AMOR ES
rant parce que des maladies longues ou répétées l’auront retenu loin de l’école et de l’enseignement.
On devra donc se renseigner auprès des parents et tenir
compte de ces circonstances pour les notes attribuées aux réponses et pour le pronostic à formuler ensuite. Ces appréciations, comme on lé pense bien, seront surtout délicates pour les plus jeunes sujets (6 à 9 ans).
Notre questionnaire, en définitive, suppose que l'enfant a reçu une certaine instruction, bien sommaire 1l est vrai, mais il ne donnera de résultats exacts que si l'instruction a été tout au moins tentée chez l'enfant. L’interrogateur devra, de son côté, faire la part de ce que son sujet ignore parce qu’on ne le lui a jamais dit et de ce qu’il ignore parce qu'il n’a jamais pu le comprendre, bien qu’on le lui ait appris.
Notre méthode et nos cent premiers résultats obtenus ont été soumis, au Laboratoire de Psychologie expérimentale, à l'examen critique de M. Binet, dont on connaît la compétence en la matière. Sur son conseil. nous avons rendu un peu plus complexe l’examen des mouvements en y ajoutant deux épreuves complémentaires qui figurent ci-dessus dans l'exposé du questionnaire. L’une consiste à enfiler une aiguille au moyen d’un fil rigide (fil de laiton ou fil de fer). L'autre est l’expérience dite des petits points. Elle consiste à faire, avec un crayon, le plus possible de petits points dans un temps donné (6 secondes ordinairement). Le sujet en examen est soumis trois fois de suite à cette épreuve dont on ne conserve que le troisième résultat, les deux premiers étant destinés à l’entrainement. M. Binet étudia beaucoup cette expérience, il y a quelques années, avec M. Vaschide, Voici ce qu'il a constaté. « En moyenne, dit
Lg Rs
M. Binet (1), un adulte marque de 35 à 40 points. Les différences individuelles si grandes que cette épreuve met en relief dépendent, non seulement de la qualité de la vitesse, mais aussi de la synergie musculaire que chaque sujet réalise plus ou moins bien. L'expérience des petits points laisse après elle une sensation de fatigue accompagnée d’une sensation d’excitation, c’est une sorte d'état d’énervement difficile à définir. On note presque constamment de l’essoufflement comme si on venait de faire une course rapide, et rien n’est curieux comme de voir une personne s’essouffler la plume à la main et restant assise ; il y a aussi une forte accélération du cœur et une päleur du visage que nous
mettons sur le compte d’une vaso-constriction active ».
M. Binet nous recommanda beaucoup cette épreuve. Les résultats qu'il en obtint lui permettent de considérer le grand nombre de points faits en l’espace de 6 secondes comme étant presque un signe d'intelligence. En effet, nous avons soumis un certain nombre des enfants interrogés à cette expérience et nous avons remarqué la lenteur avec laquelle beaucoup de débiles mais, surtout d’imbéciles, inscrivent les points sur la feuille de papier. Mais, cette épreuve des petits points nous à paru un peu délicate, en ce sens qu'il est nécessaire d'y préparer lindividu si l’on veut obtenir un résultat valable. Il faut que le sujet comprenne un peu ce qu’on attend de lui, qu'il n’entasse pas trop les points l’un sur l’autre et déploie toute la vitesse dont il est capable. $
Les deux épreuves ajoutées par M. Binet à l’article mou-
vements compliquérent un peu plus celui-e1 et abaissérent
(4) Biver et Vascmipe. Epreuve de vitesse. Année psychologique, 1898.
quelques-uns de nos coefficients par trop élevés. M. Binet nous indique encore plusieurs autres questions utiles à poser et que nous avons ajoutées à différents paragraphes.
Afin de donner une idée plus nette de notre méthode et dé notre façon de procéder, nous reproduisons in eætenso quelques interrogatoires sur les coefficients attribués à chaque série de questions.
1. — Le jeune M. ., Maurice, se présente à nous assez propre. Figure propre, mais mains un peu tachées d'encre. Facies assez “intelligent. Politesse bien... Coefficient : 5.
I. — Langage correct. Prononce bien les mots difficiles, cependant tendance à dire aatilleur, aatillerie.
IT. — Quel est ton nom? M .., Maurice
Et tes autres prénoms? — Antonin.
Quel âge as-tu ? — J'ai 42 ans 1/2.
À quel pays es-tu né? — Je ne sais pas ;
En quelle année es-tu né? — Je ne sais pas.
Sais-tu dans quel mois et Ze combien du mois? —- Non,Monsieur. Où habitent tes parents ? — (Il nous donne l'adresse exactement).
Dans quel département es-tu né? — Dans la Seine-et-Oise, à Paris.
Coefficient — 8.