‹ Essai de Diagnostic entre les États de Débilités MentalesChapitre 59 sur 78 · D ? SA · texte numérisé non relu

D ? SA

PET on

- Allant au devant des autres critiques qui pourront nous

être objectées, nous nous demandons si on ne pourra pas reprocher à notre méthode d’être un procédé rapide, trop rapide pour pouvoir se prononcer sur l’état d'un arriéré et obligeant, en ce qui concerne les notions d’érudition entre autres, à se contenter de quelques résultats insuffisants et par là susceptibles de nous induire en erreur.

À cela on pourrait répondre que notre méthode est destinée à faciliter le diagnostic, à unifier, en quelque sorte, les méthodes de classification des enfants et de rendre ainsi plus faciles les comparaisons, mais qu’elle n’écarte nullement l’idée d’une observation postérieure qui, s’aidant des renseignements fournis par l’instituteur, des mensurations anthropométriques, des remarques journalières relatives à chaque enfant, viendra confirmer le diagnostic et le compléter, en quelque sorte, en donnant à l’enfant, dans chacune des grandes classes de débilité mentale où il a été placé, sa caractéristique spéciale, sa note particulière.

Nous devons signaler, en terminant ce chapitre, quelques écueils rendant parfois impossible où, tout au moins, compliquant l'examen clinique des malades.

Ce sont, tout d’abord, la surdité et la surdi-mutité qui rendent tout interrogatoire inapplicable par les procédés ordinaires. De même la cécité ou les troubles de la vision suffisants pour avoir empêché l'enfant d'apprendre à lire, écrire, calculer et dessiner. Dans ce cas cependant, on peut pratiquer l'examen comme à l'ordinaire et, avec les coeilicients obtenus, prendre une moyenne qui représentera les notes absentes du dessin, de la lecture, de l'écriture et du calcul. Nous avons procédé ainsi pour deux enfants de la olonie. Lorsqu'il y a des troubles prononcés de la vision,

mais ayant permis cependant l'instruction jusqu’à un certain point, il faut en tenir compte dans les coefficients attribués, car un enfant qui voit mal aura beaucoup moins de facilités pour apprendre et progresser, sans compter la difficulté plus grande pour l’examiner.

Il faut: considérer encore comme un écueil pour notre procédé la paresse excessive d’un enfant à l’école, son manque de goût total pour l'instruction, alors que ses facultés intellectuelles lui permettraient de s’instruire largement. Nous avons aussi rencontré un exemple de ce genre parmi nos sujets.

Outre le mauvais état des sens et la paresse scolaire excessive, il faut signaler enfin la difficulté que l’on pourra rencontrer chez un individu qui comprend mal et parle plus ou moins difficilement la langue dans laquelle on s'adresse à lui. Nous avons ainsi éprouvé quelque difficulté à l'examen d’un jeune alsacien : il peut être alors très malaisé de faire la part du manque de compréhension par défaut d’intelligence et de la difficulté à comprendre une langue étrangère.

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