INTRODUCTION
Depuis que Pasteur à montré que la fermentation est corrélative de la vie, qu’elle est l'œuvre d’êtres vivants, infiniments petits,la pathologie est entrée dans une voie nouvelle.
L'origine des maladies virulentes s’est expliquée par l’acüon des microbes pathogènes, et il est inutile de rappeler les résultats admirables obtenus en utilisant ces virus atténués au traitement de ces maladies.
Issue des grands travaux de Pasteur, la théorie des vaccins figurés a fait des progrès rapides et fourni à la thérapeutique des moyens d'action très puissants.
Dès 1887, M. Charrin, dans une note déposée par le professeur Bouchard sur le bureau de l’Académie des Sciences le 25 octobre 1887, annonçait la possibilité de vacciner, c’est-àdire de rendre la résistance à l’action des microbes pathogènes plus ou moins complète, en injectant, au préalable, non plus des germes atténués, mais les produits solubles fournis par les cultures.
Dans cette note, M. Charrin écrivait : « Débarrassons-nous du bacille par la filtration ct la chaleur à 115°, assurons-nous par la culture que le liquide obtenu est stérile et injectons ce liquide sous la peau par doses fractionnées de 6 à 8 centimètres cubes renouvelés tous les 3 à 5 jours, six, huit, dix fois, technique qui, d’ailleurs, n’a rien d'immuable. Pendant ces injections et les premiers jours qui suivent les lapins paraissent bien porlants ».
« Si alors nous inoculons les animaux préparés de la sorte
OU
et des animaux témoins par voie intra-veineuse et avec la
même dose virulente, les animaux témoins, comme précédemment, mourront, en général, en deux à cinq jours ; {an- Re dis que les animaux qui auront reçu les matières solubles au- | ront une survie dont la moyenne a été pour onze expériences, de cinquante et un jours; la plus courte a été de vingt et un jours... »
La conclusion était la suivante: « Ce qu’on peut dire en s'en tenant strictement aux faits, c’est que, dans les conditions indiquées, 2/7 est possible d'augmenter la résistance du lapin à un microbe déterminé, de rendre cette résistance plus
.ou moins complète et durable, soit en inoculant au préalable
ce microbe par une autre voie, soit en injectant préalablement
les produits solubles des cultures ».
Il n’est certes pas possible d’être plus clair, plus explicite.
Nous insistons à dessein sur cette question, car on ne doit pas oublier qu’elle constitue la clef de voûte de l'édifice, la base de toute la méthode.
Roux et Chamberland confirmèrent par l’æœdème malin cette nouvelle méthode (1).
Des démonstrations analogues suivirent pour de nombreuses maladies infectieuses.
Ce sont ces produits de sécrétion des bactéries, ces toxines, qui servent aujourd'hui à obtenir l'état réfractaire.
Introduits dans l’organisme, elles s’éliminent, mais après avoir, au préalable, imprimé à la nutrition des modifications qui déterminent les éléments anatomiques à produire des substances bactéricides, ce sont elles qui provoquent l’apparition des substances dites bactéricides ou antitoxiques employées
aujourd'hui pour traiter la diphtérie ou le tétanos.
(1) Annales de l’Institut Pasteur, décembre 1887,