ENQUÊTE ET EXAMEN PORTANT SUR L'HÉRÉDITÉ
L'enquête sur l’hérédité du nourrisson ne comprendra pas seulement l’interrogatoire des parents, mais aussi
bien souvent l’examen de ceux-ci.
Syphilis. — Il faut surtout, avant tout rechercher la syphilis ; en effet, l’existence de stigmates chez les parents à souvent plus d'importance que l'examen clinique du nourrisson qui peut être complètement négatif ; mais surtout cet examen, même très succinct des parents, a plus de valeur que les réactions sérologiques, trop souvent trompeuses.
On interrogera donc les parents sur les accidents qu'ils ont pu présenter. On insistera surtout sur l’existence. de fausses couches, d'enfants nés avant terme, de polyléthalité infantile, sur l'existence de troubles de développement chez les autres enfants. :
Si l’interrogatoire donne la moindre ‘suspicion en faveur de la syphilis, il sera nécessaire de rechercher des stigmates chez les parents, de s'assurer par un examen rapide, de l’état de l’aorte, des réactions pupillaires.
L'importance de ces recherches est d’autant plus grande que des enfants, nés de parents syphilitiques, peuvent naître à terme, absolument normaux, et avoir, pendant
un certain temps, surtout s'ils sont élevés au sein, un développement normal.
Si la syphilis est en cause, l'institution du traitement sans changer le régime, évitera bien souvent les interminables tâätonnements de diététique inefficaces en l’absen-
ce du traitement spécifique.
Tuberculose. — La recherche de la tuberculose des parents est aussi importante. On n'hésitera donc pas, si l'interrogatoire apprend l'existence de troubles respiraloires chez les ascendants de l’enfant, à rechercher chez eux des signes cliniques, radiologiques et Eactériologiques de tuberculose.
En effet, bien plus que l'examen de l'enfant, qui est souvent absolument négatif, ce sera l'existence de manifestations tuberculeuses, chez le père, la mère ou les frères et sœurs, qui orientera vers l’idée de la tuberculose. On sera ainsi amené à faire une radio, une cutiréaction et on pourra ainsi découvrir chez le nourrisson une infection par le bacille de Koch: qui explique, et les troubles qu'il présente et l'échec des thérapeutiques instituées précédemment.
Si les recherches portant sur la syphilis et la tuberculose sont les plus importantes, il ne faut cependant pas négliger de faire porter l’interrogatoire et l'examen sur
les autres troubles que peuvent présenter les parents.
Alcoolisme. — Il faut rechercher une hérédité nerveuse, et l'alcoolisme chez les parents. Très souvent, d'’ailleurs, l’attention est attirée par leur habitus extérieur.
On interrogera alors ceux-ci sur l’existence de cauche-
Pt an
mars, de crampes ; on recherchera un léger subictère, le tremblement, ete. Ces recherches pourront permettre de
rapporter à leur cause bien des gastro ou entéro-névroses.
Arthritisme. — On essayera aussi de dépister des accidents d’ordre arthritique. La découverte chez le père ou la mère de goutte, de migraines, d'asthme, de manifestations cutanées telles que eczéma, urticaire, devra faire craindre l'apparition d'accidents de même, nature chez les enfants et l’on sait que l’hyper-alimentation doit être
particulièrement évitée chez ces hérédo-arthritiques.
Troubles digestifs. —- On n’oubliera pas non plus de rechercher une hérédité digestive directe : hyperchlorhydrie, ulcus gastrique ou duodénal, colite muqueuse, etc.