‹ Essai de catéchisme spiriteChapitre 14 sur 15 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

D. Quel est le but de la prière?

R. Premièrement, la piâère est un acte d’adoration et de gratitude pour les bienfaits que le Créateur répand sur nous, en cette courte vie terrestre d’épreuves du libre arbitre, et pour le bonheur inappréciable qu’il nous réserve après cette vie et de la réalisation duquel nous avons acquis la certitude.

En second lieu, prier c’est implorer le pardon de nos fautes;donner un témoignage de repentir; recourir vers l’infinie puissance, dans notre sentiment de faiblesse et d’incapacité de conjurer, par des moyens humains, les souffrances qui nous affligent.

D. Quelles sont les conditions d une bonne prière?

R. La prière doit être,en toute sincérité,un élan du cœur et une entière confiance en la clémente bonté du Créateur.

Le Christ en a clairement défini les conditions.Lorsque vous priez, dit-il, abstenez-vous de l’ostentation d’une mise en évidence et n’imitez pas les païens qui s’imaginent que c’est par la multitude des paroles qu’ils seront exaucés.(S‘ Marc, ch.vi v.24; S’ Mat., ch.vi y. 5 à 8.^

D. N’a-t-il pas prescrit une autre condition importante?

R. Oui, elle exige souvent de nous les plus sublimes, les plus difficiles efforts : c’est, avant la prière, le pardon de toute injure ; la purification de toute rancune.

Cette condition est d’un accomplissement tellement strict et rigoureux, que Jésus fait comprendre qu’il vaudrait mieux s’abstenir de la prière que d’y faillir.

L’oraison dominicale est la prière que les Esprits nous recommandent et mettent au premier rang,soit parce qu elle vient de Jésus lui-même, soit parce que, malgré sa brièveté, elle renferme une profession de foi, un acte d’adoration et de soumission, la demande des choses nécessaires à la vie et le principe de la charité envers nos

semblables. Ce dernier principe est exprimé par ces paroles : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous les pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés. »

^ Il est évident que, si avant de prononcer ces paroles, notre pardon n a pas été sincère, nous prononçons sur nous-mêmes notre propre condamnation. (S'Marc, ch. XI, v. 2o et 26, et surtout S' Mathieu, ch. V, V, 23-24 et ch. VI, v. 14-15.)

D. Quelle serait la valeur des prières que Ton fait réciter en payant et des prières récitées en une langue incomprise?

R. Celui qui les récite peut, plus ou moins consciencieusement, tâcher de mériter son salaire. La prière n’a d’efficacité que par la pensée et le sentiment qu’on y attache, ou ce n’est qu’une simple formule; et,si elle est récitée en une langue incomprise,elle ne peut toucher le cœur; ce n’est qu’un assemblage de mots qui ne disent rien k l’esprit; il est impossible d’attacher une pensée k ce que l’on ne comprend pas.

Si les prières achetées avaient une valeur, plus on est riche, plus on en pourrait faire réciter et plus on obtiendrait de mérites.Lcs plus ou moins disgraciés de la fortune, le grand nombre, seraient bien k plaindre.

D. La prière en commun est-elle préférable?

R. Si la prière se fait en commun, dans l’intention de donner un bon exemple ou d’augmenter la ferveur, par une communauté de pensées et de sentiments religieux, son mérite est incontestable. Mais l’adoration particulière n’est pas moins bonne, car chacun peut adorer Dieu en pensant k Lui; la véritable adoration est dans le cœur.

D. Y a-t-il du mérite à passer la vie dans la contemplation, le jeûne et la prière?

R. Non, car les hommes qui s’y adonnent,s’ils ne font pas de mal,sont inutiles et ne pas faire de bien est déjk un mal. (Jette vie-lk est toute personnelle et inutile k l’humanité.

D. Quelle peut être TefTicacité de la prière? Si tout s’enchaîne dans l’univers par des lois éternelles, nos vœux peuventils faire que Dieu modifie ces lois?

R. Sans doute il y a des lois immuables, mais de Ik k croire que toutes les circonstances de la vie sont soumises k la fatalité, la distance est grande.

L homme étant libre d’agir dans un sens ou dans un autre, ses actes ont pour lui des conséquences subordonnées k ce qu’il fait ou ne fait pas.En admettant que tout soit régi par des lois,la loi du repentir est que la prière du repentant soit suivie d’un adoucissement k sa peine; la prière du souffrant,une amélioration k sa souffrance.L’adoration a pour conséquence plus d’élévation du sens moral, plus de force de résistance contre les séductions des mauvais penchants, etc.

D. La prière nous est-elle recommandée par tous les Esprits?

R. Elle nous est recommandée par tons les Esprits élevés ; elle appelle leur inspiration salutaire pour résister aux mauvaises pensées, dont rexécuiion peut nous être funeste. Dans ce cas, ce n’est pas le mal qu’ils détournent, c’est nous-mêmes qu’ils détournent de la pensée qui peut causer le mal. — C’est ce que l’homme est toujours certain d’obtenir, s’il le demande avec ferveur ; c’est là où peuvent s’appliquer ces paroles : k Demandez et vous obtiendrez. »

La prière même réduite à celte proportion, n’aurait-elle pas un résultat immense !

11 était réservé au Spiritisme de nous prouver son action par la révélation des rapports qui existent entre le monde visible et le monde invisible.

D. La prière pour les morts peut elle leur être efficace ?

R. Souvent, dans les réunions spirites, des Esprits souffrants viennent solliciter des prières. — Le principal effet de la prière est alors do faire naître ou d’encourager le repentir de l’Esprit souffrant. La durée de la souffrance est subordonnée à la sincérité et à l’intensité du repentir ; la peine dure autant que l’obstination dans le mal ; elle serait perpétuelle si l’obstination était perpétuelle ; elle est de courte durée si le repentir est prompt. Telle est la loi immuable et conforme à la bonté et à la justice de Dieu.

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