‹ Essai de classification radiologique des Dystrophies osseusesChapitre 55 sur 56 · NERO · texte numérisé non relu

NERO

— à la deuxième phalange du premier orteil, où il peut y avoir

une petite exostose sous-unguéale.

CHONDROMES

On décrit sous ce nom des néoformations cartilagineuses bénignes, le plus souvent multiples, réalisant la chondromatose généralisée d'Ollier.

Les chondromes sont caractérisés radiologiquement par

— un raccourcissement de l’os atteint,

— des inflexions possibles telles que

— genu varum ou valgum, — humerus varus, aplasie du cubitus,

— un périoste continu et soulevé par la tumeur tandis que la corticale est amincie.

— une plage claire, arrondie ou polycyclique, toujours assez vaste aux limites finement tracées, avec disparition de la structure osseuse, remplacée par un aspect alvéolaire,

— un interligne toujours intact.

Ces chondroines sont juxta-conjugaux et métaphysaires dans les os longs et se localisent plus spécialement aux épiphyses fertiles des os longs (près du genou, loin du coude) fémur, tibia, humérus ; moins souvent aux cubitus, bassin, omoplate, rachis.

Aux petits os des extrémités, leur localisation est diaphysaire, et se fait surtout aux phalanges, aux métacarpiens, aux orteils, aux métatarsiens.

Enfin il faut signaler l’association possible de chondrome avec des exostoses ostéogéniques, fait en faveur d’une même étiologie.

Les chondromes débutent le plus souvent chez des adolescents, il faut craindre la malignité de ceux qui apparaissent après 25 ans. Ils progressent lentement, et on a signalé des cas de trans-

formation maligne de chondromes jusqu'alors bénins.

Tumeurs malignes

ANGIOME OSSEUX

Suivant leur localisation, les angiomes osseux donnent des images qui seraient assez différentes les unes des autres.

Quand ils atteignent un corps vertébral ils donnent

— un petit élargissement,

— un petit tassement,

— avec éclaircissement du corps vertébral : le tissu compact disparait ainsi que la trabéculation architecturale de la vertèbre, qui est remplacé par un aspect tigré, multiloculaire ;

— une intégrité du disque, dont parfois les faces supérieure et inférieure seraient incurvées vers le centre du corps.

Au mélacarpe et aux phalanges, ils se traduisent par une disparition du tissu compact avec expansion latérale et parfois inflexion.

Au crâne et aux membres, on observe

— une corticale intacte mais refoulée,

— une plage claire à limites nettes, traversée par des travées osseuses radiées autour du centre, et qui s’opacifient au cours de l’évolution,

— plus spécialement à l'extrémité des diaphyses, des plages en « bulle de savon » siégeant dans le tissu compact.

Enfin, il faut indiquer l’association possible avec des lésions

chondromateuses.

ANGIO-ENDOTHÉLIOMES

Les angio-endothéliomes ont une localisation multiple aux extrémités des os longs et aux os plats.

Ce sont des plages claires à développement progressif en un ou plusieurs points avec élargissement lent de l’os et finalement aspect multiloculaire,

SARCOME OSTÉOGÉNIQUE

Le sarcome ostéogénique s’observe le plus souvent chez l’homme de 15 à 18 ans, mais on peut en voir jusqu’à 30 ans. Plusieurs formes cliniques ont été individualisées suivant leur localisation ou leur structure, et même radiologiquement on peut décrire des formes ostéoclasiques, centrales ou périphériques, des formes ostéoplastiques.

Le sarcome central donne

— un élargissement osseux,

— une augmentation de la transparence,

un périoste soulevé en fuseau, puis ensuite érodé, flou avec

parfois une ossification périostée en éperon,

— une corticale quelquefois doublée de fines bandes opaques réalisant parfois l’ébauche d’une coque osseuse irrégulière. Plus tard elle est entamée puis rompue,

— la médullaire est le siège de la première modification qui est l’apparition d’une plage claire sans limitation, diffuse, à extension rapide, signe de grosse valeur.

Le sarcome sous-périosté se traduit par

— un soulèvement puis une ulcération rapide du périoste avec apposition en éperon plus large et surtout de nombreuses épines osseuses périphériques, parfois assez épaisses, qui sont soit perpendiculaires par rapport à l'axe de los ou radiées autour de la tumeur,

—— Ja corticale est encochée,

— ]a médullaire, vite atteinte, montre une lacune floue,

— Je cartilage conjugal, tant qu’il est actif, forme barrière et ne se laisse atteindre que tardivement.

Dans les formes ostéoplastiques, on observe comme particularité à la périphérie une structure radiée, alternant avec des opacifications granulées et mouchetées.

Les localisations les plus fréquentes sont

au fémur, lépiphyse inférieure, le grand trochanter, la diaphyse,

— au tibia, l’épiphyse supérieure, la tubérosité antérieure,

— à l’humérus, l’épiphyse supérieure : le col chirurgical et plus rarement la tête, |

— la crête iliaque,

— l'extrémité interne de la clavicule,

— à l’omoplate, le voisinage de la glène,

— l'extrémité inférieure des radius et cubitus,

—— au péroné, le tiers supérieur avec extension tibiale,

— à la voûte cranienne, on remarque une ulcération d’une table vers l’intérieur, ou l’extérieur, puis des deux tables ; en même temps, il y a ossification périostée et une extension locale

rapide,

au rachis, avec résorption du corps vertébral,

aux maxillaires, l’inférieur étant le plus fréquemment atteint. Tantôt, c’est une forme centrale donnant

— un périoste discontinu érodé,

— un tissu compact encoché puis rompu précocement,

- une tache claire unique, dans le tissu spongieux, avec des bords flous, diffus, et qui s'étend rapidement, entraînant une destruction du maxillaire.

D’autres fois on observe une forme sous périostée fibroblastique qui siège à l’angle de la branche montante et donne une mi-

nime encoche du tissu compact.

SARCOME D'EWING

On décrit sous le nom de sarcome d'Ewing une tumeur maligne des os à localisatoin médullaire et multiple, sans pouvoir ostéoplastique, à évolution fatale mais lente ; elle est très radio-sensib.e.

Elle produit

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— un élargissement osseux,

— une tendance à l’unification de la densité par éclaircissement,

— un refoulement en fuseau du périoste, s’il ÿ a croissance rapide ; si elle est lente, une ossification périostée,

— une corticale claire, à striations parallèles,

— un élargissement de la médullaire dont les bords sont flous, diffus,

— des épiphyses le plus souvent intactes.

L'évolution est lente de 1 à 2 ans avec métastases précoces.

MYÉLOMES

Ce sont des tumeurs malignes de la moelle osseuse, à localisation multiple, métastasant rarement, que l’on rencontre plutôt chez des hommes ayant passé la quarantaine.

Radiologiquement, on note

— la possibilité d’inflexion,

— l’augmentation de la transparence,

— le périoste continu mais soulevé,

— Ja corticale entamée,

— la médullaire et les épiphyses envahies de petites taches claires, ovalaires, multiples, sans structure, à contours assez nels ou flous, sans réaction périphérique.

Au point de vue évolutif, il faut signaler

— l'extension des lacunes qui peuvent fusionner,

— la radiosensibilité des myélomes, avec réparation et réapparition d’une structure normale après roentgenthérapie.

Les sièges les plus fréquents sont

__— Jes côtes, clavicules, sternum,

- le corps des vertèbres dorsales et lombaires,

-__ [a voûte cranienne, où l’on observe des lacunes du tissu

spongieux avec perforation et éclaircissement périphérique du tissu compact, — la diaphyse et la tête fémorale, — la diaphyse et la tête humérale, — le bassin, surtout au niveau du cotyle ; l’omoplate.

CHLORO-MYÉLOMES

Les chloro-myélomes sont des sarcomes des tissus homopoïétiques. Après roentgenthérapie pour leucémie myéloïde, peuvent apparaître des chloromes post-leucémiques, multiples et d’évolution rapide. Sur les os longs, on voit :

— dans la médullaire, une plage claire entourée d’un épaissis-

sement foncé qui double le périoste et circonscrit l’extrémité osseuse.

Ils sont localisés — aux côtes, au bassin,

— aux zones juxta-épiphysaires des fémur, tibia, humérus.

MÉTASTASES OSSEUSES

Les métastases osseuses se voient au cours d’un certain nombre de cancers qui sont par ordre de fréquence Les cancers du sein, — de la prostate, — de la thyroïde, — de la surrénale, du testicule, de l’ovaire, de l’utérus, du foie, du poumon, -— du rectum, de l’œsophage, de l'estomac.

On peut opposer les formes ostéolytiques aux formes ostéoplastiques.

Les formes ostéolytiques se caractérisent par

— une morphologie normale,

—— Souvent une tendance à l’unification de la densité par éclaircissement,

— un périoste à peine soulevé, ou normal,

— une corticale légèrement amincie,

— de multiples plages claires médullaires, avec raréfaction diffuse, arrondies, à limite floue, estompée, /

— un interligne articulaire intact.

Dans les localisations épiphysaires, ces lacunes sont nettement limitées vers la diaphyse, malgré la destruction massive qu’elles provoquent.

Elles se rencontrent le plus souvent en cas de sarcomes.

Les formes ostéoplastiques donnent

— un élargissement osseux,

— une diminution de la transparence,

—— un périoste soulevé par des bourrelets marginaux,

—— une corticale gonflée et épaissie,

— une médullaire avec des petites taches foncées, irrégulières ou arrondies, à contours nets ou flous, qui produisent un aspect pommelé rappelant celui de la maladie de Paget,

— un interligne articulaire intact.

Elles se rencontrent le plus souvent en cas de cancer de la prostate, du sein, ou de la thyroïde.

Leur siège est essentiellement vertébral, aux dernières dorsales et premières lombaires. Parfois il peut y avoir alternance de vertèbres saines et de vertèbres cancéreuses, ou même alternance de formes de métastases.

Enfin, il faut signaler les cas de vertèbres ivoires, dont les contours sont normaux, mais entièrement opaques.

Cependant comme dans les formes ostéolytiques, on peut trouver des localisations :

—— au bassin, surtout près du cotyle, mais il peut être envahi

aussi en totalité,

— aux têtes et aux diaphyses fémorales et humérales,

— à la voûte du crâne, aux maxillaires,

—— aux omoplates,

—— aux côtes, où les plages rondes des métastases OSteo1ytiques s’entourent souvent d’une bande opaque.

En général, on peut dire que ces localisations se font au-dessus du coude et au-dessus du genou. Cependant il a été observé

une métastase ostéolytique du scaphoïde.

LYMPHOGRANULOMATOSE MALIGNE

La lymphogranulomatose maligne peut donner des localisations osseuses, qui se traduisent radiologiquement par

— des plages claires à contours nets, périphériques ou centrales, sans réactions de voisinage, parfois à l’intérieur on peut voir quelques minces débris osseux,

— les interlignes sont toujours intacts.

Les localisations les plus fréquentes sont :

— les vertèbres, où les corps peuvent s'effondrer, mais sans altération des disques,

— le sternum, qui peut être envahi par contiguité à son bord postérieur ou par un foyer autonome à son bord antérieur,

— le bassin.

Les tumeurs cérébrales peuvent donner directement où indi-

rectement des modifications des os du crâne.

Ainsi on peut observer des signes d’hypertension intia-cranienne

— élargissement des canaux vasculaires du diploe,

— augmentation des impressions digitales de Pacchioni,

— disjonction des sutures qui sont purement symptomatiques.

Dans un méningiome la voûte peut être élargie où amincie avec quelquefois épaississement de la corticale.

Les tumeurs de l’acoustique et celles de l’ongle ponto-cérebelleux s’accompagnent d’élargissement du conduit auditif interne, et d’amincissement du rocher, le plus souvent à la pointe.

De même des métastases cancéreuses se localisent assez souvent à la pointe du rocher, et y produisent une disparition du

tissu osseux normal.

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