LITTÉRAIRE GÉNÉRALE
Les dictionnaires bio-bibliographiques ont dû succéder de près à la coutume de rédiger des notices biographiques ; ce n’est pas d’aujourd’hui d’ailleurs qu’existe l’usage d’accompagner la biographie d’un auteur de l’énumération ou de la description de ses œuvres. On conçoit l’intérêt qu’il y a à trouver l’indication dépareilles sources de renseignements bibliographiques ; il y a là une mine précieuse à laquelle peuvent puiser les travailleurs. La connaissance de ces
travaux d’érudition est éminemment utile aussi bien au médecin qu’aux autres catégories de chercheurs ; car dans toutes les branches de la science, et dans la médecine en particulier, on n’en est plus à compter le nombre des éloges, notices bibliographiques, recueils de titres et travaux scientifiques, publications qui donnent presque toujours des indications bibliographiques d’une authenticité presque absolue.
Mentionnons d’abord la Bibliographie biographique universelle, rédigée par E.-M. Œttinger, qui donne la liste raisonnée des ouvrages biographiques écrits sur des personnages célèbres de tous les temps et de tous les pays. Elle se compose de deux volumes (Paris, 1863, 2 vol. gr. in-8°). Autre édition : Paris, A. Lacroix, 1866, 2 vol. in-4° (8317). C’est un ouvrage utile à consulter.
1. — Conrad Gesner. Bibliotheca universalis, sive calalogus omnium scriptorum locupletissimus, in tribus linguis, latina, greca et hebraica, extantium et non extantium , ueterum et recentiorum,in hune usquediem, doctorumet indoctorum,publicatorum et in bibliothecis latentium. Tiguri [Zürich], 1545, in-fol.,
11 existe plusieurs éditions de cet ouvrage, qui représente la première tentative sérieuse de l’établissement d’un système bibliographique rationnel. — Un second volume parut comme suite, sous le titre de : Bibliotheca universalis, tomus II ; c’est dans cette partie que Gesner expose son système de classification. Il y divise les arts et les sciences en deux grandes classes générales : les sciences préparatoires (præparantes) et les sciences positives ( substantiales) ; ces deux catégories comprennent elles-mêmes des divisions et des subdivisions. Cette classification, un peu superficielle, a été peu suivie.
Les auteurs sont rangés par ordre alphabétique, avec une courte notice pour chacun d’eux, et des analyses ou extraits bibliographiques très exacts.
Malgré ses lacunes, le répertoire de Gesner a eu un succès plus durable qu’aucun ouvrage postérieur de ce genre, car aucun n’a pu avoir depuis la prétention de faire, d’après le même plan, un dénombrement relativement plus complet de toutes les richesses du domaine littéraire et scientifique.
Un abrégé de cette « Bibliothèque » a été publié successivement par Conrad Lycosthènes (1551), Josias Simler (1574) et Jean-Jacques Frisius (1583) ; ces deux derniers existent à la bibliothèque de la
Faculté sous les numéros (1077) et (1086 bis). Un supplément à l’ouvrage deGesner fut édité en 1555, mentionnant les articles nouveaux inscrits dans la première édition del 'Epitome ou abrégé de J. Simler.
2. —Nous ne ferons que mentionner, comme renfermant un grand nombre de notices sur des médecins, le Dictionnaire historique de Ch. Estienne (1553, in-4°), les Mémoires de Nicéron (1727-45, 43 vol. in-8°)|( YAllgemeines Gelehrten-Lexicon de C.-G. Jœcher (1750-51,
4 vol. in-4°; Suppl., 1784-1822), l’Onomasticon literarium de C.
Saxius (1775-90, 7 vol. in-8° ; Suppl., 1803, in-8°), etc. Tous ces ouvrages sont plus ou moins incomplets; d’autre part, le choix des auteurs biographiés ainsi que celui des oeuvres mentionnées comme leur appartenant est nécessairement arbitraire. Ce sont les précurseurs des grands dictionnaires bio-bibliographiques universels plus modernes. Nous ne citerons que les plus connus d’entre ceux qui ont été publiés au cours de notre siècle. Chacun d’eux présente tout naturellement, sur ceux qui l'ont précédé, l’avantage de les compléter et de corriger les erreurs inévitables qu’ils renferment. Les notices qu’ils contiennent sont souvent excellentes et bien condensées, à côté d’autres bien inférieures ; mais c’est là le défaut de tous les dictionnaires, défaut qu’on peut même attribuer aux suivants, cependant fort estimés ajuste titre :