PREFACE
C’est dans l'intimité d’une collaboration quotidienne de près de deux ans, qu'est née l’idée de ce travail, volontairement dépourvu d'originalité dans le fond, mais à qui G. Rollin a su donner, dans la forme, un aspect clair, une lecture facile, en un mot, un côté pratique qui est le but que je m'étais permis de lui assigner en lui en confiant l'exécution.
On peut tirer de la radiologie osseuse d'excellents signes fideles, parfois précoces, de lésions révélatrices et monosymptomatiques d’un syndrome jusqu’alors insoupçonné, à la condition d'avoir d'excellents documents, répondant aux conditions sui-
vantes :
donner de la pièce du squelette une silhouette et une image aussi conforme que possible à la réalité de ses dimensions, à la représentation correcte (téléradiographie) de son étude anatomique (centrage précis), attitudes frontales bien observées (face et profil stricts) ;
une analyse aussi fouillée que possible de la structure (choix
et emploi dans le temps du rayonnement optimum).
A ces conditions et à ces conditions seulement, la radiologie osseuse revêt une valeur particulière d'analyse, qui lui confere une large place dans la pathologie osseuse, «& médicale » si l'on
peut s'exprimer ainsi. Si la traumatologie peut se contenter en
toi
effet d’une radiologie de silhouette, les affections trophiques, inflammatoires métastatiques du squelette nécessitent, pour une étude un peu complète, pour la superposition si souvent sollicitée des documents, une radiologie analytique, non seulement dans
la finesse des détails de l’image, mais encore dans sa tonalité.
Nous ne saurions prétendre que la technique que nous recommandons depuis près de dix ans soit la seule susceptible d'arriver au but poursuivi. Mais si elle offre l'inconvénient de poses lonques condamnées d'avance chez les agités, chez les sujets en état d’inconscience (coma, névrose, troubles mentaux), elle présente en contre-partie l'avantage de donner de la trame osseuse une image riche en détails et en contraste, propre à l'analyse à qui nous faisons atlusion plus haut. Par ailleurs, elle est adaptée, par la modestie de ses constantes, à tous les appareillages, même aux plus faibles : la seule exigence qu’elle manifeste, c’est la régularité des réglages, fonction de la bonne alimentation par
le secteur urbain du générateur, quel qu’il soit.
A côté de ces considérations techniques, le travail de Rollin fait une large part à l’étude des caractères propres des images osseuses pathologiques, considérées dans le sens purement descriptif, affranchi de toute considération clinique préliminaire.
Certains syndromes entrainent du côté du squelette une idenlité de troubles qui permet de les caractériser quelle que soit leur localisation, d’autres au contraire atteignent le système osseux de façon tout à fait disparate, inattendue, produisant dans le même temps, des destructions en un point, des condensations en un autre. Toute tentative de systématisation basée sur une étude clinique rencontre ainsi de telles difficultés qu’elle est, soit incomplète, soit arbitraire.
Il nous a paru plus simple, plus sage aussi tout er étudiant avec le plus grand soin l'intimité des besoins, de partir des dites
lésions « complexes » pour arriver au « simple », en envisa-
lie
geant chemin faisant, les éléments de probabilité et les éléments
malheureusement beaucoup plus rares de certitude.
J'ai la conviction que même si ce seul but assurément modeste est atteint, le travail de Rollin rendra les plus grands ser pices à Ceux qui, perdus dans la variété des nomenclatures la fantaisie des terminologies à prétention descriptive, cherchent en vain à étiqueter avec quelque raison l’anomalie souvent in-
soupçonnée que l’image Roentgen leur aura fait découvrir.