‹ Essai d'une instruction sur le passage des rivières et la construction des ponts militaires à l'usage des troupes de toutes armesChapitre 38 sur 48 · COMPAGNIE · texte numérisé non relu

COMPAGNIE

La composition suivante a été adoptée pour les compa-

gnies sur le pied de guerre.

Capitaine en premier ; 1

— en second 1

Lieutenant en premier l

— < — « — en second 1

Total des officiers 4

Sergent major ouvrier ou batelier

i Bateliers 4.1

Sergents j Ouvrier en bois. 1 j

( cn fer i )

Fourrier, batelier ou ouvrier

Caporaux

Maîtres ouvriers

Pontonniers de lr* classe Pontonniers de 2' classe.

Clairons

{Bateliers 4

Ouvrier en bois. 1 en fer. . 1

Bateliers. ... 4 )

Ouvriers en bois. 4 >

— en fer. . 4 )

[Bateliers 18 j

(Ouvriers 12 j

(Bateliers 42)

( Ouvriers 24 !

I Tailleur 1 j

I Cordonnier. ... 1 f

Total des sous-officiers et soldats 124

Enfant de troupe t

Les V6 ouvriers de la compagnie , sous-officiers non compris , exercent les professions suivantes :

3 Cordiers.

12 Ouvriers en fer, dont

6 Forgeurs;

2 Serruriers ;

2 Cloutiers ;

*2 Taillandiers.

31 Ouvriers en bois, dont

5 Charpentiers de bateaux ; 8 Charpentiers ;

4 Scieurs de long ;

6 Charrons;

6 Menuisiers ;

2 Tonneliers.

Le cadre de la compagnie sur le pied de paix est le même que celui du pied de guerre, la différence ne porte que sur les pontonniers , et on ne compte que 12 premiers et 30 seconds pontonniers , au lieu de 30 premiers et 66 seconds , et l’effectif ne s’élève qu’à 70 sous-officiers et soldats.

Il y a , outre les 12 compagnies, un peloton hors rang, et en temps de guerre un cadre de compaguie , dit cadre de dépôt.

Cette organisation du bataillon de pontonniers nous semble parfaitement appropriée à la nature de notre service. Remarquez bien , messieurs , que l’on a fait entrer dans la composition des compagnies 3/5 de bateliers , et 2/5 d’ouvriers , parce qu’on a voulu que les pontonniers pussent toujours par eux-mêmes exécuter toutes les constructions que nécessite un passage de rivière ; l'instruction des pontonniers serait donc incomplète et ne répondrait pas au but que l’on s’est proposé par l’organisation actuelle , si l’on se bornait à n’exercer les pontonniers qu’à la navigation.

512 KSSAI d’uNC INSTRUCTION.

et à ne leur faire jeter des ponts qu’avec des matériaux

préparés à l’avance par des mains étrangères.

L’expérience de tous les jours nous apprend qu’il est facile de faire en peu de temps d’un ouvrier intelligent un batelier passable , tandis qu’il faut plusieurs années d’apprentissage pour former un ouvrier, même médiocre.

Il est vrai que chaque année l’administration de la guerre, lors de la mise en activité des jeunes soldats , prend le soin de désigner le nombre et l’espèce d’ouvriers que chaque contingent départemental dirigera sur notre corps; mais cette mesure, qui a été vivement sollicitée, restera sans effets tant que nous ne trouverons que de rares occasions d’exercer nos jeunes ouvriers, qui, loin de se perfectionner dans leur profession, perdront au contraire tous les jours l’habitude de leurs travaux ; cette lacune dans l’instruction ne donne aucun moyen aux officiers des compagnies de connaître la capacité de leurs sous-officiers comme chefs de chantiers , et le degré de force de leurs ouvriers , parce que jamais ils ne voient ni les uns ni les autres à l’ouvrage.

Nous ne discuterons pas ici les mesures qu’il conviendrait de prendre pour harmonier toutes les parties de notre instruction pratique; nous émettrons cependant le vœu que les intentions manifestées par notre colonel ne rencontrent pas d’obstacles dans leur accomplissement , et qu’il obtienne enfin que les ouvriers du bataillon soient exercés sous nos yeux dans leur profession respective , sinon autant que les bateliers le sont journellement dans la leur, du moins assez pour que nous puissions apprécier comment ils s’acquitteront des travaux que nous serions dans le cas de leur confier, et jusqu’il quel point nous pourrons, dans des circonstances pressantes , compter sur leur habileté. Ce sera pour nous une grande amélioration, un progrès mar-

SXJH LG PASSAGE DES RIVIÈRES. 513

<qué , et ce n'est qu’alors que nous aurons réeUement sous nos ordres des pontonniers , c’est-à-dire des hommes qui pourront construire et tenir dans un état constant de service les équipages de pont, de quelque nature qu’ils soient, et qui sauront ensuite mettre ces matériaux en œuvre pour établir les communications de toute espèce dont l’armée -aura besoin pour franchir les rivières; tels doivent être, messieurs, les hommes que l’état place sous nos ordres , et que nous devons diriger.

Cherchons maintenant les obligations que nous impose notre position , et quelles sont les connaissances que nous devons posséder si nous tenons à n’étre jamais au-dessous ■de ce que l’on est en droit d’attendre de nous à l’armée.

Je ne vous parlerai pas des connaissances mathématiques et technologiques que tout officier d’artillerie a dû acquérir ; je puis assurément vous les supposer, et me borner à vous prévenir que nous sommes forcés d’en faire de fréquentes applications.

La première chose que nous devons savoir à fond est le règlement sur le service et les manœuvres des pontonniers; ce livre est le fruit de quinze ans de travaux , de recherches et d’expériences ; nous y trouvons tous les éléments , mais les éléments seulement des différentes parties de notre service.

Ce règlement , comme vous le savez , est divisé en deux parties ; la première relative aux manœuvres de ponts comprend quatre titres; le titre premier, intitulé Notions élémentaires, vous donne la nomenclature de tous les objets dont on se servira dans les manœuvres , les nœuds en usage, les points d’amarrage et les manœuvres des machines accessoires au service des ponts.

Le titre deuxième donne le chargement sur les voitures ( Tom. 1 , 3e Liv. ) 33

ESSAI DUNE INSTRUCTION

des principaux objets de l’équipage de pont de campagne , ainsi que le déchargement de ces objets, et la manière de les placer.

Le titre trois est tout entier consacré à la navigation.

Le titre quatre développe dans le plus grand détail toutes les manœuvres de pont qui peuvent s’exécuter avec l’équipage de pont de bateaux de campagne ; on pourrait peut-être regretter la concision avec laquelle on a rédigé ce qui est relatif à la construction des ponts de bateaux du commerce , des ponts de radeaux , et à l’établissement des estacades.

La seconde partie renferme les manœuvres de force spéciales ; vous y trouverez des données précieuses , et je vous engage à ne pas négliger cette partie de noire règlement ; nous serons souvent obligés d’avoir recours à ces manœuvres , si remarquables par leur simplicité , quand il s’agira de nous tirer d’un mauvais pas.

Mais nous ne devons pas nous borner, messieurs , à ne savoir que théoriquement notre règlement , il faut que nous puissions agir et paver de notre personne , que nous sachions manier la rame et la gaffe comme l’officier d’infanterie son fusil . l’artilleur son écouvillon ; il est donc de toute nécessité que nous nous exercions nous-mêmes à la navigation, quenous apprenions à conduire seuls une nacelle, même sur le Rhin , que nous sachions à l’occasion donner un coup de gafle qui nous lire à l’instant d’embarras; que nous puissions à volonté prendre le gouvernail et diriger aussi bien un grand bateau du commerce que notre petit bateau d’équipage; aucun détail de pontage ne doit nous être étranger, et à chaque instant nous devons pouvoir, dans les instructions de détail, joindre l’exemple au précepte. Au moyen de ces connaissances pratiques faciles à

acquérir avec un peu de bonne volonté , nous ne serons jamais dans la dépendance d’aucun de nos subordonnés , et nous conserverons plus sûrement sur eux tout l’ascendant de notre autorité.

L’équipage de ponts de bateaux de campagne, que l’on a adopté après de longues discussions , et qui est , si je puis me servir de cette expression, notre arme à nous, celle avec laquelle nous ferons la guerre, doit fixer particulièrement notre attention. Nous devons connaître dans le plus grand détail tous les objets qui le composent, l’usage de chacun d’eux , leur degré d’utilité , leurs dimensions principales , leur poids approximatif, et nous procurer des données exactes sur leur construction. Connaissant toutes les parties de l’équipage de pont de campagne , et sachant nous en servir conformément à la théorie , il nous reste encore à étudier son chargement complet sur les voitures , la manière de conduire par terre un pareil convoi sans accidents, et en conservant tous les objets dans un état de service; et si le transport se fait par eau , il faut pouvoir sans hésiter prescrire le chargement et les précautions à prendre pour assurer la conservation du matériel; si vous tenez à approfondir toutes les particularités qui se rattachent à l’équipage de pont de campagne , je vous engage à remonter aux causes qui ont déterminé son adoption , et à suivre les discussions qui ont eu lieu à ce sujet et dont vous trouverez les traces dans les archives du corps.

Ce que nous venons de dire pour l’équipage de pont de bateaux de campagne s’applique à l’équipage de pont d’avant-garde récemment adopté.

Ne perdons pas de vue que ces équipages sont très-souvent construits sous notre direction , qu’il faut par conséquent que nous puissious en tracer toutes les parties ,

516 essai d’une instruction

organiser les différents ateliers et régler le travail à donner aux ouvriers de manière à produire beaucoup eu peu de temps , et à tirer le parti le plus avantageux des matières premières qu'on nous livre des magasins de l’état.

Mais ces constructions , que nous pouvons appeler régulières et pour lesquelles on nous remet des tables et des dessins cotés , paraîtront bien faciles comparées à celles que nous sommes la plupart du temps obligés d’improviser en campagne , sans ateliers , en plein air, manquant presque toujours des objets les plus nécessaires , et forcés d’user de toutes les ressources, quelque minimes quelles soient, que nous présentent les localités.

Faute de bois débités , il faudra abattre des arbres , les mettre en œuvre de toute manière , démolir les habitations, les enclos , etc. , pour utiliser les bois et les fers qui entrent dans leur construction ; notez que ce ne sont pas seulement quelques agrès de ponts , tels que poutrelles et madriers, etc., qu’il y a à confectionner, que souvent on a à construire des bateaux, des chevalets, des radeaux, etc., en un mot, tout un attirail de pont. Dans ces moments le temps presse, tout le monde a les yeux fixés sur les pontonniers, on n’attend qu’eux, on n’espère qu’en eux ; voudriez-vous en pareilles circonstances manquer à l’armée ? Je ne le pense pas. 11 importe donc que, par nos connaissances acquises , nous puissions faire face à toutes les éventualités de notre service.

De là la nécessité impérieuse pour nous d’étudier tout ce qui se rapporte aux constructions, et d’y acquérir une certaine expérience. Je vous engage donc , pour atteindre ce but y à diriger vos recherches :

1° Sur la manière d’organiser promptement et de conduire les ateliers d’ouvriers en bois et en fer, et lescordenes ;

2° Sur la construction des bateaux , en y employant des bois de toute espèce , et comment on approprie au service des ponts les bateaux du commerce;

3° Sur la construction des radeaux d’arbres, de tonneaux, d’outres, etc., d’une force voulue pour supporter sans crainte un poids donné ;

4“ Sur la construction prompte et solide des chevalets ;

S" Sur les moyens de confectionner les parties du tablier et les autres agrès de pont , et comment on supplée à ceux qui manquent, ou dont on ne peut se servir ;

6" Sur la manière d’opérer l’abattage des arbres, et suite choix à faire des arbres propres au débit ou à la construction des radeaux ;

7" Sur le débit , la cpupe et l’assemblage des bois ;

8° Sur la manière de faire le cbarbon , le goudron , et de confectionner des cordages lorsqu’on a pu se procurer du chanvre ou du fil.

Rappelons-nous aussi que nous devons pouvoir établir des ponts de pilotis , réparer les arches rompues des ponts stables, travail souvent plus difficile que s’il fallait jeter un pont , construire les machines infernales et incendiaires destinées à détruire les ponts de l’ennemi , et que l’on nous confie quelquefois la destruction des ponts de toute espèce.

Vous devez juger , messieurs, par cet aperçu rapide de nos travaux en temps de guerre , que si nos connaissances étaient limitées à notre théorie de manœuvres , nous ne pourrions jamais satisfaire à toutes les exigences de notre service, et que nous serions loin d’étre pontonniers dans toute l’étendue de ce mot.

Depuis la paix , un nouveau genre de navigation s’est développé sur les rivières; les bateaux à vapeur se multiplient tous les ans : il est probable qu’à la guerre on

518 ESSAI d’une instruction

cherchera à utiliser ce moyen de communication ; c’est évidemment à nous que l’on s’adressera pour en régler et en surveiller l’emploi. Voilà une nouvelle branche de service sur laquelle j’attire déjà votre attention.

Mais ce qu’il est surtout intéressant pour nous de bien connaître et d’approfondir, c’est le cours des rivières et les effets du mouvement des eaux courantes , tant sur le lit sur lequel elles coulent que sur les corps de support que nous sommes obligés d’établir au milieu des eaux pour former nos ponts. Ainsi , les principes généraux de l’hydrographie , de l’hydrostatique , de l’hydrodynamique et les principales applications de ces sciences ne peuvent rester étrangers à un officier de pontonniers.

Nous avons aussi besoin d’avoir des notions très-étendues sur la géographie , la statistique et la topographie des contrées que l’armée doit parcourir. Un premier coup d’œil sur la configuration générale du théâtre de la guerre servira à déterminer la composition des équipages de pont à mener à la suite de l’armée. La statistique nous indiquera les ressources de toute nature que l’on peut espérer trouver dans le pays pour compléter les équipages de pont. La topographie dessinera à nos yeux le cours des rivières , et nous fera connaître leur largeur et la conformation des rives.

Les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie, ces contrées si riches en cours d’eau et qui touchent nos frontières , méritent de notre part une attention toute particulière. Etudions, pendant la paix, leur constitution hydrographique; car si la guerre venait à éclater, c’est dans ces pays que la France porterait ses armes.

"V ous ne pourriez mieux utiliser vos loisirs , messieurs , qu en vous adonnant à l’étude d’une langue étrangère. Cette connaissance vous sera d’une grande utilité ; j’ose presque

suit LE PASSAGE DES RIVIÈRES. 519

dire quelle nous est indispensable , tant nous sommes forcés par la nature de notre service d’avoir des relations suivies avec les gens du pays.

Nous sommes encore obligés d’être initiés dans les principales combinaisons de la tactique et de la stratégie pour tout ce qui se rattache aux passages des rivières. L’officier de pontonniers est souvent appelé à donner son avis sur les opérations les plus importantes de la guerre ; on le consulte presque toujours sur l’emplacement qui lui paraîtra le plus favorable à l’exécution d’un passage , sur les communications qu’il pourra établir avec les moyens qu’il possède et les ressources que présente le pays , ainsi que sur le temps nécessaire à toutes ces constructions. Les réponses de l’officier de pontonniers serviront nécessairement de bases aux opérations projetées, et une responsabilité immense pèsera sur lui.

Pénétrons-nous bien , messieurs, de cette vérité , qu’un passage de rivière ne peut réussir qu’autant que tous les préparatifs auront été faits et calculés avec le plus grand soin ; que c’est là la partie la plus difficile et la plus pénible , et qui exige toute notre attention , et où toute notre responsabilité se trouve engagée; car le plus petit oubli , la moindre négligence , peuvent faire manquer un passage et compromettre l’armée.

Jamais on ne doit pouvoir nous reprocher d'avoir fait manquer un passage , parce qu’ayant mal calculé la largeur de la rivière , nous manquons de corps de support ou d’agrès pour terminer les ponts; ou parce que, faute de précautions , les bateaux , chargés depuis longtemps sur des voitures , feront eau , et couleront à l’instant de s’en servir ; ou parce que , n’ayant pas reconnu la profondeur de la rivière, nous manquons de chevalets pour ponter les bas-

520 ESSAI d’une instruction

fonds , ou qu’un banc de sable que nous ne soupçonnions pas, arrête les bateaux chargés de troupes, etles laisse exposées au feu de l’ennemi ; ou parce que , ne nous étant pas assurés de la vitesse du courant, nous avons compté sur un pont de radeaux , qui ne pourra se tendre sur une rivière dont la vitesse excède deux mètres par seconde ; ou parce qu’ayant négligé de reconnaître la nature du fond de la rivière , nous n’avons pas pensé à suppléer aux ancres dont on ne peut se servir ; ou enfin , parce qu’ayant mal calculé les dimensions et la force des corps de support et des diverses parties du tablier, en raison des charges qu’ils doivent supporter, les ponts viendront à manquer de solidité et à se rompre pendant le passage , accident le plus funeste qui puisse arriver à une armée en présence de l'ennemi.

N'oublions pas non plus que notre tâche ne se termine pas à l’établissement des moyens de passage , et qu’il faut encore , dans l’intérêt de l’armée , savoir conserver les communications établies , et les préserver des tentatives que l'ennemi ne manquera pas de faire dans le but de les détruire.

Je ne vous ai point parlé encore , messieurs , de l’étude des faits historiques qui se rapportent aux passages des rivières ; persuadez-vous bien que l’histoire militaire est le meilleur guide que nous puissions consulter pour perfectionner notre instruction. Les événements si variables de la guerre , en se déroulant à nos yeux , nous traceront une règle de conduite sûre et infaillible, qui nous enseignera à surmonter les difficultés que nous rencontrerons dans l’accomplissement de nos devoirs.

L’histoire nous redira les beaux faits qui ont illustré les anciens pontonniers français, et elle nous fera aimer un service qui conduit aux honneurs et à la gloire.

Les pontonniers ont compté dans leur rang les lieutenants généraux Eblé, Andréossy, Tirlet, Neigre, Bouchu , plusieurs maréchaux de camp ; et un grand nombre d’officiers supérieurs d’artillerie s’enorgueillissent encore d’y avoir servi.

Comparez , messieurs , notre service en temps de guerre à celui des autres armes , vous en trouverez peu d’aussi brillant , et qui offre autant de chances de distinctions ; mais il faut savoir les mériter. Livrons-nous donc , messieurs, de corps et d’esprit, dans toute l’acception de ces mots , à l’étude de toutes les parties de notre service ; sachons vaincre les difficultés de notre état , quelque ardues quelles soient; qu’entre nos mains la réputation acquise aux pontonniers se conserve intacte , et digne des belles traditions qui honorent ce corps aux yeux de l’armée et de la France.

FIN DE l’essai d’uNE INSTRUCTION SUR LE PASSAGE DES RIVIÈRES, ETC.

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