ALBUMINE
La question de l'albuminurie dans la fièvre typhoïde n'est plus controversée depuis les faits si nombreux qui ont été recueillis par mon maître M. Gubier. Voici comment s'exprime le savant professeur : a L'albumine constitue l'un des phénomènes les plus constants de cette af-
(1) Les transformations éprouvées dans l'économie parla salicine, la saligénine et l'acide salicylique, ont été étudiées depuis longtemps (Ber- TAGNiNi). La salicine passe dans l'urine à l'état d'acides salicylique,salicylurique, de saligénine et d'hydrure de salicyle. La saligénine et l'acide salicylique passent sous forme d'acides salicylique et salicylurique. Ce dernier est un homologue de l'acide hippurique. Je rappellerai quedans un travail publié en collaboration avec M. le professeur GossELiN'en 1874, avant que parussent les premières recherches allemandes, nous avions indiqué déjà l'action de l'acide salicylique sur les urines ammoniacales.
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fection multiforme, attendu que sur plusieurs centaines de cas qui sont passés sous mes yeux depuis quinze ans, je !
ne l'ai jamais trouvé en défaut L'albuminurie n'existe î
pas indifféremment à toutes les périodes de la fièvre j
continue Si, dans les premiers jours de la maladie, i
elle est un symptôme aléatoire, elle devient plus tard, dans le deuxième septénaire, un symptôme obligé de [ la dothiénentérie, et son intensité est proportionnelle à , celle de la fièvre et des localisations morbides sur les ; grands appareils ». M. Gubler a décrit, en outre, une i variété spéciale d'albuminurie survenant dans ia convalescence de la maladie et à laquelle il a donné le nom d'albuminurie coUiquative (1).
L'albumine est dans la plupart des cas en assez | faible proportion pour que la chaleur et l'acide nitrique combinés, les divers réactifs plus ou moins sensibles de Méhu, Tanret, etc., ne la décèlent pas; il est donc in- ^ dispensable d'user exclusivement du procédé de M. Gubler qui consiste à verser lentement de l'acide nitrique le i long de la paroi du verre qui contient l'urine, et lorsque le mélange d'acide et d'urine occupe les trois cinquièmes i du vase, de regarder par transparence et sur un fond noir, s'il se produit un diaphragme opalin, blanc grisâtre, àlimite inférieure quelque peu diffuse, mais à bord su- j périeurnetetséparéjparune couche d'urine transparente, j d'une légère hostie d'acide urique. Le plus ou moins de l
(1) Cette variété d'albumine a été notée aussi par M. Gubler dans la . convalescence de plusieurs maladies aiguës; les urines entraînent, alors et d'une façon continue, une quantité souvent considérable d'al- j bumine, et les forces ne reviennent pas pendant tout le temps que j cette dénutrition exagérée se produit. Voyez sur ce sujet: A. Gubler. Mémoire sur les paralysies amyotrophiques. [Gazette médicale, 1861).
sensibilité des moyens employés ordinairement par les cliniciens pour reconnaître l'albumine, est sans doute la cause des divergences si grandes qui séparent les auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Les uns, avec Murchison (1), veulent que ce principe n'apparaisse jamais avant le 16" jour; d'autres avec Finger et Kerchensteiner(2) pensent qu'il n'existe que dans les cas trèsgraves ; Griesinger ne l'a trouvé que dans un tiers des cas ; il serait pour lui plus abondant dans les cas graves, mais ordinairement, l'albuminurie ne se produirait que d'une manière passagère et pendant quelques jours; sa première apparition aurait lieu pour la majorité des observations, dans la 2** semaine, souvent même dans la première [Des maladies infectieuses^ p. 277) (3).
Voilà donc un premier point bien établi : l'albuminurie est constante dans la fièvre typhoïde ; reste à sa-
(1) Murchison a relevé 549 cas de fièvre typhoïde (pris dans les auteurs) ; l'albuminurie aurait été trouvée 157 fois, soit 28,6 0/0.
(2) Cas relevés à la clinique de Pfeuffer : albumine dans un quart des cas graves.
(3) On trouvera à l'index bibliographique le nom des auteurs qui ont noté l'existence de l'albumine dans la fièvre continue. Je ne rappelerai ici que les plus importants :
Becquerel. Sur 38 cas, n'en a trouvé que 8 fois ; sauf dans deux cas mortels où elle fut continue dans les huit derniers jours de la vie, elle a toujours été passagère.
Andr.\l. Sur 34 cas, n'a constaté qu'une fois, et d'une manière très-passagère la présence d'un peu d'albumine.
Abeille. L'albuminurie existe dans un 8« des cas, elle débute du 8* au 24« jour, son maximum de durée est de 12 jours, son minimum de 1 jour, sa moyenne de 4 jours.
Avec Beobie, il donne le nom de critique à l'albuminurie qui survient du 14« au 24« jour.
Martin Solon a trouvé qu'elle était fréquente mais passagère, et que son abondance aggravait le pronostic.
W. Edwards, au contraire, dit que dans la fièvre typhoïde l'albu- Albert Robin. o
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voir si, à la valeur clinique indiscutable que lui donne cette constance, il ne serait pas possible de joindre quelques faits résultant des circonstances diverses de son apparition, de son évolution et de sa disparition. Mais avant d'exposer mes recherches sur ce sujet, je crois utile de dire dès à présent, que l'albumine urinaire de la fièvre typhoïde n'est pas toujours semblable à ellemême, et je ne serais pas éloigné d'admettre que celle que l'on trouve tout à fait au début de la maladie, doit être rapprochée plutôt du groupe des albuminoses; au contraire, l'albumine plus abondante du deuxième septénaire et celle que l'on décèle en si grande quantité dans la plupart des cas mortels, ont une grande ressemblance avec l'albumine du sérum sanguin (Sérine de Denis) (1).
mine est rare, tandis que dans le typhus elle apparaît avec une certaine constance du 6° au 13« jour, et disparaît du 14« au 18^ jour.
Si l'on veut compléter cette liste, on lira avec fruit, le passage consacré à l'albuminurie typhoïde par M. Jaccoud, dans son article du ouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. t.l"p.550.
M Jaccoud relevant les cas de Biattler, Martin Solon, Farkes, Becquerel, Finger, Friedreich, a trouvé 93 fois l'albumine sur 282 malades, soit 32,97 0/0.
(1^ J'ai, sur ce fait, plusieurs observations assez concluantes, mais ie n'ai pu réunir encore une assez grande quantité de ces albumines pour fixer définitivement les caractères chimiques qui les spécialisent. D'ailleurs, on sait depuis longtemps que l'albumine contenue dans l'urine, offre des variétés nombreuses:
ICEKV (Thèse inaugurale, 1854). - P^^^^^^^^, f , " TERHEiL {Gaz. des hôp., 1863), ont différencié Talbumme de la ma adiede Bright, de l'albumine de l'urine chez les femmes enceintes ; LKHMANN et EO.ESSKN (ce dernier dans 31 -s) , ont trouve dans l'urine, un albuminoïde ayant tous les caractères ^^J^f^l^'Z^ cipitée'à froid par CO- précipité soluble dans f ' ^Cl, etc^. - CH. ROBIN, ACKEHMANN, ont constaté l'existence de a fibrine. - Bence Jones [aL de cki,n. et dep/^ann., t. LXVII, p. 97) a -^-^ ^ les urines des ostéomalaciques, un albuminoïde semblable à la lacto
L'abondance de l'albumine décroît avec la gravité des cas : il en est de même dans les formes qui guérissent, et les albumines y décroissent en outre avec les périodes, sauf cette restriction que dans les formes graves, il existe, en bloc, une augmentation assez sensible pendant la période de défervescence et qu'à la phase de convalescence, l'albumine persiste pendant un temps beaucoup plus long que lorsqu'il s'agit de formes plus