L'HOMME
L'activité divine , sortie de son éternel repos pour s'épanouir au sein de la réalité , avait subi son premier degré de réalisation ; la matière éthérée remplissait Tespace. L'éther contenait en soi , à la vérité en puissance d*être, toute la création future. Il devait être le point de départ , le premier degré évolutif de l'univers matériel et visible ; il était dans ce monde ce qu'avait été dans le monde intellectuel et idéal la notion de Têtre en soi. Au fond , derrière ces apparences visibles, sans doute c'était toujours l'activité divine qui continuait le cours de ses évolutions ; mais, en traversant ces évolutions nouvelles, elle ne devait plus se dépouiller jamais de cette enveloppe ,
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de ce vêtement, si ron veut, dont elle venait de se couvrir. L'éther devint dès lors le fondement, le support, suivant le langage de Técole, le substract des êtres et des choses qui allaient être réalisées. La matière éthérée, c'était la pierre, le bronze ou le marbre, dont le grand artiste allait tirer Tœuvre du monde ; malléable et complaisante sous cette main inspirée, nous la verrons revêtir successivement les formes, les apparences, les propriétés les plus diverses.
L'éther , pendant des périodes dont aucun calcul ne saurait approcher , remplit sans doute l'espace , immobile, au repos. Mais un moment vint où , sous l'influence d'une cause initiale demeurée le mystère de la création , les forces , les énergies créatrices, d'abord comme lui inertes et passives, entrèrent en jeu ; elles se mirent en opposition , se combinèrent , se firent équilibre, sous les conditions les plus variées. Alors apparurent ces fluides qu'avec la science nous avons appelés .impondérables , mais que nous eussions pu nommer aussi bien intangibles, invisibles, puisqu'ils échappent également à tous les moyens de les percevoir ; qui d'ailleurs, ainsi que nous l'avons dit , ne sont , suivant toute apparence , que l'éther lui-môme sous formes diverses ; l'éther laissant dominer tantôt telle propriété, tantôt telle autre ; l'éther se montrant successivement comme lumineux , coname calorique , comme électrique , c'est-à-dire laissant se dégager exclusivement de son essence la chaleur, la lumière, l'électricité. De cette masse éthérée jaillit tout à coup la lumière, comme nous la voyons encore jaillir de l'air atmosphérique fortement com-