‹ Essai de Diagnostic entre les États de Débilités MentalesChapitre 60 sur 78 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les résultats. — Leur interprétation.

Afin de mieux Caractériser la méthode que nous venons de proposer et d'étudier, il nous paraît utile de faire connaître maintenant les résultats de notre expérimentation.

Celle-ci a porté sur 250 enfants de la Colonie de Vaucluse. Nous avons laissé de côté la plupart de nos idiots profonds, d’ailleurs presque incapables de répondre et pour lesquels le diagnostic est manifeste. Ils sont, par cela même, peu intéressants au point de vuë qui nous occupe ; cependant, afin de pouvoir établir des comparaisons entre les diverses catégories d’arriérés, nous avons cru bon d'en interroger quelques-uns parmi les plus élevés dans le groupe de lidiotie.

La grande majorité des enfants sur lesquels ont porté nos expériences sont des débiles, des imbéciles et de simples dégénérés ; ce sont d’ailleurs les divers types de débilités mentales traités à la Colonie de Vaucluse, service plus spécialement destiné aux enfants susceptibles d’être occupés à un travail manuel. Les premiers résultats des interrogatoires furent soumis à l’examen critique de M. Binet, et la première pensée du distingué maître de l’école des Hautes-Etudes fut qu'il était nécessaire, pour préciser les résultats de la méthode, d’expérimenter en même temps cette dernière sur des enfants normaux, afin d’avoir un point de comparaison,

La réponse à cette objection, d’ailleurs faite a priori, était facile, car un certain nombre de nos malades sont des dégénérés, atteints de débilité ou d’imbécillité morale, mais sans atteinte de la sphère intellectuelle qui peut être considérée comme intacte.

Les 250 sujets sur lesquels ont porté nos examens sont âgés de sept à vingt-six ans. Nous avons donc pu étudier l'état intellectuel des débiles depuis l'enfance jusqu’à l’âge adulte.

Avant l’âge de sept ans, notre méthode n’est guëre sus- ceptible d’applications. Les notions généralement acquises par l'enfant, même normal, ne lui permettent pas de comprendre encore nos questions et d’y répondre.

Ce n’est, d’ailleurs, le plus souvent, que vers l’âge de sept ans que l'enfant est soumis à l'examen de l’aliéniste. Avant cet âge, les parents se sont bien aperçu que leur enfant « n’est pas comme les autres », leur attention a été accrue parfois à l’apparition de stigmates anatomiques de la dégénérescence, mais ils espèrent néanmoins en l’âge et en la croissance. D'autre part, pour le clinicien lui-même, un diagnostic intellectuel ferme est alors -assez malaisé : avant la septième année, on peut très bien confondre un idiot profond avec un imbécile et même, dans certains cas, avec un débile.

Chacun de nos examens nous a demandé un temps variable entre vingt minutes et une heure. La durée est subordonnée au degré d'intelligence du sujet : alors qu’un enfant normal répond facilement à nos questions, il faut, au contraire, avec les débiles accentués et surtout les imbéciles, s’armer de patience et n’économiser ni les paroles, ni les explications.

Dans l'exposé de nos résultats, nous avons groupé les enfants suivant la classe des débilités mentales à laquelle ils appartiennent et dans celle-ci, suivant les âges.

La moitié des sujets interrogés ont entre treize et seize ans.

$ I. — Débiles intellectuels et débiles moraux.

Les tableaux qui suivent contiennent les coefficients obtenus chez 160 débiles intellectuels proprement dits et débiles moraux.

Nous avons indiqué, à la partie inférieure des colonnes, les affections et les infirmités constatées qui peuvent plus ou moins entrer comme facteur dans la constitution de l’état intellectuel de l'enfant. Ont été également notés les enfants pourvus du certificat d’études primaires et ceux qui seront présentés l’année prochaine à cet examen.

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