Tolets pour rames
10 — — pour gouvernail ;
25 Rames;
25 Galles;
14 Pelles ou pioches
5 Ecopes ( petites ) ;
1 Ancre pour le pont volant. t •
Tout ce matériel pèse 8208l‘l-,20, réparti sur 7 voitures ; le chargement de chacune d’elles sera de 1,172 kil., et sur 8 voitures de 1,026 kil.
On construit avec cet équipage un pont de 43m,75 de longueur en pontant à grandes portées (2*liv., page 226 ); on ne met par travée que 4 poutrelles de tablier ; les deux du milieu sont espacées entre elles de 0m,80, et les deux extrêmes sont à 0m,70 de celles du milieu; les madriers se placent obliquement , par rapport aux poutrelles , à 45 degrés environ ; ils occupent dans la longueur du pont 0'", 45 au lieu de 0,33. Le guindage se fait avec les lignes de 9 millimètres dé diamètre en entrelaçant les bouts des madriers. Pour le consolider, on place sur ccs lignes , le long du pont , des gaffes qu’on relie avec des commandés aux poutrelles extrêmes; les deux boufs de poutrelle de 4'° servent de Corps mort. On n’êmploie point d’ancCes pour ce pont , les cordages destinés à maintenir en place les corps de support sont fixés sur les deux rives à des piquets. La voie de ee pOnt, entre les gaffes, est de 2"', 30(1).
(I Ce mode de pontage A été proposé par M le capitaine Prailelles.
ESSAI U UNE INSTRUCTION
Les expériences ont démontré que ce pont , malgré le rétrécissement du tablier, et quoique n’ayant que 4 poutrelles sous le tablier, offre une sécurité complète pour le passage de toutes les colonnes d’infanterie et d’artillerie de campagne. .... •
Cet équipage satisfait en outre à toutes les autres conditions que remplit , pour le passage des troupes en bateaux, l’équipage adopté pour les avant-gardes ; ainsi ,au défaut de cet équipage , on pourra au besoin former un équipage d’avant-garde, ayant la mobilité de la pièce de 8, avec des objets faisant partie du grand équipage de pont de l’armée.
.Moyens à employer pour suppléer aut équipages de pont.
Wous avons déjà vu et répété plusieurs fois quels sont les moyens à employer pour se procurer, en arrivant sur les bords d’une rivière , les bateaux et autres agrès de pont qu'on peut y découvrir, et comment on construit aux armées les bateaux , chevalets, radeaux de toutes espèces , nécessaires à la construction des ponts et aux passages des troupes ; supposant donc ces connaissances acquises , et l’armée dépourvue d’équipage de pont , examinons quelle sera la conduite à tenir par les officiers chargés spécialement de l’exécution des passages, pour se procurer à l’avance , chemin faisant et avant d’arriver sur les bords de la rivière , une partie du matériel nécessaire à leurs travaux ; une sage prévoyance facilitera et accélérera l’opération projetée ; l’on commettrait une grande imprudence en se fiant uniquement sur les ressources locales , qui , malgré les prévisions , peuvent , eu
beaucoup de circonstances , ne pas suffire. Imitons le bel exemple que nous a donné le général Eblé en Russie , après la perte de nos équipages de pont(t).
On peut admettre aussi que le corps d’armée ( puisque c’est une faute qui se reproduit souvent) (2), ne compte i pas de pontonniers dans ses rangs , et que les batteries d’artillerie (3) ne peuvent être distraites de leur service pour les remplacer.
La première pensée de l’officier çhargé de l’exécution des passages , sera d’organiser le personnel qui remplacera les pontonniers; on lui laissera la latitude de choisir dans l’armée 150 à 200 hommes de bonne volonté, il les prendra de préférence parmi ceux qui ont exercé la profession d’ouvriers en bois ou en fer, de bateliers et de cordiers , il en formera une ou deux compagnies qui seront commandées par des officiers et des sousofficiers intelligents , lesquels seront eux-mêmes , autant que possible , gens de métier. On les instruira , en toute occasion , tant théoriquement que pratiquement , dans le nouveau service qu’on attend d’eux.
Des outils d’ouvriers en bois , des cordages , une forge ou deux de campagne , et un petit approvisionnement de fer et de charbon, seront les premiers objets dont on cherchera à se pourvoir; les outils les plus portatifs seront confiés aux ouvriers selon leur profession , on donnera à
(1) Voyez le passage de la Bérézina , 1"' liv.
(8) Nous u’en voulons d'aulre preuve que l'expédition récente de Constantine, entreprise sans pontonniers. Les soldats durent passer à gué, ayant de l'eau jusqu'à la ceinture , le Oued-Ben-itlézioüg et la Tumel , et par suite, corame le dit ie rapport officiel, nouvelle peine, nouvelle cause de maladie et diminution de combattants
(3) L’on sait que toutes les batteries de* régiments d'artillerie sont exercées aux manoeuvres de pont.
ESSAI D l'NE INSTRUCTION
porter aux bateliers des clameaux, des clous , des menus cordages, etc. On pourrait aussi remettre une partie de ces objets aux régiments d’infanterie et de cavalerie qui seraient tenus d’en rendre bon compte , mais l’on n’abra recours à cette mesure qu’à la dernière extrémité , il vaut mieux chercher à se procurer quelques moyens de transport que l’on conservera soigneusement et même au détriment de ceux d’un autre service. En route, en passant dans les lieux habités, on fera des visites domiciliaires pour compléter les approvisionnements en outils , en fer, en charbon , en cordages et autres agrès de pontage et de navigation.
Lorsque les moyens de transport seront abondants , il ne faut pas hésiter de mener à la suite de l’armée des voitures chargées de bois propres, soit au tablier dupont , soit à la construction des bateaux et mêmes des arbres entiers pour radeaux , surtout si l’on prévoit que l’on ne se procurera que très-difficilement ces matériaux sur lë bord de la rivière à franchir.
On peut aussi vouloir conduire par terre , d une rivière à une autre, quelques bateaui du commercé ; on choisira parmi les bateaux les plus légers , ceux qui , par leurs formes , pourront, sans trop de difficultés , être chargés sut les voitures agricoles , on preudra les plus fortes voitures qu’on puisse trouver. Un bateau dont le poids dépassera 15 à 1,800 kil. ne sera guère transportable. Pour charger un bateau sur une voiture , on la dégarnit de son fond et de ses ridelles , et l’on désunit les déu* trains , on soulève l’un des becs du Bateau au moyen de crics, ou par une poutrelle mise en travers sous le fond , et On le fait poser sur l’avant-train , on soulève l’autre extrémité du bateau ,
et on la charge sur l’arrière-train , on écarte les deux trains
autant que le permet la longueur de la flèche, et l’on brèle solidement le bateau sur la voiture (voyez PI. 6, fig. 2).
Si la longueur du bateau ne permet pas qu’on réunisse les deux trains au moyen de là flèche , on la laissera au train de derrière , et on l’attachera sous le fond du bateau ; en route, dans les tournants un peu courts, on détachera la flèche, et elle servira à diriger l’arrière-train de manière à faire tourner la voiture dans un plus petit espace.
Enfin , si les bateaux sont trop grands ou trop pesants pour être chargés chacun sur une voiture , suivez 1 exemple d’Alexandre le Grand, qui conduisit de l’Indus à l’Hydaspe des bateaux rompus , les uns en deux , les autres en trois parties , et qu’il fit ensuite assembler en arrivant sur les bords de l’Hydaspe.
Avant de charger les bateaux sur les voitures du pays , on fera les changements nécessaires aux voitures pour que lès supports des deux trains , sur lesquels porte le bateau * soient de niveau ; pour que l’on puisse facilement atteler, et que le conducteur des chevaux de derrière , étant, à cheval , ne soit pas touché par la partie du bateau qui avance sur l’avant-train. Il faudra éviter aussi que, pendant la route, les roues de derrière ne puissent frotter contre les bordages du bateau , et les endommager.
Telles sont à peu près , les mesures à prendre soit polir remplacer les pontonniers , soit pour se créer en campagne un équipage d’outils et d’agrès nécessaire à l’exécution d’un passage de rivière.
Trantport , par terre, d’an équipage de pont de bateaux de campagne.
Les voitures d’un équipage de pont de bateaux de campagne marcheront habituellement dans l’ordre suivant :
kkk
Les haquets chargés de nacelles ;
Un chariot de parc portant tout ce qui est nécessaire à l’établissement de la première culée ;
Deux chariots chargés de cordages ;
Alternativement deux haquets chargés de bateaux et un chariot chargé de madriers ;
Un chariot portant les matériaux de la seconde culée ;
Les autres chariots portant les cordages ;
Les agrès , etc., etc. ;
Les chariots chargés des caisses d’outils d’ouvriers en bois ( un de ces chariots et une forge seront placés au centre du convoi ) ;
Les forges.
Cet ordre de marche est donné pour le cas où , en arrivant sur les bords d’une rivière , on doit immédiatement construire un pont; mais si, avant de le jeter, il fallait exécuter un passage en bateaux, les haquets chargés de bateaux suivraient les haquets à nacelles ; les chariots portant les cordages et les madriers viendraient ensuite.
Les officiers et les gardes d’artillerie, auxquels on confiera un équipage de pont, s’assureront, en le recevant, de l’exactitude de l’inventaire , ils vérifieront avec le plus grand soin letat des voitures, la quantité, la qualité, la disposition et le chargement de tous les objets ; si le chargement n’était pas conforme aux règles prescrites , ils le feraient changer ; ils tiendront surtout la main à ce qu’aucune voiture , avec son chargement , ne pèse plus de 2,000 à 2,200 kil. Ils s’opposeront de tout leur pouvoir à ce que, dans le but de diminuer le nombre des voitures et des chevaux , l’on mette dans chaque bateau les 18 madriers d’une travée, le poids du haquet ainsi chargé, s’élèverait à 2,700 kil., chargement trop fort en campagne pour six
chevaux , et qui priverait l’équipage de pont de la mobilité qu’on a cherché à lui donner pour satisfaire aux exigences de la guerre ; d’ailleurs , les madriers mal assujettis dans les bateaux endommageraient promptement leurs borda ges.
Ce serait en outre revenir aux anciens équipages de pont dont les lourdes voitures contrariaient si souvent les projets des généraux en chef, et qui faisaient dire à Napoléon : qu’il fallait à la guerre un équipage de pont dont les voitures eussent la mobilité de la pièce de 4.
Si l’on n’avait pas assez de chevaux pour atteler à six chevaux toutes les voitures de l’équipage de pont de campagne , et malheureusement cette circonstance se présentera souvent , il sera préférable de n’atteler les voitures qu’à k chevaux , que de les surcharger ; de cette manière, on ne changera rien au chargement primitif, et il ne faudra pas plus de chevaux , puisqu’en mettant les madriers dans les bateaux , on ne parvient qu’à diminuer d’un tiers au plus le nombre des voitures. Quatre chevaux mèneront sans difficultés des voitures qui , avec leur chargement , n’excède pas en poids 2,100 kil. , et l’on conservera la faculté , en attelant les voitures à 6 chevaux , au moyen des chevaux de l’artillerie ou de chevaux de réquisition , de pouvoir se porter rapidement avec l’équipage partout où il faudra effectuer un passage de rivière, quelle que soit la nature des chemins à parcourir (1).
Quand tout l’équipage sera reçu et parqué , on vérifiera
(t) Lorsqu'on 1834 on envoya de Strasbourg à Auionne un équipage de pont de bateaui, on eut un instant l'idée, pour diminuer le nombre des voitures, de mettre les madriers dans les bateaux , mais les officiers du train préférèrent avec raison mener un plus grand nombre de voitures en ne les attelant qu’à 4 chevaux, que de conduire à fl chevaux des voitures pesamment chargées.
446 ESSAI d’une instruction
avec soin la position des bateaux sur les haquets , s’ils avançaient trop sur l’avant-train , on les reporterait en arrière. L’arrière-bec du bateau qui porte sur l’avant-train, ne doit jamais , quelque rapide que soit une descente, venir toucher le conducteur des chevaux de derrière , il ne faut même pas que le soldat du train puisse le craindre , ni qu’il contracte l’habitude , dans les descentes , de se coucher sur le porteur, il ne tarderait pas à blesser son cheval , ce qu’il est important d'éviter.
On s’assurera aussi que le brélage CN (fig. 1 bis, PI. 5) ne puisse céder en route ; et, pour empêcher que le frottement des ranchets contre le bateau n’use et ne perce les bordages , on clouera des petits bouts de planches aux endroits des bordages qui correspondent aux ranchets, et l’on garnira ceux-ci de menus cordages.
Avant que l’équipage ne se mette en route, on ali’ecte à la garde de chaque bateau et nacelle un pontonnier; il sera responsable de la propreté du bateau , qu’il doit nettoyer et égoutter même pendant la route s’il est nécessaire , il veille à l’arrangement et à la conservation des objets placés dans le bateau , et il empêche qu’on n’y mette aucun effet étranger à l’équipage. On place aussi un pontonnier de garde à chacun des chariots de parc et un ouvrier eu bois au chariot chargé des caisses d’outils , trois ouvriers en fer marchent avec chacune des forges. Les pontonniers de garde aux voitures peuvent y déposer leur sac pendant la route. Line escorte de pontonniers suit l’équi page pour aider à relever les voitures qui viendraient à verser, ou à leur faire franchir les obstacles et les mauvais pas de la route. 1 -
La conservation des bateaux exige que l’on prenne quelques précautions quand le temps est très-sec ; on prévient
SUR l.E PASSAGE DES RIVIÈRES. H7
les fentes et le relâchement des coutures en jetant dans les bateaux des branchages ou de la paille que l'on arrose, ou en entretenant constamment une petite quantité d’eau dans les bateaux. On pourrait aussi , la veille ou l’avant-veille d’un passage, faire remplir les bateaux à moitié d’eau qu’on viderait avant de se remettre en route.
Lorsqu’on s’engagera dans une ville ou village avec l’équipage de pont , les officiers feront reconnaître si les voitures, aussi longues que celles qu’ils conduisent, peuvent tourner dans les rues ; on s’est vu quelquefois dans l’obligation d’abattre des pans de mur pour pouvoir passer avec les haquets chargés de bateaux. Quand de pareils obstacles se présenteront, il faudra contourner la ville ou le village , ou prendre à l’avance les précautions nécessaires pour n’ètre point arrêté dans la marche.
Les officiers chargés de la conduite d’un équipage de pont se conformeront en outre à ce qui est prescrit pour les convois et parcs d’artillerie , en ce qui concerne : les dispositions avant le départ, l’avant-garde, l’arrière- garde, la marche du convoi , les montées , les descentes , le passage des lieux difficiles , les haltes , l’arrivée , la manière de parquer, la visite etle graissage des voitures, etc., etc.
Plusieurs généraux célèbres se sont souvent plaints , dans nos dernières guerres, de la lenteur avec laquelle marchaient les équipages de pont ; on pouvait attribuer ce défaut de mobilité au tirage difficile de voitures trop chargées et peu roulantes , mais la cause principale tenait la plupart du temps au mauvais état des attelages; rarement les équipages de pont ont été convenablement attelés; ils l’étaient presque toujours avec des chevaux de réquisition , et quelquefois même avec des bœufs. Les réclamations des officiers de pontonniers n’étaient point écoutées
ou ne pouvaient 1 être , et cependant on les rendait res ponsables des retards de la marche de lequipage de pont , eux qui, avec des peines infinies et en voyageant pour ainsi direjour et nuit, parvenaient, contre toute vraisemblance , à suivre l’armée avec l’équipage de pont. Si l’on veut un équipage de pont à la suite de l’armée , il faut l’atteler convenablement et empêcher qu’on ne surcharge les voitufes. L’expérience a démontré que l’équipage de pont de bateaux de campagne, composé et chargé comme nous l’avons indiqué, suivra sans difficultés tous les mouvements d’une armée»
Transport par eau d un équipage de pont de bateaux de campagne
Lorsque tout un équipage de pont de bateaux de cam-»pagne devra être conduit par eau , d’un lieu à un autre* l’on formera, arec les bateaux des trains sur lesquels on chargera les voitures et tous les agrès de pont.
La capacité des bateaux est plus que suffisante pour porter le poids de ce matériel et recevoir les bateliers et les hommes de garde ou d’esCorte. On doit se rappeler (chap. 6) qu’il faut, pour submerger un bateau d’équipage, outre son poids, une charge 8,400 kil., et par conséquent pour les 30 bateaux une charge de 332,000 kil. On pourra donc, sur les rivières rapides où il est prudent de laisser la moitié des bordages des bateaux hors d’eau, transporter sans aucune crainte sur les 30 bateaux une charge de 126,000 kil. ; sur les rivières de rapidité moyenne , ce chargement pourra s’élèvera 168,000 kil., en faisant plonger les bordages des 2/3 de leur hauteur, et, sur les rivières
St R LE PASSAGE DES RIVIÈRES. 449
tranquilles ou sur les canaux , le chargement sera porté à 189,000 kil., parce qu’il suffira (lu quart de la hauteur des bordages hors d’eau. Tout le matériel de l’équipage de pont, non compris les bateaux et nacelles, pesant environ 100,000 kil., il restera dans lepremier cas 26,000 kil., dans le second 68,000 kil., et dans le troisième 89,000 kil, pour les hommes et leurs bagages.
On est obligé t pour transporter avec sécurité l’équipage par eau, de former des trains de bateaux, parce que le charffement sur bateaux isolés serait trop élevé, et que les bateaux n’auraient aucune stabilité sur l’eau, et seraient exposés à chavirer avec tout leur chargement.
On compose les trains de 4, 6, 9 et 12 bateaux; les trains de 4 bateaux ont deux rangs de 2 bateaux (fig. 1, PI. 2. lre liv., et fig. 41 , PI. 11 ), ceux de 6bateaux auront trois rangs de 2 bateaux , celui de 9 bateaux 3 rangs de 3 bateaux, et ceux de 12 bateaux 4 rangs de 3 bateaux; si l’on formait un train de 16 bateaux, il aurait 4 rangs de 4 bateaux. Les bateaux et les rangs de bateaux sont attachés les uns aux autres au moyen de cordages, et l’on fixe un bout de poutrelle contre les poupées de l’avaût-bec de chaque rang de bateaux.
Les trains de 6 et de 9 bateaux étant déjà difficiles à gouverner, il est rare qu’on en compose d’un plus grand nombre de bateaux. La formation d’un train, en ce qui concerne sa largeur ou le nombre de bateaux d’un rang, et sa longueur ou le nombre de rangs de bateaux, dépendra aussi de la largeur du thalweg aux endroits où il est le plus resserré, comme sous les arches d’un pont, et des tournants plus ou moins brusques du cours de la rivière ; et sur les canaux et les rivières éclusécs des dimensions des sas et des portes d’entrée des écluses.
( Tom. 1 , 3e Liv. ) 29
ESSAI DUNE INSTRUCTION
Le chargement des trains sera réparti autant que possible, de manière que chacun d’eux porte ce qu’il faut pour ponter les bateaux du train, et que les voitures dont il est chargé puissent recevoir tout le matériel de ce train lorsqu’il s’agira de conduire l’équipage par terre.
Les objets les plus lourds et de peu de volume se mettent dans le fond des bateaux, on couvre ensuite le train d’un tablier sur lequel on place le corps des voitures , les avanttrains, les roues de derrière, les agrès , etc. , dans l’ordre le plus convenable et en les amarrant solidement, afin que rien ne puisse se déranger pendant le voyage , on aura l’attention qu’aucun objet ne dépasse les bordages extérieurs du train, que le chargement soit le moins élevé possible, et que les poids soient uniformément répartis sur toute l'étendue du train ; cependant, pour faciliter le mouvement du gouvernail placé sur l’arrière , on chargera un peu plus la partie de l’avant. On ménagera sur le tablier , le long des plats-bords extérieurs , un passage pour les gafleurs, et sur l’avant et l’arrière du train un emplacement commode pour les rameurs ; les trains seront munis de deux grands gouvernails , l’un sur l’avant, l’autre sur l’arrière ; l’équipage de pont de bateaux n’ayant point de rames assez forte» pour cet usage, on en fera en clouant un madrier à l’extrémité d’une poutrelle. On se servira de grandes rames pareilles , comme rames ordinaires , aux trains composés de 12 et de 16 bateaux ; on laissera, entre les madriers qui se trouvent sur le milieu des bateaux, un intervalle assez large pour le passage d’une pompe, afin de pouvoir vider les bateaux. Enfin, par mesure de précaution, on placera sur l’avant et l’arrière de chaque train un cordage d’ancre et une ancre prête à être mouillée.
Si les voitures de l’équipage sont menées par terre, chaque
train se composera du chargement d’un certain nombre de voitures ; dans ce cas, les bateaux peuvent naviguer isolément et porter sans crainte, chacun, tout ce qui est nécessaire au pontage d’une travée.
Nous ne parlerons pas du chargement du matériel d’un pont de bateaux du commerce , ces bateaux, étant généralement très-grands et ayant plus de capacité qu’il n’en faut pour transporter le matériel nécessaire au pont , navigueront isolément; on ne les réunit que très-rarement pour former des trains ; sut le Rhône , la Saône et la Loire , lorsqu’on remonte avec des chevaux de halage plusieurs bateaux chargés , on se contente de les amarrer les uns à la suite des autres.
Navigation descendant?.
La navigation descendante des bateaux et des trains de bateaux sur les rivières larges, profondes, et dont le cours est parfaitement connu des pilotes, présente peu de difficulté; les précautions à prendre sur les rivières rapides pour passer sous les arches des points, seront les mêmes que celles prescrites pour le passage des bateaux au travers de la coupure d’un pont ( voyez chap. XI ).
Les coudes ou sinuosités très-prononcés d’une rivière ne sont pas toujours faciles à franchir; il faudra, si le courant a quelque vitesse , se tenir sur ses gardes et prendre des précautions pour éviter d’être jeté contre la rive ou dans le remou ou contre-courant qui se forme ordinairement près de la rive ; c’est alors que les gouvernails placés à l’avant aideront à gouverner le bateau; on se tiendra à quelque distance de la rive , et 1 on placera sur l’avant du
ESSAI B UNE INSTRUCTION
bateau ries gatrcurs, bons bateliers , prêts à faire usage de leurs gaffes pour empêcher le bateau d’être jeté contre la rive et pour le maintenir dans le courant.
Toutes les fois que l’on aura un passage difficile à passer, on fera ramer avant de l’atteindre, afin de donner une plus grande vitesse aux bateaux; ils' obéiront mieux et plus vite à l’action du gouvernail; des gaffeurs se tiendront sur l’avant, ils seconderont le pilote et empêcheront que le bateau ne se jette contre un obstacle qui arrêterait se marche.
Mais si le cours de la rivière n’est pas connu des pilotes, ou si l’on n’a pu en trouver, ce qui arrivera souvent en campagne, et si les notions que l’on a données dans le but de faire connaître la direction du thalweg ne suffisent pas pour assurer la marche des bateaux, on fera précéder le convoi de plusieurs nacelles qui seront chargées de reconnaître le cours de la rivière ; les hommes des nacelles planteront dans le lit de la rivière des balises qui serviront à guider les pilotes ; ils mettront dans les passages étroits 2 rangs de balises, entre lesquels les trains se dirigeront; quand la rivière se divisera en plusieurs bras , on placera une balise à l’entrée du bras à suivre ; si ces indications étaient insuffisantes , une des nacelles reviendrait vers le convoi, où s’arrêteraient pour piloter les bateaux dans les passages dangereux.
Lorsqu’un convoi sera composé de bateaux, ou trains de différentes espèces, les bateaux les plus légers, et qui tirent le moins d’eau , marcheront en tête ; mais aussitôt qu’un pilote s’apercevra que le bateau qui doit le suivre s’est arrêté , il en fera autant, et il enverra, s’il est nécessaire, des hommes de secours à ce bateau pour l’aider à se tirer du mauvais pas où il se serait engagé.
Il arrive fréquemment aux bateaux et aux trains chargés
qui descendent les rivières peu profondes, ou celles dont le lit est irrégulier ou couvert de bas-fonds, de s’engraver ; on recherchera la cause de cet accident, et l’on s’occupera, sans perdre de temps, des moyens de remettre le bateau à flot et de le diriger dans le chemin navigable.
11 y a plusieurs moyens de remettre à flot un bateau ou un train engravé , on se servira de l’un ou de l'autre , suivant les circonstances dans lesquelles on se trouvera :
1° Les hommes qui sont embarqués se portent vers le côté où le bateau flotte encore, et cherchent à l’éloigner du bas-fond sur lequel il est échoué, en poussant ensemble à à la gaffe.
2° Des hommes se mettent à l’eau, soulèvent et poussent à l’épaule le côté qui touche ; ils produiront plus d’eflet en agissant avec des leviers, des crics, etc., etc.
3° On mouille 1 ou 2 ancres en amont, et l’on se haie sur les cordages , tandis que des hommes poussent à la gafîe.
4° Si le bateau ou le train est échoué près d’une rive , on envoie à terre le bout d’un cordage amarré au bateau, et des hommes font elfort sur ce cordage pour remonter le bateau ; s’ils ne peuvent réussir, on improvisera tin vindas , un cabestan ( voyez ces deux articles ), à moins qu’on en ait avec soi ; à l’aide de ces machines on parviendra à désengraver le bateau.
Si près du bord de la rivière il y a un gros arbre convenablement placé , on l’emploiera en guise de vindas ; à cet effet on fera, au cordage qui est amarré au bateau , une boucle qui aboutisse à l’arbre ; on embarrera un long levier ou une poutrelle dans cette boucle , et l’on fera effort en tournant autour de l’arbre, contre le derrière duquel ce levier devra appuyer. Lorsque le câble est près de s’engager sur l’arbre, on met un rouleau entre l’arbre et le
45 V essai d’une instruction
cordage , et on en place un second quand le premier a fait un tiers environ du tour de l’arbre. Dès que le levier a fait le tour de l’arbre , on débarre , on raccourcit , le cordage , on embarre de nouveau, et l’on continue à manœu-
vrer de la même manière. Un autre cordage , amarré au bateau et tenu en retraite autour d’un autre arbre , empêche le bateau de descendre pendant cette manœuvre.
5“ Lorsque le courant est rapide , on peut remettre à flot un bateau échoué au moyen d'un second bateau que l’on amène à hauteur du premier; les deux bateaux étant bord à bord , on les amarre l’un à l’autre à l’avant et à l’arrière ; on pousse au large le bec d’amont du bateau que l’on a amené, en filant l’amarre d’amont jusqu'à ce que le courant vienne frapper avec le plus de force ce bateau ; lorsque le cordage est bien tendu , l’action seule du courant suffit souvent pour dégager le bateau échoué ; aussitôt que l’on voit que ce bateau est entraîné , on détache ou l'on coupe l’amarre d’aval.
On s’obstine quelquefois à vouloir franchir l’obstacle qui arrête un bateau , en faisant pousser à la gaffe , ou en faisant soulever et traîner le bateau par des hommes qui se sont mis à l’eau ; on s’expose à aggraver sa position , et c’est presque toujours perdre son temps eu efforts infructueux ; il faut, dès qu’un bateau est engravé, chercher tout de suite à le remonter par l’un des moyens que l’on vient d’indiquer ou par d’autres analogues.
Lorsqu’un bateau est arrêté dans un passage étroit faute de quelques pouces d’eau , on tourne le bateau en travers, de manière à former un barrage ; l’eau s’élève en amont et soulève le bateau. Si quelques uns des bateaux les moins chargés ont pu franchir ce passage , on s’en sert pour barrer la rivière, en laissant entre eux un passage pour les
bateaux qui sont arrêtés , cette manœuvre gonfle l’eau et facilite la navigation des autres bateaux.
On peut aussi, lorsque la largeur de la rivière est peu considérable , former un barrage en aval du bateau engravé , avec des madriers que des hommes tiennent de champ au moyen de galles ou de piquets.
Enfin, il est des cas où la seule ressource qui reste pour passer est de faire creuser , dans le lit même de la rivière, un canal pour le passage des bateaux.
On doit surtout redouter, en descendant une rivière, d’échouer sur un piquet, une souche, unepointe de roche, etc.; l’on se gardera de faire pivoter le bateau échoué sur l'obstacle ; son fond pourrait se percer ; pour dégager le bateau on reporte une partie de son chargement vers le bec le plus éloigné du piquet , sans découvrir entièrement ce qui pose sur le fond au-dessus du piquet , et qui empêche souvent que ce fond ne soit percé. Puis on fait gaffer pour enlever le bateau. Si ce moyen est insuffisant, on place une forte nacelle en travers sous le bec le plus près du piquet , et l’on manœuvre dans la nacelle avec des crics pour soulever le bateau. Si l’on ne réussit pas ainsi , on place de chaque côté du bec à soulever une nacelle ancrée , on met une poutrelle en travers sur le milieu des nacelles, de manière quelle touche le fond du bateau , et l’on soulève ensuite la poutrelle, et par conséquent le bateau , en agissant avec des crics ou des leviers de dedans les nacelles.
Lorsque le courant est rapide, les bateliers dégagent souvent un bateau échoué, en jetant une amarre à un autre bateau que l’on fait passer près de celui qui est arrêté , la secousse, que le bateau échoué reçoit au moment où le cordage est tendu , suffit quelquefois pour l’enlever.
'*36 ESSAI d’une instruction
Si Ton ne parvient par aucun de ces moyens à mettre à flot un bateau chargé qui est engravé ou échoué , on diminuera sou tirant d’eau , en faisant transporter à terre ou mettre dans d’autres bateaux une partie du chargement, à moins qu’on ne puisse, sans inconvénient, jeter à l’eau le chargement et le reprendre après que le bateau sera à flot.
Le passage des barrages, que l’on trouve établi sur beaucoup de rivières dans le but de les rendre navigables, ou de se procurer une prise d’eau nécessaire aux usines, demande quelque attention; on dirigera le bateau dans le milieu du pcrtuis, et l’on prendra garde après l’avoir franchi , de ne pas se laisser engager dans les remous qui se forment souvent au bas des barrages ; il est quelquefois nécessaire en descendant un pertuis , de maintenir, de dessus la rive, l’arrière du bateau au moyen d’amarres, car il pourrait arriver , sans cette précaution , que le courant qui se porte dans la dérivation , entraînât avec lui le bateau et le fît échouer sur un bas-fond ou sur tout autre obstacle.
Lorsque les prises d’eau qui font aller les usines diminueront le niveau de la rivière , de manière à rendre la navigation trop pénible, on arrêtera leur cours en faisant fermer les vannes ; il faudra s’y prendre à l’avance, y envoyer des hommes de garde, et les y laisser jusqu’au moment où l’on permettra de lever les vannes.
Navigation ascendante.
Oa ne peut remonter une rivière qu’en employant une force capable de vaincre la résistance du courant, qui tend sans cesse «à entraîner avec lui les corps flottants qu’il ren-
SUR LE PASSAGE DES RIVIÈRES. f»57
contre. Sur toutes les rivières où l'on pourra se procurer des bateaux ou des remorqueurs à la vapeur , on s’en servira pour faciliter et hâter la navigation ascendante des bateaux et des trains.
Lorsque la rivière est peu rapide et qu’on a fond partout, on peut remonter à la galle , mais ce genre de navigation est extrêmement pénible; le mode le plus en usage est de remonter les bateaux au moyen de lignes de halagc tirées par des hommes ou des chevaux , et quand le vent est favorable, de se servir de la voile.
Les bateaux qui descendent une rivière suivent le thalweg ou plus fort courant , en remontant on évite au contraire le courant , et l’on recherche les endroits où l’eau est tranquille et oppose le moins de résistance.
Il n’est pas moins nécessaire , quand on manque de bons pilotes, de reconnaître le cours de la rivière , en remontant comme en descendant; on doit savoir qu’elle est la rive que l’on doit suivre de préférence, de quel côté se trouvent les chemins de halage , quels sont les bras que l'on prendra, et où sont situés les passages difficiles à franchir.
Les bateaux et les trains que l’on remonte à la ligne sont munis d’un mât, au haut duquel on attache la ligne ; on place dans un bateau le mât en arrière du nez d’amont et vers la naissance de l’avant-bec ; en principe , on doit établir le mât aux 3/8 de la longueur du bateau, à compter du nez de l’avant, cette position du mât est celle qui est la plus avantageuse aux mouvements du gouvernail. Dans un train composé de deux rangs de bateaux d’équipage de ponts de campagne, on met le mât à la naissance de l’avantbec d’un des bateaux du premier rang , et si le train est composé de plus de deux rangs de bateaux à la naissance de l’arrière-bec de ce bateau.
ESSAI DUNE INSTRUCTION
Le pied du mât a (fig. 41 , PI. 11 ) porte dans une mortaise pratiquée dans une semelle que l’on place sur le fond du bateau ; le haut du mât est incliné vers l’arrière , et il est maintenu parles haubans b ; 'la couronne d , qui soutient la ligne de halage c, est retenue par les haubans , on passe le bout de la ligne destinée aux haleurs dans la boucle h, d’une bride e que l'on amarre à la poupée/* ; l’autre bout de la ligne est «amarrée à la poupée d’un des bateaux du second rang, et l’on roule avec soin la partie excédante de ce cordage.
Un homme est chargé de filer de la ligne ou de la raccourcir ; un autre se lient à la bride, l’allonge ou la raccourcit, selon que l’exige la direction que l’on veut donner au train , et selon qu’il est nécessaire , dans les tournants, d’élever ou d’abaisser le point de traction de la ligne. Ges deux hommes se conforment aux ordres du pilote. Des galièurs se tiennent sut l’avant, et empêchent que le bateau ne touche la rive ou ne s’engrave.
Les haleurs sont équipés chacun d’une bretelle, elle leur embrasse la poitrine et les bras, ils ne doivent jamais la passer sous les bras , il faut qu’ils puissent à chaque instant se dégager de leur bretelle , en la faisant sauter pardessus la tête , on a vu des haleurs , qui n’avaient pu se débarrasser de leur bretelle , être entraînés à l’eau et se noyer.
Les haleurs accrochent les cordons de leur bretelle à la ligne , et suivent en tirant le chemin de halage ; celui de devant porte une perche à la main pour sonder le chemin de halage lorsqu’il passe dans l’eau ; un homme marche derrière les haleurs et fait sauter la ligne par-dessus les objets qui pourraient l'accrocher.
Si le halage se fait par des chevaux , on fixe les volées
d’attelage à des commandes amarrées à la ligne ; l'homme qui suit la ligne pour la dégager porte sur lui un instrument tranchant qui lui servira à couper le cordage qui tient la volée , quand il verra que les chevaux seront sur le point d’être entraînés à l’eau par la ligne.
Lorsque le chemin de halage change de rive, on remonte le bateau jusqu’au point où les haleurs sont arrêtés dans leur marche , et lorsque le courant est peu rapide , on passe le bateau vers la rive opposée à la rame ou à la gaffe, selon le plus ou moins de profondeur de la rivière; si c’est un train que l’on remonte, on attache à l’arrière un cordage , sur lequel des hommes baient pour lancer le train ; ils abandonnent le cordage quand ils ne peuvent plus avancer : le train , que cet efîort a lancé et fait tourner de manière à donner à passer , traverse la rivière.
Cette manière de passer n’est plus praticable quand le courant a une grande vitesse , il serait à craindre que le bateau entraîné par le courant ne descendît trop, et qu’il ne pût aborder sur la rive opposée, à l’endroit où commence le chemin de halage; il faudrait alors revenir à la rive de départ , se remonter de nouveau , et l’on aurait perdu son temps et ses peines. Sur le Danube, on fait embarquer, dans un bateau destiné à cet usage, les hommes et les chevaux de halage; les bateliers qui conduisent ce bateau filent, en passant d’une rive à l’autre, une ligne qui est attachée par un de ses bouts au train ou au bateau à remonter ; arrivés à la rive opposée, ils tendent cette ligne, et elle sert à faire passer la ligne de halage ; les haleurs ou les chevaux se mettent à tirer ce cordage et le tendent; alors les hommes restés sur le bateau le détachent de la rive, les haleurs se mettent en route, le bateau fait pont volant et gagne ainsi la rive opposée.
ESSAI DUNE INSTRUCTION
iCO
Pour passer sous les ponts , on remonte le bateau jusqu'auprès du pont , on l’amarre à terre ou au pont ; on couche le mât s’il est nécessaire, on fait passer la ligne sous le pont, on remonte le bateau, et l’on redresse le mât après qu’on a passé le pont.
Si la force des baleurs est insuffisante pour faire remonter le pertuis des barrages que l’on rencontre , on se servira d’un vindas ou d’un cabestan que l’on équipera à terre , h quelque distance en amont du pertuis.
Les endroits qui paraissent le plus difficile à franchir en temontani sur les riyières rapides , comme le Rhin, sont ceux où le lit de la rivière est rétréci par des épis.
Les épis occasionnent, du côté d’amont, un gonflement considérable d’eau, et par conséquent une chute en aval; il se forme aussi au-dessous de l’épi un remou ou contrecourant qui pousse rapidement le bateau contre l’épi.
Le bateau que l’on remonte au-dessus d’un épi esl sollicité par deux forces contraires, l’une celle du courant qui tend à le faire descendre, l’autre celle du remou qui tend à remonter l’arrière du bateau; si l’on ne parvient à vaincre leur effet, le bateau tournera autour de son centre de gravité , présentera le travers au courant qui, le frappant de toute sa force, jettera, quelqu’elfort qu’on fasse, le bateau sur la rive opposée , et la ligne entraînera avec elle les hommes et les chevaux qu’on n’aurait pu dégager à temps.
Avant de chercher à remonter un bateau au-dessus d’un épi, on l’amène à l’extrémité de l’épi, on dispose convenablement la ligne de halage, l’on fixe à l’avant et à l’arrièrebec du bateau de fortes amarres que l’on fait tenir à des hommes placés sur l’épi ; le nombre d’hommes nécessaires pour remonter le bateau tirent alors sur la ligne -, les hommes qui tiennent les amarres filent ou retiennent leurs cordages
de manière à maintenir le bateau dans la direction la plus favorable; ils sont toujours prêts à tourner leurs amarres autour d’un piquet, d’une souche, si l’avant du bateau tendait à vouloir trop s’engager dans le courant , ils empêchent ainsi le bateau de tourner , secondent , par leurs eflorts , le pilote et les galleurs placés dans le bateau ; de cette manière , on évite les accidents et le bateau franchit l’obstacle qui arrêtait sa marche.
Les détails dans lesquels on vient d’entrer suffiront sans doute pour aider à surmonter les difficultés que l’on peut rencontrer, tant dans la navigation ascendante que descendante des bateaux, radeaux et trains de toute espèce.
ESSAI d’üNE INSTRUCTION