‹ Essai d'une topographie médicale de l'Ile MauriceChapitre 4 sur 9 · V:'S. E. et N · texte numérisé non relu

V:'S. E. et N

Novembre.

Variables.

Décembre.

Variables.

184t. -Michel. 9

Plaies . — « Les jours de pluie, d’après M. Lislet, ont été de 91 p ar année. Il est tombé, pendant ce nombre de jours, 36 pieds 1 pouce d’eau par année, prise l’une dans l’autre. La plus pluvieuse de ces dix années a donné 44 pieds 4 lignes 3 points, en cent dix jours de pluie; la moins pluvieuse, 31 pieds 5 lignes 5 points, en soixantedix-neuf jours de pluie. Dans le mois le plus pluvieux, il est tombé 14 pouces 8 lignes 3 points, en vingt deux jours de pluie. Dans le mois le plus sec, 1 ligne 6 points en cinq jours de pluie.»

Les jours pluvieux au Port-Louis sont annuellement de cent cinq à cent quarante,et de deux centsù Moka(1). Le tableau de l’année 1839 donne deux cent vingt-six jours de pluie pour Flacq.

En 1790, pendant un coup de vent, il est tombé 16 p. 4 lig. d’eau.

Grêle .—Le 28 avril 1810, après un violent orage , on a vu tomber aux plaines Wilhems, pendant quelques minutes, de la grêle grosse comme un petit pois de France. La grêle n’est point inconnue dans i’île, mais ce phénomène météorologique se produit parement. Ainsi il en était tombé dans les plaines de Moka en l’année 1799.

Tremblements de terre. On sait que les climats chauds, plus que les autres, sont exposés à être désolés par les tremblements de terre. Maurice semble foire une heureuse exception à cette règle. L’histoire du pays ne fait mention que d’un seul, qui se fit sentir en août 1786. A la même époque, le volcan de Bourbon vomit une grande quantité de lave* (2).

(1) . Voir les beaux tableaux météorologiques de Desjardins, de 1828 à

(2) Cette coïncidence remarquable, la nature volcanique de Ole Maurice, et les traces nombreuses qu’y a laissées l’action des feux souterrains, sont bien faites, sans doute, pour donner une grande force à l’opinion de ceux qui ont prétendu que Maurice et Bourbon n’étaient que les restes d’une île plus vaste déchirée par quelques convulsions de la nature dans un temps plus ou moins

«Ce phénomène, dit M; Magon (1), porte à penser que les matières combustibles qui s étaient embrasées à l’île de France, ayant éprouvé, au moment de l’explosion, une grande résistance pour s’ouvrir un passage, se seront glissées, par quelques galeries souterraines, jusqu’à File Bourbon, et auront exhalé leurs vapeurs par le cratère du volcan.»

La disposition du terrain, son élévation plus grande vèrs le centre, comme nous l’avons fait voir plus haut ; les bois qui existent dans cette partie de Vile , tandis que les côtes et les montagnes qui les avoisinent sont en partie déboisées, contribuent, avec les nombreux ruisseaux qui arrosent certaines parties du pays, à des variétés de température assez remarquables. Ainsi les chaleurs sont plus fortes et plus soutenues au Port-Louis et dans la partie occidentale voisine de la mer, que dans les quartiers élevés de Moka, des plaines de Wilhems, de la Savanne, du Grand-Port et de Flacq, où la fraîcheur est presque continuelle,'surtout pendant la nuit. Les froids sont plus humides et plus vifs dans les parties élevées ; on est même obligé d’allumer du feu le matin et le soir; tandis qu’au Port-Louis, et le long des côtes, en général, on jouit d’une température douce et agréable.

Toutes ces conditions de nature du sol, d’élévation, d’abaissement, de plus ou moins grands degrés de sécheresse, d’humidité, etc., influencent les constitutions des êtres organisés, comme l’a fait remarquer Hippocrate, il y a plus de vingt siècles, et comme l’ont de nouveau démontré, d’une manière si philosophique, lé grand Montesquieu et Barbier (2). Quoique ces idées aient été combattues par Helvétius et

reculé. Voir d’ailleurs, à ce sujet, un Mémoire de M. Magon, dans lequel il se pose cette question : Les lies Maurice et Bourbon sont-elles des parties détachées d’un continent qui les aurait jointes autrefois avec la grande lie de Madagascar et la côte orientale de l’Afrique P II la résout négativement.

(1) Hist. polit, et litt. de l’Ûe Maurice.

(2) Hygiène appliquée à la thérapeutique .

Volney, on peut citer en leur faveur les opinions de Lind (!), c a g a nis (2), et Hallé (3).

On retire de cetle disposition du sol, et delà différence d’air et de température qui en résulte, un grand avantage pour la guérison de plusieurs maladies. Ainsi les quartiers des Pamplemousses et des plaines Wilhems sont, sans contredit, les plus sains et les pl us agréables de l’île; tandis qu’à la Savanne les vents du sud sont loin d’exercer une action innocente sur les hommes et les pilantes : ils sont contraires aux asthmatiques, aux phthisiques, etc.; ils brûlent les arbres et les plantes même, lorsqu’ils durent plusieurs jours avec une extrême violence.

Cette incontestable influence des vents sur l’organisme et la marche des maladies avait été décrite déjà par Hippocrate dans plusieurs parties de ses ouvrages, avec cette admirable précision que personne n’a pu jamais imiter.« Les vents du sud, dit-il, rendent l’ouïe dure, la tête pesante, énervent le corps, et le rendent lâche et paresseux (4).» Cette sentence se réalise en tous points dans notre pays: il n’y a qu’à changer un peu les noms des vents, à cause des conditions topographiques.

Udomètre. — La quantité d’eau tombée dans l’année 1837 a été de 604 lignes (ou 50 i/ 2 onces), ou 4 pieds 2 pouces.

Athmomètre .—La quantité d’eau évaporée a été de 742 lignes 8 points (ou 61 pouces, ou 5 pieds 1 pouce), c’est-à-dire 138 lignes 5 points, ou 11 y 2 pouces de plus qu’il n’en est tombé.

En 1838, la différence entre l’évaporation et l’eau tombée a été de 1 pied 9 pouces 10 lignes (0 m ,59). On voit également ici encore,

(! ) Malad. des Européens.

(2) Rapport du phys. et du mor.

(3) Art. Afrique de 1 'Encycl. méth.

(4) Apho. 5, sect. 3.

qu’il y a eu 1 pied 9 pouces 10 lignes d’eau évaporée en sus de toute l’eau tombée pendant cette année (1).

Baromètre. — En 1837, le maximum de la pression atmosphérique a été de 30-1-0 anglais (28-2-11 français, 764 m ,071 )*, le 31 août, de midi à minuit, et le 1 er septembre, au lever du soleil et à midi. C’est aussi dans ce mois que l’hydromèfre est descendu au minimum.

Le minimum,au baromètre, a été de 29-0- 0 anglais (27-2-5 français, 736 m ,OÛ5) le 15 février, à six heures du matin, pendant le coup de vent. L’hygromètre était alors au maximum de l’humidité.

La moyenne est donc de 29-5-5 anglais (25-8-8 français ,750 m ,005), nombre qui paraît très-bas, et qui est dû au compte tenu du coup de vent.

Hygromètre. — En 1837, le maximum de l’humidité a atteint 100® le 15 février, à six heures du matin, pendant le coup de vent, Le minimum n’a pas été au-dessous de 92°, ce qui donne une moyenne de 96°. L’air est généralement pur et serein dans l’ile, et l’horizon est le plus souvent d’une netteté si grande, qu’on peut apercevoir de îrèsloin les voiles qui viennent de tous les points du globe pour commercer avec notre île.

Anémomètre. — Les vents soufflent généralement du sud-est; ils peuvent cependant, comme nous l’avons fait voir, varier et parcoupjr tous les points de la boussole.

Electricité. — Les météores ne sont point rares à Maurice, quelle qu’en puisse être la cause, et l’on en voit surtout assez souvent au Port- Louis. L’atmosphère, encaissée par une ceinture de montagnes, est

(1) Voir, pour de plus amples renseignement?*, les Rapp. ann. de 1836, 37,’ 38 et 39, de la Soc. d’hîst. nat. de Vile Maurice

peut-être plus favorable qu’ailleurs à la production de ces feux aériens. C’est d’ailleurs en hiver que se voient le plus de météores. Nous lisons dans un Mémoire communiqué à l’Académie des sciences, dans la séance du 31 juillet 1837, par M. Robert : «La quantité d’étoiles filantes était si grande, qu’il était impossible de les compter; leurs traces n’étaient pas en lignes droites, comme celles des étoiles qu’on voit ordinairement, elles décrivaient dans le ciel toutes sortes de courbes.»

Un phénomène météorologique assez curieux eut lieu, il y a quelque temps, à Maurice. D’après M. Malgontier, des personnes auraient vu tomber au Champ-de-Lort une grosse étoile (bolide), pour nous servir de leurs expressions. On se transporta à l’endroit indiqué, et on y trouva un amas dé sable rouge. M. Malgontier se demande si ce phénomène aurait quelque rapport avec celui observé en Calabre en mars 1813, où l’on vit tomber beaucoup de pierres et de sable rouge composé de chaux, de fer, d’argile et de chrome.

On fait aujourd’hui des expériences météorologiques dans différents quartiers de l’ile. Nous regrettons de n’avoir pu les connaître encore, car elles auraient pu nous être d’une grande utilité pour notre travail. Espérons que les personnes qui en sont chargées, et qui comprennent toute leur importance , voudront bien les publier le plus tôt possible.

Nous ne pouvons mieux terminer notre météorologie qu’en publiant ici les excellentes observations de M. J.-A. Lloyd/ingénieur civil à Maurice.

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Résumé des observations de M. Lloyd ( 1 ).

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