‹ Essai d'urologie clinique [electronic resource]Chapitre 71 sur 118 · GRIPPE · texte numérisé non relu

GRIPPE

. M. Jaccoud dit au sujet de la grippe (1). «L'intensité de la céphalalgie et de la fièvre, l'abatiement et la prostration extrêmes, la violence des phénomènes gastrointestinaux, les épistaxis et la bronchite, enfin, les troubles nerveux du début de la grippe, pourraient en imposer pour une fièvre typhoïde, mais, en pareil cas, l'observation rigoureuse et soutenue de la température, les caractères du pouls, l'éruption des taches rosées lenticulaires, le météorisme, les gargouillements et la douleur provoquée par la pression au niveau de la fosse iliaque, enfin, l'augmentation du volume de la rate, suffiront à éclairer

rhée. Coma interrompu de temps à autre par du délire d'action. Fièvre vive. Peau sèche. Pouls petit, tendu. Rien au cœur.

L'auscultation de la poitrine révèle, en arrière et à droite dans la partie moyenne et à la base des poumons, un souffle tubaire intense, mêlé de sous-crépitations; màtité, exagération des vibrations thoraciques : bronchophonie : quelques frottements dans les grandes inspirations. Rien à gauche. Rétention d'urine. On extrait par la sonde 500"=° d'urine rouge foncé, très-acide, claire, inodore. Par le refroidissement, cette urine donne un sédiment couleur de minium, formé d'urates de soude à l'état pulvérulent. Cette urine présentait les traits généraux du syndrome n. 20, avec cette différence que l'albumine n'existait qu'en traces à peine sensibles, ce qui n'aurait pas eu lieu avec une fièvre typhoïde mortelle. Le diagnostic élait facile par le simple examen des signes locaux et généraux, mais s'il y avait eu doute, entre une pneumonie et une fièvre typhoïde, l'examen de l'urine aurai^ aidé à trancher la question. Le lendemain, délire violent, pouls petit, mou, dépressible. Frottements à la base gauche. Même état à droite. Diarrhée arrêtée. Mort à 8 h. du soir. — Autopsie : Hépatisation grise dans le lobe inférieur du poumon droit. Congestion intense de la base gauche avec un peu de liquide dans la plèvre. Rien dans l'intestin.

(1) Jaccoud. — Traité de pathologie interne, 5^ édition.

le diagnostic, un instant obscurci par une similitude symptomatique plus apparente que réelle. »

Dans la dernière épidémie de fièvre typhoïde, nous avons eu l'occasion de voir, entre autres cas, 2 malades atteints de grippe et chez lesquels le diagnostic était rendu fort difficile, par la présence de l'état typhoïde, de ladiarrhée, du météorisme, du gargouillement iliaque, du pouls dicrote et d'une abondante éruption de taches bleues.

Les caractères des urines dans ces deux cas, rapprochés des analyses faites plusieurs mois auparavant chez deux autres malades, forment un ensemble assez significatif pour qu'il soit réuni en syndrome (1).

1. Couleur. — Jaune ambré variant des tons normaux aux nuances

plus foncées, mais atteignant rarement l'hémaphéisme, quoique présentant souvent des reflets rougeâtres.

2. As'pect, consistance. — Urine claire, — Peu épaisse, assez ré-

fringente.

3. Quantité. — Assez diminuée, 900 c. c. — Revient à la normale

après la défervescence, 1100 c. c.

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