‹ Essai d'une topographie médicale de l'Ile MauriceChapitre 5 sur 9 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

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Calme.

Moyenne.

«Des observations ci-dessus, j’ai tiré approximativement les déductions suivantes : la variation extrême du baromètre au Port-Louis ( je l’ai trouvée beaucoup plus forte dans les montagnes), pendant les années 1833, 34 et 35, a été de 30° 450 à 29-135, dernier point auquel il soit descendu dans l’ouragan de 1834. La différence est de l-3t5;

(1) Almanach de Maurice, 1838.

mais en laissant de côté l’ouragan , la plus grande variation annuelle est de 8-10. Le baromètre atteint son maximum en juillet, son minimum en janvier. Sa plus grande variation a lieu en décembre et janvier; la plus petite en juin et juillet.

« La variation extrême du thermomètre s’étend de 8ô°8 qui a £té le maximum; et te minimum, durant ces trois années, a été de 70°5différenee, 15-4. Janvier, février et mars sont les mois les plus chauds ; juin, juillet et août, les plus froids. L’époque de la plus grande variation du thermomètre paraît incertaine, mais les mois où il en subit le moins sont août, septembre et octobre, qui sont aussi ceux où fatmosphère est le moins humide.

«Les plus belles matinées ont lieu en avril et mai; les plus nuageuses, en mars et décembre; les plus belles soirées en juillet et septembre; les plus nuageuses en décembre , janvier et mai.

« Le plus grand nombre de jours de pluie légère est en mars ; le plus petit nombre en août. Les grandes pluies tombent de décembre en avril ; juin, juillet sont les mois les plus secs.

« En général, le soir est toujours moins nuageux que le matin. Les jours de pluie fine sont de moitié plus nombreux que ceux de grande pluie, et même au delà.

«D’après la moyenne de trois ans, les vents du sud-est sont les plus fréquents, puis ceux du sud-est au nord-est; ceux de nord-nord-est, de sud-ouest, d’ouest et de sud-ouest, sont les plus rares. Uù jour de calme plat est presque sans exemple; cependant il y en a eu seize en 183L Toutes les mesures ci-dessus, sont en mesure anglaise, et avec le thermomètre de Farenheit. »

Note sur la variation du pendule à l'tle Maurice, par M. J.-O. Lloyd.

«Un grand nombre d’expériences faites à l’observatoire du Port- Louis, avec un pendule appartenant à l’amirauté, et déjà employé dans des voyages autour du monde, ont donné les résultats suivants:

«D’après une moyenne de 320 coïncidences prises au Port-Louis, le pendule a donné en 24 heures..• .

«D’après une moyenne de 130 coïncidences , le même pendule , observé par moi à l’observatoire de Greenwich , a donné en 24

heures.*.• ‘'vr* : • v~: * •

Différence.

«L’accroissement du nombre des oscillations d’un pendule invariable, donnant les secondes sous l’équateur , serait, par 20° 10 dt latitude, de près de.*.. • * ..

«Et pour Greenwich, de...

Différence...

«Mais au lieu de cette différence entre celles des oscillations de Greenwich et celles du Port-Louis, on a vu ci-dessus que celle qui résulte de l’observation est de 100-149 seulement, ou 14-95 en moins.

«Dans la Connaissance des temps de 1827, on lit le passage suivant : «A l’île de France, par exemple, nous trouvons, comme M. Freycinet, que le pendule invariable fait, dans un jour moyen, 13 ou 14 oscillations de plus qu’il ne le devrait, en supposant l’aplatissement de 1-305, d’après la théorie de la lune.»

« Il résulte,conséquemment, des observations de Freycinet, de celle de Duperrey, et de celles qui viennent d’être faites à l’observatoire, que les oscillations du pendule à Maurice offrent une anomalie singulière, et jusqu’à présent inexplicable , anomalie qui ne peut se concilier avec la théorie reçue sur la forme de la terre. »

Statistique.

Les questions que nous allons examiner maintenant rentrent toujours dans le domaine de la physiologie et de l’hygiène, et si quelques-unes d’entre elles touchent aussi à l’éçoçomlè politique, science qui ne vient que de naître, et dont l’importance est déjà si grande, nous

J 842. - Michel.

Oscillations.

n’avons pas cru que ce fût un motif pour nous abstenir de les traiter.

La population mauricienne, au 1 er janvier 1830, était de 96,779 individus, ainsi répartis : population blanche, 8,592 individus, non compris les troupes; population de couleur, 18,019, à laquelle on a ajouté quelques apprentis, quelques Indiens et Chinois, au nombre de 858 ; population ex-esclave, 69,479 individus.

Pour la facilité de notre travail, nous admettrons , ainsi que le font les tableaux statistiques publiés par M. d’Unienville, trois classes dans la société; mais nous devons avouer hautement que, pour nous, il n’y a à Maurice, comme partout, que deux classes: la classe élevée, celle de la richesse ou de l’instruction, et la classe pauvre, ordinairement privée de ce bienfait. Cette distinction, à laquelle même répugne peut-être la morale, acquiert en médecine une importance que l’on ne peut se dissimuler. Chacune de ces positions sociales a, pour ainsi dire, ses maladies particulières, son hygiène à elle surtout, que le médecin doit savoir varier suivant les circonstances. Dans cette partie de notre .thèse , nous aurions pu agiter diverses questions, celle des mœurs , par exemple, S’influence des arts d’agrément, des bals , des spectacles , des concerts, les sociétés savantes qui ont existé ou existent encore à Maurice , les populations diverses que le commerce y a fixées, etc.; mais, forcé de nous resserrer dans un cadre trop étroit, nous renvoyons avec plaisir à l’ouvrage de M. d’Unienville, aux voyages de MM. Durmont-Durviile et de Jacques Arago.

L’auteur des Archivés de itic de France disait, il y a quelques années : « Sur un point isolé. au milieu du vaste Océan indien, et à 4,500 lieues de notre vieille Europe, se trouvent réunis autant d’hommes de bonne société, de femmes aimables, d’une mise élégante et d’un excellent ton, de luxe dans les habits, dans les meubles et dans les repas, que dans nos principales villes maritimes de France. » Ce tableau, qui est d une exacte vérité, donnera une idée plus parfaite que nous ne pourrions le faire de la place que doit occuper Maurice dans les pays civilisés.

De la fécondité. — Pour celle partie de notre thèse, nous ne pourrons qu'indiquer quelques généralités, renvoyant, po^pde plus amples détails, aux ouvrages spéciaux de MM. Quetelet (1), Villermé (2), Say (3), d’Unienville , et à l’Almanach de 1838, de Maurice.

Nous devons avertir, d’ailleurs, que tous les calculs statistiques de celte partie de notre thèse ne nous étant point personnels, ou du moins étant basés sur des données dont nous n’avons pu vérifier l’exactitude, nous ii’acceptons qu’avec réserve les ri|àll|^qjiii.j^urront en découler,'

On dit, en général, dans les ouvrages qui traitent de cette question , que les extrêmes de chaleur et de froid sont nuisibles à la propagation de l’espèce humaine. Ainsi, en Portugal, il naît cinq enfants par mariage, et trois et demi seulement en Suède, Nous trouvons pour notre pays, par mariage , 3 19 /ioo enfants dans ^population blanche, et 7 il /m dans la population libre. Les conséquences que l’on pourrait déduire de ce fait sont loin, comme dn le voit, d’éelairer la question; elles ne pourraient même se rapporter qu’à un tout autre ordre de recherches. Nous donnons d’ailleurs ce résultat pour ce qu’il peut valoir, n’ayant pas été à même de comparer ensemble le nombre des mariages et celui des naissances légitimes; nous devons seulement dire qu’il a été établi sur le nombre relatif des naissances et des mariages pendant une période de vingt et une années.

Il naît annuellement plus de garçons que de filles : la moyenne de 1 Europe donne 106 garçons pour 100 filles. Quelques voyageurs avaient dit que les climats chauds étaient plus favorables aux naissances féminines. La moyenne de l’Europe semblait déposer déjà contre lèur assertion ; mais des observations dans les pays équatoriaux étaient nécessaires pour en déterminer l’exactitude. Elles ont été faites

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(1) Essai de phys. soc.

(2) Ann. d'hyg.

(3) Cours d'économ. polit.

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au cap de Bonne-Espérance (1), et le résultat qui s’est constamment reproduit chaquf année a été favorable en effet aux naissances féminines dans la classe libre de cette colonie. Nous donnons ici un tableau contenant les naissances de garçons et de filles à Maurice pendant une période de dix années, dans les populations blanche et libre réunies.

Tabl. 1.

Ce tableau offre cette particularité, que si le chiffre total des naissances masculines surpasse en effet le nombre de celles des filles pour la période entière, il n’en a pas été de même pour chaque année prise en particulier. Pendant six de ces années, les garçons ont eu un avantage bien marqué; mais dans les quatre autres, ce résultat ne s’est point soutenu. En 1835, il y a eu 650 naissances masculines et 582 féminines : ici encore l’avantage est du côté des garçons. Le rapport des naissances masculines aux naissances féminines, pour Maurice, est de 106 à 100; en Russie, il est de 108 ; en Angleterre, de 104; en France, de 106.

Pourrait on expliquer le plus grand’nombre de garçons par l’âge plus avancé du père, lors du mariage? Cette question pourrait paraî-

(1 ) Journal asiatique, juillet 1826, p. 64; Sadler, t. 2, p. 371; et Eléments ofmed. statist.j par Hawkins, p. 51.

tre résolue par les documents statistiques recueillis pendant plusieurs anuées en France. Le sexe du plus âgé des époux prédomine toujours chez les enfants qui en reçoivent le jour. M. Milne (l)a établi que les mariages précoces produisent généralement plus de filles.

De la mortalité. —La nature a limité d’une manière presque invariable la durée des productions organiques ; les renseignements abondent et viennent.s’offrir d’eux-mêmes au Calcul du statisticien toutes les fois qu’il s’agit de mortalité. Faut-il attribuer cette abondance de documents à la plus grande facilité de les obtenir, ou bien plutôt à ce que l’homme, une fois né, n’ayant qu’un médiocre intérêt à savoir comment il est entré dans la vie, se rattache au contraire à tout ce qui peut lui apprendre les chances qui lui restent de vivre ou de mourir?

L’Angleterre est le pays où la mortalité est la moins considéra* ble : on y trouve une naissance sur 35 habitants, et seulement un décès sur 58. Ce fait est d’autant plus remarquable, que son climat est loin detre le plus sain et le plus favorable à l’entretien de la vie ; il montre aussi combien les institutions peuvent modifier, corriger la nature. En Islande, on compte un décès par 30 habitants,-ce'qui tendrait à montrer que l’excès de froid est aussi contraire à l’homme que l’excès de chaleur; Caron voit, d’après les résultats statistiques de M. Moreau de Jonnès, sous la zone équatoriale, à la Havane, qu’il y a un décès pour* 33 habitants, tandis qu’à Batavia il y a un décès pour 26. On sait que la Havane se trouve par 23° 11 , et Batavia par 6° 10: or, il semblerait résulter delà, qu’à mesure qu’on s’approche de l’équateuj", la mortalité augmente. Comment expliquer, après cela, l’excessif abaissement de mortalité que nous avons vu plus haut dans la population libre de Maurice? Quels que puissent être les incontestables avantages physiologiques de cette classe sur lés autres, les résultats obtenus par le calcul nous semblent tellementj.t xagérés , que nous ne pouvons nous empêcher de suspecter l’exactitude des données qui leur ont servi de bases. D’après M. Thomas, la mortalité des blancs, à Bourbon, ne serait que de 1 sur 44 8 / 10 , et au cap de Bonne Espérance, elle serait plus faible encore, ce qui ne s’accorderait pas avec les idées reçues sur la mortalité dans les pays chauds.

D’après le tableau u° 2, on voit qu’il meurt plus de personnes en ville que dans les campagnes, dans les populations blanche efc libre. Ce résultat n’a ici rien de plus surprenant que partout ailleurs; car, dans celles-ci, l’air est pur et souvent renouvelé,, la végétation assainit l’atmosphère; la nourriture est peut-être plus grossière, mais elle est plus salubre; le travail développe les forces, et moins de passions dévorantes consument la vie. Dans la ville, au contraire, une plus grande masse d’individus agglomérés snr une petite surface, les émanations animales, les rues étroites . les égouts, la malpropreté, la misère plus grande, le défaut d’exercice, le'travail dans des endroits fermés, les écarts de régime si fréqüents , et le débordement de toutes les passions, contribuent à avancer le terme de l’existence.

En ville, comme à la campagne, la population blanche se trouve toujours plus frappée que la population libre. Ce résultat se repoduit, ainsi qu’on peut le voir, chez les garçons, les filles, les femmes et les hommes. Dans ce même tableau, on voit, en outre, dans, les deux populations blanche et libre, une mortalité plus grande chez les hommes que chez les femmes; on voit, de plus, que la population esclave tend à s’anéantir, puisque les décès sont plus considérables que les naissances.

Rapports des naissances, décès et mariages, aux populations blanche et libre des différents quartiers, établis sur les relevés des registre? de l’État civil de 21 années , 1 er janvier 1£04 au 1 er janvier 1825.

Tabl. N° 3.

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