CHAPITRE V
LIBF^ ARBITI^.
D. Qu’est-ce que le libre arbitre ?
R. C’est la liberté que l’homme possède de faire le bien ou le mal.
D. L’homme possède-t-il réellement cette liberté ?
R. Puisqu’il a la liberté indéniable de penser, il a par conséquent la liberté d’agir selon sa pensée.
Le remords prouve la liberté. Il ne serait pas sans elle.
D. Qu’est-ce que faire le bien ?
R. C’est se conduire selon les préceptes résumés par Jésus-Christ en ces paroles ; « Ne faites pas k un autre ce que vous ne voudriez « pas que l’on vous fît. Et faites à un autre ce que vous voudriez « que l’on vous fît. »
De ces préceptes dérivent toutes les vertus humaines.
D. Pourquoi Dieu a-t-il doué l’homme du libre arbitre ?
R. Sans le libre arbitre l’homme n’aurait plus une personnalité indépendante ; il n agirait sans cesse que selon des impulsions reçues ; il deviendrait une machine dépourvue de toute iniiiative.
Dieu a voulu appeler d’autres êtres à partager les splendeurs de l’être et le bonheur de la vie. Voulant produire des intelligences^ distinctes de lui, il a dû les créer libres, pour qu’elles fussent des"* personnes,^ pour qu’elles eussent leur propre virtualité. La liberté est donc l’attribut essentiel de l’âme : Dieu ne pourrait la lui enlever sans l’anéantir, sans Vabsorber dans son sein.
Dieu, Etre éternel et absolu, lient tout de lui-même; la créature, au contraire, tient tout de Dieu, mais, par le libre arbitre dont il l’a douée, elle doit s’attribuer les conséquences de son mérite et de son démérite qui sont l’effet de sa volonté propre.
L’Infini ne pouvait, sans s’anéantir, communiquer sa suprême perfection, produire un être égal à lui. La Créature est donc limitée, imparfaite, et c’est de cette imperfection, combinée avec le libre arbitre que naît le mal moral.
D. Quelles sont les conséquences du libre arbitre?
R. La responsabilité de nos actes et leurs conséquences, bienfaisantes ou funestes pour nous ; notre progrès obtenu par notre propre mérite, durant notre combat, contre les tentations du mal, dans notre marche vers la félicité suprême, à laquelle, nous ne pouvons en douter, le Créateur nous a destinés.
D. Pourquoi ne pouvons-nous pas douter que Dieu nous a destinés à une félicité suprême ?
R. Parce qu’il a placé en nous l’aspiration à la félicité, au bonheur parfait, que nous cherchons sans cesse et que nous trouvons irréalisable sur ce monde. Celte aspiration serait un leurre indigne de la suprême intelligence si elle ne pouvait obtenir son accomplissement. Et ce serait une superfluité, en contradiction avec ce qu’il ne peut y avoir rien d’inutile dans la création.
D. Pourquoi ne peut-il y avoir rien d’inutile dans la création?
R. Parce qu’elle ne serait plus l’œuvre d’une intelligence infinie.