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des rivières qui ne dépassent pas cette largeur. On les a quelquefois tendus sur des arches rompues. On n’emploie les ponts de cordages que lorsque les circonstances empêchent l’usage de toute autre espèce de pont.
L’emploi d’un corps de supports sous un pont n’en exclut pas les autres. Les localités et le matériel dont on peut disposer forcent souvent de mettre sous un pont différens corps de supports ; on les combine alors de la manière la plus avantageuse pour que le tablier du pont reste toujours dans un plan à-peu-près horizontal ; des différences trop brusques de niveau nuiraient à la solidité du pont, et retarderaient le passage des voitures.
Quoique l’une des premières conditions que l’on exige dans les ponts militaires soit une très-grande promptitude de construction , il ne faut jamais que la célérité nuise à la solidité. 11 vaut mieux retarder de quelques instans la construction d’un pont, pour lui donner toute la rigidité désirable , que d’avoir à craindre sa rupture pendant le passage de l’armée; événementgrave quipeut avoir les conséquences les plus fâcheuses.
Les ponts militaires , dont l’usage n’est jamais que momentané, né demandent pas le degré de solidité qu’on exige dans les ponts stables. On se borne à leur donner une force telle qu’ils puissent supporter sans danger les plus lourds fardeaux que les armées traînent à leur suite et résister à l’action du courant qui tend continuellement à entraîner avec lui les corps de supports.
Un pont résistera à la première de ces deux causes de rupture, si l’on donne aux corps de supports et au tablier une force suffisante.
La force des supports dépend de leur volume , s’ils sont floltans , et dans tous les cas de la résistance verticale qu’ils
ESSAI D CNE INSTRUCTION
peuvent opposer, par la solidité de leur construction, aux charges qu’on leur fait supporter (i).
La force du tablier dépend du nombre , de l’équarrissage, et de la portée des poutrelles de chaque travée , ainsi que de la largeur, de l’épaisseur, et de la portée des madriers (2).
On rend un pont capable de résister à l’effort du courant: par un bon système d’ancrage, en mettant entre les supports le plus grand intervalle possible pour faciliter l’écoulement des eaux, et en plaçant exactement la longueur des supports dans la direction du courant.
La liaison intime des diverses parties du tablier entre elles et avec les corps-supports , augmente encore la résistance
(1) L’on a fait connaître, en parlant de la construction des radeaux les différentes charge» •qui peuvent passer sur un pont militaire , et l'espace qu’elles occupent.
(2) La distance qui se trouve entre les deux points d’appui les plus rapprochés qui soutiennent une pièce de bois, se nomme la porté • de cette pièce.
D'après M. Navicr , le poids P, dont il faut charger une poutre équarrie en chêne , en son milieu , pour la rompre, est exprimé par la formule suivante :
b étant la largeur de la pièce de bois placée horizontalement, b sa hauteur, etl la distance entre les deux points d'appui ; ces quantités sont exprimées en mètres, et P en kilogrammes.
Pour la résistance des pièces en grume et non équarries , il donne la formule :
d étant le diamètre de la pièce de bois considérée comme cylindrique. Si le poids, au lieu d'être au milieu de la pièce, est également réparti sur toute sa longueur, i! faudra une charge double pour déterminer sa rupture.
La résistance horizontale d’une pièce dont los extrémités sont invariablement encastrées est , toutes choses égales d’ailleurs , double de celle de la même pièce , dont les extrémités seraient libres.
En attendant des résultats plus positifs que ceux obtenus jusqu'il ce jour, on peut regarder une pièce do sapin comme ayant autant de résistance horizontale qu’une pièce do «chêne.
Sun LE PASSAGE DES RIVlfeltES. i0çy
du pont contre les effets du courant , et reporte aussi sur les corps de supports voisins une partie de la charge qui se trouve au-dessus d’un des corps de supports.
L’intervalle à laisser sous un pont , entre les corps de supports , dépend encore de la force relative des supports et des bois qu’on peut employer pour le tablier; quelle que soit la force de chacune de ces deux parties, c’est la plus faible qui servira à déterminer l’intervalle.
L’obligation de mettre les corps de supports dans la direction du courant, ne permet pas toujoursde placer le tablier du pont perpendiculairement à leur longueur. Souvent môme sur les grandes rivières , où le courant n’est pas toujours parallèle à lui-même dans toute la largeur de son lit , on ne peut parvenir, quelques efforts qu’on fasse , à tendre les ponts flottons en ligne droite.
La liaison des parties du tablier est alors moins rigide. On cherche à y remédier en donnant au pont une courbure telle qu’elle présente sa convexité en amont, afin que l’action du courant, au heu de désunir les diverses parties du tablier, les resserre davantage entre elles, et augmente la résistance dupont. ; .
Tout officier qui recevra l’ordre de faire jeter un pont, devra , après s’ètre informé du matériel et des ressources1 dont il peut disposer , aller reconnaître soigneusement l’emplacement désigné pour le pont; il y mesurera la largeur et la profondeur de la rivière, la vitesse du courant, et il examinera la nature du fonds. D’après ces données il déterminera la composition du pont à construire , et il pourra caP culer tout le matériel dont il aura besoin , en se ménageant! quelques ressources pour parer aux accidens , ou pour donner plus d’étendue au pont si la rivière venait à croître. It mettra la plus grande activité et le plus grand ordre dan»
ESSAI d’uHE INSTRUCTION
tous ses préparatifs. 11 distribuera à chacun son travail , afin qu’il n’y ait d’hésitation pour personne , et que la tâche soit également répartie sur tous. Il fera établir des chantiers à la rivière, de bonnes communications pour ses convois ; il prendra les mesures les plus convenables pour faire arriver sans confusion tout le matériel à l’emplacement du pont; il le fera ranger de manière à n’éprouver aucun retard pendant la construction, et pour qu’on puisse trouver chaque objet à l’instant où l’on devra s’en servir. 11 fera abattre et tailler en pentes douces les rives escarpées.
Tout le matériel étant préparé et disposé le long de la rive, l’olficier commandant divisera, pour construire le pont, les travailleurs en détachemens distincts ; il désignera à chacun d’eux la nature de leurs fonctions; il fera régner le plus grand silence, et veillera à ce que chacun ne remplisse que les fonctions qui lui ont été assignées , sans s’occuper du travail des autres; c’est le seul moyen d’assurer la régularité et la solidité de toutes les parties du pont.
Pendant la construction, il ne laissera circuler sur le pont que les hommes nécessaires au travail, et il fera éloigner les curieux quel que soit leur grade ; ils entravent sans utilité la manœuvre, et courent les risques d’être blessés ou d’être jetés à l’eau.
Ponts sur petites rivières » canaux on fossés.
Le plus simple de tous lesponts qu’on puisse établir, pour le passage de l’infanterie , consiste à (fig. i, pl. 4) jeter en travers de la rivière des pièces de bois ou des corps d’arbres assez longs pour poser à-la-fois sur les deux rives , et d’un équarrissage assez fort pour ne point se rompre sous le poids des hommes; en réunissant plusieurs de ces pièces de bois
SV R LE PASSAGE DES RIVlliBES.
les unes à côté des autres, on pourrait avoir un pont assez large et assez fort pour le passage de l’infanterie marchant sur plusieurs hommes de front, et pour celui de l’artillerie de campagne.
Ces pièces de bois portent le nom de longerons , longuerines , poutres, et celui de poutrelles, quand elles ont moins de o. 19 à o. 20 d’équarrissage ( de 7 à 8 pouces).
Si l’on possède les moyens de couvrir ces poutres ou poutrelles de madriers, on peut donner au pont plus de largeur, en espaçant les poutres , de milieu à milieu, de o. 5o à un mètre. Cet intervalle dépend nécessairement de la force des poutres et de l’épaisseur des madriers.
Le dépôt des madriers se place, pour tous les ponts militaires , à la droite de l’entrée du pont ; on les empile régulièrement pour pouvoir en dispèser plus vite et plus commodément Chaque madrier, pendant la construction des ponts, est apporté par deux hommes; ils le tiennent sous le bras droit , à o. 3o ( un pied environ ) des extrémités , et marchent l’un derrière l’autre par la droite du pont; ils remettent leur madrier aux hommes chargés d’en couvrir le pont, et s’en retournent en file par la gauche du pont.
Deux hommes sont chargés de placer les madriers sur le pont , ils font face à la rive de départ ; l’un a un pied posé sur chacune des deux poutres ou poutrelles d’amont, l’autre se tient de la même manière sur les deux poutres d’aval ; ils couchent chaque madrier qu’on leur apporte à quelques centimètres du dernier posé, et le poussent avec force pour resserrer les madriers précédens.
Au lieu de clouer les madriers sur les poutrelles , opération toujours longue , peu praticable à la guerre , et qui retarderait le repliement des ponts, on assujettit les madriers
par dos guindagcs ; c’est ainsi qu’on appelle les poutrelles a b et c d , qu’on place sur les madriers de chaque côté du tablier du pont. Les poutrelles de guindage correspondent exactement aux poutrelles extrêmes du tablier, et on les réunit à celles-ci par des cordages qu’on brèle fortement. Ces cordages e e prennent le nom de commandes de guindagcs. Chaque commande embrasse la poutrelle du tablier et celle de guindage, en passant entre les joints des madriers; on en forme une couronne dans laquelle on introduit un billot f, pour serrer le tout invariablement. On arrête les billots avec un menu cordage g , nommé commande de billot (voir aussi fig. 9).
Les madriers des équipages de pont sont entaillés vers leurs extrémités , pour faciliter le passage des commandes (voirfig. 8).
Dans beaucoup de circonstances , on s’est servi en campagne, à défaut de madriers pour couvrir le tablier du pont, de rondins, de fascines, de claies; pour éviter alors que le tablier du pont ne présente une surface trop raboteuse , sur laquelle les voitures ne pourraient passer sans ébranler tout le système, on jettera sur le tablier une couche de sable , de terre, ou de gravier, qu’on damera fortement.
Lorsque le petit pont dont nous venons d’indiquer la construction doit servir au passage d’un corps d’armée, l’on ne se bornera plus à poser simplement les extrémités des poutrelles sur les rives , surtout si le terrain est peu résistant , car par la pression qu’exerceront les fardeaux en passant sur ce pont, les poutrelles pourraient s’enfoncer inégalement dans le sol et faire gauchir la surface du pont. On établit alors des culées sur chacune des deux rives.
Les culées des ponts de campagne se composent d’un
SUR I.H PASSAGE DES RIVlkftES. 1 1 3
corps mort A B (Jig. 1 et 8), et d’un madrier C I) placé de champ. Le corps mort est une pièce de bois de 4 mèlrr-s de longueur sur o. 20 à o. 25 d’équarrissage.
Après avoir abattu en pente douce les rives trop élevées, on détermine l’emplacement du corps-mort; il doit être placé perpendiculairement à la direction du pont, et dans *
les ponts qui ont des corps de supports fixes, être de niveau avec la face supérieure de ces corps de supports ; on juge à vue d’œil de sa position. Derrière et contre le corps mort, on met un madrier CD de champ; il s'élève au dessus du corps mort d’une quantité égale à l’équarrissage des poutrelles. On maintient le corps-mort par quatre piquets dont deux E et F derrière le madrier de champ et le dépassant, les deux autres C et H contre la face de devant leur tête eflleurant le dessus du corps-mort.
Les poutrelles sont fixées sur les corps morts par des clameaux (fig. 1), ou par des cordages (fig. 8) nommés commandes de poutrelles lorsque les corps morts, comme ceux des équipages de ponts de campagne, sont pourvus de crochets.
Les pontonniers allemands préfèrent mettre derrière le corps-mort, au lieu du madrier de champ, une forte pièce de bois placée de la mêhac manière. Cette disposition est bonne et donne plus de solidité à la culée.
Si les poutres ou poutrelles, quoiqu’assez longues pour porter en môme temps sur les deux rives, n’étaient pas d’un équarrissage assez fort pour donner au pont toute la solidité convenable, il faudrait chercher à diminuer leurs portées. Les figures 2 , 5 et 4 , indiquent sans qu’il soit besoin de les détailler les moyens que propose le général Hoyer pour parvenir à ce but.
Lorsque les bois ne sont point assez longs pour atteindre TOME 1. (r'LIV. ) 8
ESSAI I> USE IKSTRICTIOS
les deux rives, le général Douglas prescrit de former les ponts en faisant croiser les arbres, comme on le voit fig. 5 et 6, cl en les maintenanlpar d’autres arbres ou fortes brandies faisant l'office de traverses et sur lesquelles poseront les poutrelles du tablier.
Des expériences faites en 1 85 1 , à Strasbourg, ont démontré que ces ponts ne peuvent s’établir que sur des canaux de i5 mètres au plus de largeur.
Ces moyens sont fort ingénieux sans doute , mais leur exécution n’est pas toujours facile; on parviendra dans beaucoup de circonstances plus promptement à ees fins, en faisant construire un ou deux petits chevalets qu’on placera dans la rivière, soit pour diminuer la portée des poutrelles, soit pour supporter les extrémités des bois trop courts pour atteindre les deux rives.
On peut encore remplacer les chevalets par des piles de madriers, ou des blocs de bois superposés les uns sur les autres et arrêtés par deux rangs de bons piquets enfoncés fortement dans le lit de la rivière.
Les Anglais, dans l’Amérique septentrionale, ont souvent fait franchir à leur infanterie de petites rivières rapides , en jetant à l’eau un arbre, de bois léger assez grand pour toucher à la fois les deux rives. Après avoir abattu l’arbre on le mettait à l’eau le long du bord , la tête en amont, on retenait l’extrémité du tronc à la rive, on poussait la tête au large, et le courant portait le sommet de l’arbre au bord opposé. Si la rivière était trop large pour qu’on pût la traverser avec un seul arbre, on abattait sur chaque rive un gros arbre qu’on mettait à l’eau, comme dans le cas précédent, on attachait un cordage aux branches de chaque arbre, on maintenait les troncs près de terre l’un vis-à vis de l’autre, on poussait les som-
Sun LE l' A SS .VUE DES BlVl]ilU!S, MO
mets au large en lâchant également les deux cordages de manière que les arbres puissent se rencontrer au milieu de la rivière et croiser leurs branches. Ces deux arbres, qui formaient un angle saillant en amont, offraient une communication que l’on rendait praticable en élaguant les brancheslesplus élevées au-dessus del’eau. Au besoin l’on soulevait la tète des arbres par des branches fourchues appuyées sur le fond de la rivière.
Quand on a des bois en grume plus légère que l’eau, on peut former promptement un passage pour l’infanterie en établissant le long de la rive un radeau composé d’une ou de plusieurs files de piecesdebois et en plaçant le radeau au travers de la rivière par un quart de conversion. Si losarbres sont forts et que l’on puisse se procurer des planches, on composera le radeau de deux files d’arbres éloignées l’une de l’autre d’un mètre environ et recouvertes de planches clouées en travers ; après la conversion on arrêtera ce petit pont aux rives par des cordages fixés à des piquets planté dans le sol.
Ponts de voitures.
Avant les guerres de la révolution , on menait à la suite de l’avant-garde des armées françaises une voilure, appelée pont-roulant, qui servait à jeter des ponts sur de petites rivières peu profondes. On poutait avec une seule de ces voitures une longueur de pontdei 4 mètres environ. La voiture se plaçait dans l’eau perpendiculairement aux rives; il y avait sur chaque coips d’essieu des montants entre lesquels s’élevaient et s’abaissaient à volonté des supports ou chapeaux qui portaient des poutrelles, les unes allant d’un support à l’autre, les autres d’un support à la rive; on couvrait les poutrelles de volets, ayant 2m. 27 (7 pieds J de longueur
essai n i'he itvs'rnr ctiox
i iti
sur o. 75 (9 p. 4 p- ) de largeur. Quand les rivières avaient plus de 'i4 mètres de longueur on mettait plusieurs ponts roulans à la suite les uns des autres.
L’usage de ces voitures a été abandonné depuislong-temps.
Lorsque les Anglais firent en 1809 une descente dansl’ile de Walcheren et voulurent envahir la Hollande, ils débarquèrent à la suite de leur armée, pour n’ètre point arrêtés clans leur marche par lesnombreux canaux dont ce pays est coupé, un système très-léger de petits ponts portés sur des charrettes à deux roues. Chaque charrette était chargée de deux cadres de 8m. (io de longueur sur im. 20 de largeur, et du nombre nécessaire de volets pour couvrir le tablier.
Avec un seul de ces cadres on tendait un pont, pour l’infanterie, sur un fossé qui n’avait pas plus de 8 mètres de largeur; on plaçait pour le passage de l’artillerie de campagne deux de ces cadres l’un contre l’autre. On pouvait, en combinant les deux cadres d’une autre manière, faire passer à l’infanterie des rivières ou canaux de 1 5 à 1 6 m de largeur ; àc et effet, après avoir mis un support A (fig. 7) entre les deux brancards, on conduisait la charrette au milieu de la rivière; on dressait les brancards et on les maintenait verticalement au moyen des cordages B, attachés à leurs extrémités et arêtés aux rives. Chacun des cadres avait pour point d’appui d’un côté la traverse A et de l’autre la rive (1).
Les soldats anglais avaient acquis une si grande habitude de jeter ces ponts qu’ils ne mettaient pas plus de vingt minutes pour les établir entièrement.
Souvent l’on a employé en campagne, sur des rivières peu
■ (1) Voir pour plus de détails YEssai iur les Pont • Militaires, par le général Howard Douglas, traduit de l'Anglais par M. Vaillant, capitaine du génie.
Sun LE PASSAGE DES HlVlkRËS. 1 1 7
profondes, des voitures comme corps de supports de pont. L’on peut se servir indifféremment pour cet objet des voitures agricoles , ou des voitures de l’artillerie; on conseille cependant de donner la préférence à ces dernières , qui sont d’une construction plus solide, et qui par conséquent résisteront mieux sous le pont.
En avril 1825, une partiedu quatrième corps de l’armée française en Espagne, passa la Fluvia, près Crespia, sur un pont de charrettes.
Soit R ( fig. 8) une rivière sur laquelle on veuille établir un pont de voitures, en se servant des chariots de parc de l’artillerie. On commencera par consolider et relier entre elles les ridelles de chaque chariot au moyen de traverses a, a entaillées à demi bois. Sur le milieu de ces traverses et dans le sens de la longueur du chariot, on fixera par des clameaux ou autrement un chapeau b, b. C’est sur ce chapeau que poseront les poutrelles c, c du tablier. Si le chapeau n’était point assez élevé, on l’exhausserait davantage en le faisant porter sur un échafaudage de traverses, se croisant perpendiculairement, comme l’indique la figure 8 pour le chariot n° 2.
Afin d’éviter que le poids entier du tablier ne pèse sur les ridelles, on place sous les traverses a, a, des élançons ou chandelles d , qui auront le fond du chariot pour point d’appui. Si le pied de ces chandelles ne porte pas directement sur les corps d’essieu , on les fera poser sur des semelles placées en travers du fond du chariot et portant sur les brancards par leurs extrémités.
Lorsque toutes les voitures sont disposées comme on vient de l’indiquer, on établit la première culée, on conduit le chariot n° 1 dans le lit de la rivière , on le place parallèlement àla rive et vis-à-vis de la première culée. La distance
ESSAI U USE INSTHVCTIOS
du premier chariot à la culée et des chariots entre eux se réglera sur la force des bois du tablier, et sur le poids des fardeaux à faire passer sur le pont. Tandis qu’on placera les poutrelles de la première travée et qu’on les couvrira de madriers , on amènera le chariot n° 2 et successivement les autres pour lesponter delà même manière. Les poutrelles du tablier, qui se croisent sur les chapeaux sont maintenues et jumelées entre elles par des cordages ou des clameaux ; des poutrelles de guindage maintiendront les madriers.
Toutes les fois que le fond de la rivière sera peu résistant, on placera les roues sur de forts chantiers K , et on les calera pour assurer la position des chariots.
Ce pont ne peut guère se construire sans qu’on fasse mettre des hommes ;\ l’eau, tant pour aider à placer les chariots, que pour faire passer les poutrelles du tablier d’un chariot à l’autre. L’on sait d’ailleurs qu’on ne peut jeter ce pont que sur des rivières d’un mètre à un mètre et demi de profondeur au plus.
Ce que l’on vient de prescrire, pour la contraction d’un pont de chariots de parc , indique suffisamment ce que l’on aura à faire quand on emploiera des voitures prises dans le pays. 11 faut surtout avoir l’attention de disposer ces voitures de manière à faire porter directement sur les essieux la plus grande partie des poids.
l'onls de gabion*. *
Presque tous les auteurs qui ont écrit sur les ponts militaires sont entrés dans de grands détails sur la construction des ponts de gabions, et ont insisté sur leur utilité. On peut en effet, lorsqu’on se trouve à proximité d’une forêt ou de grands bois taillis établir ces ponts sur de petites rivières.
Sun LE PASSAGE DES fUUtltES.
sur des marais, sur les terrains vagues , marécageux, peu élevés, d’une assez grande étendue, que les rivières en débordant couvrent d’eau et qu’il faut traverser pour arriver près du lit de la rivière , à l’emplacement véritable du pont qu’on doit jeter pour la passer.
Les dimensions des gabions varient selon le dégré de résistance qu’on veut donner au pont; on établit avec des gabions de i“âo#s mètres de diamètre un pontcapablçde supporter les plus lourds fardeaux. Les gabions ordinaires de l’artillerie, de o.5o de diamètre, sulliront pour un pont destiné au passage de 1 infanterie.
La hauteur adonner aux gabions sera déterminée par le profil de la rivière.
La manière de construire les gabions se trouvant détaillée dans tous les ouvrages militaires élémentaires , il est inutile d’en parler ici.
Les gabions étant terminés et les bois nécessaires au pont ayant été abattus et rassemblés près de la rive , on procédera à la construction du pont. L’on commencera par établir la première culée, on placera ensuite en se servant d’une nacelle, ou en faisant mettre des hommes à l’eau, un premier rang de trois à cinq gabions, selon la largeur qu’on veut donner au pont, à 4 °u 5 mètres du corps-mort; ce rang de gabions sera posé parallèlement à laculée. Pour donner de la stabilité aux gabions on les remplira de gravier, ou de terre mêlée de pierres qu’on damera fortement. On mettra sur ce rang de gabions un fort chapeau sur lequel se croiseront les poutrelles du tablier. Ce chapeau sera fixé sur les gabions par des harts ou cordages passés dans les torons des gabions. Tous les autres rangs de gabions s’établiront de la même manière.
. Les autres parties delà construction du pont ne présentent .
K SS il 1) UNE INSTRUCTION
pas de difficultés ; on fait porter les extrémités des pou-r trelles du tablier , que l’on pourra remplacer par de forts rondins, sur les chapeaux qui coiffent les rangs de gabions; on les couvrira de madriers ou de fascines que l’on maintiendra par un bon système de guindages. Ainsi l’on peut trouver dans une forêt ou dans les bois taillis tous les matériaux nécessaires pour ce genre de pont, qui peut être d’une grande utilité. Et que toute troupe pourra aisément construire.
Ponts de chevalets,
La construction des diverses parties d’un pont de chevalets sc succède dans l’ordre suivant ; on prépare la première culée, on apporte et l’on place le premier chevalet; on apporte , on place, et l’on fixe les poutrelles de la première travée ; on couvre cette travée de madriers jusqu’à 0,64 du chevalet; on amène le 6econd chevalet que l’on ponte de la même manière , et successivement les autres. Le guindage ou l’opération d’assujétir les madriers, ne commence que lorsque le troisième chevalet est placé. La seconde culée se construit pendant l’établissement du pont.
L’on a déjà vu comment l’on prépare les culées , le transport des chevalets du dépôt à la rivière n’a rien de difficile , le placement des chevalets est facile , s’il n’y a pas plus d’un mètre de profondeur d’eau, des hommes entrent dans la rivière et posent le chevalet à la place qu’il doit occuper sous le pont. Mais lorsque la température ou la profondeur delà rivière ne permet pas d’employer ce moyen , on sc sert, pour placer les chevalets, d’un fort rouleau de A mètres de longueur et de deux grandes poutrelles do 11 à
1 2 mètres de longueur, sur o. 16 d’équarrissage ; chacune de ces poutrelles est munie d’un clameau à o.3o d’une de ses extrémités; on fixe à ce clameau un bout de cordage assez long pour embrasser de plusieurs tours la poutrelle et le chapeau des chevalets.
Pour asseoir le chevalet, on place le rouleau A B ( fig. 9 ) parallèlement au corps-mort, ou au chapeau C I) du dernier chevalet ponté, et à quelques pas en arrière, on pose sur ce rouleau les deux grandes poutrelles P P de manière que les extrémités in unies de clameaux dépassent le chapeau du chevalet C D d’un mètre. On donne aux poutrelles un écartement de trois mètres environ à leurs bouts de devant et d’un mètre environ à leurs bouts de derrière; on fait avancer sur ces poutrelles le chevalet E F jusqu’à ce qu’il soit au-delà du dernier chevalet ponté C D et que ses pieds soient pendans ; on fixe alors le chevalet aux poutrelles avec les commandes ou cordages passés dans les clameaux. Ces dispositions étant prises , on pousse les poutrelles au large en pesant sur leurs bouts de derrière. Lorsque le chevalet est parvenu à la hauteur convenable, on soulève brusquement le bout de derrière des poutrelles pour asseoir le chevalet, sur le fond de la rivière. Si le chevalet est mal placé on corrigera facilement sa position en agissant sur l'une ou l’autre poutrelle séparément ou Sur toutes les deux à-Ia-fois.
Lorsque le chevalet est bien assis, deux hommes se portent sur son chapeau en passant sur les grandes poutrelles ; ils reçoivent et placent les poutrelles de la travée qu’on fait glisser sur les grandes poutrelles; ils les fixent par des clameaux sur le chapeau du chevalet ; ils détachent les grandes poutrelles , qu’on retire en arrière du dernier madrier posé.
Les hommes, placés sur le chevalet CI) , serrent l’une