DU GOUVERNEMENT
Extrait du Journal complémentaire du Dictîonaire des
Sciences médicales.
Les phénomènes de la vie sont les divers états sous lesquels ae présentent les organes pendant son cours ; ce sont , en d’autres termes, les cliangemens dont ils sont susceptibles. Avant d’en faire l’analyse, indiquons-en rapidement les causes.
§. I. Causes des phénomènes de la vie. — Les causes des phénomènes de la vie sont plus ou moins intenses , subites et longues dans leur action. Elles peuvent être intermittentes ou continues , agir avec d’autres causes qui augmentent on neutralisent leur puissance ; elles peuvent être régulières ou anomales, habituelles ou extraordinaires, sympathiques ou idiopathiques ; directes , comme la contraction musculaire qui agit immédiatement sur les aponévroses ; indirectes, comme les affections cérébrales qui agissent sur le cœur ; permanentes ou non permanentes en même temps que leur effet '.
Les causes individuelles sont durables, les unes pour un temps, les autres pour toute la vie. Ainsi, les organes génitaux n’agissent qu’un certain temps sur l’économie , tandis
* La connaissance de celles-ci est fort importante pour la thérapeutique : c’est lorsque les causes sont permanentes qu’il faut les traiter ; dans le cas contraire, les causes sont nuUes pour l’emploi des moyens de traitement.
t[ue Pestomac, le cœur, les poumons agissent pendant tonte la dinée de l’existence j les unes sont intermittentes, comme raelion des sens sur le cerveau , celle du cerveau sur les muscles, et celle des muscles sur les tissus fibreux, les os, etc. ; les autres sont continuelles, comme l’action du cœur, qui n’olTre jamais que des rémittences assez légères. Il en est plusieurs qui agissent simultanément et forment alors un système de causes plus ou moins complexe ; ainsi un grand nombre d’agens concourent a la fois a l’expulsion des matières fécales, du fœtus, etc. Quelques-unes agissent directement par voie de continuité ou de contiguité, d autres agissent par les sympathies des organes.
Il est des causes individuelles matérielles de certains phénomènes de la vie, qui sont très-manifestes. La conformation et les propriétés physiques des organes sont les causes ^ évidentes de tous leurs pnénomènes physiques et mécaniques. La conformation , la structure , les propriétés des parties transparentes de Tœil déterminent le trajet de la lumière dans cet organe et les réfractions qu’elle y subit ; la conformation «du crâne, du thorax, du bassin, les propriétés des os qui les forment, des ligaraens qui les réunissent, déterminent le mode de résistance de toutes ces parties ; c’est la forme de Tarticulation du coude, k direction de ses surfaces, qui déterminent en grande partie la direction de ses mouvemens, etc.
Outre ces causes matérielles évidentes de certains phénomènes, il en est qui ne sont dus a aucune action ni extérieure ni intérieure appréciable, et qui uaissent spontanément, au moins en apparence, dans réconomie j telles sont certaines douleurs accidentelles , certaines sensations, certaines dégénérations qui se développent dans nos tissus sans qu’il soit possible d’en apercevoir la cause. Il est très-probable que c’est a des dispositions matérielles organiques, insensibles et inappréciables, que sont dus ces phénomènes en apparence spontanés ^ tels que certains tempe ramens , certains états maladifs qu’on appelle diathèses. Enfin , il est des dispositions matérielles, en partie appréciables et inappréciables , qui donnent naissance à certains phénomènes ; telles sont les constitutions diverses des âges , des sexes , des tempéramens , des diathèses, dont la disposition matérielle êst toujours partie manifeste , partie mystérieuse.
Ces divers états plus on moins patens de l’organisation sont les constitutions individuelles ) les phénomènes qui ert
dépendent sont constitutionnels et essentiels , comme ils sont en même temps simultanés. On peut les appeler simultanéités constitutionnelles et essentielles.
On a encore beaucoup d’exemples de phénomènes produits les uns par les autres. Je me bornerai a indiquer, eu général , tous ceux qui se succèdent dans une série d’organes coiuinus , comme les actes de la digestion , de la circulation, etc. Les phénomènes producteurs , dans ces cas , sont des causes individuelles actives.
Beaucoup d’agens extérieurs déterminent aussi des changemens dans l’économie. Toutes les sensations physiques, par exemple, résultent de l’action de ces derniers.
Mon intention n’est pas de m’arrêter sur toutes ces causes ; je ne 'mulais que les indiquer.
§. IL Phénomènes de la vie. — Les phénomènes de la vie diffèrent entre eux selon leur siège, leur simultanéité , leur rareté, leur fréquence, leur intensité , leur force , leur facilité, la peine ou ragrément qu’ils procurent, selon les résultats de continuité, de contiguité, ou de sympathie dont ils peuvent être la cause, selon leur nature simple ou complexe , et selon les rapports qu’ils ont avec leurs causes, les différences que ces causes peuv'ent présenter dans leur caractère de force, de durée, etc. Pour le moment, je ne parierai que de leur nature.
Nature des phénomènes de la vie. — Ces phénomènes sont les uns simples , les autres complexes.
Il n’est peut-être aucun phénomène qui ne consiste que dans un seul et même changement , et où il n’y ait qu’un effet de produit; mais nous devons considérer comme tels ceux que nous n’avons pu analyser et décomposer en plusieurs phénomènes plus simples, dont l’effet complexe serait le résultat. Ainsi, un organe sécrète un fluide; nous ne connaissons pas les effets qui se passent dans lâ sécrétion : ce phénomène, pour nous, reste simple, quoiqu’il soit très-probablement composé.
Phénomènes composés. — Les phénomènes les plus composés de l’économie vivante chez l’homme , sont : l’aperception ; 2® la locomotion ; 3® l’expression vocale ; 4** digestion ; 5® la respiration ; 6“ la circulation ; -j® la nutrition 5 8® la génération ; 9® la chute des dents ; 1 o® la chute des parties épidermiques ; ajoutons y encore, 1 1® le relâchemenl des tissus J 12" i’inÛammalion j i5° la cicatrisation. Ces trois dei-
iiiers sont des pliénomènes morbides qui ne rentrent dans aucun des précédens , mais qui , cependant , comme nous le verrons, se réduisent, en dernière analyse, aux mêmes effets élémentaires.
A la perception se rapportent, i® la sensation ; ce n’est que l’impression reçue par nos parties , et les modifications puysiques que certains excitans subissent dans Torgane de la sensation avant d’agir ÿ 2° la transmission de la sensation ; 3® la perception de la sensation actuelle; 4** le jugement. Il faut y rapporter, pour d’autres cas, la perception de souvenirs, d’imaginations, et d’un jugement sur ces souvenirs et ces imaginations; et, pour d’autres cas encore, la perception d’une passion , d’une émotion de l’ame.
Tous ces phénomènes , excepté les modifications physiques des excitans , sont vitaux.
La locomotion se compose : i” de la transmission vitale des voûtions du cerveau aux muscles par les nerfs ; 2° de la contraction vitale de ceux-ci ; 3° de la tension mécanique des parties fibreuses qui les unissent aux os ; 4® résistance immobile ou du mouvement mécanique de ceux-ci et de toutes leurs parties articulaires, selon que l’effet des muscles est ou n’est pas suivi de mouvement.
C’est encore aux phénomènes de mouvement qu’il faut rapporter, 1° les déplacemens des os de la face, lentement opérés par la force distensive d’un polype nasal , et que l’on réduit à des résistçuices et a des mouvemens mécaniques insensibles des parties que ce polype dilate et sépare ; 2® les contractions involontaires àu cœur, des intestins, etc.; contractions lentes, les expansions de certaines parties, qui sont autant d’actes vitaux ; 3° les résistances, les distensions mécaniques, les retours élastiques , les raccornissemens , les commotions , tous les mouvemens communiqués aux parties par une force étrangère , toutes les solutions de continuité ( sections , ruptures, briseraens, déchirures), et tous les déplacemens qui peuvent en être la suite : phénomènes qui sont tous physiques ou mécaniques.
L’expression vocale se compose des phénomènes vocaux du larynx, et des modifications des sons dans le pharynx , les fosses nasales et la bouche.
Aux phénomènes du larynx se rapportent, i® la contraction vitale des muscles de la glotte ; 2® le brisement de l’air contre
les lèvres de celle-ci, leurs v ibrations et celles de Pair, qui sont des phénomènes mécaniques et physiques.
Aux modifications sonores qui ont lieu au-del'a du larynx , se rapportent , i“ la propagation physique dans le pharynx , Tisthme du gosier, la bouche , les fosses nasales et leurs dépendances, des sous du larynx ; 2“ les modifications physiques qu’ils y éprouvent, que ces parties restent immobiles ou qu’elles entrent en action; 3° les mouvemens de ces organes, qui sont des contractions vitales.
A la digestion se rapportent, 1° la faim et la soif; 2° la préhension des alimens et des boissons ; 3“ la mastication des premiers ; 4° déglutition ; 5° la digestion ; 6° l’intestination; 7” la défécation.
La faim et la soif sont deux sortes de sensations , et par conséquent des phénomènes vitaux.
La préhension des alimens est un phénomène de locomotion qu’on ramène, comme ceux de la locomotion , à des contractions , a des résistances mécaniques , et a des mouvemens communiqués.
La mastication est la suite , 1® des contractions vitales des muscles masticateurs, de celles des lèvres, des joues et du plancher de la bouche, qui retiennent ou repoussent les alimens sous les dents ; 2*’ des mouvemens communiqués des mâchoires ; 3" de leur résistance mécanique, et de celle des alimens ; 4“ des sécrétions salivaires et folliculaires de la bouche augmentées, de la gustation, d’un grand nombre de contractions qui la favorisent, et d’une sécrétion exhalatoire, qui sont autant de phénomènes vitaux.
La déglutition se compose, 1“ du rapprochement des mâclioires : c’est un phénomène de locomotion ; 2“ des contractions des lèvres , des joues , de la langue , de l’isthme du gosier, de celles du pharynx et de l’œsophage, de l’augmentation des sécrétions du pharynx et de rœsophage : ce sont des actions vitales ; 3® des mouvemens communiqués au larynx , à l’épiglotte, aux parties voisines, de la résistance des alimens, de leur progression â travers le pharynx et l’œsophage , et des dilatations qu’ils font éprouver aux parties dans lesquelles ils pénètrent : ce sont autant d’effets mécaniques.
A la digestion se rapportent tous les phénomènes qui se passent dans restomac: 1° l’entrée des alimens et des boissons ^ dans cet organe, sou extension, ses légers cliangemens de giluatiojQ et de directiou qui sont des phénomènes mécaniques ;
2° l’excitation plus ou moins sensible que Torgane éprouve , ses sécrétions et peut-être ses conlractions devenues plus actives, qui sont des phénomènes vitaux 5 3" les actions chimiques des matières dans l’estomac, d’où resuite le chyme; 4* la résistance et la progression mécaniques des alimens à travers le pylore, sous l’influence des contractions du viscère.
SJinteslination comprend les phénomènes qui se passent dans tous les intestins ; des contractions vitales qui agissent sur les matières contenues; 2° des résistances,^ des mquveinens de progression de la part de ces matières , des dilatations qu’elles font éprouver aux parties des intestins ou elles pénètrent : ce sont tous des phénomènes mécaniques ; 3“ des sécrétions biliaire, pancréatique et intestinale augmentées: ce sont des phénomènes vitaux ; 4*" ^i^s actions moléculaires de la part des matières en contact ; d’où résultent le chyle, la matière excrémentilielle, des liquides et des gaz : ce sont des phénomènes chimiques; 5“ l’absorption du chyle , et, en même temps, des sensations intérieures plus ou moins distinctes, enfin, le besoin d’aller a la selle : ce sont des phénomènes vitaux.
La défécation , acte très-composé, résulte, 1° des contractions des muscles abdominaux, et peut-être de la contraction augmentée du gros intestin , qui sont des phénomènes vitaux ; 2° de la distension des intestins par les matières contenues, de leur résistance , de celle du diaphragme appuyé sur les poumons , de celle des poumons soutenus par l’air qui les remplit , de celle de l’air Ini-même appuyé sur la glotte contractée ‘ ; enfin, de la dilatation du sphincter et de l expulsion des excrémens, qui sont autant de phénomènes mécaniques , à l’exception de la contraction vitale de la glotte.
A la respiration , se rapportent le besoin de respirer , l’inspîralion de Tair, l’action réciproque de l’air et du sang dans les poumons, et l’expiration du premier.
Le besoin de respirer est une sensation, et par conséquent un phénomène vital.
L’inspiration se compose de l’augmentation transversale,
verticale, et d’avant en arrière, de la capacité du thorax. Ce
mouvement est dû, i°à la contraction vitale du diaphragme
et de beaucoup de muscles extérieurs aux côtes ; 2® aux
mouvemens mécaniques de celles-ci et du sternum, a la di- »
‘ Voyeï rt'XGf'lîenl Mémoire de M. Eourdon sur la resplralioo, ete.
îatatioii, probablement mécanique, des poumons par l’entrée de r air, que sa pesanteur y précipite : le mouvement des côtes est le résultat de leur élévation et de leur rotation ; celui du sternum , de son élévation et de sa projection en avant , surtout par son appendice.
L’action réciproque de l’air et du sang est fort peu connue. Nous savons cependant , i” que l’air expiré est chargé de plus de carbone que celui de riiispiralion ; 2° que le sang est plus chaud , d’un rouge plus vif, d’une odeur plus forte , d’une pesanteur plus grande, qu’il a moins de capacité pour le calorique, et contient moins de sérosité après avoir reçu l’influence de l’air dans les poumons.
L’expiration se compose de phénomènes inverses a ceux de l’inspiration. La poitrine dilatée se rétrécit par des contractions vitales ou par l’élasticité de ses parties. La toux, le soupir , le hoquet , etc. , sont des phénomènes momentanés et accidentels de la respiration et de l’expression vocale, dont tous les élémens se rapportent à ceux de ces fonctions.
La circulation , qui consiste dans le transport du sang des poumons à tous les organes par les cavités gauches du cœur, et de tous les organes aux poumons par les cavités droites de ce viscère, se compose, 1” des contractions des organes circulatoires, qui ont à la fois lieu, dans les vaisseaux, par un retour élastique de leurs parois et par leur contraction 'vitale lente^ et , dans le cœur, par une contraction vitale subite ; 2® de la résistance du sang , de son reflux , de sa progression , qui sont tous des phénomènes mécaniques ; 3® du redressement des valvules par le reflux du sang , de leur résistance, de la dilatation des organes circulatoires, et de leur résistance, qui est toute mécanique, au moins dans les vaisseaux sensibles; vitale, et peut-être en partie mécanique dans le cœur, sous l’effort extensif du sang.
A la nutrition se rapportent , 1” le mouvement habituel de composition de nos parties ; 2” le mouvement opposé de décomposition ; 3° l’accroissement total ou partiel de l’individu j 4° l’atrophie; 5® les ulcérations spontanées, 6" les dégénéralions variées de nos tissus, qui sont tous des phénomènes vitaux.
La génération se compose , i® de la période de l’amour et du besoin physique; 2® de la copulation ; 3® de la gestation ; 4* de l’accouchemcnt ; 5® de l’alaitement ; 6® de l’amour des pareils.
Uamour et le besoin physique sont des phénomènes vitaux.
Dans l’homme, la copulation résulte, de l’érection de la verge qui provient d’une expansion vitale, de compressions mécaniques , momentanées , et plus ou moins soutenues , exercées par les contractions des muscles bulbo et ischio caverneux sur la verge et le sang qui la remplit 5 2^^ de l’accouplement et de riniromission de la verge avec mouvemens répétés qui appartiennent à la locomotion, s’accompagnent de sensations voluptueuses et de convulsions de plaisir ; enfin , de l’éjaculation que la volupté procure : celle-ci résulte elle-même d’une action primitive inconnue, au moins en partie , qui porte le sperme dans l’urètre, et puis de la contraction vitale et convulsive des bulbo-ischio- caverneux , des releveurs de l’anus , et de la progression saccadée du fluide séminal dans le vagin , l’utérus , et peut-être les trompes par un mécanisme encore bien mystérieux.
Dans la femme, la copulation se compose aussi, de l’accouplement, des sentimens et des mouvemens voluptueux qui ne sont, en dernière analyse, que des sensations perçues et des contractions volontaires*, de la fécondation, qui lui est particulière, et consiste dans l’animation du germe , qui est incounii dans ses phénomènes élémentaires , et paraît être le résultat composé d’uu contact fécondant et d’une animation consécutive,
A la gestation se rapportent, l’union vitale et intime du germe fécondé a la surface interne de l’utérus, ou accidentellement a quelque autre organe, phénomène analogue à la cicatrisation * 2^^ l’absence habituelle des règles, l’accroissement de Tulérus qui est un singulier phénomène de nutrition , et tous les goûts , les sentimens et les accidens bizarres des femmes enceintes, qui se rapportent aux phénomènes habituels de la vie, dont ils ne sont que des modifications ; 3^^ les phénomènes du fœtus, parmi lesquels nous n’en connaissons pas d’une nature particulière.
L’accouchement consiste : dans les douleurs habituelles
de l’enfantement , dans les efforts musculaires de la mère pour l’expulsion du fœtus, dans les contractions convulsives de l’utérus , phénomènes que l’on ramène k des sensations perçues et a des contractions vitales ; 2^ dans la pression de la poche des eaux , sa saillie , sa rupture , l’écoulement des phénomènes mécaniques 3 dans son mélange avec les
humeurs du vagin , phénomène chimique ; dans la compression que le fœtus éprouve, dans sa progression mécanique à travers des parties qu’il a rompues, a travers d’autres qu’il dilate et qui le compriuieni ; dans les changemens de direction qu’il subit jusqu’à son issue , soit par la torsion et la rotation de ses parties, soit par leurs iuliexions qui sont autant d’effets mécaniques , 3"^ dans ia séparation du placenta, phénomène qui résulte , et de lu coutrAction de la matrice , et très-probablement de la mort préalable des liens organiques du placenta à l’utérus -, 4^ dans celle de répichorion et du cordon qui est une sorte de sphacèle ; 5*^ dans les lochies, auxquelles se rapportent les sensations , la calorification , les sécrétions modifiées dans rutérus, en sorte que ces lochies ont plus d’un trait de ressemblance avec une inflammation et avec une sécrétion de pus.
A l’allaitement se rapportent : la fièvre de lait, qui est line modification des sensations, de la calorification , de la circulation, etc. , et n’offre aucun phénomène d’une nature particulière; 2* la sécrétion du lait, qui est un phénomène vital ; 3® la succion de l’enfant, qui est un phénomène mécanique , provenant du vide opéré par le nourrisson , de la compression de l’air sur la mamelle, sur le lait tout formé qu’elle contient, et probablement de la contraction des vaisseaux lactés.
L’amour des parens est une passion de l’ame et un phénomène vital.
Le relâchement de nos parties résulte de la diminution de leur cohésion , de leur élasticité et de leurs contractions lentes.
La chute des dents résulte de la mort des vaisseaux et nerfs qui s’y portent , en un mot, de tous les liens organiques par lesquels ces dents adhèrent aux alvéoles, de la disparition de celles ci par la nutrition , de la rétraction simultanée des gencives. La chute de l’épiderme, des poils, des bois du cerf, des plumes des oiseaux, du fourreau épidermitfue des serpens, de l’enveloppe extérieure des crustacés ou de l’insecte qui se métamorphose, etc. , résulte aussi de la mort des adhérences organiques par lesquelles ces parties restent fixées aux tissus sous-jaceiis, et d’une force mécanique par laquelle la séparation en est opérée.
L’inflammation résulte, comme tous les phénomènes circulatoires , de contractions, de dilatations vasculaires, de réjvistances de la part des vaisseaux et des fluides, de la pro-
pression de ceux-ci^ de certains autres phénomènes de douleur, de chaleur, en sorte que rinflamination est un effet trèscomposé , quoique son mécanisme soit encore enveloppé des ombres du mystère.
La cicatrisation est le résultat i® dhine sécrétion ; 2® de ranimation de son produit et de son adhésion intime, soit avec la surface libre cutanée ou muqueuse qui le sécrète, soit avec les deux surfaces contiguës entre lesquelles il est versé , soit avec les parties au milieu desquelles il est sécrété *. A ce phénomène se rapportent, par conséquent, la réunion d'une plaie, l’adhésion de deux surfaces séreuses, la formation da cal , etc.
Tels sont à peu près, je crois, tous les phénomènes simples auxquels on peut ramener lesefiets compliqués de l'économie. Je vais maintenant les examiner dans un ordre méthodique et d’une manière spéciale.
Je n’ai cité en particulier ni les sécrétions exhalatoires, folliculaires, glandulaires, etc., ni la calorification, ni la résistance vitale de nos élémens organiques, parce qu'ils sont pour nous autant de phénomènes simples, puisque nous n'avons sur eux la connaissance d’aucun effet secondaire positif.
Phénomènes simples, — Ces phénomènes se séparent naturellement en quatre ordres : ils sont vitaux, mécaniques, physiques ou chimiques.
Phénomènes vitaux. — Ces phénomènes 1° ne s'observent que dans les corps vivans , comme la résistance que ceux-ci opposent aux forces physiques qui tendent a en séparer les élémens ; 2® ils peuvent être développés dans ces corps par des actions qui ne sauraient les développer dans aucun des corps inertes, comme l’inflammation locale produite par l'application de la chaleur a une partie; 3® d’autres fois ils s’v manifestent spontanément, comme les mouvemens volontaires, tandis que cela n'arrive jamais dans les corps inertes ; 4*" sont variables sous des influences inappréciables : ainsi nos impressions changent d’un jour a l’autre, sans cause connue; 5® enfin, ils sont rarement assez réguliers pour que la loi à laquelle ils obéissent puisse être exprimée par le calcul ; en effet, les impressions s’émoussent ou deviennent plus vives, les mouvemens s’affaiblissent ou deviennent plus énergiques, sans aucun ordre numérique ni calculable dans les accroissemens ou les
‘ L'assimilai ion parait pouToir se réduire aux mêmes élémens»