‹ Essai de coprologie cliniqueChapitre 12 sur 48 · III. — FAITS CLINIQUES · texte numérisé non relu

III. — FAITS CLINIQUES

A) Traversée digestive chez l'homine. — Nous ne pouvons mieux faire, pour apprécier l'intérêt qui se dégage de cette étude, que de rapporter en tête de ce chapitre clinique le résultat des expériences de MM. Sicard et Infroit sur la traversée au niveau des différents segments du tube digestif de gélules kératinisées contenant du bismuth, subs-

(1) Voir plus loin le détail de ces expériences et les figures explicatives.

tance de choix des radiograplios. Chez 3 jeunes gens, il pu voir que, pendant les 20 premières minutes, la radii phic élait positive ; on voyait la gélule au niveau du f cut-(Ie-sac stomacal .

Puis, après la première 1/2 heure jusqu'à la 3', 6*, ' 8* heure, toutes les radiographies se montraient ncgati c'est le temps do la traversée intestinale {le temps que en un segment de l'intestin grêle la gélule est trop pour permettre à la plaque d'fttre impressionnée).

De la 5* a la 8" heure, la gélule apparaît au nivea ca-cum; elle y reste avec fort peu de propulsion do la 8 14" heure .

De la II" à la IG' heure, elle chemine au devant du < ascendant; de la ItJo à la 19", elle parcourut le côlon t verse, s'arrètant plus longtemps au niveau de l'angle gs colique.

Do la 19" à la 22*^, à la 34' heure, elle chemine lente dans le côlon descendant et arrive dans l'S iliaque, où s'immobilise jusqu'à son expulsion rectale avec le bol I

Il résulte de ces recherches que la traversée de Tint grèlc a lieu en u à 6 heures chez l'homme; la traversa gros intestin est de 11 à 14 heures. Ces données concoi avec les quelques faits observés chez des individus por d'un anus contre nature situé à quelques centimètres s la lin de l'intestin grêle; d'après Brauno, cité par Paul I qui en a pu observer un cas semblable, on voyait les r d'un repas de soupe et do viande apparaître entre 3 et G res après son ingestion.

En pratique, on ne saurait tenir compte que de la duré taie de la traversée digeslive; il estdifficiled'assigner ex ment à tel ou tel segment de l'intestin sa part dans l'augi talion ou la diminution do cette durée ; nous verrons r, moins à quels signes on la peut reconnaître.

La plupart des auteurs sont d'accord sur le chiffre de 24 à 36 heures pour désigner le temps que mettent nos aliments à parcourir le tube digestif. Maurel (de Toulouse), do ses observations, conclut que les aliments mettent à franchir un intestin qui fonctionne normalement de 36 à 48 heures.

Les recherches personnelles que nous avons poursuivies dans ce but nous permettent de donner comme limites extrêmes, en cas d'intestin considéré comme sain, de 26 à 40 heures. Nous dirons donc que la traversée digestive est accélérée toutes les fois que nous trouverons une durée moindre de 26 heures, — et qu'elle est relardée toutes les fois que nous trouverons une durée supérieure à 40 heures.

B) Facteurs capables de modifier la traversée digestive. — Nous allons passer en revue les causes diverses capables d'entraîner ce retard ou'cette avance dans l'apparition des garde-robes correspondant à un repas donné, garde-robes délimitées par l'emploi de la poudre de carmin. Et nous chercherons ensuite à en tirer les déductions cliniques qu'elle nous ont semblé comporter.

1® Etat physiologique > — Régime. — Si nous envisageons tout d'abord riniluence du régime, nous voyons que chez des individus sains une alimentation trop abondante, une surcharge alimentaire, entraîne une évacuation rapide des fèces, parmi lesquelles il est facilede constater que les aliments n'ont subi qu'une modification restreinte sous l'attaque des sucs digestifs. De ce fait ils ont entraîné une excitation anormale de l'intestin qui s'est traduite par un péristaltismo exagéré et une traversée digestive accélérée.

Inversement, /a diminution delà quantité d'aliments détermine un amoindrissement péristaltique et se traduit par un retard parfois très notable dans l'évacuation des fèces;

tant il est vrai qu'un des meilleurs facteurs de la cité inleslinale est l'aliment en pro/jOrtions réglées,

hà quantité do l'alimont n'est pas lo seul fadeur d excitation de la motricilc inltislinale, sa qualité est a élément (la première importance; il est certains alimt ne font qu'un court séjour dans l'intestin ; il y a du rcs ces aliments une pari considéruble dans le cueHicicnt | nel : certains sujets ne peuvent digérer certains alime d'autres digèrent facilement; mais en règle générale les substances dillicilemeiit transformables par les suc lifs, les substances iiiassimilables qui excitent avec v la motricité inleslinale, do telle sorte qu'on les voit èl dues très rapidement. Inversement, les aliments fac traasfonnablcs, le lait, pai* exemple, d'une assimil. complète, et en règle générale tous les aliments qui peu de déchets, n'excitent qu'insuffisamment la motr testinaie, et de ce fait sont excrétés tardivement, La C( tion sous l'influence du régime lacté n'esl-elle pas um bicQ connue?

Il n'entre pas dans noire but d'envisager lo rûlc des physiques ou chimiciues capables d'entraîner une accéj ou une diminution de la durée do la traversée dîgesl n'est pas le lieu ici d'étudier l'action du froid, du cli< l'électricilé, du massage, de l'hydroliiérapie, pas p l'action des purgatifs et des astringents (1).

Nous no voulons nu'expiorer le fonctionnement < testin dans son état naturel vis-à-vis d'un aliment c'est pourquoi nous avons insisté sur ta quantité et la de la nourriture, car nous voyons qu'il y a lieu d

(1) Nous STODa cepeaJant fait lervlr dana ce bul p<ui d'uae ( èprauTe de la traversée digoaliveiles résullaU qu'aile nous a permis later Ceroot l'objet de trataui ipèciaiii : entre autre», cIlODS uo travi commuD avec In D' Lacdilte sur l'ii Queue e du Irailenieut éleelrlq tDOtricilèderinlaBtiadasBujetaalteiDlsd'eDlératjphtocolileni

nplc, pour faire élat de la valeur de la traversée dig;cstive, régime alîmontaîre du sujet examiné.

Nécessité d'in repas d'épreuve. — Nous voici donc amenée onsidcrer la composition d'un repas d'épreuve. Co repas Ta comprendre des aliments des 3 ordres (albuminoïdes, Irates de carbone et graisses). Et c'est ainsi qu'il conticn- , d'une façon générale, à moins de recherches particulières Tulilisaiion de tel ou tel aliment :

300 gr. de pain, 60 gr. de viande, 30 gr. de beurre.

!" Etat pathologique- — Dans ces conditions seulement is pourrons envisager avec quelque utilité pour l'exploion fonctionnelle de l'intestin Vinfluence des divers !teurs pathologiques sur la durée de cette traversée estive.

•It pour faire ce travail dans les conditions les plus exactes isible, nous n'étudierons ici à ce point de vue que les cas le diagnostic anatomiquc peut être porté soit sur le vivant cours d'une opération, suit sur le cadavre au cours d'une opsie. Ces observations seront rapportées par la suite plus aillées an cours de ce travail; nous ne ferons ici que les ater dans ce qu'elles ont d'utile pour notre démonstration, st ainsi que nous pouvons envisager :

1" Cas ou la surface d'absorption litestinale est considé- LeuE.NT DiuiM'ÉE. — Ce sout : 2 cas de cliolérine où la queuse intestinale était totalement dépouillée ; — 3 cas do erculose intestinale avec vastes ulcérations, engorgement iphoïde considérable; — 1 cas de congestion veineuse la muqueuse intestinale avec œdème des parois chez une diaque ; — 1 cas de cirrhose alrophique avec raccourcisse nt de l'inleetin et hyporlrophic do la muqueuse j — 3 cas de

fièvre typhoïde avec infiltration des plaques de Peyer et ulcérations, dans un cas assez importantes pour avoir entraîné la mort du malade par perforation.

Dans ces différents cas où nous avons étudié la traversée digestive avec un repas carminé composé à peu près comme ci-dessus, nous avons pu constater que la durée de la traversée digestive était considérablement raccourcie^ soit que le contact des aliments sur la muq^ueuse excoriée dans quelques-uns de ces cas ait entraîné une excitabilité plus forte que de coutume du péristaltisme intestinal ; soit que les aliments non résorbés, équivalant à une surcharge alimentaire, aient été la seule cause de cette irritation anormale des fibres motrices de l'intestin. Cette dernière hypothèse semble d^autant plus vraisemblable qu'elle est confirmée par la réalité des faits, qui montrent les matières fécales riches en déchets facilement absorbables, et que d'autre part on sait fort bien que l'irritation de la muqueuse excoriée entraîne souvent de la spasmodicité ; si bien que si ce fût elle qui eût été en cause dans le cas présent, elle eût plutôt entraîne du relard qu'une avance dans la traversée digestive.

De ces diverses constatations, que nous pourrions multiplier par les simples observations cliniques, mais où nous manque le contrôle anatomique, on peut donc dire qu'avec un repas logiquement composé^ une traversée digestive très raccourcie peut être l'indice d'un trouble de V absorption de V intestin (1).

2» Cas ou les sécrétions glandulaires sont modifiées. — Si l'absorption intestinale est capable d'influencer la durée de la traversée digestive, les modifications dans les sécrétions

(1) Il va sans dire que dans toutes ces recherches il y a lieu de tenir le plus grand compte de la motricité stomacale^ car la durée du séjour des aliments dans cet organe pourrait faire varier en plus ou en moins la valeur deschitlres ipensurateurs de la traversée digeittive.

ilaires sont égatemcnt capables de lui doQiier une allure nte.

1 etrct nous cxaminmis comment se sont comportés )iut (le vue les difTéreats malades dont nuus rappori chapitre des graisses les observations au complet, oyons que, dans les cas oïl la sécrétion biliaire était lent di)iiinuée (cas de cirrhose atrophique), ou mèmu nent supprimée (cas de lithiase biliaire), ta durée de la see digeslive était cunsidcrablement accrue, vraisemncnt parce que la hile est un excitant naturel de la ction intestinale. L'inlluence de la bile, sécrétée «ii I quantité, surle péristaltisme intestinal, est une chustj miiue; les diarrhées biliaires eu sont la meilleure

I si, en même temps que la bile, /a sécrétion pancréailail à son tour diminuée oa supprimée (cas d'hépado pancréatiLe aiguc, ou cas do cancer de la tête du as), on voyait que la durée de la traversée digestine irtemenl raccourcie, probablement en raison do Table digoslioii des aliments, qui, inaptes à l'assimilation, ent par leur quantité comme par leur qualité le périsle intestinal. On pourrait donc dire également que gemeiit do cette période de traversée dîgestivc est, existe d'autres signes concomitants, l'indice d'un de sécrétion biliaire, et inversement que le raccourent de cette même période, si toujours coexistent d'augnes complémentaires, est l'indice d'na défaut de on pancréatique.

'absence de ces signes satellites, auxquels nous faisons a dès maintenant et que nous apprendrons à connaît à l'heure, nous dirons que ces modifications dar s la de la Iravenee digestioe sont sous la dépendance du e nerveux.

El aiasi cette exploration nous renseignera utilcmei les troubles do fonctionnementde l'intcalin. Mais pour r ait toute sa valeur, pour qu'elle puisse nous dire guei la part de F intestin grêle ou d'i gros intestin dam motricité anormale du tube digestif^, H nous faudra d'j examens des matières fécales que nous envisagerons loin.

Page 1