‹ Essai d'urologie clinique [electronic resource]Chapitre 18 sur 118 · DES SÉDIMENTS · texte numérisé non relu

DES SÉDIMENTS

Les principes que j'ai rencontrés, soit associés, soit isolés, dans les dépôts urinaires de la fièvre typhoïde, sont les suivants, classés par ordre de fréquence dans chaque groupe :

1'^ groupe, principes cristallins, minéraux et organiques. — Phosphate ammoniaco-magnésien, urate d'ammoniaque, urate de soude, acide urique, indigose, pigment, masses cristalloïdes grenat paraissant dérivées de l'hémoglobine, oxalate de chaux.

2* groupe, éléments anatomiques et corps organisés. — Globules blancs, cylindres rénaux, globules rouges.

3^ groupe, corps organiques amorphes. — Graisse, mucus.

4e groupe, ferments. — Mkrococctis ureœ (1), Penîcilhim glaucum, une grande variété de vibrions, parmi lesquels il faut citer V. Lineola, V. Tremulens, V. Bacillus, etc.

Je vais étudier d'abord les sédiments en général, et considérés uniquement comme un des caractères physiques de l'urine, dans leur mode d'association, l'époque

(1) Ce nom a été donné au ferment ammoniacal de l'urine par Cohn ŒeitragczuT Biologie derFfianzen,\hv^^^^ 187i). M. Pasteur et \ an Tieghem qui l'ont découvert, l'appellent petite torulacée de l'uree.

de leur apparition, et leurs rapports avec les diverses périodes et formes de la maladie.

D'une manière générale, les dépôts urinaires sont assez fréquents dans la fièvre typhoïde, puisque 608 urines provenant de 40 observations ont donné 142 sédiments, soit 23,3 p. 100 (1). Ces chiffres bruts n'ont qu'une valeur purement arithmétique, puisque sédiments et urines sont envisagés en bloc; néanmoins ils forment une moyenne qui peut servir de terme do comparaison avec les chiffres d'autres maladies.

Étudiés par rapport aux formes et à la gravité de la maladie, les sédiments se décomposent ainsi :

1° Formes mortelles : 108 urines, 43 sédiments, = 39,8 p. 100 ;

2° Formes graves : 153 urines, 40 sédiments, = 26,1 p. 100;

3" Formes moyennes et bénignes : 347 urines, 59 sédiments, = 17 p. 100.

Ce résultat est assez remarquable. Il montre : 1" que les urines sont plus fréquemment sédimenteuses dans les CAS MORTELS que dans ceux qui ont guéri: 2° que si l'on prend en bloc les urines des formes graves et moyennes, depuis l'entrée du malade à l'hôpital jusqu'à sa sortie, les sédiments ont été plus abondants dans les premières que dans les secondes.

Le dénombrement par périodes n'est pas moins intéressant, car il va préciser encore la deuxième proposition.

(1) Je ne prends dans mes observations que celles oià l'urine a été examinée tous les jours au microscope, afin d'avoir sur les proportions de chacun des éléments constituants, des chiffres qui soient en rapport avec le nombre des sédiments et des urines,

Albert Robin. 6

A, Formes graves, et 2° périodes : 74 urines, 9 sédiments, = 121 p. 100.

3^ période : 30 urines, 9 sédiments, =: 30 p. 100.

4° période : 49 urines, 22 sédiments, =46,9 p. 100.

Dans les formes graves et de longue durée, le nombre des sédiments augmente graduellement à mesure que la maladie évolue vers une terminaison heureuse, au point qu'à la convalescence, ce nombre est quatre t'ois plus élevé qu'à la période d'état. Les formes bénignes et MOYENNES sout bien différentes :

B. Formes moyennes et bénignes : l""^ et 2° périodes : 129 urines, 21 sédiments, = 16,2 p. 100, i

3® période : 99 urines, 22 sédiments, = 22,2 p. 100. 4" période : 119 urines, 16 sédiments, =13,4 p. 100. i D'abord, au lieu de s'accroître avec les périodes, le nombre des sédiments suit une marche précisément in- | verse, après avoir présenté une légère augmentation J pendant les oscillations descendantes : puis ceux-ci sont | plus abondants aux périodes d'état et d'augment qu'aux i phases correspondantes dans les formes graves. Ces faits, ajoutés à ceux qui ont été relevés dans le chapitre des , matériaux solides, nous seront plus tard d'un grand se- , cours quandnous aborderonsla physiologie pathologique

de la maladie. , J'en viens au détail des prnicipes constituant les

dépôts.

A. Phosphate ammoniaco-magnésien, ;

Ces sédiments sont rares dans les cas mortels, à moins qu'ils ne proviennent d'une fermentation accidentelle de Turine recueillie dans un vase malpropre; ils appartien-

nent surtout aux formes non mortelles et aux périodes de défervescence et de convalescence (1).

Leur abondance pendant ces périodes de la forme grave, est un fait fort curieux qui doit être rapproché de ce qui a été dit à propos des sédiments en général.

Dans la plupart des cas, leur présence est liée à la décomposition de l'urée (2). et leur significûUon se confond en partie avec celle que nous avons attribuée plus haut à l'état ammoniacal; mais ceux qui se montrent en dehors de cette fermentation ammoniacale, aux périodes d'état et d'aug-ment, et très-rarement dans les CAS MORTELS, reconnaissent une toute autre origine^ puisqu'ils coïncident avec une alcalinité fixe de l'urine, et qu'on les trouve parfois à l'émission du liquide, alors

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