XX. — Compréhension et Attention
Qu'est-ce qu'une charpente?
Quel métier aimerais-tu mieux faire ?
Pourquoi ?
Pourquoi ne prends-tu pas le métier de ton père ?
Quelle différence y a-t-il entre la religion catholique et la religion protestante ?
Entre la religion catholique et la religion israélite ?
Ainsi établi, notre questionnaire nous permet d’étudier l'intelligence dans ses diverses manifestations.
Nous pensons n’avoir rien omis de ce qui se rapporte à la vie courante. En vingt chapitres de questions, nous avons groupé : la connaissance de soi-même, des personnes qui
nous entourent, celles du monde extérieur, les moyens de
relation avec le monde extérieur, le souci de l’avenir, le rôle dans la société, l'étude de certaines facultés importantes et de l’habitus extérieur, enfin des notions d’ordre
supérieur,
een Ve
Disons immédiatement que ce questionnaire n’est destiné qu'à l'examen des enfants atteints de débilité mentale et nullement à l'examen des aliénés délirants. Il est destiné à mesurer la capacité intellectuelle d’un enfant arriéré jouissant de l’usage de ses sens. La débilité est une question de plus ou de moins ; elle n’est point sujette aux caprices des délires et c’est pour cela qu’elle donne prise à la mensuration, à quelque moment qu’on veuille pratiquer celle-ci. Tout délire coexistant, chez un enfant, avec la débilité mentale, rend notre méthode inapplicable. On pourra cependant y recourir dans les phases de rémission des psychoses pour apprécier l’état intellectuel ou étudier les progrès de la démence, mais à condition que toute trace de délire ait disparu.
Bien que les questions aient été groupées en trois colonnes, répondant chacune plus spécialement à des âges différents, nous posons cependant toutes les questions à chaque enfant. Il ne faut pas se croire obligé de poser les questions dans les termes mêmes où nous les énonçons ici. Il faut, avant tout, mettre l’enfant à son aise, ne point l’intimider, lui parler avec douceur et bienveillance : ce sont là des conditions indispensables pour obtenir des réponses exactes. Il ne faut pas craindre d'employer les expressions et le style familier, afin d’être bien compris. Avant tout, on doit se mettre à la portée de l’enfant, répéter au besoin les questions, les développer pour les faire mieux saisir.
Notre questionnaire est donc un guide, une méthode d'examen, mais dont l’interrogateur pourra, à son gré, développer et amplifier les questions.
C’est une véritable conversation tenue avec l'enfant et dont le médecin qui interroge fait les frais. Avec les idiots
Le FN
ET 100 points ».
les imbéciles les Te arriérés, il faudra discourir et s’ex-
* pliquer longuement pour obtenir quelques. mots de réponse
juste ou même un oui ou un non exacts. Ce à quoi l'on doit tendre en interrogeant, c’est à se faire une idée nette
de l'état intellectuel de l'enfant sur telle ou telle notion de façon à pouvoir exprimer cette idée par un chifire.
Dans linterrogatoire, il sera donné un coefficient variant
de 0 à 9, selon la façon dont l'enfant aura répondu, pour chacun des vingt chapitres, si bien que le maximum des
points pour les vingt articles sera de 100. « Cet interrogatoire, dit M. Blin (1), effectué sur une série d’enfants nor- Une a presque constamment donné ce maximum de points
LE que je considére comme représentant la normale. Les
enfants arriérés se classeront donc sur une échelle de 0 à
Bien que l’on doive poser à hu enfant les questions
. des trois colonnes, on tiendra évidemment moins compte des réponses défectueuses sur les interrogations les plus difficiles de chaque chapitre, lorsqu'on aura affaire à un très
jeune enfant. Le coefficient attribué doit tenir grand compte de l’âge de l’enfant et de l'instruction tentée pour celui-ci. On ne peut considérer comme une défectuosité, chez un
sujet, l'ignorance du chef-lieu d’un département, si cela ne , . . . , » n . , .
lui a jamais été enseigné. Mais nous savons que cet écueil est peu à craindre aujourd’hui où l’instruction primaire est
obligatoire et presque toujours, lorsque l'enfant est ignorant sur ces données élémentaires, la faute en est à son intelligence, parfois il est vrai, à son mauvais vouloir et à son indiscipline. Il est cependant des cas où un enfant sera igno-
(4) Bu. Loc. cit.
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