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que l'intelligence acquiert son développement, elle en vient à rechercher le pourquoi, la raison d’être de cette pratique au début aveugle et automatique et à se préoccuper du but et de la forme des religions. Chez les enfants les plus âgés, la question Religion pourra revêtir un caraétére philosophique.
Notre dernier paragraphe est très différent des autres.
Il évalue le degré de compréhension et d'attention dont le sujet aura fait preuve pendant tout le cours de l’interrogatoire. Nous nous adressons ici directement à des facultés intellectuelles et des plus importantes.
M. Sollier, nous l’avons vu, base sa classification des débilités mentales sur l'attention. Nous avions d’abord espéré pouvoir facilement mesurer l'attention des enfants par leur attitude et leurs réponses pendant la durée de l’interrogatoire, mais après quelques essais, nous nous sommes aperçus qu'il y avait une réelle difficulté à doser l'attention directement et qu’il était beaucoup plus aisé de la mesurer dans son résultat, la compréhension. C’est pourquoi notre dernier élément d'investigation a été intitulé : Compréhension et Attention, afin de bien montrer à l’interrogateur qu'il doit s’en rapporter surtout à la compréhension.
Chez nos enfants, c’est surtout le défaut de compréhension que nous avons remarqué, bien moins celui d'attention. Des imbéciles prêtaient à nos questions une attention beaucoup plus soutenue que certains débiles, mais comprenaient beaucoup moins bien. Peut-être pourrait-on expliquer cela en disant que le corps était attentif alors que l'esprit ne l'était pas ! Nous croirions plutôt que ces enfants déployaient tout le faible degré d’attention dont ils étaient capables, mais néanmoins ne comprenaient pas parce que leur entendement tout entier est imparfait. La compréhension relève, en effet,
GOT TES en majeure partie de l'attention, mais nécessite en même temps tout un travail intellectuel dans lequel interviennent d’autres facultés, telles que le jugement et la mémoire. Nous jugeons donc la compréhension beaucoup plus commode à évaluer, dans notre examen, que l’attention laquelle, dit M. Toulouse, « est un phénomène trop délicat à analyser pour servir en clinique (1). » M. Binet fait la même constatation en 1897 : « Quoique beaucoup de recherches expérimentules qui ont demandé énormément de temps et de patience aient été faites sur l'attention, bien peu sont à l'abri de la critique (2) ». En 1895, Mi. Binet et Henri, après avoir donné plusieurs tests pour mesurer l'attention, concluaient : « La question des meilleures méthodes pour mesurer l’attention ést encore à l’ordre du jour (3) ».
Ce n’est pas à dire cependant que nous écartions l’attention de notre questionnaire. ['investigateur devra tenir compte de la faiblesse de cette faculté, s’il la constate. N'oublions pas que Janet pense que l’on ne dit rien de plus en parlant de la puissance d'attention d’un sujet qu’en parlant de son activité intellectuelle. Mais, tout en avouant la difficulté de doser l'attention en elle-même et en accordant une plus grande valeur pratique à la compréhension, tenons cependant compte d’un manque d'attention constaté.
Nous avions d’abord fait entrer dans notre méthode l'examen de la sensibilité générale et des sensibilités spéciales. Nous nous sommes aperçus, après un grand nombre d’essais, que cette exploration donnait peu de renseignements. La piupart de nos enfants et la totalité de ceux pour
(4) TouLouse. Revue de psychidirie.
(2) Biner. Année psychologique, 1891.
(3) Bixer et HENRI. Id., 1895.
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lesquels le diagnostic différentiel offre le plus d'intérêt, ne présentaient pas de troubles des sensibilités, si lon en excepte quelques cas d’hystérie.
De plus, cette étude de la sensibilité cutanée dans tous ses modes, et celle des sensibilités sensorielles nécessitait, pour être à l’abri de tout reproche, un examen long et minutieux. On faisait sentir à l’enfant de l’eau de Cologne et de ’ammoniaque ; on lui faisait goûter du sucre et un sel de quinine. Pour l’examen de l’ouie, il fallait faire entendre à chaque oreille le tic-tac d’une montre à des distances variées; pour la vue, présenter les sept couleurs fondamentales du spectre solaire, faire lire des lettres ou des dessins de différentes grandeurs.
De même, l’étude des sensibilités cutanées, pour être rigoureuse, nécessitait un temps considérable.
Les troubles des sensibilités générale et spéciale étaient donc assez rares chez nos enfants, ces troubles étaient ainsi peu intéressants et peu instructifs eu égard au but de notre questionnaire. Nous avions eu un moment la pensée d’introduire dans nos investigations une épreuve sur la musique et le chant. Nous avons craint que cette épreuve ne nous fut pas d’un grand secours. Un certain nombre des enfants de la Colonie ont des notions de musique et savent chanter assez bien, mais il était à craindre que la timidité vint nous donner, le plus souvent, des résultats inexacts.
La musique serait cependant intéressante à étudier chez les arriérés. Sur cent idiots de l’Institut de Reggio, douze avaient une sensibilité musicale très développée ; vingt
comprenaient la musique et pouvaient répéter une phrase
musicale, mais n'avaient pas une mémoire durable ; soixantehuit n’ont donné aucun résultat dans les expériences, par
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mauvaise volonté, incapacité d’attention, etc. (Bernardini et Ferrari, cités par A. Binet) (1).
Mais, somme toute, les aptitudes musicales nous parais-
sent trop délicates à étudier pour faire partie d’un examen
“clinique. D’autre part, elles nous renseigneraient assez peu sur le degré intellectuel de l'enfant. On a dit de la musique qu’elle était le moins intellectuel des arts. Nous connaissons, en effet, les remarquables dispositions musicales que peuvent présenter certains arriérés et, nous venons de le voir, certains idiots. ;
Nous avons éliminé également du questionnaire les sentiments esthétiques qui sont d’une culture supérieure à celles de nos enfants.
Des interrogations sur la morale ont été essayées. Elles nous ont donné, la plupart du temps, des résultats erronés sur le véritable état moral du sujet : ou bien nous avions affaire à un dégénéré vicieux qui, par pose, répondait dans un sens péjoratif par rapport à sa personnalité morale, ou bien nous répondait correctement selon la morale alors que, sans aucun doute, il eût agi en sens tout à fait différent. Aussi avons-nous supprimé le chapitre des ‘sentiments moraux.
On doit done écarter d’un examen ayant pour but de mesurer l'intelligence, tout ce qui relève du sentiment ou de la volonté. La morale, par exemple, ne vaut que par sa pratique, et c’est ici la volonté, et non plus lentendement qui joue le principal rôle. Nous ne pouvons mesurer avec une certaine précision que ce qui est du domaine de l’en-
(1). Bixer. Recherches expérimentales sur la mémoire musicale des idiots. Année psychologique, 1897.
tendement. Les manifestations de la sensibilité (plaisir et douleur), de même que celles de la volonté, ne doivent pas: entrer dans un examen objectif, puisqu'elles ne peuvent être
| appréciées exactement que par le sujet lui-même qui ressent ou qui veut.
4 Nous ne pouvons faire un paragraphe spécial pour l’élo- : cution de l'enfant, car chacun sait que la façon plus ou 2 moins aisée de s’exprimer n’est pas toujours, tant s’en faut,
en rapport avec le degré d'intelligence.
Après avoir soigneusement expérimenté et remanié notre
3 questionnaire, nous l'avons établi définitivement comme ; suit :