CELLULES SINUEUSES A LA FACE EXTERNE COMME A LA FACE INTERNE
Dans ce groupe rentrent le plus grand nombre des genres de Solanacées: on peut les ranger en plusieurs eroupes caractérisés par des cellules typiques.
a) Cellules velues.
Exemple: LYCOPERSICUM (fig. 15).
Cellules de 80 à 90 x, à membrane sinueuse, régulièrement épaissie de 15 x environ. Le caractère essenuel du genre Lycopersicum consiste en la présence de très nombreux poils cellulosiques tapissant toute la membrane externe de chacune des cellules du tégument.
Inclusions cellulaires non visibles.
Coloration au réactif STEIMETZ: jaune pâle.
b) Cellules dentées.
Exemple: PETUNIA (fig. 16).
Cellules dentées, sensiblement isodiamétriques de 110 x, à membrane latérale très mince de 10 uw, à ligne de suture masquée par des stries, à membrane supérieure criblée d'une foule de granulations dont les unes sont à contours arrondis, les autres à contours elliptiques ou peu allongés, ou à contours réniformes ou sinueux.
Inclusions non visibles.
Coloration au réactif STEIMETZ: jaune brun.
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c) Cellules perforées.
Exemple: SCHIZANTHUS PINNATUS (fig. 17).
Cellules de très grandes dimensions d'environ 300 v, sensiblement isodiamétriques, à membrane fortement sinueuse régulièrement épaissie (10 à 15 w), à ligne de séparation nettement visible. Chaque cellule possède comme caractère spécifique de présenter une coloration brune, avec ponctuations plus foncées, sauf au centre où apparaît un cercle presque incolore. Ce cercle provient de la différenciation de la membrane interne, qui s'est épaissie et lignifiée sauf dans sa région centrale restée mince et cellulosique. Cette membrane présente ainsi une sorte de perforation ou de puits, qui permet souvent d'apercevoir par transparence les cellules de l'albumen restées adhérentes au tégument.
Inclusions cellulaires brunâtres difficiles à distinguer des ponctuations brunes superficielles.
Coloration au réactif STEIMETZ: brun foncé.
d) Cellules bouclées ou étoilées.
Exemple: DATURA (fig. 18, 19 et 20).
Cellules sinueuses à membrane fortement épaissie. Le lumen de ces cellules apparaît sous la forme de taches noirâtres et étoilées. La membrane latérale a une épaisseur sensiblement égale au diamètre du lumen; elle forme des replis très accentués qui contribuent à donner au lumen son aspect étoilé. La membrane supérieure présente une différenciation variable: dans certains cas, elle est seulement onduleuse comme Ja membrane latérale; dans d’autres cas, elle présente
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une série de boursouflures, qui sont formées par des diverticules de la cavité cellulaire, entourés chacun par la membrane épaissie et lignifiée. On peut se représenter la forme de chacune de ces cellules du tégument en imaginant un solide qui remplirait exactement la cavité cellulaire. Ce solide aurait un corps plus ou moins cylindrique et plus ou moins allongé avec son axe perpendiculaire à la surface. Du côté externe, le solide possèderait des boürgeonnements plus où moins sphériques, plus ou moins allongés et plus ou moins contournés, les bourgeonnements de deux cellules voisines s'imbriquant plus ou moins les uns dans les autres. Quand on examine le tégument par la face externe, la mise au point du microscope se fait d'abord au sommet des diverticules les plus allongés, puis sur le sommet des autres, en même temps que se perçoit la cavité des différents diverticules: ensuite apparaît le lumen de la cellule, avec ses bords ondulés. L'inégale hauteur des diverticules fait que l'œil reçoit la sensation de sphéroides ou d’anneaux de dimensions variables et nous désignons les cellules ainsi différenciées sous le nom de cellules bouclées. La membrane des cellules des Datura n'est pas uniformément épaissie, ni uniformément lignifiée, de telle sorte qu'aux variations dans la forme de la membrane viennent s'ajouter des variations, que l’on peut percevoir, soit à la surface de la membrane, soit dans son épaisseur. La face interne des cellules bouclées est simplement sinueuse: les boucles ne se trouvent que sur la face externe.
Inclusions cellulaires peu visibles.
Coloration au réactif Steimetz: brun très foncé.
Fig. 16. Hier Petunia violacea. Schizanthus pinnatus.
Fig. 18. Hiearo, Datura metel
Fig. 20. Fig. 21.
Datura tatula. Physalis alkekengi.
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Rem.: La différenciation des Datura sera délicate, car 1ls constituent un groupe très homogène. Dans notre classification, nous avons fait intervenir l'aspect microscopique des cellules du tégument: cellules fortement bouclées et cellules fortement étoilées.
e) Cellules ondulées plus ou moins cérébroïdes.
C’est dans ce dernier groupe que rentrent la majorité des genres de Solanacées; Physalis, Solanum, Capsicum, Lycium, Hyoscyamus, Saracha, Atropa, Physoclaina, Withamia, etc... On peut dire que cette différenciation des cellules du tégument de la graine avec membrane ondulée et plus ou moins cérébroïde est caractéristique du type Solanacée. À titre d'exemple, le genre Physalis sera décrit.
Exemple: PHYSALIS (fig. 21).
Cellules isodiamétriques de 120 v environ à membrane fortement sinueuse et très épaissie (40-50 vw). Cette membrane est inégalement épaissie à la face interne et aux faces latérales: elle forme des replis bourrés de pigments, qui apparaissent par transparence comme de petites ponctuations plus ou moins anguleuses et noirâtres.
Inclusions cellulaires non visibles.
Coloration au réactif STEIMETZ: jaune foncé.
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CONSIDÉRATIONS SUR LA CLASSIFICATION DES GRAINES D'APRÈS LA DIFFÉRENCIATION DES CELLULES DU TÉGUMENT
L'étude des cellules du tégument de la graine des Solanacées nous a montré:
1° Une différenciation cellulaire, exclusive à certains genres. Ex.: cellules réticulées du genre Cestrum (fig. 12); cellules perforées du genre Schizanthus (fig. 17).
2° Une différenciation cellulaire, dont un caractère se retrouve chez un petit nombre de genres. Ex.: colonnes cellulosiques aux angles de suture des cellules des genres Browalia et Salpiglossis (fig. 11). Ex.: cellules velues des genres Lycopersicum (fig. 15) et Cyphomandra.
3° Une différenciation cellulaire commune à de nombreux genres. Ex.: cellules à parois épaissies, sinueuses et plus ou moins cérébroïdes, dans la plupart des genres.
On peut se demander, s'il existe des termes de transition permettant d'entrevoir une évolution de la différenciation cellulaire, depuis le type général de la famille jusqu'aux types les plus aberrants.
De l'étude à laquelle nous nous sommes livré, il ressort:
1° Que tous les genres à embryon courbe forment un groupe relativement homogène, dans lequel les genres se trouvent reliés les uns aux autres par des