SYPHILIS ACQUISE
La syphilis acquise entraine parfois des lésions osseuses dont les plus fréquentes sont Iles périostitesvet les gommes ; plus rares sont les ostéo-arthrites.
La périostite syphilitique se traduit par
— un élargissement du contour osseux,
—— un périoste soulevé et bosselé,
— un épaississement de la corticale, qui tend à rétrécir la médullaire.
Ces lésions atteignent les diaphyses, les épiphyses, mais respectent les surfaces articulaires.
Leur siège le plus fréquent est la face interne et la crête du tibia, où elles peuvent réaliser le tibia en lame de sabre à conca-
vité externe au tiers supérieur.
L’ostéomyélile syphililique est un aspect que l’on ne rencontre que rarement et qui est réalisé par un mélange de périostite et de gomme, donnant une infiltration diffuse à forme destructive. Elle s’accompagne de petits séquestres.
A la voûte cranienne cette périostite peut siéger sur la table interne ou externe donnant un élargissement opaque de celle-ci ; elle peut également s'accompagner d’exostoses.
Dans d’autres cas, cette périostite peut se réduire à une mince bande opaque périostée.
Les gommes syphilitiques donnent
Des plages claires ovalaires ou rondes, qui s'étendent vers la périphérie et produisent une ossification périostée, qui sera refoulée ou envahie. Leur siège d’élection est le tiers proximal de la face dorsale de la corticale du cubitus, ainsi que le deuxième métatarsien. Elles peuvent atteindre également les os du nez, la voûte du palais, les maxillaires, la voûte du crâne. Cette dernière localisation se traduit par une zone claire arrondie repoussant la table externe cranienne. Parfois la perforation est totale, et s’accompagne de production de séquestre.
Enfin ii faut rappeler que le Pian peut donner des lésions en
tous points semblables à celles de la syphilis.
Ostéites
OSTÉOMYÉLITE
Radiologiquement, il s’agit de signes tardifs qui n'apparaissent qu’à la troisième semaine. On peut cependant décrire différentes phases évolutives.
À la phase de congestion, la transparence de l’os est augmentée avec diminution et élargissement des aréoles du tissu spongieux.
Puis apparaissent de petites plages claires sans structure, donnant un aspect vermoulu, finement rongé, qui confluent en des taches plus grandes à limites floues. Cette phase de suppuration peut s’accompagner encore d’un soulèvement du périoste en fuseau sombre, dont le bord est parfois irrégulier, bosselé, tandis que la corticale est élargie, plus opaque par place.
La phase de nécrose se marque avec les mêmes signes périostés et corticaux, par l’apparition et la délimitation progressive du séquestre dont la structure est :
— normale s’il s’agit d’ostéite nécrosante d’emblée ;
— raréfiée ou plus rarement condensée, ou mixte si cette nécrose est secondaire à une suppuration.
L'évolution radiologique permet d’envisager
— la guérison, mais l’architecture osseuse reste irrégulière, avec des ossifications périostées périphériques,
—— une arthrite purulente,
— un décollement épiphysaire,
—— une fracture spontanée.
___ un raccourcissement par atteinte du cartilage conjugal chez l'enfant ; mais surtout le passage à la chronicité. On observe
-— parfois un raccourcissement,
un élargissement de l'os,
__ une diminution de la transparence,
-— le périoste est bosselé avec des exostoses, des épines,
-— la corticale est hypertrophiée avec des lamelles irrégulières opaques limitant des plages claires lacunaires,
—— la médullaire peut être le siège de plages claires, entourées d'une mince bande opaque ; on peut y trouver également des séquestres lamellaires.
L'évolution se fait vers l'élimination des séquestres ; la guérison possible sera suivie d’épaississements osseux opaques avec structure irrégulière parsemée de plages claires.
L’ostéomyélite se localise le plus souvent
aux épiphyses chez le nourrisson,
aux métaphyses chez l’adolescent, avec extension plutôt diaphysaire.
Par ordre de fréquence les os les plus souvent atteints sont fémur, tibia, humérus, radius, phalanges, maxillaire acromion, crête iliaque, ischion, pubis, vertèbres (corps avec postérieur), calcanéum (au niveau du point complémentaire postérieur).
Parmi les formes cliniques il faut individualiser :
— l’ostéo-périostite albumineuse ou séreuse qui reste superficielle.
Les formes vertébrales qui entraînent :
— soit de larges pertes de substance,
— soit des proliférations périostiques intenses,
— soit l’association des deux processus réparateur et destructeur.
Mais bien souvent les lésions sont atypiques — les formes suivant le germe.
Le staphylocoque est celui le plus souvent retrouvé dans ces suppurations osseuses.
Le streptocoque se caractériserait par un minimum de nécrose et de séquestration, mais donnerait souvent des décollements épiphysaires, des arthrites purulentes.
Le preumocoque entraîne souvent des arthrites, mais rarement d’abcès sous-périosté, de nécrose ou de séquestre.
Les anaréobies sont le plus souvent secondaires, quelquefois primitifs. Ils se caractérisent par
— des plages claires, nettes, gazeuses, sous-périostées, médullaires ou dans les parties molles,
— la formation de séquestre,
— la fréquence relative des fractures.
La lèpre donne une ostéomyélite à siège épiphysaire s'étendant vers la diaphyse tandis que l’épiphyse est respectée. Elle se traduit surtout par un éclaircissement à limites floues, qui siège le plus souvent : au tibia, aux phalanges, aux os du crâne, excep-
tionnellement au maxillaire.
OSTÉITE DES PHALANGES
Le plus souvent l’ostéite atteint la troisième phalange.
Les ostéites primitives sont rares, elles respectent l’épiphyse ct produisent un séquestre.
Les ostéites secondaires sont les plus fréquentes.
Radiologiquement elles donnent
— une augmentation de la transparence,
— un périoste irrégulier avec de petites épines,
— des plages claires médullaires,
— un séquestre qui reste opaque.
De plus elles produisent une nécrose
— soit totale, s’accompagnant alors d’arthrite,
— soit partielle : de la pointe, d’une face latérale de l’épiphyse,
— soit subtotale : l’épiphyse basale est conservée et avec elle l'insertion du fléchisseur profond des doigts.
Dans ces deux derniers cas, une régénération est possible el
sé produira en trois à six semaines,
= On —
OSTÉITE TYPHIQUE
Les ostéites typhiques apparaissent le plus souvent à la convalescence, mais exceptionnellement la période de latence a dépasse 10 ans.
Radiologiquement on constate
— soit une opacification avec élargissement de tout l'os,
— soit un élargissement limité de la corticale ou des exostoses ct rarement un séquestre mince et superficiel.
La suppuration est l’évolution la plus fréquente. Ces ostéites siègent :
— à la diaphyse chez l’adulte,
— à l’épiphyse chez l'enfant.
Les os atteints le plus souvent sont : le tibia, le fémur, les côtes (à l’union de l’os et du cartilage), la clavicule, le sternum, les phalanges.
Les vertèbres : la localisation la plus fréquente est alors dorsolombaire et se traduit par
—— la diminution ou la disparition d’un ou plusieurs disques,
-- l’opacification des vertèbres atteintes et des tissus péri-vertébraux par un réticilum irrégulier, grisâtre, qui enveloppe à la manière d’une toile d’araignée la tige osseuse, masquant en particulier vertèbres et disques,
— des ostéophytes.
La guérison surviendrait sans ankylose vertébrale.
OSTÉITE GONOCOCCIQUE
Le plus souvent ce sont des exostoses qui siègent
— à la face inférieure du calcanéum, le plus souvent à la tubérosité interne,
— à la rotule, aux malléoles péronière ou tibiale,
- à l’épitrochlée,
— à l'extrémité interne de la clavicule;
— aux métacarpiens, aux métatarsiens, au grand os.
Parfois on verrait une ostéo-périostite hypertrophiante. OSTÉITE MORVEUSE L’ostéite morveuse se localise le plus souvent aux parois des fosses nasales. Quelquefois, elle peut atteindre le tibia, le crâne.
OSTÉITE DES NACRIERS
Chez les adolescents travaillant la nacre, on a observé une ostéopériostite subaiguë qui se traduit radiologiquement par
— un élargissement diaphysaire,
avec gaîne d’opacification périostée en fuseau et élargissement de la corticale.
Passé la poussée initiale, cette ostépériostite persiste mais reste indolente.
Elle siège au niveau de la métaphyse, et le plus souvent aux
os longs : radius, cubitus.
PHOSPHORISME OSSEUX
L’intoxication phosphorée lente peut entraîner des lésions osseuses siégeant aux maxillaires et plus souvent au maxillaire inférieur ; ces lésions semblent secondaires à une carie dentaire.
Radiologiquement, elles se caractérisent par :
-—— un élargissement osseux, |
— une augmentation de la densité osseuse, avec nécrose lente et progressive,
—— des ossifications périostées lamellaires,
— des ostéophytes,
—— un séquestre déchiqueté.
Le processus réparateur peut former parfois une véritable gout-
tière moulée sur le séquestre.
MYCOSES
Les mycoses donneraient les signes radiologiques suivants
— une morphologie le plus souvent normale ; quelquefois une légère incurvation, un petit tassement,
— le périoste est parfois épaissi avec des ostéophytes,
— dans le tissu spongieux, une plage claire, bien limitée et entourée d’une bande opaque.
La localisation la plus fréquente se fait aux corps vertébraux, mais on peut en trouver aussi dans tout le squelette.
L’actinomycose se traduit par
— la formation d’une plage claire à point de départ externe qui envahit progressivement et de proche en proche le tissu compact, puis le tissu spongieux, sans qu’il se produise à aucun moment de modification périphérique. C’est une zone claire, irrégulière, à limites floues, pouvant contenir de petits séquestres.
L'évolution en est très lente, peu extensive.
Les localisations les plus fréquentes sont
— le maxillaire, les côtes, le sternum, le rachis, où il n’y a jamais d’effondrement, |
— les os des membres.
Les mycétones ou mycose des extrémités inférieures atteignent les métatarsiens, les os du tarse donnant radiologiquement
— une morphologie normale,
— une transparence augmentée,
— des plages claires, arrondies, à bords nets comme frappés
à l’emporte-pièce, de siège périphérique ou central.
SPOROTRICHOSES
Les sporotrichoses peuvent déterminer toutes les lésions asseuses rappelant : soit la syphilis, soit la tuberculose, et même dans
certains cas le rhumatisme déformant.
On peut voir :
-— des périostites,
— des ostéites hypertrophiantes diffuses ou circonscrites,
— des ostéites suppurées,
— des ostéo-arthrites.
L'évolution est lente, vers l’ulcération, en plusieurs années. Le siège électif serait le tibia.
| Spondylites
Au cours du typhus exanthématique et de la fièvre récurrente on a observé des spondylites. Celles-ci se traduisaient par
— un pincement du disque,
— la formation d’exostoses plus ou moins compactes qui réunissent à la façon dé ponts les bords des vertèbres atteintes.
Si ces ponts font défaut, le disque est détruit en totalité.
Enfin dans certains cas de méningite cérébro-spinale, on a vu des proliférations osseuses vertébrales avec destruction partielle
ou complète d’un disque.
SPONDYLITE SYPHILITIQUE
La spondylite syphilitique est le plus souvent une ostéo-arthrite proliférante avec épaississement de l’os et présence d’ostéophytes, d’hypérostose.
Plus rarement on a un aspect d’arthrite avec taches claires devenant ultérieurement opaques.
Exceptionnellement elle réalise une ostéo-arthrite destructive aboutissant :
— à l’ulcération compressive,
— à l’effondrement vertébral.
Le siège de beaucoup le plus fréquent est la colonne cervicale.