‹ Essai d'urologie clinique [electronic resource]Chapitre 19 sur 118 · FORMES MOYENNES · texte numérisé non relu

FORMES MOYENNES

Sédiments Urines.

(2) L'urine se décompose par la fermentation en carbonate d'ammoniaque et en eau; le phospiiate de magnésie normalement contenu dans l'urine s'empare de l'ammoniaque au furet à mesure qu'il s'en forme, d'où résulte du phosphate ammoniaco-magnésien (Az H» HO) 2 MeO Pho» + 12 HO. \ ; B

onb celui-ci ne renferme aucun micrococcus îireœ. Or, on sait depuis longtemps (1) qu'il existe à l'état normal une faible proportion d'ammoniaque dans l'urine, et Warnecke a trouvé que cette quantité était assez notable dans la fièvre typhoïde. Ne serait-ii pas possible d'admettre alors que dans les procédés pathologiques accompagnés de la formation de matières septiques, il se produit dans la trame organique aux dépens de ses principes azotés et concurremment avec les extractifs, une petite quantité d'ammoniaque qui s'élimine directement avec le phosphate de magnésie, quand tout l'acide urique en est saturé? L'urate d'ammoniaque se rencontre plus fréquemment, puisqu'il peut se déposer dans les urines acides, tandis que le phosphate ammoniaco-magnésien, exigeant pour se précipiter l'alcalinité du liquide, apparaît plus rarement dans les sédiments. Cette distinction entreles deux origines de ce dépôt devait être faite, car la dernière n"a pas la signification favorable de la première. Elle est un peu plus fréquente, en effet, aux premières périodes des formes graves que des formes moyennes : quand elle se montre dans celles-ci, c'est au moment des symptômes typhoïdes des premiers

(1) Neubauer (Jour», f. Prakt.C hernie, t. LXIV.pr 177) a trouvédaas l'urine des 24 heures 0 gr. 72't3 d'Az H% correspondant à 2 gr. 2783 de chlorhydrate d'ammoniaque. M. Boussingault, avant Neubauer, avait constaté déjà l'existence de cet alcali. Depuis, les travaux deW. Heintz et Bamberger (Wurzburger medic. Wochenschrift, t. II, Heft 2 et 3), ceux de L Thiry {Zeitschrift fur ration. Med., 18o3, p. 166 ; de R. Kappe (Petersb. med. Zeihtag. 1868), et enfin les recherches plus récentes de Tidy et Woordmaim {Journal de médecine de Belgique, t. LV, p. 150, 1872), ont coafirmé les résultats précédents,

"Les'derniers auteurs cités oat trouvé, coo^me moyenne de 200 observations, 0 gr. 10 d'ammoniaque dans les 24 heures.

jours, et c'est enfin la seule origine que l'on trouve pour

les cas mortels.

Le phosphate ammoniaco -magnésien constitue à lui seul tout le sédiment dans près de la moitié des cas ; il est associé aux globules blancs seuls, ou à l'urate d'ammoniaque et aux. globules blancs, plus rarement aux

globules blancs et rouges.

Dans les cas mortels où nous lavons vu, il y avait aussi des cylindres, des globules blancs, des masses pigmentaires, de la graisse, de l'indigose et des masses grenat provenant de l'hémoglobine.

Les dépôts de phosphate ammoniaco-magnésien ont \m aspect floconneux, blanchâtre, souvent puriforme; ils laissent une couche assez adhérente sur les parois du verre. Je renvoie aux traités spéciaux pour la détermination de leurs caractères chimiques et microscopiques.

B. — Urate d'ammoniaque»

Ce sédiment rare dans les cas mortels tient, au point de vue de la fréquence, le troisième rang dans les formes NON MORTELLES, avec uue prédominance marquée dans les Cas graves.

Selon les périodes, dans les formes moyennes, il se maintient au même chiffre pendant l'état et la défervescence, pour baisser notablement à la convalescence. Dans les formes graves, sa fréquence générale est plus grande et l'abaissement de la convalescence beaucoup moins prononcé (1)

(1) Sédiments d'urate d'ammoniaque par rapport aux sédiments et aux urines de chaque forme.

La genèse de ce sel paraît devoir être rattachée à ce que j'ai dit plus haut à propos du phosphate ammoniaco-magriésien .

C'est lui qui forme les dépôts couleur de miel si caractéristiques dans les premiers jours de la fièvre typhoïde: il coexiste alors avec la graisse, les urates de soude pulvérulents, l'indigose, etc. Il diminue dans la période d'état pour reparaître à la défervescence et à la convalescence, mais associé cette fois aux globules blancs, au phosphate ammoniaco-magnésien, etc.; parfois au début de ces deux périodes il a une véritable valeur critique.

Quand il est seul, il se présente sous V aspect de granules cristalloïdes lourds, de couleur rouge brunâtre.

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