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calculables que l^on peut observer dans les caractères d’un ou de plusieurs phénomènes. L’enfant dort successivement vingt, dix-huit, quinze, douze heures par jour, à mesure qu’il avance en âge j l’adulte dort de sept à huit heures. Ces moyennes-de la durée du sommeil en sont les lois aux différens âges. La moyenne du nombre des inspirations et des expirations de l’air, des contractions du cœur , etc. , etc. , aux différens âges , la réapparition régulière des accès de fièvres intermittentes, la moyenne des succès du quinquina dans ces fièvres , des succès du mercure dans la syphilis, sont autant de lois réelles calculables, et d’ailleurs variables comme tout ce qui dépend de la vie.
Voyons maintenant des lois incalculables, et cependant sensibles et manifestes.
Nos sensations tantôt s’émoussent , tantôt deviennent graduellement plus vives par l’exercice. ( Voyez page i3 ).
Notre entendement éprouve avec l’âge des changemens successifs et prévus ; l’imagination domine jusqu’à Tadolescence, mais alors le jugement devenant plus actif et plus 1 sévère, finit par étouffer ou diriger les élans et les inspira- I tion de la première. L’habitude donne graduellement plus I d’adresse à nos mouvemens volontaires, et nous n’apprenons I qu’avec le temps à balbutier les premiers mots de nos lan- ; gués, etc., etc. Toutes ces modifications régulières et gra^ 1 duelles sont des lois incalculables.
I En attribuant au mot loi l’idée d’une règle observable,
; sinon calculable, dans l’exercice des phénomènes de la vie , i c’est indiquer un genre de caractère distinct et cependant peu ; remarqué dans les édites vivans , et en fixer le sens par un mot j qui n’en a pas de déterminé en physiologie ; c’est enfin l’em- ' ployer dans le même sens qu’on l’emploie généralement en i physique. En effet , on ne l’applique ici qu’à la règle obser- I vable dans les phénomènes de la nature ; ainsi la loi de la I chute des graves est la règle calculable qu’ils suivent dans les i espaces qu’ils parcourent , dans un temps donné.
Dans les sciences de la structure de la matière , la loi est I encore une règle, car c’est la disposition réglée ou régulière,
I appréciable dans la structure des corps , des cristaux par ! exemple.
Il suit de 'ces réflexions, qu’on abuse de cette expression lorsqu’on dit que le consensus établi entre nos organes est une loi : ce n’est qu’un fait harmonique ou sympathique. Une ir-
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ritaûon amène une phlogose , c’est un fait produit par une cause connue. L’ordre de développement de chaque phénomène de la phlogose est la loi de leur développement.
Art. 2. Quant aux propriétés vitales, l’esprit doit et ne peut arriver directement a leur connaissance que par celle des phénomènes. Lorsque nous les vouions connaître, recherchons donc quels sont les phénomènes de l’être vivant, et que ces propriétés ne soient que des déductions d’observations positives. Ne jugeons de leur nature que par la diversité patente de l’essence des phénomènes , et ces propriétés offriront - alors la réflexion fidèle de ceux dont elles seront déduites.
Ainsi, par conséquent, concevons autant de propriétés diverses dans l’être vivant qu’il y a de phénomènes de nature différente; que par exemple les facultés de sentir , de se con-r tracter, d’absorber, de sécréter soient autant de facultés ou de propriétés distinctes pour nous, parce que les phénomènes dont elles sont déduites n’ont pas la moindre ressemblance dans leur nature.
Concevons en outre CQmmQ facultés complexes toutes celles qui sont déduites d’un phénomène composé ou de facultés plus simples, et ne rejetons pas la digestibilité ou la faculté de digérer, du nombre des propriétés de la vie , car ce serait nier que des êtres vivans puissent digérer; mais classons-la dans les propriétés complexes.
Concevons an contraire comme facultés simples celles qui sont déduites d’un phénomène simple pour nous, telle sera la contractilité, car elle est déduite des contractions dont nos organes sont susceptibles, et ces contractions, en effet, sont des phénomènes simples qu’il faut isoler, par l’analyse, de l’action des nerfs et des autres causes qui les déterminent. Autrement, ce serait confondre la cause et l’effet sous une même dénomination.
Mais si , au lieu d’en appeler aux faits dans la déduction des propriétés , on s’égarait dans des suppositions hasardées , ces suppositions enfanteraient des suppositions, et les propriétés seraient incertaines comme elles , et le plus souvent erronées.
Art. 3. Les causes des phénomènes de la vie ne sont que des phénomènes, on les nomme causes relativement à ceux qu’ils produisent. Ces expressions sont donc toujours relatives, puisqu’elles indiquent la relation d'un phénomène producteur avec un autre qui en est le résultat. Puisque les causes ne sont au fond que des phénomènes, il s’en suit qu’elles dpi: vent revêtir les mêmes caractères que ces derniers , et qu’il
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faut encore examiner chez elles ces caractères, avec soin, Jorsqu^on veut faire une étude approfondie des phénomènes qu’elles produisent.
Quoi qu’il en soit, disons d’où viennent les causes qui peuvent agir sur nous.
Elles proviennent : tantôt de nous-mêmes, et sont des causes indwidueUes ; 2" tantôt de l’extérieur, et sont des causes extérieures.
Les causes individuelles résultent elles-mêmes, soit delà disposition matérielle ou structure de l’individu , et je les nomme causes matérielles ^ soit de ses phénomènes, et je les nomme causes actives. Ces causes agissent, tantôt, par la continuité des organes où elles se développent , comme le nerf excité qui en transmet l’impression au cerveau, par sa continuité avec cet organe ; tantôt, par la continuité des parties où elles apparaissent, comme les mouvemens du cœur qui le font heurter le côté gauche de la poitrine , par la contiguïté de cet organe avec ce côté ; tantôt , par sympathie y c’est-k-dire sans moyen intermédiaire matériel connu, comme l’action des organes génitaux sur le larynx , surtout au moment de leur développement, k la puberté* tantôt enfin les causes paraissent provenir de la constitution entière et sont constitutionnelles : telles sont celles des affections scorbutiques , rhumatismales , etc.
D’une autre part, enfin, les causes agissent tantôt direclej ment et immédiatement , tantôt indirectement et médiatement.
1 Art. 4* Les infl.uences sont les actions qui* modifient i les phénomènes ordinaires de la vie ou en produisent d’accii dentels, tandis que les causes mêmes ne donnent lieu qu’aux
I effets qui la caractérisent habituellement. Les influences sont comme les causes , des relations abstraites. C’est en effet le rapport que l’esprit saisit entre ce qui influence et les ré-
j sultats qui en sont la suite. Elles ont les mêmes caractères
II et naissent des mêmes sources générales que les causes. Leur l( histoire devrait toujours suivre celle des fonctions dans un
I ouvrage de physiologie.
i Art. 5. Les effets des phénomènes de la vie ne sont eux- \\ mêmes que des phénomènes considérés par rapport k celui i| qui les a produits. Ainsi ce ne sont encore que des relations,
II et comme phénomènes ils en possèdent tous les caractères. Il Il est utile de les examiner lorsqu’on étudie spécialement le It phénomène qui les produit.
I De même que les causes de nos phénomènes peuvent venir
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de rindividu ou du dehors, de même les effets peuvent se passer en nous-mêmes ou au dehors , et parce que leurs causes peuvent agir par continuité, par contiguité, par sympathie ou par toute la constitution du sujet , ils peuvent être le résultat de quatre genres de causes différentes.
Art. 6. Les usages des phénomènes ou les fonctions qu’ils remplissent se conçoivent d’après leurs résultats. C’est donc l'a qu’il faut aller apprendre 'a les connaître. Ce ne sont encore ici , que des relations idéales analogues à celles des propriétés vitales. Et de même qu’il y a des facultés simples, de même aussi nous concevons Aes fonctions simples (ce sont celles que remplit un phénomène simple et unique ) et des fonctions composées ( ce sont celles qui sont exécutées par un ou plusieurs phénomènes simples ou complexes. )
Art. 7. Les différences des phénomènes de la vie correspondent 'a des circonstances que l’on peut déterminer et indiquer jusqu’à un certain point, telles sont celles des sexes, des âges, des tempéramens, de certaines idiosyncrasies, des maladies, de certaines diathèses, telles sont enfin les circonstances extérieures au milieu desquelles on peut se trouver.
Je finis et je me résume sur celte introduction. J’ai cherché à caractériser la physiologie et à en distinguer l’hygiologie trop souvent confondue avec elle. J’ai parlé de Tart d’étudier la physiologie, j’en ai discuté les principes, et pénétrant plus avant dans les détails, j’ai appliqué a l’étude des phénomènes de la vie une méthode générale que j'ai employée , maintes et maintes fois à l’examen de toutes sortes de phénomènes de la nature, pour avoir consacré beaucoup d’instans et de réflexions à Vart étudier. Je me trouverais trop heureux si , après tant de méditations, trois méthodes universelles d'étude^ auxquelles je crois avoir enfin ramené naturellement Jous fis objets dont l’esprit humain peut s'occuper, pouvaient être réellement utiles , et devenir un jour classiques dans l’étude et l’enseignement.