DIEU ET L^UNIVERS
S'âdreâsantà Dieu, le Psalmiâte^ à&ùi sa sublime poésie, s'écrie : « Où me cacher? où fnir tes regards pénétrants? Si j'emprunte les ailes de Taui^re, et que je m'envole jusqu'aux bornes de l'océan, c'est toi qui m'y conduis, et j'y rwicontre tàtt pouvoir; si je m'élance dans les ci0ûx , t'y vdlà ; si je m'enfonce dans l'abîme , t'y voilà encore. » — La philosophie ne saurait pas phu éviler Tîdée de Dieo 4Bm ses mé-
ditations, que le poète sacré ne croyait pouvoir échapper à rœil redoutable de Jehovah. Elle nous dit : « Ce qui existe nécessairement , ce qui est un , infini , éternel , l'être , en un mot , c'est Dieu. Il est celui qui est , et ce nom incommunicable circule de monde en monde, comme la vie dans Tunivers; toute langue le prononce , tout bruit le murmure ; du sein de la création , au matin des jours , s'élève une voix qui le redit sans fin, et les astres, mus par une force céleste , l'écrivent dans l'espace en lettres de feu»(l).
Dans l'immensité de son vaste domaine , il n'est pas un point oii l'humanité puisse fermer les oreilles à cette parole retentissante, les yeux à cette flamboyante écriture. L'esprit humain tente-t-il de se rendre compte des conditions du fini , il en épuise bientôt la série pour arriver à l'infini ; tente-t-il de se rendre compte des modifications de la substance , de ses divers modes d'existence , c'est-à-dire de ce qui se présente à lui comme autant de substances définies , déterminées , c'est pour s'enfoncer dans les profondeurs de la substance une ^ infinie , absolue. Veut-il remonter d'un effet à sa cause immédiate , celle-ci ne tarde pas à se montrer comme le simple effet d'une cause supérieure, qui le devient, à son tour, d'une autre supérieure à elle-même ; ce qui le conduit enfin à une dernière cause qui ne saurait être prise comme effet , c'est-à-dire à une cause qu'il se trouve dans l'obligation de considérer comme ne
(1) Lamennais, Eêquisse (funephUoeophie.