POIDS DO MÈTRK CUBE
poids a ajoitbr pour
l.'lMUF.r.SIOM.
Aune
Châtaignier
Chêne (vert)
Chêne (sec)
Erable
Frêne
Hêtre
if
Maronnicr d'Inde. . . .
Noyer
Orme blanc
coo
Orme ronge
Peuplier ordinaire. . . .
Peuplier blanc d’Espagne
Pin
Pommier
Sapin
Tilleul
Liég«.'
Le poids, des bois variant selon l’époque de la coupe et leur état de siccité, le tableau ci-dessus ne servira qu’à déterminer à l’avance les essences de bois auxquelles on doit donner la préférence pour former les radeaux et empêcher qu’on n’abatte des arbres qui ne seraient d’aucune utilitépour leur construction.
Lorsqu’on voudra connaître le poids des bois , voici comment l’on pourra opérer :
Faites équarrir avec soin un prisme rectangle ( parallépipéde rectangle) ; meltez-le à l’eau , maintenez-lc verticalement; multipliez par 1000 la quantité dont il s’est enfoncé dans le liquide , divisez le produit par la hauteur totale du prisme, le quotient donnera le poids du mètre cube du bois soumis à l’expérience exprimé en kilogrammes. Cette règle se déduit de ce que le poids du prisme flottant est égal au poids du volume d’eau déplacé par sa partie immergée.
t-1'U J.$ |>J!5 npikuBS. ' 1
§oit une pièce de i»ois taillée en prisme rectangle de <»“ 5o de hauteur, s’enfonçant dans l’çao de o*" 3o; vous aurez.
0 °° * — — =6oo kilogrammes pour la pesanteur du
métro cube. Ainsi la charge nécessaire ppur l’immersion sera ' de 4no kil. par mètre cnbe de bobs*
Quand le prisme aura un décimètre de hauteur, il suffira de multiplier par dix mille la hauteur immergée.
L’on obtiendrait plus simplement le poids d’un mètre cube de bois , en pesant un cube parfaitement équarri d’un décimètre de côté, et en multipliant son poids par 1000.
L’on a observé que le pied d’un arbre était spécifiquement plus pesant que sa tète , il convient donc pour plus d’exactitude d’opérer sur deux prismes, l’un provenant du pied, l’autre du petit bout de l’arbre; la moyenne entre les pesanteurs spécifiques des deux prismes sera plus approximativement celle do l’arbre , que si l’on n’avait pris qu’un seul prisme.
La pesanteur spécifique dçs bois secs s’accroît en les laissant séjourner dans J’eau. Une pièce de sapin d’un bois presque sep, mise à l’eau, a augmenté, après dix jours d’immersion , d’un dixième environ de son poids, et d’un quart après quarante -cinq jours ; passé ce terme il n’y eut plus de variation sensible pendant quarante-cinq autres jours qu'dlefut laissée à l’eau (î). On a remarqué que les bois vjeux, quoique beaucoup plus secs que les bois neufs, s’imbibent davantage et finissent par s’enfoncer plus que ces
(1) Ai. Kabcrt dit que le poids fins bois laissés huit jours dans l'eau, augmente d'un huitième ( Praktitd.es Uhrbucu , fur pionnière und tappeure). Le §(d udral Douglas rapports qu'un arbre bien sec, dont les extrémités n'avaient pas été goudronnées, augmenta au bout ds deux on trois jours d’immersion, d’un t'xioma da son poids. Eeeajt sur le» ponte militaires.
derniers. On sera forcé d’avoir égard à ces faits d’expérience en construisant les radeaux.
Le volume des pièces de bois équarries se calcule trop facilement pour en parler ici.
Le tronc ou le corps d’un arbre a généralement la forme d’un cône tronqué ; son volume V se calculera par la formule suivante qui est celle qui donne la solidité d’un cône tronqué.
V = | L (R*-t-r> +Rr)
K ( ou 3. i4i5g26...j étant le rapport de la circonférence
au diamètre, L la longueur de l’arbre , R et r les rayons des . > sections extrêmes.
On substitue ordinairement au cône tronqué , un cylindre ayant pour hauteur la longueur de l’arbre et pour base la section faite à égale distance des deux extrémités. On calcule alors sa solidité par l’une des deux formules suivantes :
C Étant la circonférence du milieu de l’arbre et 0,0795 la surface du cercle dont la circonférence = 1. Le volume de ce cylindre est un peu moindre que celui de l’arbre, mais la différence étant en moins et très-petite, on peut la négliger sans inconvénient.
Cherchons la charge ou le poids Y que peut porter un arbre jusqu’à l’instant de son immersion totale , V étant son volume, 1000 kil. le poids du mètre cube d’eau, P le poids de mètre cube du bois, nous aurons :
fl) Cts-I pour éviter de calculer lu rayon, que, dans celte formule, ou a remplace 1/2 CH par 0.0795 Ca. Les surfaces de» cercles étant en Ir'eUes comme le carre de leurs rayons ou de leurs circonférences, on a :
4/2 (.R : 0.0705 :: C« : la.
d'où 1/2 CR — 0.0705 . C.».
SI' Il LE PASSAGE DES IllVljjRKS. 7^
Y = V ( îoool — P)
Si l’arbre séjourne au-delà de dix jours,
Y = V ( i ooot — P 7
Au-delà de quarante-cinq jours,
Y= V^ ioook — P — —)
Soit X le nombre connu d’arbres qui composent un radeau , etV leur volume moyen ; on trouvera le poids A necessaire pour l’immersion du radeau au moment de sa construction par la formule :
Y — VX (îoook — P) ^
Et plus tard,
Y = VX ^ îooo t — P — — )
On tire de ces formules le nombre X d’arbres dont il faudrait composer un radeau pour porter un poids donné Y.
X = v ( îoook— P— — )
X=V( loook — P— — )
Cette valeur de X est un minimum pour le poidsdonné ’i;
VA
y4 essai d’cxe instruction '
il faudra toujours l’augmenter pour éviter que le radeau ne
soit entièrement submergé.
Le poids dont on pourra charger un radeau sera facile à calculer au moyen des données suivantes:
Un fantassin avec armes et bagages occupe i/o de mètre carré, il pèse 80 kil.
Un homme nonarmé pèse G5 kil.; il peut se trouver six personnes par mètre carré, lorsqu’elles sont serrées en foule, ce qui fait Sçjokil. par mètre carré. C'est la plus forte charge qu’il puisse y avoir par mètre carré sur un radeau ou sur un pont.
Un cheval occupe en longueur trois mètres, en largeur un mètre , il pèse 45o kil. , et avec son cavalier 588 kil.
L’affût de 24 avec sa pièce pèse . . . 4*70 kil.
id. de 16 id. ...... 546o
id. de 12 id. coffre chargé. . . 2122
d’olmsier de (3 p. id. id 212O
id. de 8 id. id '794
d’obusier de 24 id. id 1712
IVujs moyens des caissons avec coffres chargés 172b id. des chariots chargés d’outils, de
rechanges, de madriers , etc i84<»
La forge outillée pèse 1825
Le baquet a\ec son haleau etscs agrès . . 2180
La voie des voitures d’artillerie de campagne est de 1 m 5 j ,1a longueur des essieux de im 902.
L’espace occupé en longueur par ces voitures alLelées de six chevaux est de i5 à i5 mètres; et pour le baquet chargé de son bateau de 17 à 18 mètres.
La voie des voitures d’artillerie de siège est de . 1” 5ô
La longueur de leurs essieux est de . . . . 2,n 01 G
Stn 1.K PAS6*CIi ÜKS RIVjliBKS. 7 à
La pièce 24 de attelée de huit chevaux , occupe en longueur j 8 nactres et en largeur 2 moires.
Si l’on forme un tablier sur un radeau il faut ajouter à ces poids , le poids de toutes les parties qui constituent le tablier.
Les foi-mules et les poids donnés ci-dessus fournissent tous les élémens nécessaires pour calculer, soit la charge que peut porter un radeau déjà construit , soit le nombre d’arbres dont il faut le composer pour qu’il puisse flotter sous un poids donné.
Les radeauxd’arbres ont été employés à passer des troupes d’une rive à l’autre, à jeter des ponts, et à porter des batteries , appelées alors batteries flottantes.
Aux armées l’on se procure le bois nécessaire à la construction des radeaux, en s’emparant de» chantiers et dépôts de bois de construction, ainsi que des flottes que le commerce fait venir ; en abattant les arbres sur pied , et enfin en démolissant quelques maisons pour en tirer les bois.
Préférer, pour la construction des radeaux, les bois résineux, tels que le sapin, le pin, aux autres essences de bois blancs; ils s’imbibent moins facilement d’eau que ces derniers et conservent plus longtemps la pesanteur spécifique qui leur est propre. Enduisez de goudron minéral les extrémités de vos arbres toutes les fois que vous pourrez le faire : ils seront moins perméables à l’eau.
Employez les arbres les pluslongset le6 plus forts; donnez à vos radeaux au moins »a mètres de longueur. Des radeaux plus courts n’auraient point assez de stabilité sur l’eau et prendraient un mouvement de langage dangereux, surtout sur les rivières rapides.
Gardez-vous d’équarrir les arbres destinés aux radeaux; ce serait un travail bien mal entendu et nuisible, car plus
76 ESSAI D’UNE INSTRUCTION
vous ôterez de bois, plus vous diminuerez la force de vos arbres ; cependant enlevez les nœuds et les bouts de branches qui forceraient de laisser des intervalles entre les arbres d’un radeau.
Evitez de construire les radeaux à terre, l’opération de les lancer à l’eau les disloque toujours. Dans un radeau construit sur chantier, les arbres tendent à changer de position lorsque le radeau est à l’eau ; ensuite il est plus facile de mouvoir les arbres dans l’eau que sur terre.
Choisissez pour construire vos radeaux un endroit près de la rive où le courant ailpeu de rapidité et oùles abords de la rivière soient d’un accès facile.
Commençons la construction des radeaux par le cas le plus simple et supposons qu’on veuille construire avec vingt corps d’arbres de 14 mètres de longueur, d’un diamètre moyen deo,5!?5, un radeau pour passer des troupes d’une rive à l’autre sur une rivière de peu de courant; nous supposerons encore que les arbres sont déjà jetés à l’eau et retenus le long de la rive; ce serait entrer dans des détails trop connus que de parler de la manière d’abattre les arbres et de les conduire à la rivière.
Lorsque la rive est plate, on amène pour construire le radeau ABCD (fig. i,pl. 5) un premier arbre le long de la rive, on cloue surcetarbrc à i“*ouaim5o de chacune deses extrémités le bout de deux madriers <1 <1 ; on pousse au moyen de ces deux madriers ce premier arbre au large ; on amène le deuxième arbre sous les madriers entre ce premier arbre et la rive ; on serre les deux arbres l’un contre l’autre; on met les madriers bien perpendiculairement à la longueur des arbres; l’on cloue les madriers sur ce second arbre , et l’on continue de placer ainsi successivement sous les madriers les autres arbres sans laisser d’intervalle entr’eux , en
SUR LE PASSAGE DES RIVlkRES.
avant l’attention de mettre alternativement les gros bouts des arbres en tôte et en queue du radeau , et d’aligner les bouts d’amont parallèlement aux madriers.
Une rive un peu élevée ne permet plus ce genre do construction : on assemble alors en flotte les vingt arbres du radeau , les gros bouts alternativement de tète à queue ; on cloue le madrier d’amont sur les deux arbres du milieu et .successivement sur les autres en les serrant et les alignant entr’eux ; puis l’on cloue le second madrier sur la queue du radeau.
On met alternativemement un gros bout et un petit bout des arbres à la tète du radeau , afin que le centre de figure soit en même temps le centre de gravité du radeau; le chargement du radeau est alors plus facile à combiner, tandis que si l’on mettait tous les gros bouts du môme côté, on courrait les risques de charger jtrop l’avant ou l’arrière, à cause de la difficulté de juger de la véritable position du centre de gravité du radeau.
Les arbres du radeau ABCD ayant la même longueur , son centre de gravité est en O , au milieu de l’intervalle qui sépare les deux madriers ; si les arbres étaient inégaux on jugerait à vue d’œil de la position du centre de gravité.
On place à égale distance du centre de gravité deux traverses l>b. cc.; leur écartement dépend de la longueur que l’on doit donner au tablier. Ces traverses se posent en travers sur tous les arbres et perpendiculairement à leur . longueur. Les traverses ont ordinairement o". 2 1 o de largeur et om 1G0 de hauteur; à défaut de bois équarris, on prend des rondins ou des petits arbres ayant o1" 160 à oro 180 de diamètre au gros bout.
Si les traverses ne posent pas également sur tous les arbre
ESS\I D UK K INSTRUCTION
ou entaille lus plus loris, ou l'on place des cales sous les plus faibles.
On fixe les traverses aux arbres avec des broches en fer, ou avec des chevilles en bois, ou avec des harts et des cordages.
Lorsqu’on les fixe avec des broches ou des chevilles , on perce des trous de larrière en quinquonce comme dans la traverse cc.
Pour fixer une traverse avec des harts ou des cordages , on perce avec une forte tanière sur chaque arbre, tout près et de chaque côté de la traverse, des trous de o“. o5 à om. 06 de diamètre et de o™. 10 à om. 1 2 de profondeur; on introduit dans l'un de ces trous l’extrémité d’une hart ou d’un cordage, que l’on arrête en chassant fortement dans le trou une cheville de o, 1 5o à o, 1 60 de longueur ; on passe la hart ou le cordage par-dessus la traverse bb\ en tendant fortement on ramène le bout libre dans le second trou du même arbre , où on l’arrête de même par une cheville.
Les pontonniers badois se contentent d’arrêter les bouts des harts par des clameaux , ce procédé est plus expéditif etprésente une solidité suffisante, caries radeaux ainsiconstruits restent tout l’été sur le Rhin, àManheim, sans éprouver d’avaries.
Le mode le plus prompt et le plus simple d’assembler les arbres d’un radeau sous les traverses et qui n’exige ni tanière, ni broches , ni clameaux , etc., est d’embrasser chaque arbre et la traverse par un bout de cordage dont on forme une couronne dans laquelle on introduit un billot pour serrer fortement la traverse sur l’arbre.
A défaut de cordages , prenez les grandes courroies des havre-sacs ou découpe* en courroies quelques peaux de bœufs ou de cheval.
Pour fonner le tablier sur lequel s# placera la troupe , on
si B t.t. pass\6e i:f.s nmkBF.s.
met entre les deux traverses extrêmes bb, ce, un certain nombre d’autres traverses dd de même hauteur que les premières; elles peuvent être moins larges. Toutes ces traverses sont également espacées entr 'elles ; l’intervalle d’une traverse à l’autre se règle sur la force des madriers; il ne faut pas que Ceux-ci puissent se rompre sous les roues des voitures. On couvre les traverses de madriers cee, ces madriers sont autant que possible cloués sur toutes les traverses.
Les traverses intermédiaires sont fixées sur l’un des arbres du milieu cl sur les deux arbres extrêmes par des broches, des clameaux, des barts, etc. On élève sur l’un des arbres du milieu et derrière le madrier d’amont une poupée f; on y attache le cordage qui sert â amarrer le radeau à terre. Sur la queue du radeau se trouve le porlegouvernailg; et sile radeau doit naviguer àla rame, on place des porte-rames à l’avant età l’arrière, sur chacun des arbres extrêmes ; enfin si le temps le permet, on entouré le tablier d’un garde-fou.
Le tablier ne s’étend pas sur toute la surface du radeau ABGD, parce que la force deceradeaune permettrait pas de le couvrir en entier de troupe , il est toujours prudent de
proportionner la surface du tablier au nombre d’hommes que le radeau peut porter sans danger1.
Cherchons la force de ce radeau : m. cub.
Volume des vingt arbres (imcub. i6opar arbre) 20. 200 Volume supposé des traverses o. 700
Volume total.. . . 23. qoo
Poids du mètre cube de bois employé. . . . 570 k.
PoidB que portera un mètre cube.. .... 43°
D’où la force du radeau sera de » 10,277
ESSAI U UNE INSTRUCTION
En retranchant tic ce nombre le poids des "madriers du tablier, la différence donnera le poids dont on pourra charger le radeau.
Lorsque le courant de la rivière a quelque vitesse, les arbres d’un radeau ne s’assemblentplus carrément : on forme un angle saillant à la tête du radeau , et tous les bouts d’amont des arbres sont coupés en sifflet , de manière que la pointe du sifflet se trouve en dessus lorsque l’arbre flotte librement. On amène le bout des arbres à terre pour les couper en siflct. .
Après avoir réuni en flotte tous les arbres du radeau, on plante un clou à l’extrémité du sifflet de l’arbre du milieu, on y fixe par son milieu un cordage dont on ramène les bouts à droite et à gauche pour les arrêter aux extrémités du madrier d’amont. Ce madrier, qui doit avoir une longueur égale à la largeur du radeau , se cloue sur l’arbre du milieu à une distance du sifflet telle que les côtés du cordage forment l’angle que l’on veut donner à la tête du radeau ; pour un angle droit la distance du sifflet au madrier sera égale à la moitié de la largeur du radeau.
On descend successivement, à partir de l’arbre du milieu, tous les autres arbres jusqu’à ce que la pointe de leur sifflet affleure le cordeau , et on les cloue sous le madrier en serrant les arbres les uns contre les autres ; puis l’on cloue sur la queue du radeau un second madrier arrasant le bout de l’arbre qui est dépassé par tous les autres, et l’on achève de construire le radeau de la même manière que le précédent.
On prescrit de faire serrer les arbres les uns contre les autres, quoiqu’on aitlongtemps cru qu’il convenait de laisser un intervalle entre les arbres pour faciliter l’écoulement de l’eau ; parce que des expériences faites en i8a4 sur le Rhin
sia i.t p assagi; bas rivières. 8»
ont démontré que le radeau dont les arbres étaient jointifs opposait un quart de résistance de moins au courant , que ceux dont les arbres étaient éeartés de 1 o à 1 5 centimètres.
C’est encore pour diminuer l’action du courant contre la tête du radeau, qu’on coupe en sifflet le bout d'ainont des arbres d’un radeau.
Les radeaux dont l’angle de la tôte présente un saillant naviguent mieux ; car lorsqu’on donne à passer dans un radeau de forme rectangulaire, l’action du courant agit contre la tète en sens inverse de celle imprimée par les rames et par la partie du courant, qui frappe les côtés du radeau.
Le saillant donne aussi plus de longueur au radeau; ce qui le rend plus stable.
Lorsqu’un radeau sera destiné à passer en traille , la tête du saillant présentera un angle aigu , s’approchant le plus possible de l’angle de 54 à 55 degrés, parce qu’alors, en donnant à passer sous l’angle le plus favorable, l’un des côtés de la tète du radeau se trouve dans la direction du courant et ne lui oppose, aucune résistance , tandis que l’autre reçoit l’impulsion la plus forte que puisse lui imprimer le courant.
Ce radeau pourrait traverser une rivière de largeur moyenne (5o à 70“ ) à la manière des ponts volans , en amarrant simplement à la poupée le cordage d’uue ancre mouillée au. milieu de là rivière, et en donnant à passer sou» l'angle le plus favorable. Si la force du courant n’était point assez grande pour faire arriver le radeau* contre la rive , on y suppléerait par quelques coups de rauies ou de gaffes.
Les radeaux composés d’une seule rangée d’arbres, tels que ceux que nous venons de décrire, n’auront jamaisune force assez grande, quelque soit le diamètre des arbres, pour TOME 1. (’l** UV. ) 0
ESSil u’l/BK IXSTRCCTIO!»
qu’on puisse couvrir toute leur surface de troupes; Ton ne parviendra à ce but qu’en composant les radeaux de plusieurs rangs d’arbres superposés les uns sur les autres. Cette disposition est même de toute nécessité avec des arbres d’un faible diamètre.
Lorsque deux rangs d’arbres sulfiront pour donner au radeau la force voulue , on accouplera d’abord les arbres deux à deux avec des chevilles ou avec des clameaux, et l’on composera les radeaux avec ces couples d’arbres comme s’ils ne formaient qu’un seul arbre, de manière cependant que dans chaque couple l’un des arbres soit en dessus et l’autre en dessous.
Quand les radeaux doivent être composés de plus de* deux rangs d’arbres, on forme un premier radeau des arbres les plus forts , assemblés sous deux madriers seulement; on couvre ce radeau d’un second rang d'arbres, perpendiculairement aux premiers et liés à ceux-ci par de fortes chevilles ; on met sur ce second rang un troisième semblable au premier et l’on continue de plaeer les arbres par rangs croisés jusqu’à ce que le radeau soit composé d’un assez grand nombre d’arbres. On couvre le dernier rang de madriers, on place la poupée, les portes-rames, le porte-gouvernail et l’on entoure le tablier d’un garde-fou.
Les radeaux sur lesquels Charles XII, roi de Suède, et son armée passèrent le Sund en 1718, avaient cinq à six rangs d’arbres croisés les uns sur les autres. Chacun de ces radeaux portait deux pièces de 18 et 5oo hommes.
Charles Xll et après lui quelques généraux, ont fait entourer les radeaux destinés à un passage de vive force, de parapets en fortes planches de chêne , percés de créneaux ; les txoupes se trouvaient ainsi garanties contre les feux de la mousqueterie et pouvaient riposter à l’ennemi.
SUR LE PASSAGE DES RlVlkltl'S. 83
tes parapets étaient quelquefois à charnières et se rabattaient sur la rive en abordant.
Il n’est pas nécessaire que les radeaux d’arbres destinés à la construction d’un pont soient aussi forts que ceux dont la surface entière se couvrira de troupes. Un radeau de la force de 6,000 à 8,000 kil. suffira sous un pont pour le passage des plus lourdes voitures d’une armée.
D’après des expériences faites avec soin, voici comment l’on peut construire un radeau prêt à être ponté , avec treize arbres de 14 mètres de longueur et d’un diamètre moyen de om325.
On réunit ( fig. 2 ) les arbres en flotte , en alternant les gros bouts de tête à queue , après avoir coupé en sifflet tous les bouts d’amont; on les cloue successivement sous le madrier c , de manière que la tète du radeau forme un angle droit ; le madrier c , cloué sur la queue du radeau , arrase le bout de l’arbre qui est dépassé par tous les autres.
On cherche le centre de gravité du radeau, l’on fait à quelques décimètres en arrière de ce centre une marque sur l’arbre du milieu; on place perpendiculairement aux arbres deux traverses b b, éloignées de cette marque de quelques décimètres de moins que la moitié de la longueur des madriers destinés au pont. On fixe les traverses aux arbres par des broches oudesharts.
On pose sur ces traverses et dans le sens de la longueur des arbres trois supports d d d, d’une longueur égale à celle des madriers du pont ; ils sont maintenus sur les traverses par des clameaux.
On élève une poupée e sur l’arbre du milieu , elle est appuyée contre le derrière du madrier de la tête du radeau. On cloue un bout de planche f arrasant la pointe du sifflet
ESSAI 1) ITM! IVSTIUTCTION
des arbres qui touchent celui du milieu , cette planche supportera le cordage d’ancre amarré à la poupée et l’empêchera de s’engager entre les arbres du radeau.
Enfin on met un porte-gouvernail i sur la queue du radeau.
La tète du radeau présente un saillant pour opposer moins de résistance au courant et pour rejeter entre les radeaux les corps llotlans charriés par la rivière. On fait correspondre le milieu du tablier à quelques décimètres en arrière du centre de gravité du radeau, afin que la tète du radeau s’enfonce un peu moins que sa queue , lorsqu’il passe de lourds fardeaux sur' le pont, et aussi pour contrebalancer l’effet do la tension du cordage d’ancre, qui tend à faire plonger la tète. Eette précaution serait sans objet sur des eaux sans courants.
Le volume des treize arbres de ce radeau. . m. cub. (chaque arbre cubant i™ i Go) sera de. . . . i5 080
Volume des trois traverses et des deux madriers, o 4^9
Volume total du radeau i5 5iy
Le mètre cube des bois employé pesant . 5ÿo k.
la force de ce radeau sera de G.Gjâkij
Lorsque les arbres ont moins de is“ do longueur , on construit le radeau de la manière indiquée ( fig. 5). On coupe en sifflet le petit bout de la moitié des arbres destinés au radeau ; on forme avoc ces arbres un premier radeau a dont tous les petits(bouts soient en amont , en le fixant comme le précédent sous un madrier c; on amène les gros bouts des autres arbres derrière et contre les gros bouts des premiers , on unit chaque arbre avec celui de derrière par deux clameaux, par des harls ou par un morceau de madrier cloué sur chacun de ces arbres: on
SDK LE PASSAGE DES KlVlfelitS.
serre l’un contre l’autre le petit bout des arbres du radeau b de derrière, de manière que les arbres de devant et de derrière qui sont au milieu du radeau se correspondent en ligne droite ; l’on cloue un madrier c sur la queue du radeau.
Les traverses h et l se placentcomme au radeau précédent, la traverse g est à quelques décimètres en avant du centre de gravité du radeau partiel a, et la traverse k en arrière du centre de gravité du radeau b. Gnlixe trois supports ddil sur les quatre traverses , celui du milieu peut ne porter que sur les deux traverses intermédiaires.
On élève une poupée e, on place une traverse f près de la tète du saillant et un porte- gouvernail i à la queue du radeau.
Il résulte de cette construction que la charge que le radeau total aura à supporter se répartira au moyen des longs supports dit sur les quatre traverses à-la-fois , et par conséquent les deux radeaux partiels s’enfonceront toujours simultanément , sans qu’aucun effort tendç à les * désunir.
Les deux grands supports auront des dimensions assez fortes pour ne pas fléchir sous le poids du chargement.
Ainsi donc on fait avec des arbres courts des radeaux ayant la même forceet la même stabilité que ceux composés d’arbres d’une longueur double, et l’on évite'de se servir de radeaux courts et larges qui opposeraient beaucoup de résistance au courant , qui laisseraient sous le pont peu d’intervalles entr’eux , et qui pourraient prendre pendant le passage un mouvement dangereux de tangage.
Si chacun des deux radeaux partiels , qui forment le radeau double, est composé de onze arbres de 10 mètres de longueur etd’un diamètre moyen de o,5o le volume des
ESSAI I. LJii-: INST H U CT J O. S
vingt-deux arbres de ce radeau ( o“ cube 717 par arbre)
sera de i5m. 55o c.
celui des quatre traverses et deux madriers. o 5g5
Volume total . 16“ i45
Le mètre cube de bois pesant 570 kil. , la force de ce radeau sera de Gg4 > kil. 49
Les pontonniers, avec des radeaux construits comme on vient de l’indiquer, ont jeté sur le Rliin dont le courant avait par fois 2“ 3o de vitesse par seconde , des ponts de 80 mètres de longueur, surlesquels on a fait passer des troupes de toutes armes et la pièce de 24 attelée.
Les divers modes de construction de radeaux que l’on vient de décrire, indiquent suffisamment comment l’on doit s’y prendre pour former des radeaux avec des bois équarris ou provenant de la démolition de quelques édifices.
Les détails de construction relatifs aux batteries flottantes sont trop compliqués et trop étrangers au but que l’on s’est proposé pour en parler ici ; l’on se bornera à rappeler que le général Lovvendald employa en 1 744 des batteries flottantes pour le siège d’Ostende ; que les Autrichiens s’en servirent en 1705, au siège de Dresde, et les Français en 1784 au siège de Gibraltar.
iWicuux (le tonneaux , d'outre*, etc.
Si l’on excepte la presqu’île Hispanique et les steppes de la Russie, une armée agissant en Europe, quelque dépourvue qu’elle soit de matériaux propres au passage des
SCR I.B PASSAGE BJîS RIVlhRES.
rivières, trouvera presque toujours, dans l’éterulue de sa ligne d’opération , assez de tonneaux et de bois de démolition pour en construire promptement des radeaux, lesquels pourront servir non-seulement à embarquer des troupes pour les faire passer d’une rive à l’autre , mais encore à jeter des ponts sur la plupart des rivières dont le courant aura moins de deux mètres de vitesse par seconde.
Les radeaux de tonneaux sont une ressource précieuse pour une armée qui bat en retraite , et qui n'a pas toujours le choix des moyens , ni le temps de faire de grands préparatifs, ou pour une armée qui opère loin de l’ennemi; c’est sous ce point de vue seulement, qu’on doit envisager l’utilité de ce genre de radeaux; ils ne conviennent point pour un passage de vive force, ils naviguent trop mal pour pouvoir les faire aborder avec certitude à un point donné; quelques coups de fusils tirés dans les tonneaux, suffiront pour les faire couler et pour faire submerger tout leur chargement.
La plus grande partie des observations que l’on a faites en parlant des radeaux d’arbres, s’appliquent à la construction des radeaux de tonneaux. .
Le poids qu’un radeau de tonneaux pourra supporter, ou la force de ce radeau, dépendra du nombre et.de la capacité des tonneaux qui y sont employés.
Un peut, sans erreur sensible, regarder le poids du tonneau vide comme égal à' celui du volume que déplace son enveloppe, d’où il résulte que le poids dont il faut charger un tonneau pour le submerger, est égal au poids de l’eau nécessaire pour le remplir. Si le tonneau est jaugé, ce poids est égal à autant de kilogrammes qu’il y a de litres dans la jauge du tonneau.
F.SSA1 d'u.NK WSTBUCTIO!»
Si le tonneau n’est pas jaugé , on trouvera sa capacité par la formule suivante :
V étant la capacité du tonneau , K = 5. 141692 le rapport du diamètre à la circonférence , D Je diamètre intérieur au bouge , tl le diamètre intérieur au fond , et L la longueur intérieure du tonneau. On substitue, par cette formule, au tonneau, un cylindre ayant pour hauteur l’axe du tonneau , et pour base une moyenne proportionnelle entre le bouge cl le fond. Cette valeur, il est vrai . est un peu moindre que la capacité réelle du tonneau ; mais on peut sans inconvénient négliger cette différence qui sera toujours très-petite.
La force d’un radeau dont tous les tonne’auxont les mômes dimensions, s’obtiendra en multipliant la capacité d’un de ces tonneaux par le nombre de tonneaux employés. Si les tonneaux sont inégaux, on sera obligé de calculer la capacité de chacun des tonneaux ; la somme totale représentera la force du radeau.
Les radeaux de tonneaux ayant été plus fréquemment employés à la construction des ponts qu’autrement, l’on se bornera à décrire les modes de construction usités en France et en Allemagne pour former des radeaux prêts à être pontés. Cette instruction bien comprise, il sera facile, par analogie et en se rappelant les détails de construction de radeaux d’arbres, de construire des radeaux propres à passer seulement des troupes d’une rive à l’autre.
La construction des radeaux de tonneaux est extrêmement simple; on forme d’abord un châssis ADEll (fig. 4), composé de quatre supports AE, ISF , CG , DH, assemblés par des traverses KL, AIN , OP, OU; il faut que ce châssis ail
sim i.i; pvssacf, «es nivilmt.s. 89
au moins six mètres de longueur pour que le radeau acquière une stabilité satisfaisante.
On place une fde de tonneaux entre chacun des supports extrêmes et le support intermédiaire qui en est le plus près. On laisse entre les deux fdes de tonneaux un intervalle libre TS, dans le but de donner au radeau plus de stabilité dans le sens de sa largeur.
La distance entre les deux supports qui maintiennent une file de tonneaux est moindre que le diamètre des tonneaux au bouge; les arêtes intérièures du dessous de ces supports sont échancrées pour le logement des tonneaux.
Il faut, lorsque les tonneaux sont placés sous les supports , que le dessus de ceux-ci soit plus élevé que la partie supérieure des tonneaux.
Les traverses KL, MN , etc., sont sous les supports et encastrés dans un logement entaillé dans ceux-ci ; il y » une traverse à chaque bout du châssis et d’autres intermédiaires , leur écartement dépend de la longueur et du placement des tonneaux. Les traverses sont fixées aux supports par des chevilles en bois ou des broches en fer.
Un des supports intermédiaires porte une poupée V vers son bout d’amont.
Les quatre tonneaux des angles sont liés aux supports avec des cordages, parce qu’ils sont sujets à s’échapper par l’effet du tangage.
On se sert pour ce radeau de tonneaux ayant à-peu-près les mêmes dimensions. Quand les tonneaux sont petits, ou quand l’on vent donner plus de force au radeau , on donne plus de longueur au châssis pour y placer un plus grand nombre de tonneaux , ou bien on lui donne plus de largeur, et au lien de deux files parallèles de tonneaux, on en met plusieurs.
ESSAI I) l'NE INSTRICTIOX
Lorsque les tonneaux ont une grande, capacité , une seule rangée de tonneaux peut suffire; dans ce cas on place les tonneaux l’un à côté de l’autre , se touchant par le bouge , au lieu d’êlre bout à bout , et on les encadre sous un châssis composé de deux supports, seulement posé perpendiculairemcnt sur la longueur des tonneaux.
On peut encore construire les radeaux de tonneaux de la manière suis ante (fig. 5).
On range tous les tonneaux, excepté deux, bout à bout*sur deux files contiguës; un lonueau A est placé en travers devant les deux files; un autre B est placé en long derrière ces illcs. Les tonneaux contigus qui se correspondent dans les deux files, sont accouplés au moyen de traverses c c portant de fortes chevilles qui entrent dans les bondons. Ces traverses sont échancrées en dessous aux endroits qui posent sur les tonneaux.
Un support UE qui règne dans toute la longueur du radeau, est fixé sur le milieu des traverses au moyen do clameaux ou de cordages fortement brelos.
Le premier et le dernier tonneau sont de même fixés chacun par une cheville sous des traverses échancrées F et assujetties sous le support.
Le support porte une poupée P, vers son bout d’amont.
Chaque couple de tonneaux est embrassé par un cordage ; le tonneau de l’avant est lié à sa traverse et celui de l’arrière au support.
Lorsque les tonneaux sont en nombre impair, on n,e me* point de tonneau isolé à l’arrière. On peut se servir , pour le radeau , de tonneaux de diamètres inégaux en mettant des traverses plus hautes sur les tonneaux d’un diamètre plus faible.
Ce dernier radeau, à cause dé son peu de largeur, a un mouvement de roulis très-dangereux, aussi ne conseillet-on son emploi que dans des cas pressés , et lorsqu’on manque de bois pour faire des châssis.
Ce radeau et le premier dont on a parlé étant composés de i4 tonneaux jaugeant chacun 435 litres et ayant par conséquent , sans les bois du châssis , une force de 6090 kil. , ont servi concurremment avec les radeaux d’arbres pour jeter des ponts sur le Rhin et ont subi les mêmes épreuves que ceux-ci.
Le général saxon Hôyer, dans son manuel du pontonnier, prescrit de formerles radeaux de la manière suivante : Après avoir bien bouché les tonneaux et placé de chaque côté de la bonde un crochet ou un petit clameau , on met sous chaque support AB, de 6 à 7 mètres de longueur, un rang de tonneaux bout à bout, la bonde en dessus; les tonneaux selon leurs dimensions se toucheront ou seront espacés entr’eux de quelques centimètres , pour qu’ils dépassent de chaque côté de om 1 5 à om 52, les extrémités des supports; des bouts de cordages passés dans les crochets ou dans les clameaux, lient fortement les supports sur les tonneaux.
On pose ensuite sur deux rangs de tonneaux CD et EF. et perpendiculairement aux supports , cinq poutrelles a, b, c, d, e, également espacées ; leur écartement dépend de la largeur qu’on veut donner au tablier du pont. La poutrelle du milieu porte sur le milieu des supports , les extrémités des poutrelles dépassent de quelques centimètres le bouge des tonneaux. On lie ou l’on clamaude les poutrelles sur les supports ; puis l’on place sous ces poutrelles et dans l intervalle qui se trouve entre les deux rangs de tonneaux CD et EF autant de rangs de tonneaux GH , égale-
ESSil D IKK INSTRUCTION
ment espacés, qu’il est nécessaire pour donner au radeau la force voulue ; ces rangs sont fixés aux poutrelles de la même manière que les premiers. Enfin on termine le radeau en couvrant les poutrelles de madriers.
Lorsqu’on ne peut munir le tonneau de crochets ou de petits clameaux, on -y supplée par de petits billots de o,*o à o,âo de longueur et de 0,2 à o,3 de diamètre, qu’on introduit dans le bondon après avoir fixé à leur milieu un fort cordeau dont on ramène les deux bouts hors du bondon pour embrasser et lier les supports sur les tonneaux. Ce genre d’altachc a l’inconvénient de demander beaucoup de prévoyance dans le chargement du radeau oour empêcher que l’eau n’entre dans les tonneaux ou verts par letir bondon. Un pourrait peuLètre l’éviter en faisant passer les bouts du cordeau dans deux trous de fausset pratiqués de chaque côté du bondon , ce qui permettrait de mettre les bondes.
Le mode île construction suivi parles Badois, diffère du précédent en ce que le nombre de rangs de tonnéaux qui compose un radeau sont jointifs et que leurs supports sont maintenus entr’eux par trois traverses entaillées à mi-bois. Telles sont les différentes manières deconslruirc les radeaux de tonneaux employés jusqu’à ce jour.
Il ne faut donc pour assembler les tonneaux en radeau que quelques bois dont on forme un châssis ; il n’est même pas nécessaire que ces bois soient équarris, quelques balivaux pourront les remplacer au besoin.
Les radeaux de tonneaux méritent de fixer l’attention,, par la facilité et la promptitude de leur construction et par le parti qu’on pourrait en tirer, si l’on était privé de toute autre ressource , pour établir en peu d instans une communication sur une rivière qui semblait devoir arrêter l’armée pendant quelque temps.
On s’ost encore servi pour franchir les rivières, de radeaux formés avec des outres ; les anciens nous ont laissé à cet égard plusieurs exemples célèbres. Alexandre, pour passer le Danube etl’Oxus, lit transformer en outres les peaux qui servaient de lentes à ses soldats ; ces outres dont on formait des radeaux étaient remplies de paille , de sarment, ou de brins d’osier. Annibal fit usage d’outres lors de son passage du Rhône. Dans toutes les guerres tant anciennes que modernes dont la Péninsule Hispanique fut le théâtre, on a employé pour passer les rivières les outres ou peaux de boucs qui, dans ce pays, remplacent les tonneaux.
Les radeaux d’oulres se construisent de la même manière que ceux de tonneaux ; on assemble et l’on fixe , sous un châssis léger , le nombre d’outres nécessaires pour supporter un poids donné.
Mais ce n’est qu’à la dernière extrémité et dans le dénuement absolu de tous autres matériaux, qu’on doit songer à se servir de ce moyen ; les outres se dégonflent facilement, le moindre choc peut les crever et leur faire perdre toute leur force comme flotteur.
Le général anglais Douglas a essayé de convertir en outres les peaux de bétail qu’on tuait pour la troupe ; il pense qq'une pareille ressource peut être d’une grande utilité à l’armée , voici les expériences qu’il fit à ce sujet.
« Je taillais la peau d’un bœuf et lui donnais la forme «, d’un cercle de à pieds 6 pouces ( 1® 70) à-peu-près de * diamètre ; puis, rassemblant les bords du cuir autour d’un » petit morceau de bois rond (un morceau de sureau, par a exemple , dont j’avais ôté lia moëlie) , je formais de ce » cuir une outre arrondie que l’on gonflait facilement avec » un soufflet à main , et dans laquelle l’air était retenu par » une petite rondelle de cuir faisant l’office de soupape ,
fj4 ESSAI d’i'NE INSTRUCTION
» clouée sur l'extrémité du morceau de bois oü tube qui én- » trait dans l’outre. Celle-ci , gonflée comme on vient de le » dire , pouvait soutenir au-dessus de l’eau un poids de 1 3o » à lôo kil. , sans que j’eusse pris aucune précaution pour
* boucher les pores de la peau ; elle demeurait très-bien
• enflée pendant cinq heures , et au bout d’un jour entier » elle était encore capable de supporter la moitié de la charge » que nous venons d’indiquer.
» Le poids du cuir n’était que de 20 kil. , ce qui fait voir » que j’obtenais un flotteur tout à la fois très-puissant et » très-portatif. J’ai répété mes expériences sur différentes » peaux, que j’ai tenues gonflées pendant plusieurs jours de » suite, et je suis constamment arrivé aux mêmes résultats » satisfaisans.
» Les peaux peuvent être conservées pendant un temps » considérable, au moyen du sel commun. Si l’on prenait » le soin d’enduire de goudron , ou de quelque substance » glulineuse , les parties voisines du dos de l’animal , où le » cuir est toujours plus poreux qu’ailleurs , les outres de- » viendraient susceptibles de conserver l’air , et de rester » gonflées pendant long-tems. Au moyen des tubes de bois » dont nous avons parlé, on peut les enfler de nouveau et » aussi souvent qu’on veut, sans être obligé de désassembler » le radeau : il suffit pour cela de placer les outres de ma- » nière que le tube de chacune d’elles soit tourné en dessus » et que l’on puisse y introduire la buse d’un soufflet. Les » tubes doivent être bouchés bien hermétiquement à leur >• extrémité, attendu que le morceau de cuir qui fait sou- » pape dans l’intérieur de l’outre , fermerait trop im- « parfaitement l’ouverture pour empêcher l’air de s’échap- » pec.
Depuis quelques années on a confectionné avec des tissus
SL'ïl LE PASSAGE DES RIVlliRES.
imperméables des niatelals remplis d’air, d’un transport commode par le petit volume qu’ils occupent étant dégonflés, des officiers s’en sont pourvus pour faire campagne ; on pourrait peut-être dans quelques circonstances urgentes et en imitant les anciens qui ne dédaignaient aucun expédient , se servir de ces rnatelats au lieu d’outres pour former des radeaux. Si l’on suppose à ces rnatelats deux mètres de longueur sur un mètre de largeur et qu’ils acquièrent étant remplis d’eau, une épaisseur de 0,20, ils déplaceront chacun un volume d’eau de o m 4 00 . et supporteront par conséquent un poids de 400 kil. En assemblant douze de ces rnatelats sous un châssis léger , on aura un radeau de la force de 4800 kil. : il serait prudent pour préserver ces rnatelats dctoutchoc de les enfermer dans des caisses faites à la hâte avec quelques planches.
De simples caisses bien fermées , calfatées et goudronnées avec soin pour ne point laisser pénétrer l’eau dans leur intérieur, ont été quelquefois employées aux armées pour faire des radeaux et des ponts. Ces caisses étaient divisées en plusieurs comparlimens , de sorte qu’une voie d’eau ne remplissant qu’une seule case , la caisse conservait encore une partie de sa force comme flotteur.
v !» Constructions des chevalets.
Gustave Adolphe , en 1 65 1 , franchit de vive force le Ijcch sur un pont de chevalets , en présence de l’armée de Tilly. Les Finlandais de l’armée suédoise presque tous charpentiers, construisirent les chevalets sur les bords même de la rivière.
Dans la mémorable campagne de Russie de 181 2 , le passage delà üwina , celui de la Moskowa, le célèbre passage
q6 essai d’une INSTRUCTION
de la JJhrsina, elc. , elc. , s'effectuèrent sur des ponts de chevalets ; les bois employés pour la construction des chevalets provenaient pour la plupart de la démolition de misérables maisons, éparses ça et là le long des rives.
Les chevalets doivent être d’une construction simple, prompte et solide.
Simple , pour que tout soldat charpentier puisse y travailler.
Prompte. Il y a des positions à la guerre qui ne souffrent pas de retard, oii tous les momens sont comptés. Qu’on se rappelle Napoléon sur les bords de la Bérisina , dans la matinée du 26 novembre 1812, pressant la construction des chevalets.
Solide , pour empêcher que les ponts ne viennent à se rompre pendant le passage ; événement toujours fâcheux.
Le chevalet adopté par les pontonniers depuis la paix, semble satisfaire pleinement â toutes ces conditions , comme l’ont d’ailleurs prouvé les expériences qu’on lui a fait subir.
Ce chevalet se compose d’un chapeau A, (fig. 7) de quatre montans ou pieds B , de deux traverses inférieures C , de deux traverses supérieures D, et de quatre liens E.
Longueur du chapeau , 4 m 5oo , équarrissage, o m 21 5.
Il y a dans le chapeau quatre entailles m, pour le logement des montans ; distance des entailles aux extrémités du chapeau, om5oo; profondeur des entailles, om oa5 Margeur om i35, elle est égale à la largeur des montans ; l’inclinaison des entailles dans le sens de la longueur du chapeau, qui détermine l’inclinaison des montans, est en général de 1 ; 1 6 de la hauteur du chapeau.
Les cinq lignes n , tracées au. ciseau sur le chapeau, in-
SCR LE PASS.LQB DES BlVlfcRKS.
diqucnt la jonction des poutrelles sur le chapeau , celle du milieu est au milieu de la longueur du chapeau,
La longueur des montans dépend de la hauteur du chevalet ; équarrissage, o“ i35.
Pour déterminer l’écartement PQ des montans et l’épaulement L o, soit a b c d, le profil en travers du chapeau , on prolonge la ligne d e qui marque le dessous du chapeau, et l'on prend sur cette ligne, à partir du point d , une distance d e égale au quart de la hauteur du chapeau; on tire les lignes P a e, qui indiquent le dehors, et l R le dedans du montant , d o étant la profondeur de l’entaille faite dans le chapeau P r t o a donne la forme du montant. L’épaulement to étant formé, on ajuste le montant dans l’entaille du chapeau; il faut que le haut du montant ne déborde pas le dessus du chapeau et que le dessous du chapeau porte sur l’épaulement l o.
Chaque montant est fixé au chapeau par deux clous de oa 20 de longueur.
Le milieu de la traverse inférieure C est au quart de la hau-v teur totale du chevalet, sa longueur dépend de cette hauteur.
Largeur om 108 , épaisseur 0“ 040,
La traverse inférieure est encastrée, en demi-queue dliironde dans les montans , et elle est fixée à chaque montant par deux clous de 0“ 1 a de longueur.
La traverse supérieure D est fixée intérieurement contre les montans , leur dessus touche le dessous des chapeaux. Longueur, ora 4o3; largeur, om 160; épaisseur, 0“ i4o.Deux clous de o“ 12 la fixe à chaque montant.
La longueur du lien E dépend delà hauteur du chevalet , la position de son côté extérieur se détermine par une ligne/g; le point f c st pris à o“5o au-dessus de la traverse inférieure, le point g à une distance g h du montant TOME 1. ( lr* LIV.) „ 7
ESSAI n’uNF INSTRUCTION
égale aux ^-de h f. Largeur du lien o, 108, épaisseur o, o4o.
11 s’assemble dans le chapeau et dans le montant à demi queue d’hironde. Chaque demi-queue d’hironde est fixée par deux clous de o, îa de longueur.
Quand on veut simplifier la construction de ce chevalet on supprime les liens et on assemble les traverses inférieures à demi-bois dans les montans. Toutes les arêtes saillantes du chevalet sont abattues en chanfrein.
Lorsque le chevalet doit être assis sur un fond vaseux ou mouvant, on ajoute deux semelles clouées à plat sous ses pieds accouplés. Les dimensions que l’on vient de donner ne sont point absolues , on cherchera cependant à s en rapprocher le plus possible.
On peut employer pour construire les chevalets toutes les essences de bois , mais l’on donnera la préférence au sapin qui réunit une grande force à beaucoup de légèreté, et qui donne des chevalets faciles à transporter et à manœuvrer.
11 n’est pas nécessaire d’équarrir leshois qui ne léseraient . pas , le dessus du chapeau doit cependant toujoursprésenter une surface plane.
Lorsqu’un chapeau est trop faible, on diminue sa portée en plaçant sousle milieu de sa longueur un montant vertical ou chandelle que l’on fixe au chapeau.
On se sert encore, particulièrement dans la construction des ponts de bateaux, d’un autre genre de chevalet appelé chevalet à chapeau, mobile (fig. 8.)
Ce chevalet se compose d’un chapeau h et de deux pieds A, B, chaque pied est formé d’une semelle b c sur laquelle s’élèvent deux montans a a percés de trous en quinconce ; le chapeau joue entre les montans des pieds et au moyen ; . (.'u "O. • t uuijt
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StR LE PASSAGE DES RIVllïRES
des chevilles i, passées dans les trous des monlans, on élève et on baisse le chapeau à volonté.
Les figures 9 et 10 représentent des chevalets proposés par le général saxon Hoyer, pour jeter des ponts sur les marais ou sur les rivières à fond de sable ou vaseux; leur base présentant une grande surface s’enfoncera peu dans un sol mouvant. On peutla charger de pierres pour donner de la stabilité au chevalet et pour empêcher qu’il ne soit soulevé par les eaux.
Le chevalet représenté par la figure 1 1 , est destiné à remplacer les palées de pilotis qu’on ne pourrait enfoncer dans les rivières à fond de rochers, et qui seraient trop profondes ou trop rapides pour qu’on puisse se servir de chevalets ordinaires. On remplit de pierres ou de gros graviers la cage de la base pour maintenir ce chevalet en place.
Quelques exemples, tirés des guerres modernes, viendront à l’appui de ce que nous avons dit en commençant cet article sur la possibilité de trouver le long des rives assez de matériaux pour effectuer le passage des rivières.
Passage de la Dwina et de 1a Mosko-wa , en 1812 (1).
A Surai , dans la campagne de Russie , notre compagnie forte de 97 hommes , construisit un pont de chevalets sur la Dwina en huit heures de temps ; il avait 58 mètres de longueur. Nous n’avions pour toutes ressources qu’un caisson d’outils , une forge de campagne, et un chariot à munitions sur lequel nous avions quelques cordages , des pelles
(1) Cette relation nous a été communiquée par un de nos camarades, alors lieutenant en premier dans la première compagnie du deuxième bataillon de pontonniers.
ESSAI D’UNE INSTRUCTION
et des pioches. Dans une journée nous eûmes réuni tous les bois qui nous étaient nécessaires, près de l’emplacement ®ù l’on se proposait de tendre le pont. Le lendemain à deux heures du matin, nous commençâmes l’opération, nous disposâmes dix ateliers pour construire les chevalets, chaque atelier avait deux chevalets à faire; ils furent terminés en quatre heures. Pendant ce temps , le reste de la compagnie était occupé à préparer les poutrelles, madriers, corps morts et piquets. Quatre ouvriers en fer faisaient les clameaux avec les fers que nous possédions , joints à ceux que nous pûmes nous procurer. Enfin à dix heures du matin , le pont était entièrement terminé. Nous reçûmes à ce sujet des félicitations de M. le général d’Anlhouard qui commandait l’artillerie du qualrimc corps d’armée dont nous faisions partie ( armée d’Italie).
Nous n’eûmes que peu d’obstacles à surmonter pour l’établissement de ce pont, le courant était très faible, la plus grande profondeur de im 52 , à im 65, le fond était solide et très-peu inégal.
Dans la même campagne nous fûmes chargés de jeter un pont sur la Moskowa à cinq lieues de Moscou. Nous étions entièrement dénués de ressources; il n’y avait à proximité qu’une misérable chaumière , dont les plus gros bois nous servirent à faire quelques chevalets. Après beaucoup de recherches dans les environs, nous parvînmes à découvrir dans la rivière, des radeaux coulés que l’on avait chargés les uns sur les autres; ils se composaient de petits rondins de 4 à 5 mètres de long et de 8 1 6 centimètres de diamètre ;
les plus gros furent employés à faire des chevalets , les moyens nous servirent de poutrelles , et les plus petits des madriers. On se mit au travail dans l’après-midi, et le pont fut terminé le lendemain à sept heures du matin.
SUR LE PASSAGE DES RIVJÈnES. 101
Nous éprouvâmes en celte occasion une bien grande fatigue, parce que les hommes furent obligés de rester constamment dans l’eau , par un temps froid et pluvieux , tant pour démolir les radeaux que pour établir le pont. Nous avions divisé notre compagnie en quatre détackeinens de vingt hommes ; l’un de ces détachemens travaillait dans l’eau pendant une demi-heure , il ne pouvait pas résister au froid plus longtemps, il sortait et allait se i*échauffer à un grand feu que nous faisions entretenir près de là. Un autre détachement succédait au premier, et ainsi de suite. Nous avions une dixaine d’ouvriers placés sur le tablier du pont qui recevaient les bois des hommes qui étaient à l’eau , et continuaient à placer les poutrelles , madriers et guindages. Enfin nous parvînmes avec ces mauvais matériaux à faire un pont qui a résisté à l’artillerie, à la cavalerie , à l’infanterie et aux équipages de notre corps d’armée, qui effectua son passage le lendemain matin sans accident. Ce pont avait une soixantaine de mètres de longueur, le fond de la rivière était d’un sable solide et résistant , le courant était très-faible , et la profondeur n’était que de o“ 5î5 à im 63.
Passage du Tage en 1825 (1).
Quelque temps après l’entrée des Français à Madrid.cn 1823 , deux corps d’armée furent détachés sur Cadix ; l’un d’eux sous les ordres du général Bourmont, prit lu route de l’Estramadure et devait traverser le Tage à Almaraz.
Les Espagnols qui n’avaient point rétabli le pont d’ Almaraz, détruit pendant la dernière guerre, communiquaient
(1) La relation de ce passage est extraite d'oite note inédite fur les opérations des pon» tourner» pendant 1a campagne d'Espagne de 1625.
103 essai d’uke instruction
d’une rive à l’autre en se servant d’un bateau équipé ne
traille.
L’officier de pontonniers envoyé près de ce corps d’armée, prévoyant que l’armée constitutionnelle, en se retirant , ne manquerait pas de détruire tous les moyens de passage, se munit au bourg de Navalmoral et à Almaraz, de quelques bois de pin et de peaux de boucs, les seules ressources que lui offrait ce pays.
Le 7 juin au soir l’avant-garde, dont les pontonniers faisaient partie, arriva sur les bords du fleuve, l’ennemi les avaient abandonnés dès le matin après avoir mis le feu aux bateaux.
Les pontonniers quoique fatigués par la marche fortée qu’ils venaient de faire , se jetèrent à la nage et furent chercher deux barques qui se trouvaient encore à flot sur la rive opposée.
La plus grande, d’environ 4o pieds de long suri 5 de large, avait les deux bordages totalement bruts et le fond endommagé en plusieurs endroits, l’autre, d’environ 18 pieds sur 7 , avait un bordage entièrement consumé , l’autre l’était à moitié , le fond s’était conservé intact.
Pendant le reste du jour les pontonniers ramassèrent sur la rive gauche, et passèrent à la nage sur la rive droite, tout ce qui pouvait servir à leurs travaux; ils rapportèrent une partie de l’ancienne traille, quelques madriers qui servaient aux plates-formes des batteries ennemies , quelques bois épars sur le rivage , des clous et des vieux cordages propres à faire des étoupes.
Le 8 au point du jour, on travailla à la réparation des barques , l’infanterie mit ses ouvriers à la disposition des pontonniers ; à dix heures du matin, la petite barque fut r iparée et employée aussitôt à passer de l’infanterie ; vers
io3
midi oa termina un petit radeau avec les bois et les outres dont on s’élail pourvu, ce qui permit de passer à la fois de l'infanterie et de la cavalerie. On mettait dans la barque six à sept cavaliers avec les harnais, et l’on faisait passer les chevaux à la nage en les tirant à la longe près du bateau. Le radeau portait vingt hommes d’infanterie et trois ou quatre cavaliers soutenant leurs chevaux à la nage. Le passage continua sans interruption jusqu’à minuit, et fut repris à trois heures du matin.
La grande barque qui devait passer l’artillerie et les voitures, et qui était dans le plus mauvais état, fut cependant à flot le 9 à onze heures du matin; dès qu’on l’eut établie en traille, on démolit le radeau qui devenait d'un mauvais service , plusieurs peaux de boucs s’étant crevées en abordant; on avait d’ailleurs besoin des madriers de son tablier pour établir un plancher dans le fond de la grande barque.
Avec ces faibles ressources tout le corps d’armée se trouva le 10 à midi de l’autre côté du Tage qui, en cet endroit, a 4o toises de largeur, et un courant assez rapide.
ESSAI d’üRE INSTRICTION
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