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Schottin a trouvé cet extractif non-seulement dans l'urine, mais encore dans le tissu musculaire et dans les exsudats qui en sont, d'après lui, fortement charg-és; enfin, il a observé que dans certains cas, l'augmentation exagérée de la créatinine dans l'urine s'était produite au moment de la disparition des phénomènes morbides graves (1).
Quelques années plus tard, Chalvet, dans un travail tout à fait remarquable, insista encore sur l'importance des matières extractives et généralisa leur étude. Enfin, M. Hoepffner. dans sa thèse, a récemment apporté des faits bien analysés, où il. cherche à mettre en pleine lu mière le rôle de ces principes, (2) en comparant leur pro-
(11 L'existence de cette grande quantité de créatinine doit être rapprochée des altérations musculaires de Zenker. On sait que la créatine et la créatinine sont des produits du dédoublement de la myosine.
(2) Parmi les travaux qui ont été faits sur les matières extractives, je ne cite que ceux qui ont le plus spécialement trait à mon sujet. On en trouvera la liste à peu près complète à la Bibliographie placée à la fin de ce mémoire.
portion à celle de l'urée et à celle des extractifs contenus
dans le sang (1).
L'étude des variations des matières extractives ne i.enétrera pas dans le domaine clinique, tant que nous ne posséderons point un moyen simple et rapide pour effectuer leur dosage; en outre, leurs oscillations doivent toujours être comparées à celles de l'urée, si l'on veut avoir des notions certaines sur l'état de la dénutrition orgamque ; pourtant, les enseignements qu'elles fournissent sont trop importants pour qu'on ne passe pas par dessus ces
difficultés de détail.
On peut poser cette première règle: que dans la période d'état, les matières extractives sont toujours augmentées et qu'elles sont avec l'urée dans des rapports presque toujours inverses : plus il y a d'urée, moins il y a d'extractifs dans l'urine et réciproquement. Dans les CAS MORTELS où l'uréo diminue habituellement et dans de grandes proportions, les extractifs augmentent, mais en dépassant rarement les chiffres de 20 à 25 gr. dans les 24 heures. Dans les autres cas, leur taux peut s'élever jusqu'à 35 gr. si l'urée est peu abondante, mais les moyennes générales de la période d'état, doivent être fixées à 23,50, ce qui constitue encore une grande augmentation sur l'état normal. Aux périodes suivantes, elles diminuent et tendent à se rapprocher des chiffres habi-
(1) Les extractifs les plus importants sont : la créatine, la créatinine, l'acide hippurique, l'acide succinique, les acides odorants étudiés par Staedler (damolique, damalurique, taurylique, phénique), l'acide lactique et les lactates, l'allantoine, l'acide butyrique, la leucine, la tyrosine, la xanthine, l'hypoxanthine, la cystine, la guanine, les acides gras, les savons, les matières colorantes, les chromatogènes, l'inosite, etc.
tuels qu'elles atteignent à la convalescence, elles s'abaissent ensuite au-dessous du taux normal jusqu'à la reprise de l'alimentation. Quand les principes solides augmentent dans ces périodes prémonitoires que j'ai établies» aux approches de la défervescence et delà convalescence, l'excès est principalement formé de matières extractives ce qui confirme les faits observés déjà par Schottin; et comme l'avait aussi constaté M. Hoepffner (Ij, j'ai trouvé dans trois observations, que la diminution des extraclifs de l'urine pendant la période d'état, coïncidait ou bien avec une augmentation de l'urée, ou bien avec une augmentation des extractifs contenus dans le sang : dans le premier cas, il y avait une grande amélioration dans les symptômes; dans le second, on voyait au contraire, une aggravation toujours assez manifeste. EnQn la défervescence et la convalescence des cas graves s'accompagnent toujours d'une plus grande élimination des extractifs que les mêmes périodes dans les cas bénins (2). On voit que ces faits, réunis à tous ceux qui ont été étudiés déjà, à
(1) M. Hoepffner rapporte dans sa thèse six dosages de matières extractives dans le sang des typhiques. Voici les chiffres :
Jour. Matière extraite.
Forme grave adynamique longue :
10 gr.
Forme consécutive à un ictère catarrhal
— thoracique bénigne :
— mortelle :
Soit une moyenne de 7 gr. 51 au lieu de 5 gr. proportion normale. Je n'ai que 4 dosages effectués, il est vrai, sur des quantités minimes de sang; les chiffres sont 11,50, —10,22, — 7,80, — 6,50. La moyenne, 9 grammes, est un peu plus élevée que celle de M. Hoepffner.
(2) Voir un excellent résumé de M. Armand Gautier sur la valeur clinique des matières extractives. — Traité de chimie appliquée, t. II, p. 370.
pjopos de l'excrétion des principes solides et des sédiments, constituent un ensemble assez complet, dont j'essaierai de chercher les conséquences au chapitre de la pathogénie.
L'acide salicylique jouit de la propriété d'augmenter la somme des extractifs : cela n'est pas difficile à comprendre ; il passe dans l'urine à l'état d'acide salicylurique, en fixant dans l'économie des principes azotés dont il facilite ainsi l'élimination en les rendant plus solubles. Dans un organisme en pleino désintégration, il est rationnel de penser qu'il se combine plutôt avec les produits azotés déjà libres qu'avec ceux qui font encore partie intégrante de la trame des tissus ; la thérapeutique pourra donc bénéficier de cette propriété nouvelle.