‹ Essai d'urologie clinique [electronic resource]Chapitre 10 sur 118 · COULEUR · texte numérisé non relu

COULEUR

On peut rencontrer dans la fièvre typhoïde une échelle de teintes si diverses, qu'il semble impossible, à première vue, d'attribuer une valeur clinique quelconque à ce caractère et à ses principales modifications. Si l'on ne tient compte ni des formes ni des périodes, on observera

toutes les colorations primitives et tous les tons dérives dans l'étendue complète de leurs gammes respectives.

Mais j'espère démontrer que ces colorations, si dissemblables qu'elles soient, se catégorisent autour de quelques types primordiaux qui sont eux-mêmes sous la dépendance de certaines circonstances pathologiques.

Prenons comme exemple, la fièvre typhoïde commune DE MOYENNE INTENSITE. La coulcur boiiiUo7i de bœuf, c'està-dire jaune sale brunâtre sans réfringence, à reflets rougeâtres ou verdâtres plus ou moins atténués, est la teinte ordinaire des périodes d'augment et d'état; quand les oscillations diurnes de la température descendent graduellement pour atteindre le taux normal, les reflets verts disparaissent, et l'urine, quin'estplus alors teintée que de jaune sale et de rouge, devient orangée avec prédominance de l'un des tons de constitution. Pendant la convalescence, le rouge, puis le jaune diminuent, de sorte que Vorangé vire insensiblement

jaune de plus en plus pâle (Ij.

Les diverses prédominances symptomatiques de la maladie influencent le type précédent, surtout aux trois premières périodes.

Dans la forme commune grave et de longue durée, les tons foncés bruns et rouges prédominent et il n'est pas rare

4'^^o]o''°""' "''T'""^" (convalescence). Urine jaune-pàle

43 0/0 5 orangée foncé, 8 0^0. ^

Forme commune ordinaire (convalescence). Urine jaune-foncé 14 0/0; orangée peu foncé, 26 0/0. '

Forme commune grave (convalescence). Urine jaune-pàle 17 0/0 • orangée foncé, 44 0/0. <= Jr'ttie, i/u/u,

Forme commune grave (convalescence). Urine jaune-foncé 22 0/0orangée peu foncé, 4 0/0. ^once, iz u/0 ,

Albert Robin.

d'observer au début de la défervescence des colorations orangées où le rouge est en assez grande abondance, pour que l'urine revête l'aspect du sirop de grenadine. Cette teinte, qu'il ne faut pas confondre avec la coloration rouge foncée, se rencontre souvent aussi dans les derniers jours de la période d'état; quelles que soient d'ailleurs ses variétés, l'orangé persiste plus longtemps que dans la forme moyenne et dure souvent jusqu'à une période assez avancée de la convalescence.

Dans la variété thorâCique, les tons rougès sont en majorité, depuis le jaune normal à reflets rouges légèrement brunâtres, jusqu'à l'hémaphéisme le plus foncé, en passant par les teintes ambrées sales et louches : dans

les VARIÉTÉS ATAXIQUES ET ADYNAMIQUES, OU Voit leS COU-

leurs foncées à tous leurs degrés, avec des reflets rouges verts ou bruns, mais la teinte bouillon type avec exagération des nuances vertes est presque aussi fréquente, k la période des oscillations décroissantes, on note de grandes irrégularités et des alternances très-variables entre Vormgé qui va devenir la caractéristique d'une partie delà convalescence et les couleurs foncées rouges ou brunes qui réapparaissent comme les vestiges des pe-

riodes antérieures.

Quand la fièvre typhoïde doit se terminer par la mort, les teintes diverses de l'urine peuvent se ranger sous trois chefs principaux, selon que la maladie a ete ad^-- NAMIQUE, THORACIQUE, OU solon quo le REIN a ete touche plus profondément que les autres appareils.

Dans le premier cas, l'urine a jusqu'à la fin la emte de bouillon où le ton vert glauque l'emporte de beau-

coup sur le rouge que l'on perçoit seulement sur de grandes masses de liquide vues par transparence (1).

Dans la deuxième variété, à laquelle on peut rapporter aussi les observations de fièvre typhoïde compliquée DE pÉRiCARDiTE OU d'endocarditb, le bouillon vort glauque n'est ordinairement qu'une teinte de début : elle passe bientôt aux nuances plus ïoncées^ Jaune ocreux rougeâtre^ jaune roitge^ jaune brun hémaphéique, fréquemment verdâtres.

Enfin dans la forme que l'on pourrait dénommer re- .nale, la succession des teintes précédentes aboutit rapidement à une coloration semblable à celle que prend l 'urine dans la néphrite parenchymateuse aiguë ; elle d evient brightique ou d'un rouge sanguinolent qui masque presque absolument le vert, lorsque le liquide est renfermé dans un grand bocal. Cet aspect brightique a été vu, mais plus rarement aux périodes ultimes des formes THORACIQUES très gravcs (2).

Les RÉVERSIONS s'accompagnent aussi de changements de coloration, qui sont assez remarquables.

Si la récidive survient à la fin de la convalescence, -an moment oij l'urine a déjà pris le caractère jaune pâle plus ou moins aqueux, rien dans la teinte n'indique l'imminence ou même l'existence de la rechute, au

(1) Formes adynamiques mortelles ; couleur de bouillon à reflets ^erdâtres, 70 0/0 ; reflets rouges, 5 0/0.

Formes cardiaques mortelles : couleur de bouillon à reflets verdàtres, 40 0/0 ; reflets rouges, 30 0/0.

Formes thoraciques mortdles : couleur de bouillon à reflets verdàtres, 20 0/0 5 reflets rouges, 34 0/0.

(2) Forme rénale, urine brightique, 45 0/0, Forme thoracique, . 5 q/O.

moins durant les deux ou trois premiers jours; mais, après ce laps de temps, on voit ou bien la couleur de bouillon pale ou bien \ orangé sale; en général, la persistance de la pâleur, l'apparition tardive d'un orangé peu intense, sont des signes d'un bon augure au point de vue de l'intensité de la réversion. Lorsqu'au contraire, la récidive a lieu pendant les oscillations descendantes, on voit les teintes orangées de cette période s'accentuer et virer q^m jaune rouge verdâtre au lieu de diminuer progressivement, ainsi qu'il arrive au début de la convalescence : cette modalité indique habituellement une rechute assez sérieuse .

Outre ces relations générales, il existe certaines colorations moins habituelles et dont il est important de spécifier les rapports.

A la période d'augment, il n'est pas rare de trouver des urines colorées en rovge assez foncé (hémaphéisme Gubler) ; il en est surtout ainsi quand les malades ont été frappés brusquement et que la fièvre a débuté avec les allures franchement inflammatoires d'une affection a frigore, ainsi qu'il arrive chez les individus robustes et sanguins : mais cet hémaphéisme dure peu; l'urine n'a pas la réfringence toute spéciale qu'elle possède dans les phlegmasies de bonne nature : d'ailleurs, le rouge fait bientôt place à la teinte de bouillon si caractéristique.

On le voit apparaître encore mais transitoirement à la période de convalescence, dans quelques formes communes GRAVES ET DE LONGUE duhée ; il cst , en outre, assez fréquent, à la période d'Etat des formes ataxi-

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