‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 106 sur 139 · LE MONDE HELLÉNIQUE · texte numérisé non relu

LE MONDE HELLÉNIQUE

L'empire persan diflFérait essentiellement du premier empire d'Assyrie, dont il hérita, auquel il se substitua. Des tribus d'origines et de croyances analogues , errantes sur un même sol , s'étaient successivement rapprochées par une sorte d'attraction naturelle ; l'empire d'Assyrie avait été le résultat de ce qu'on pourrait appeler cette cristallisation sociale. Tout au contraire, l'empire persan fut construit, façonné de main d'homme , par une volonté libre et réfléchie. C'est pour cela qu'en lui commence un monde nouveau, un monde de mouvement, de transformations, de conquêtes; un monde où tous les peuples grandiront, prospéreront ou tomberont, selon qu'ils seront ou ne seront plus les représentants de l'idée qui doit dominer telle ou telle époque. La

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même main invisible qui a couronné , dans les mystères des origines , les dynasties royales , couronne aussi ces peuples qui doivent porter momentanément le sceptre de la civilisation ; à eux à régner sur le monde jusqu'au moment où leur mission se trouve achevée, c'est-à-dire jusqu'au moment où ils ont achevé de manifester l'idée, l'institution, l'élément de progrès dont ils étaia:it les représentants. C'est la vie qui quitte le corps, c'est la liqueur précieuse qui s'exhale du vase qui l'enfermait. On voit alors ces peuples languir, se décomposer , mourir , pour faire place à leurs successeurs. Pour la première fois ce phénomène s'est montré dans le monde au contact de la Grèce et de l'Orient. Tandis que les vastes empires de l'Inde et de la Chine ont vécu à l'abri des vicissitudes et des transformations , la monarchie persane ^ péri, et fait place à la Grèce ; du moins ne reste^t-il de cette monarchie que cette portion d'ellenéme qui f]A( fondée dans des conditions analogues à celles de l'Inde et de la Chine^ Mais de ce qpie la ]?erse est tombée, lorsque les deux autres états ^nt d9mem;és debout ^ gardons-nous d'en conclure l'inférioi^té relative de la Perse. La fleur s'ouvre, ua jour, pQur Bnourir le lendemain; elle n'en est pas moins supérieure en. organisation, h h mcHatagne qui bi:ava lea. ^iècle^ y, au minéral qui est un symbole: de Tétemité.

Legénie de l'Orient était venu se résumer dans ces trois grands pays historiques.: l'Egypte, la Judée, lai Phâ)icie. La monarcÛe persane ne put lujtt^ contre l'énergie compacte de la» civiliadUon grec^e;

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