‹ Essai de Diététique pratique du NourrissonChapitre 27 sur 31 · IV. PETITS DYSPEPTIQUES · texte numérisé non relu

IV. PETITS DYSPEPTIQUES

H s’agit d'enfants qui, du fait d'insuffisance digestive (affections dysergiques, Marfan) ne digèrent parfaitement, ni le lait, ni les farines. Ce sont des enfants élevés au lait, chez qui on ne peut dépasser une certaine dose, sans voir survenir des incidents. Ceux-ci consistent en éruptions diverses, en troubles intestinaux (coliques, ballonnement abdominal, selles mal digérées), en phénomènes gastriques (hoquet, éructations, vomissements intermittents qui ont nu faire donner à ces enfants Île nom de petits vomisseurs). Malgré ces incidents, l'état général reste bon et la croissance peut se faire à peu près normalement, D'ailleurs, ces troubles tendent à s’atténuer à partir du 4° mois (dyspepsie transitoire du nourrisson, Alarçon).

Dans ces cas, de traitement difficile, nous commençons

par essayer les laits modifiés : lait homogénéisé, lait pré-

digéré (kymosine, suc gastrique naturel ou artificiel, pepsine, limonade chlorhydropeptique, laits modifiés dans leur mode de coagulation (aturai).

En cas d'échec, nous avons recours à une alimentation mixte.

Si l'enfant tolère très peu le lait, nous complétons sa ration avec des farines maltées, presque complètement solubilisées par le malt (Mellins-food). On met 3 cuillerées à soupe de cette préparation pour 500 grammes d'un mélange d’eau et de lait, en proportions variables selon l’âge de l'enfant : 1/4 de lait, 3/4 d’eau, pour les tout petits ; 1/2 lait, 1/2 eau à 3 mois ; 3/4 lait, 1/4 eau à 6 mois.

Si, au contraire, l'enfant tolère à peu près bien le lait, mais ne pousse pas, on détermine souvent une croissance rapide en donnant de l’eau farineuse (Dayras). On fait cuire une cuillerée à soupe de farine d’orge et de blé dans la quantité d’eau nécessaire pour couper les biberons de la journée ; on se sert de cette eau farineuse pour couper le lait à la place d’eau bouillie ordinaire.

Lorque les farines sont également imparfaitement digérées, nous effectuons des mélanges de différents alimenis. :

On donne des biberons contenant en même temps

— Du babeurre ou du lait écrémé.

-— Des farines maltées.

— Du bouillon de légumes. gi

On peut faire varier la proportion de ces aliments selon les résultats obtenus.

On peut aussi faire alterner les régimes (Terrien). Tout se passe en effet comme si les sucs digestifs de l’enfant S épuisaient rapidement ; en effet, la tolérance aux différents aliments n’est que passagère. On est alors obligé de donner, tantôt des farines, tantôt du lait.

Ces troubles disparaissent en général entre 4 et 6 mois et ultérieurement ces enfants digèrent le plus souvent bien, du fait de l'alimentation variée qu'on peut leur donner.

Si des troubles du même ordre apparaissent plus tardivement dans le cours de la seconde année, nous avons recours au kéfir maigre n° > qui peut constituer pendant assez longtemps l’aliment exclusif et qui nous donne, en

général, de très bon résultats.

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