CHAPITRE III
Allaitement Artificiel
La pratique de l'allaitement artificiel, malgré les pro: grès réalisés depuis l’emploi des laits stérilisés, ne doit être considérée que comme un pis aller, et c’est toujours une grosse responsabilité que de déconseiller pour une raison quelconque l'allaitement maternel.
Bien conduit, cependant, l'allaitement artificiel permet dans nombre de cas, d'élever un nourrisson dans des conditions favorables ; mais pour avoir les meïlleurs résultats, il faut se rapprocher, autant que possible, en quantité et en qualité, des conditions de l'allaitement
maternel.
Choix du lait. — Le lait de vache est le seul couramment employé. 4
La qualité primordiale d’un lait est sa pureté, et c’est pourquoi, dans les grandes villes, il faut préférer à un lait de composition douteuse, plus où moins infecté, les laits stérilisés ou condensés du commerce. En été surtout,
pe
les laits ordinaires, maigré l’ébullition, risquent d’être nocifs par les toxines qu'ils contiennent.
Il faut donner de plus un lait vivant ; ce serait le seul avantage du lait frais sur les laits concentrés ou en poudre ; ceux-ci, cependant, s'ils sont de fabrication récente, conservent une bonne partie de leurs vitamines ; il sera prudent, malgré tout, dé donner du jus de fruit aux enfants élevés exclusivement avec ces laits.
Quel que soit le lait que l’on emploie, il faut se rapprocher, autant que possible, des conditions de l’allaite-
ment maternel.
Sucrage et coupage du lait. — Si on emploie le lait de
vache ordinaire, il est nécessaire de le sucrer et de le couper.
Pour sucrer le lait, on met de 5 à ro gr. par biberon ; mais on peut être amené à en donner beaucoup plus ; chez des enfants ne poussant pas avec une ration de lait suffisante, on peut avoir de bons résultats en donnant du lait hypersucré.
‘Pour le coupage, une méthode simple, est celle qui con- siste à mettre toujours la même quantité d’eau. En en mettant 25 gr. par biberon, on se rapproche des règles indiquées par la plupart des auteurs. Il n’y a qu'à augmenter, selon l'âge, la quantité de lait, jusqu’à ce qu’on atteigne un maximum de 150 gr. ; à ce moment, on diminue progressivement l’eau, pour ne pas augmenter inutilement la ration de liquide.
Pour les laits condensés du commerce, il faut une cuil-
lerée à café de lait pour 4o gr. environ.
Lorsque l'allaitement artificiel doit être donné à des enfants très jeunes, des débiles ou des prématurés, il est scuvent utile de donner des laits plus faciles à digérer. On peut prescrire des produits tels que ferments-lab, atural, kymosine, citrate de soude ; on peut donner aussi du lait d’ânesse, du lait écrémé ou du lait sec demi-
gras ; C'est surtout au babeurre qu'il faut avoir recours.
Etablissement de la ration. —:Pour calculer la ration
journalière, on peut se baser sur le poids, sur la taille
ou sur l’âge, Chez un enfant bien portant, un seul de ces éléments suffit.
Le plus simple est de se baser sur l’âge ; on ‘peut employer la formule de Terrien, la plus simple à retenir : la première semaine le nombre des tétées étant de 6,
l'enfant recevra à chaque tétée autant de fois 10 gr. qu'il
a de jours (soit 10 gr. par repas et par journée d'âge). À
chaque semaine suivante, cette quantité augmente enco-
re de 10 gr., soit 10 gr. de plus par repas chaque semai-
ne. À partir de un mois, augmentation de 10 gr. par
mois et par repas jusqu'à 5 mois ».
En se basant sur le poids, on peut donner par 24 heu res le 1/10 du poids, plus 200 gr.
Pour les enfants ayant un retard de développement, il faut se baser pour établir la ration alimentaire sur le triple critérium du poids, de l’âge et de la taille, et éta-
blir une moyenne. C’est ainsi que, chez un enfant ayant
un poids au-dessous de la normale, et une taille en rap-
port avec celle de son âge, une ration basée sur le poids serait insuffisante. 4