CHAPITRE PREMIER
Séméiologie générale de l'urine dans la fièvre
typhoïde.
M. le professeur Gubler enseigne depuis vingt-cinq ans que les urines présentent, dans les fièvres mali morts et en particulier dans la fièvre typhoïde, des caractères assez spéciaux pour que l'on puisse, de prime abord, différencier ces maladies des affections inflammatoires de bonne nature.
Aux périodes d'AuaMENT et d'état de la dothiénentérie, l'urine a une coloration jaune brunâtre sale, semblable à celle du bouillon de bœuf; sa réaction est très-acide ; quand on l'aditionne d'acide nitrique, suivant la technique indiquée plus haut, on voit apparaître : 1° de Yindigose qui donne au fond du verre oii se fait la réaction, une teinte
d'un bleu pur très-intense; 2' une couche à' albumine plus ou moins épaisse, mais constante ; 3° un diaphragme à' acide urique visible de suite, mais ne dépassant pas 2 à 3 mill. de hauteur ; 4° parfois du givre durée.
Quand vient la défervescence, l'urine s'éclaircit, Xalhumine diminue ou disparaît, X acide urique augmente souvent et forme des dépôts qui ont, dans quelques cas, toute l'importance d'un phénomène critique; la coloration produite par l'acide nitrique perd son aspect d'un bleu foncé; elle devient d'abord violette, par suite d'un mélange du rouge qui apparaît avec le bleu préexistant; puis le bleu diminuant chaque jour, le violet passe peu à peu au rouge, puis aume de Chine^ indice de la pleine CONVALESCENCE : en même temps, l'acide urique diminue, l'acidité disparaît et l'alcalinité produite par les alcalis fixes vient s'ajouter aux autres signes du retour à la santé.
Ce tableau, d'une grande netteté, est un des faits les plus importants et les plus constants de l'urologie clinique : il a servi de bases aux recherches dont je vais maintenant donner le détail analytique, en étudiant la séméiologie spéciale de chacun des caractères de l'urine.»