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III. ~ FAITS CLINIQUES

En regard des faits expérimentaux, quelques-uns un peu brutaux, ou par certains points incomplots, nous leaons maintenant à exposer les /ails cliniques qtii les corroborent et que ces derniers expliquent.

Nous avons déjà dit dans le paragraphe précédent que la réaction normale des fèces chez l'homme était habituellement neutre; c'est ainsi que nous l'avons constatée dans 117 cas.

Nousy avonsdéjà dit également comment elleest influencée par le régime, et nous avons alors insisté sur la nécessité d'un régime d'épreuve.

C'est pour la plupartsur des malades d'hôpital qu'ont porté nos rccherclies cliniques et nous avons, comme repas d'épreuve, eu recours aux repas usités dans les hôpitaux de Paris avec leurs divers degrés qui répondent à une alimentation mixte normale dans le 2« et le i" degré, sans surcharge de substances alimentaires ni dans un sens, ni dans l'autre.

i ce que nous avons constaté :

tîères dures. !■> Motricité intestinale. — Tandis L l'heure il nous était facile d'étudier chez l'animal ,ion des fèces dans l'intestio grêle comme facteur de té, et partant de tirer une conclusion nette du fait liai, cliaiquement c'est là use chose qu'il est difii- 1 impossible do contrôler; il eût fallu avoirà notre n des cas d'anus contre nature IiruI situé comme on wald> Mac Payden, Ncncki et Ziober, Schmidt.

itre, alors que nous ne pouvions tirer aucune déducessanle pour l'élude de la réaction des fèces des :e8 concernant la stagnation dans le gros intestin inimaux, chez l'homme, il nous a été facile de conr l'inspection et la palpation de cet organe la sta- Jes matières dans cette portion du iractua intestims ces cas de coprostasc où la seule motricité était >us avons toujours constaté une réaction fortement les matières fécales, soit que la stase existât natii- ., soit que nous l'ayons créée artificiellement par do l'opium. Si bien qu'on pourrait formuler cette m qui complète la première, tirée des faits expéri- ; féaotion alcaline avec ij'aversée digestive pro- ;ale défaut demotriciié dugros inleslin.

ables de la résorption. — Nous relaterons plus litre des Graisses) des observations complètes avec à l'appui, où nous avoQS pu constater des troumarqués do la résorption do l'ioleslin grêle, et où ns étudié parallèlement la réaction des fèces. Ce

e cholérine ;

irs cas de tuberculose intestinale avec vastes ulcéra-

gorgement lymphatique, épaississement des parois ;

i cas de congestion veineuse des parois intestinales chez uAe cardiaque, épaississement de la muqueuse ;

1 autre cas de congestion veineuse des parois intestinales chez un cirrhotique avec ascite ; raccourcissement et épaississement de l'intestin ;

1 cas de péritonite tuberculeuse avec engorgement lymphatique considérable ; . ■

EnGn nous avons examiné plusieurs cas de fièvre typhoïde, où le diagnostic s'imposait d'une façon évidente par la constatation des signes cliniques les plus nets confirmés par les recherches de laboratoire ou comme dans 2 cas, par l'autopsie; et dans ces différents cas où, comme nous le verrons par la suite, les troubles de la résorption intestinale se sont montrés exister à des degrés variables, nous avons trouvé une Acidité des matières variant avec ces troubles de résorption mêmes ; elle était d'autant plus nette chez nos malades que nous recherchions surtout chez eux l'utilisation des graisses, et comme la décomposition de celles-ci était souvent parfaite leur résorption seule manquant, on trouvait une grande quantité d'acides gras dans les fèces. Pour être tout à fait exact, il faut ajouter que ces différents cas n'étaient pas purs» en tant que troubles de résorption, car à ceux-ci en effet se mêlaient aussi des troubles de sécrétion glandulaire, surtout en CQ qui concerne les cas de cardiopathie, les cas de tuberculose, et surtout le cas de cirrhose. Néanmoins, voici sous forme de tableau le taux de la réaction acide de ces divers cas.

NUMÉNOS

MAI.iDtES

lAlX

rfB ViâMé paur

Cbolérine

id.

id.

Maladie mitrale

CtrrhoBe atropbique

Périloailc tuberculeuse

Fiivre (^pboïde

id!

6,zo a,5o

3o Inauttiaance des sécrétions glandulaires- — Los observalioQS dont nous nous servons ici seront également relatées plus loin en détail (cti. des Graisses) et nous no ferons que les énumércr en y renvoyant le lecteur.

C'est ainsi que nous avons été amené à envisager des cas d'absence absolue ou d'insuffisance de sécrétion biliaire ; noua donnerons comme précédemment sous forme de tableau le taux de la réaction dans ces divers cas, associés ou non à un défaut ou à l'insuflisance de sécrétion pancréatique.

.MMÈHOS

HaLadees

TAfX

de r.cidiié pouri

Lithiase biliaire

id.

id.

-Cirrhose atropbique

Caocer de la lête du pancréas Kysie bydalique du foie avec cirrhose

Ictère calarrhal Ictère catarrhal

Observation I tion, il s'agit d'un malade atteint de tuber- Sbnt, qui présentait uno dizaine de selles ires; cette diarrhée s'accompagnait de violomen avec sensation de brûlure. Les fèces pier de tournesol. Eu présence de la phéiutîou de soude, elles avaient une acidité

trique (1) nous a donné les ctiilTres sui-

Igr. 50.

„„ i H = I gr. 40.

lgr.90.

Observation II ), un tuberculeux également, nous avons ;ide, très acide au papier de tournesol ; en oléine et de la sonde, nous avons noté une \ 10 p. 1000.

ntait : A = 3gr. 80.

Hc,.=.g...o.|«z°^;:™:

F = gr. 60.

Observation III

ée chez un herpétique, nous avons noté les 30 p. 1000.

nuit: A = 2gr. 80.

F = Osr. 60.

gastrique et surlout de l'acidité chlorhydrique sur la réaction acide des fèces. L'intlueace des troubles dyspeptiques sur la production des diarrliées est une chose bien connue. M. Bar> detjà la SociéLéde Thérapeutique en avril 1902,à propos d'une longue discussion sur le traitementdesdiarrhées chroniques, appelait l'attention des membres de la Société sur ces diarrhées acides. M. Albert Robia, dans la dernière édition de son Traité dos maladies de l'eslomac, leur consacre un chapitre spécial et laisse entendre que l'iosuflisaoce des sécrétions biliaire et pancréatique devenues incapables de saturer ua chyme hyperacide, au lieu de la constipation habituellement observée dans rhyperch[orhydrie,entraine des débâcles diarrhéiquesoù l'acidité est de règle. Nous no pourrions mieux faire que de lui emprunter sa description clinique : « Les malades atteints de cette diarrhée acide ont t'appétit plus ou moins conservé, la langue blanche, saburrale ; les garderohcs ont une àcrelé particulière qui irrite la région anale et sont acides au tournesol. Il existe des épreintesjdes flatulences, des gaz intestinaux , peu à pou le malade prend une teinte jaune terreuse de la face ; il devient vert ; les forces s'en vont et il s'amaigrit considérablement. Joignons à cela l'anxiété neurasthénique qui s'empare d'eux, car celte diarrhée les inquiète outre mesure ; ils en parlent sans cesse, ils sont incapables d'un effort physique ou intellectuel, et n'ont d'autre souci que celui de surveiller leurs évacuations »; et il ajoute après celte description : n J'ai remarqué que ces diarrhées existaient chez les hypersthéniques, dont le foie n'était pas augmenté de volume, comme c'est habituellement la règle en pareil cas. » Il laisse ainsi supposer le défaut de la fonction hépatique comme facteur do l'acidité des garderobes.

2° Ses causes. — L'expérience que nous rappehons plus haut, faite sur un chien dont oa avait anastomosé avec l'es-

Tm

assez prononcé pour qu'il y ait à la fois évacution rapide, fréquente et liquide de garde-robes acides.

30 Son traitement. — Connaissant la cause de ces diarrhées, il est facile de les traiter ; d'une part, en saturant Testomac par des poudres absorbantes alcalino-terreuses ; d'autre part, en enrayant les fermentations intestinales par un médicament tel que le peroxyde de magnésium, dont MM. Robin, Gilbert et Jomier et nous-même avec le D^ Bertherarid avons bien étudié le rôle thérapeutique ; ce corps présente la propriété de se décomposer en milieu acide en un sel neutre de magnésium et en eau oxygénée :

Mgî + 2 HCI = MgCIî + H»Oa

l'eau oxygénée à son tour laisse échapper dans l'intestin l'oxygène à Tétat naissant qui vraisemblablement entrave les fernoentations intestinales (1). Enfin nous cherchions à solliciter la fonction biliaire par ses excitants naturels, les aliments ; et au lieu de soumettre ces malades à un régime lacté, qui eût laissé reposer le foie, nous donnions des mets facilement digestibles, d'où étaient exclus le pain, les légumes et les graisses, et se composant surtout de viandes rôties et d'œufs qui tendaient à la fois à neutraliser l'HCI stomacal et à exciter modérément la sécrétion biliaire et pancréatique.

(1) Les deux expériences suivantes nous pemneUeat de bien comprendre l'acUon de MgO'. Dans un appareil à mesurer les fermentations, construit sur le modèle de celui de Schmidi, appareil dont il sera question plus loin (chap. des Hydrates de carbone),nous mettions 10gr.de fèces fraîches et 2 gr. d'amidon, après passage à l'étuve à 37<* pendant 24 heures, nous voyions se faire uu grand dégagement gazeux dans le tube A, et l'élévation de Teau dans le tube B être considérable. Si dans le même appareil, avec une dose égale de fèces et d'amidon nous ajoutions M^O' on poudre, nous voyions le dégagement gazeux cesser, et le niveau de l'eau dans le tube D èlra très inférieur à ce qu'il était précédemment. C'est là. croyons-nous, une démonstration évident^) du rôte du peroxyde de mignôsium dans l'arrêt des fermentations intestinales.

m. Que,chez un individu dont les fonctions digeslives sont normales,%\ le régime alinoeotaireest logiquement établi dans un repas d'éprouvé, la réaction des fèces peut être modifiée par divers facteurs :

l" Motricité intestinale :

à) Traversée digestive prolongée + réaction acide = défaut de motricité de l'intestin grêle.

P) Traversée digeslive prolongée -\- réaction alcaline=défaut de molricUé du gros intestin.

2" Sécrétions glandu'aires :

a) L'absence de sécrétion biliaire amène habituellemeot l'acidité;

g) L'absence de sécrétion pancréatique ealraiae de préférence une réaction alcaline, par la putréfaction des aliments albuminoïdes incomplètement digérés.

3' Absorption intestinale :

Nous avons vu que les troubles d'absorption intestinale entraînaient une réaction acide,

IV. La réaction acide dos fèces est 'sous la dépendance de la chlorhydrie stomicale.\J\{C\,Gn se combinant avec les bases rencontrées dans l'intestin, empêche la saturation des acides de fermentation qui donnent en dernière analyse aux matières leur réaction acide.

V. L'hyperchlorhydrie stomacale jointe à l'insuffisance des sécrétions biliaire et pancréatique peut entraîner une variété de diarrhée dite idiopathique^ la diarrhée acide de l'adulte, nouvelle preuve de la solidarité fonctionnelle do l'estomac et de l'intestin.

VI. L'étude des réactions des fèces permet donc à la fois Yexploration fonctionnelle de l'intestin, et reposant sur une pathogéoîe exacte, dans quelques cas, l'établissement d'une thérapeutique également fonctionnelle.

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