AMIBES
Les Anibes sont des êtres microscopiques, hyalins, de forme irrégulière et constamment changeante par la formation de petits prolongements protoplasmiques ou pseudopodes, qui sont les agents de locomotion et de préhension de l’animal.
Celles qui intéressent la Coprologie appartiennent aux trois genres :
Entamæba, avec un noyau à chromatine périphérique et un ou plusieurs petits nucléoles ;
Wahlkampfia, ou Amæba limax, possédant un noyau à gros nucléole et pas de chromatine périphérique.
Paramæba, avec un noyau accolé à un corps chromatique.
Le genre Wahlkampfia est utile à connaître car il est très répandu dans la nature et peut induire en erreur par un parasitisme accidentel, surtout dans les essais de culture des Entamibes : la structure du noyau permet une facile différenciation.
Nous n’avons à nous occuper ici que de lEnlamæba dysenteriæ, agent de l’amibiase ; de lEnlamæba coli, saprophyte banal de l'intestin humain et du Paramæba
hominis que nous ne ferons que signaler, car c’est un parasite rare qui a été trouvé aux Iles Philippines, en 1907, par CRAIG ; il a un noyau caractéristique et un enkystement particulier, les formes enkystées possédant des flagelles.
ENTAMŒBA DYSENTERIÆ. — Cette Amibe, agent incontesté de l’amibiase, est rencontrée dans les pus amibiens et les selles diarrhéiques des malades atteints de cette infection. Découverte par LamBL et LoscH, elle a été étudiée par SCHAUDINN qui, le premier, en a fait une étude morphologique complète, Il a fallu toutefois la découverte
‘par Viereck des kystes tétragènes pour en connaître, sinon l’évolution complète, tout au moins les diverses formes et variétés.
Elle se présente dans les selles sous deux aspects : la variété histolytica et la variété tetragena.
Entamæba dysenteriæ var. hislolylica. — Cette forme ne se trouve que dans les selles muco-sanguinolentes et elle est exclusive dans les pus d’origine amibienne., C'est une masse cytoplasmique très mobile, changeant incessamment de forme, de dimension notablement supérieure à celle du type /etragena. On en trouve ayant 25 u et jusqu’à 50 u. L'ectoplasme, très homogène et très fortement réfringent, se différencie nettement de l’endoplasme d’aspecl sombre, granuleux et plus ou moins vacuolaire, à teinte souvent jaune ou vert clair ; il renferme le noyau et des hématies phagocytées dans les vacuoles où lon peul en compter jusqu’à huit et même dix, à des degrés divers d’allération el probablement de digestion, Dans les vacuoles, on voit aussi des débris cellulaires où alimentaires, des Bactéries, mais rarement des cristaux,
Cette forme du parasite se montre très active eb ses mouvements peuvert persister plusieurs heures : l’émission des pseudopodes se fait brusquement et sur un point quelconque du corps ; il est tantôt formé uniquement par de l’ectoplasme, tantôt l’endoplasme semble couler dans lectoplasme entraînant avec lui le noyau et les hématies. Au repos, l'Amibe est vaguement ovalaire.
Le noyau, difficilement visible, surtout si lendoplasme est très vacuolaire et chargé d’hématies, est d’aspect vésiculeux, ordinairement plus volumineux que dans la deuxième variété et mesure de 5 à 6 p.
Sur les préparations colorées, l’Entamæba dysenteriæ var. hystolylica est plus ou moins arrondi ; le cytoplasme rose ou rouge vineux possède une structure alvéolaire et la différenciation de l’ectoplasme avec l’endoplasme est souvent difficile à saisir. Les hématies se reconnaissent à leur teinte grisâtre. Le noyau est ordinairement différencié de celui du type {etragena par une chromatine moins abondante, à granulations périphériques moins nombreuses et plus petites ; le caryosome est moins gros et souvent non perceptible.
Entamæba dysenteriæ var. lelragena. — 1 Amibe de la dysenterie se présente sous ce type dans la plupart des cas, dans l’examen des selles diarrhéiques et aussi dans les selles des convalescents d’amibiase. Si la forme hislolytica est typique, la forme lelragena, la plus commune, est d’une différenciation souvent délicate avec l Entamæba coli. Voici ses caractères : de forme plus ou moins ovalaire, elle mesure de 20 à 25 w et émet lentement, paresseusement, des pseudopodes. La différenciation du cytoplasme en ses deux parties est souvent peu marquée.
FO
L’endoplasme, finement grenu, présente de grandes vacuoles, mais aucune n’est contractile. Le noyau, facilement visible, est situé soit au centre, soit à la périphérie, et de forme vésiculeuse ; il mesure de 4 à 5 y de diamètre et renferme des granulations réfringentes, inégales, accolées en forme de couronne contre la membrane nucléaire ; on y voit un caryosome central avec quelquefois un centriole.
Sur les préparations colorées, l'Entamæba dysenleriæ letragena montre un cytoplasme rose ou violet à structure alvéolaire très nette, sans différenciation sensible en ectoplasme et endoplasme. Le noyau, riche en chromatine, présente un aspect caractéristique ; la fine membrane nucléaire montre à l’intérieur de grosses granulations très colorées qui donnent l'impression de roue dentée ; au centre se trouve le caryvosome, entouré lui aussi d’un cercle de chromatine uni à la membrane nucléaire par de fins rayons de chromatine à aspect poncetué. Avec une différenciation bien poussée, on aperçoit distinctement le centriole unique au centre du caryosome.
Nous placerons ici la var. minula de lAmibe dysentérique étudiée par Ezmassirax en 1909 et trouvée dans une dysenterie chronique.
Il en fit une espèce voisine de l Entamæba lelragena. Cette Amibe ne dépasse guère 14 y, elle forme des kystes tétranucléés de même dimension que ceux de la tetragena el ne se distingue guère de celle-ci que par un noyau non visible à l’état frais comme dans l'hislolylica, et par sa pelitesse, Après coloration, son noyau petit, de 2,5 à 3 u, à caryosome central, est riche en chromatine périphérique, ce qui la distingue de l'Entamæba coli. Elle n’englobe pas des hématies mais parfois des Protozoaires.
CPR
On considère habituellement l’Entlamæba dysenteriæ var. lelragena et le kyste à quatre noyaux comme les formes normales du parasite ; la var. hislolylica comme une forme passagère due à un état virulent réveillé dans l'organisme par des conditions particulières inconnues et la var. minula comme une génération prékystique, Kro- NULITSKY, qui à contracté une dysenterie amibienne dans ses manipulations de laboratoire, nous a dit avoir constaté sur lui-même cette dernière variété dans la période de convalescence de son affection.
Kysle de l Enlamæba dysenteriæ. — La division, chez ce parasite, se fait incontestablement par mitose, avec formation d’'Anubes filles dont la var. minula serait un exemple. À notre avis, la pullulation la plus connue et la plus intéressante est la reproduction par kystes. Dans certaines conditions, Pl 'Amibe prend une forme de résistance que nous retrouvons dans les selles des porteurs d’'Amibes, c’est le kyste à quatre noyaux, découvert par ViERECK, en 1907. Ces kystes, à l’état frais, mesurent de 10 à 15 u ; ils sont modérément réfringents, montrent une membrane d’enveloppe très mince, quatre noyaux visibles en diaphragmant très fortement et des corps chromidiaux en grosses masses compactes, en forme de bâtonnets très réfringents. Le noyau, dans les kystes mûrs, possède une couronne de chromatine comme le noyau du parasite, avec, au centre, de fins granules représentant le caryosome. On peut trouver ces formes enkystées amibiennes sous un aspect moins typique, suivant l’âge et le moment de la division kystique. On voit des kystes à un, deux, trois noyaux, avec chromidium plus ou moins abondants, de taille différente mais