CHAPITRE X.—-La Particule
La particule est une espèce de mots. destinés à exprimer les affections de l’âme. Ces mots sont des images des mouvements intérieurs, par le moyen desquels on ajoute à la peinture de la pensée celle dela situation, soit de l’Ame qui sent, soit de l’esprit qui peint. Ces deux situations produisent deux ordres de parti cules : les unes de sensibilité, auxquelles on donne le nom d’interjectives : les autres de tuurnure de discours, auxquelles on donne le nom de discursives.
Les particules interjectives se subdivisent en trois classes, savoir : les exclamatives, les acclamatives, et les imprécatives.
1. Les exclamatives, pour exprimer le plaisir, la douleur, la joie, le chagrin, l’invocation, la surprise, l’impatience ou le désagrément, sont, ah, aih, hihi, hélas, ., quoi, eh, dame, oh, ouais, ouf.
2, Les acclamatives, pour exprimer l’applaudissement, le rebut, le désir, la bienveillance, le consentement et l’agacerie, sont, bon, fi, bis, vivat, amen, xexe.
8. Les imprécatives sont tous ces mats dont on se sert quelquefois dans le langage familier pour prendre un ton de résolution, de colère ou de grenadier, afin d’en imposer. Ils ne sont pas en vérité du beau style : et il y a même souvent de l’indécence à s'en servir. La politesse les autorise si peu qu’il n’y en a presque point de fixés par un usage général : chacun s’en bit à sa mode : en voici quelques-uns des plus communs, jarni, mardi, morbleu, diable, peste, soufre, eadedis, sacrebleu.
Les particules discursives se subdivisent cn six classes, savoir : les assertives, les admonitives, les imitatives, les exhbitives, les explétives, et les précursives.
1. Les assertives servent à donner au discours un tour d’assertion, soit par voie d’affirmation, de négation, ou de doute : certes, oui, non, ne, pas, point, plus, peut-être, voire.
2. Les admonitives donnent un tour d'avertissement, soit en excitant, prévenant, instruisant, appelant, arrêtant, ou selusnt : courages alerte, gare, hola, chut, hu, dia, ste, hem, toubau,
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8. Les imitatives rendent les sons que forinent les bétes et que le choc des corps fait entendre : bêé, cric, crac, tic, tac, pouf.
4. Les exhibitives présentent et montrent la chose aux yeux : ci, voici, voilà. La première n’est d’usage que dans les comptes.
5. Les explétives servent simplement à arrondir ou à affermir un autre mot, qui le plus souvent est particule lui-même ou conjonction. T'els sont, ça, da, bien, sus, dans ces expressions, ah ça, oui dà, eh bien, or sus.
6, Les précursives servent comme des avant-coureurs destinés à préparer l’esprit à la tournure d’idée dans laquelle on veut qu’il prenne ce qui suit. Il n’y en a que deux, savoir: deetque. La première dispose à ne point prendre dans un sens absolu et général ce qu’elle précède, mais uniquement dans un sens d'extrait : Ex. Il y a de l’éloquent et du vrai dans ce discours. Cet homme a de Pesprit et de l’adresse. Quand en a de Ja vertu on résiste à la tentation. La seconde d'un service multiplié dispose l’esprit à l’une de ces cinq tournures ; 10. d’admiration, suit pour la qualité soit pour la quantité : Ex. que cette princesse est bonne : 20. de reproche ; Ex. que ne veniez-vous plutôt? 30. de commandement ; Ex. que l’on obéisse sans réplique : 40. de souhaït ; Ex. que le ciel le comble de ses faveurs : 50. d’hypothèse ; que le public bläme ou approuve, il n’en faut pas être moins vertiieux,
Remarque.— La piupart des grammairiens nomment cette