l’attelage ; on peut y rassembler aussi 500 chevaux de halage dans les mêmes circonstances.

11 y a cinq chantiers de construction , trois à llzstadt, sur le Danube et sur l’ilz , et deux sur l’Inn, dans le faubourg de Passau.

En partant de Passau, on trouve, en descendant le Danube à 1/2 lieue , et sur la rive droite, le village de Haybach, de 13 maisons; il est situé sur le ruisseau de même nom, qui dans un cours de 5/4 de lieue fait aller 9 usines, savoir : 4 forges , 2 scieries, 2 moulins à farine et 1 à polir les instruments de fer et d’acier.

Dans les forges, on fabrique toutes les espèces d’outils propres à l’agriculture, à la guerre et aux arts mécaniques; elles sont à 2 feux et à 2 et 3 martinets; on tire les fers qui s’y emploient du pays de Steyer , où il coûte 8 kreutzer ( o. fr. 29 ) la livre.

Le moulin à repasser a 3 meules et 2 polissoirs. Les scieries débitent en 4 heures un arbre de sapin de 18 pieds de long et de 10 pouces de diamètre, qui fournit 19 planches. Une planche coûte ordinairement de 20 à 24 kreutzer (0.85 cent.); les scieries ne cessent d’aller que pendant les grandes chaleurs ou pendant les gelées.

Le Haybach coule dans un ravin peu escarpé , et l’on communique avec assez de facilité de Passau avec les diverses usines qu’il fait aller, mais avec des voitures de 44 pouces de voie au plus.

Le village n offre de ressources en aucun autre genre.

A celte lpmteur, le Danube fait un coude dans lequel on réunit en hiver, et pour les préserver des glaces , tous les bateaux destinés au transport du sel qu’on tire des bords

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de la Salza, il en contient ordinairement de 100 à 150, cet

endroit se nomme Lindau.

Les montagnes qui bordent le fleuve sont coupées par plusieurs ruisseaux qui y forment des ravins plus ou moins praticables. Le premier praticable est sur la gauche, à une lieue de Passau; le ruisseau qui y coule a 3/4 de lieue de cours, et fait aller tout près de son confluent un moulin considérable, nommé Kleigmuhl.

La route qui sort d’Ilzstadt, et qui côtoie la rive gauche, a un embranchement dans ce ravin ; il conduit en Bohême, et sort du ravin par une rampe assez rapide, mais solide et très-praticable; on y trouve à 1 li. 1/2 le château de Turnau, et partout un pays de montagnes et beaucoup de bois, tous de sapin.

A 5/4 de lieue, et aussi à gauche , le fleuve reçoit un autre ruisseau de 5/4 de lieue de cours , et qui fournit presque continuellement de l’eau à un gros moulin, nommé Kermuhl, situé à l’entrée du ravin.

A 1 li. 3/4 de Passau, le Danube reçoit à droite le Scholbach, petite rivière de 4 li. de cours ; depuis sa source elle coule dans un ravin profond et très-peu praticable, et près de sou confluent elle fait aller un moulin et une scierie.

Vis-à-vis, sur la rive gauche , il y a un chemin extrêmement roide, pratiqué sur le revers, et qui conduit au village de Kellberg , de 1 5 maisons ; il sert de débouché aux habitants d’Iglouf, hameau à 2 li. de Passau.

A 2 li. 3/4 , dans un petite espace que les montagnes de droite laissent au bord du fleuve, est situé le hameau de Pirckwang, de 15 barraques de pêcheurs.

A 3 lieues, on trouve Obernzell , bourg de 180 maisons et 1,100 habitants , avec un château entouré de fossés, il est situé sur la rive gauche du Danube, etc., etc.

Nous ne pousserons pas plus loin la reconnaissance des bords du Danube ; ce que nous avons donné suffit pour indiquer comment on doit traiter cette partie de la reconnaissance d’une rivière.

Formes des rives. Entre Passau et Lintz, le Danube traverse un pays de montagnes et de bois, il coule dans un lit resserré entre des hauteurs qui, à gauche, le bordent jusqu’au delà de Lintz, et, à droite, ne s’en éloignent qu’à Aschau , mais d’une demi-lieue au plus et dans un espace de 4 lieues seulement. Près de Passau, elles sont peu considérables , et elles permettent au fleuve de s’étendre dans une largeur de 180 toises ; celles de droite descendent en pente douce, celles de gauche sont escarpées et ne laissent entre elles et le Danube que la route d’Obernzell, mais, à mesure qu’on descend, toutes augmentent sensiblement, et à 1 lieue de Passau elles se rapprochent , de manière à resserrer le fleuve dans une largeur de 100 à 120 toises au plus, là celles de droite deviennent escarpées comme celles de gauche, et les unes et les autres continuent à augmenter, mais d’une manière moins sensible jusqu’à Engelhartzell.

Dans cet espace, les montagnes de droite, qui ne sont presque pas habitées, sont toujours escarpées, celles de gauche cessent de l’être près d’Obernzell, et forment près du bord une petite plaine dans laquelle ce bourg est situé , elles Relèvent en pente qui permet à peine la communication avec l'intérieur du pays ; et au-dessous d’Obernzell jusqu’à Engelhartzell elles laissent sur le bord un espace lanlOt considérable, tantôt étroit , mais toujours suffisant pour le halage.

Depuis Engelhartzell jusqu’à Aschau, il y a de part et d’autre des falaises escarpées qui ne laissent que rarement

•V76 ESSAI d’une instruction

de petits espaces sur les bords et point de communication

suivie le long des rives.

A Aschau les hauteurs s’abaissent; celles de droite s’éloignent du fleuve et suivent une direction qui d’abord est presque perpendiculaire, puis devient à peu près parallèle au Danube; elles forment une plaine de 3/4. de lieue de largeur au plus, qui contient Ellerding et une partie de la route de cette ville à Passau-

Elles se rapprochent ensuite à Willring, elle fleuve reprend jusqu a Lintz l’aspect qu’il avait au-dessus d’Aschau ; il est alors côtoyé à droite par une grande route et à gauche par un chemin, qui tous deux conduisent de Lintz à Passau.

A Lintz les hauteurs de droite se terminent par un mamelon, sur le sommet duquel est bâti l’ancien château ; la rive gauche ne cesse d’être bordée par des hauteurs considérables, mais elles deviennent moins escarpées et descendent vers le fleuve en pentes très-allongées.

Cours du fleuve , îles. Depuis Passau jusqu’à Scldein , le Danube coule à peu près du N. -O. au S.-E. , là il change de direction et coule dans un sens absolument contraire l’espace de \fl li., il se dirige ensuite de l’O. à l’E. pendant une lieue, puis tourne au S., où il se dirige l’espace de 5 de li. ; il reprend ensuite la direction vers l’E. pendant une lieue, et descend à peu près du N. au S. jusqu’à Efferding, d’où il coule de l’O. à l’E. jusqu’à Lintz.

Au sortir de Passau, le Danube a 180 toises de largeur, mais, à une lieue plus loin, il commence à se rétrécir, et, avant que d’entrer dans le défilé que forment les hauteurs qui le dominent, il baigne plusieurs îles, dont la principale a plus de \jk de li. de longueur. Depuis là jusqu’à Aschau

il est «l’une largeur à peu près constante de 100 à 120 toises. A Aschau il commence à s'étendre en largeur et à former beaucoup d’îles; cette dimension augmente jusqu’à devenir 1/2 li. environ, et diminue ensuite au village de Willring, où le fleuve rentre dans une gorge et reprend sa largeur ordinaire. Toutes les îles qu’il forme sont peu élevées audessus du niveau des eaux, et boisées, pour peu qu’elles soient considérables; les petites ne sont, à proprement parler, que des bancs de sable et de gravier.

Lit ( thalweg ) et encaissement. Le lit du Danube est presque constamment à gauche; la rive de ce côté est encaissée ; celle de droite l’est moins, et entre presque partout dans le fleuve par une pente douce; c’est toujours aux dépens de cette dernière que le Danube s’étend en largeur.

Fond. Le fond est généralement siliceux; il est rocailleux dans les défilés , et de sable et de gravier dans les plaines.

Crues. Les crues du Danube sont dues principalement aux pluies; celles de la tin de l’hiver en causent ordinairement une en mars; il y en a d’ailleurs assez régulièrement une en août causée par la fonte des neiges; celle de mars est la plus considérable.

L’eau s’élève communément de 10 à 12 pieds au-dessus de son niveau; mais il arrive quelle va quelquefois jusqu’à 20 pieds; ces crues sont rares. En général le Danube croît toujours après des pluies un peu prolongées.

Inondations. La forme des rives rend les crues peu dangereuses sous le rapport de l’inondation ; partout, excepté dans la plaine d’Efferding, ces rives la contiennent, et elle s’étend au plusjusqu’aux premières maisons des villes et des villages. Dans la plaine elle vient aux portes d’Eflerding, couvre la grande route de Schoncring. et force quelquefois

V7S ESSAI d’une instruction

les habitants <les hameaux , situés entre le fleuve et la chaussée, à se réfugier dans la partie la plus élevée de leurs maisons et même à les abandonner ; dans tous les cas l’inondation dure 2 ou 3 jours au plus.

Gelées. Le fleuve ne gèle que dans les hivers rigoureux, et alors la glace peut porter. Voici le procédé que les habitants emploient pour la traverser facilement : ils couvrent la glace de paille, sur laquelle ils jettent de l’eau qui la fixe en se gelant.

Navigation, passages difficiles. Le Danube est généralement assez rapide et cependant d’une navigation facile; les inondations même ne l’empêchent pas, quoique ce fleuve coule alors avec beaucoup de vitesse.

Il n’y a entre Passau et Linlz qu’un seul passage dangereux ; c’est la hauteur de Schlein, à l’endroit où le fleuve change totalement de direction ; le vent qui s’engouffre dans les gorges s’oppose à ce que les bateaux doublent la pointe que forme la rive gauche. En cet endroit, les bateliers doivent user de grandes précautions, d’autant plus que des rochers qui avoisinent Schlein rendent ce point plus dangereux encore. Tous les grands coudes du fleuve oflrent cet inconvénient, mais à un degré plus ou moins considérable ; aucun n’est , à beaucoup près, aussi dangereux que celui de Schlein.

On peut remonter le Danube , de Passau à Ulm , en 30 jours; il n’en faut que 6 pour faire ce trajet en descendant : on va à Lintz en 1 jour 1/2 ; il en faut cinq pour revenir. On met de Passau à Vienne 4 jours 1/2 en descendant, et 17 en remontant.

Le temps le plus favorable pour la navigation est le printemps et le commencement de l’automne ; les bateliers qui connaissent le fleuve saisissent pour le descendre

le commencement des inondations ; ils vont alors d’une vitesse extraordinaire.

Chantiers , bateaux quon y construit. C’est à Passau que sont les principaux chantiers de construction ; on y construit 12 espèces de bateaux.

Ceux de la plus forte espèce sont nommés kelhaims; ils ont quelquefois jusqu’à 132 pieds de longueur, 22 pieds de largeur, 5 de hauteur, et des bordages de 3 pouces 1/2 d’épaisseur; ces bateaux ne sont pas construits avec beaucoup de soin : leur grandeur ne leur permet pas de remonter le fleuve. Les bateaux , de la plus petite espèce , se nomment oueitzelles ; ils ont 20 à 24 pieds de longueur sur 3 à 4 de largeur , 2 de hauteur et 1 pouce d’épaisseur.

Les klotzelles ont de 108 à 132 pieds de longueur , 10 de largeur et 5 de hauteur.

Les sexcrines de 90 à 108 pieds de longueur, sur 12 à 16 de largeur et 5 de hauteur.

Les simmerines de 60 à 90 pieds de longueur, 9 à 12 de largeur, et 3 à 4 de hauteur.

Les enstelplettes ont 50 à 54 pieds de longueur ; ils servent à passer les chevaux d’une rive à l’autre , quand la position des chemins de halage l’exige.

L’oueitzelle précède les gros bateaux , et sert à diriger le câble de halage.

Tous ces bateaux sont d’une construction semblable : le fond est plat, et ils sont terminés en pointe à l’avant et à l’arrière.

On construit encore à Passau une espèce de bateaux peu élevés et coupés carrément derrière, qu’on nomme plettes. Les plettes sont très en usage sur le Danube, et on les emploie surtout pour le transport des objets de

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commerce qui demandent peu de soins, et pour lesquels on craint peu l’eau, tels que le bois, la pierre, les fourrages, etc. On en voit de toutes les dimensions ; les plus grands ont 100 pieds de longueur sur 13 de largeur et 3 de hauteur; les plus petits n’ont que 40 pieds de longueur sur 4 de largeur et 2 de hauteur ; les coupures de derrière ont environ 1 pied de moins que la largeur.

On peut réunir h Passau près de 200 bateaux de diverses grandeurs , parmi lesquels une cinquantaine des deux premières espèces , un grand nombre de pleltes et un plus grand nombre encore de bateaux de la Salza , destinés au transport du sel. Ils ont à peu près les mêmes dimensions que les enstelplettes.

A Lintz , on peut rassembler une centaine de bateaux, particulièrement des klotzelles , des sexerines , des enstelplettes : ces deux dernières espèces surtout y entreraient au moins pour moitié.

Construction des bateaux du Danube (1). Tous les bateaux sont en bois de sapin. Pour les construire , on place d’abord sur chantiers les planches destinées à former le fond ; et on les y tient fortement rapprochées au moyen de pinces, sans pour cela dégrossir les faces qui doivent sc joindre ; on les unit alors, au moyen de chevilles introduites de force dans des trous pratiqués alternativement dans chacune des deux planches voisines , et percés obliquement près des joints , de manière à pénétrer les deux.

Le fond ainsi assemblé , on taille en pointe ses deux extrémités; on fixe ensuite dessus lui , dans le seus transversal et à des distances égales , des portions de petits ar-

(1) Cet article complétera ce que nous avons dit sur la construction des bateaux en compagne chap. vit, liv. 2'™'.;

bres brutes ayant encore une brandie tle forte racine. Ces arbres qu’on choisit , et qu’on taille de manière qu’ils forment avec cette racine un angle égal à celui que le bordage du bateau doit faire avec le fond , sont destinés à fixer les bordages.

On fait ployer alors les deux extrémités du fond, jusqu’à cequeleur pointe soit élevée de la quantité nécessaire au-dessus de l’horizon. On les maintient dans cette position au moyen de chantiers , et on attache les bordages qu’on contourne à force de pinces, et qu’on fixe par des clous au fond et aux arbres servant de courbes. On borde le haut intérieurement et extérieurement avec des moitiés d’arbres , et coupés à dessein dans leur longueur ; enfin , on calfate extérieurement avec de la mousse, et on couvre les joints avec des tringles en bois qu’on fixe par des nayes.

En général, on ne construit pas aussi élégamment ni aussi solidement sur le Danube que sur le Rhin ; mais on le fait avec célérité et surtout avec économie de bois.

Nature du terrain entre Passau et Lintz. Le terrain, dans toute cette partie du cours du Danube, n’est cultivé sur les bords que dans les portions peu considérables que les hauteurs y laissent en plaine , et dans celles en beaucoup plus petit nombre encore que la douceur des pentes permet de labourer. C’est un fond pierreux qui n’est propre qu’à la culture de l’avoine et de l’orge.

Tout le reste des escarpements n’olf’re que des bois de sapin.

Dans l’intérieur , le pays est montueux , et le terrain participe de la nature des rives; c’est-à-dire qu’il est pierreux , propre surtout à l’avoine ; il y vient aussi beaucoup ( Tom. 1 , 3' Liv. ) 31

4&2 Essit d’une instruction

de lin , particulièrement à gauche du fleuve : le pays est

d’ailleurs, comme les Hves, extrêmement boisé.

Ressourcés quoh peut en tirer. Lëà environs du Danube offrent donc seulement des ressources etl avoine, toutes les autres espèces de grain y viennent mal , si cfe n’est dans la plaihê d’Elfèrding, qui est fertile en blé ; le foin y est peü abondant; mais, comme les habitants tirent parti des rives non cultivées, que d’ailleurs quelques portions de plaines sont prairies , on peut compter Surtout vers Elferding sur quelcpies ressources en ce genre.

D’un autre côté , on peut en tirer de très-grandes en bois , mais de sapin seulement ; car on y trouve très-peu d arbres d’tihe autre espèce, et encore sont-ils employés par les ouvriers dü pays.

Grandes routes et communications sur les bords du Danube et dans les environs. Il n’y a pas de communication suivie le long du Danube ; là nature et la formé du terrain ne permettent pas même qu’On en établisse Une. La grande route de Passau à Lintz s’en éloigne à partit de Passau et à hauteur de Wesenufer ; elle en est distante de près de 3 lieues; elle ne s’en rapproche qu’à Efferding; il y a une communication de Passau a Lintz par la rive gauche : c’est une route propre à des voitures de 80 à 54 pouces de voie, qui suit le Danube jusqu’à Kleinmühl , s’en éloigne ensuite à une distance de 3 lieues, pour ne s’en rapprocher qu’à Ottensham , et le côtoyer jusqu’à Lintz; ces deux toutes, dans les portions qui suivent le fleuve , sont unies et solides ; on y communique du boni du fleuve par des chemins pratiqués dans les ravins. Les principaux sont à droite , Ehgelhartzéll et Schlein ; h gauche, Obernzell et le ravin dé Kleinmühl ; ils Sont propres seulement aux voitures du pays.

sun un p assagi: des rivières. 483

11 y a aussi une route d’Asçhau à Ellerding qui cotpie le fleuve; elle est praticable pour toute espèce 4e voitures.

On ne peut suivre la rive droite avec des voitures que depuis Passau jusqu a Haybach, et depuis Aschau jusqu’à Lintz; et la rive gauche, que depuis Passau à Obernzell , et depuis Ottensham à Lintz ; dans tout le reste, il n’y a que des chemins de balage , encore ne suivent-ils pas continuellement la même rive : depuis Obernzell jusqu’à Schlein, ils sont constamment à gauche, et on ne peut suivre la rive droite que par des sentiers pratiqués sur les revers : depuis Schlein jusqu’à Ottensham, ils sont tantôt à droite, tantôt à gauche, parce que les rives ont des portions absolument impraticables.

Ponts. Tous les ponts construits sur le Danube sont en bois : il y en a deux dans la partie reconnue; l’un à Passau, l’autre à Lintz ; tous les deux sont en sapin d’une construction légère , faciles à détruire , et les environs fournissent tous les moyens de les réparer promptement.

Bacs. On passe le Danube à Obernzell, Engelhartzell, Bartenstein , Aschau et Ottensham ; tous ces endroits ont des enstelplettes destinées à cet usage.

Gués. 11 n’y a point de gués dans le Danube entre Passau et Lintz.

Lieux paraissant propres à l’établissement des ponts militaires. Les bords du Danube, entre Passau et Lintz, sont absolument impropres aux opérations militaires; aucun des points n’offre une position favorable à l’établissement d’un pont , du moins pour un passage de vive force. Les rives sont escarpées et boisées , et les bords impraticables.

Si l’on voulait cependant effectuer un passage entre ces deux villes , et si l’on n’était point inquiété ou qu’on ne

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