I. De la phrase considérée par rapport au sens
10, En considérant la phrase par rapport au sens, on la trouve de trois espèces, Sielle n’a qu’un sens commencé ou suspendu,
servant simplement à énoncer un des membres nécessaires à l’ex= pression d’un sens entièrement formé : c'est ce qu’on appele la phrase subordinative. Ex. Qui a beaucoup d’ambition ; où il est clair que le sens n’est pas achevé, et qu'elle doit être partie d’une autre plus nombreuse, soit comme subjectif, soit comme terminatif. Ex. Qui a beaucoup d’ambition goute peu la vie tranquille : [Une faut pas se fier à qui a beaucoup d’ambition.
20. La phrase peut aussi avoir un sens formé, mais lié à un autre par un rapport, ou de dépendance pour faire un composé, ou de pur assemblage pour former un total. Alors on la nomme phrase relative : tellés que sont celles des deux exemples suivans, dont le premier montre un rapport de dépendance, et le second un simple rapport de parties rassemblées. Quoique la nature inspire a homme l’amour de la liberté, ilne travaille néanmoins qu’à se forger des chaines. Il faut que le courtisan se prépare à tous les L événemens, faveurs et disgräces : qu’il ne soit mi énorgueilli par les unes ni abattu par les autres.
30. La phrase enfin peut seule, sans le secours d’aucune compagne, exprimer un sens parfait et finis ÆEx. Nous cherchons en vain le bonheur hors des sentiments et des pratiques de la piété chrétienne. C’est la phrase détachée.
IT, De la phrase considérée par rapport au nombre de ses membres.
Si on examine la phrase par lé nombre des membres dont elle est construite, on verra qu'elle se divise pareillement en trois espèces.
10. La première que l’on nomme phrase incomplette, se bornant aux membres essentiels, le subjectif et l’éttributif, n’a ni objectif, ni circonstanciel. Ex. Les politiques dissimulent. (On appèk. Allez donc. |
20. La seconde que l’on nomme phrase complette, est celle dans la quelle, outre le subjectif et Pattributif, se trouvent encore les trois suivans, l’objectif, le terminatif et le circonstanciel, ou quelqu’un d’eux selon que la nature de l’attribution la requiert, Ex. L'homme donne trop légèrement sa confiance aux adulateurs. Le fanfjaron insulte le faible. L’ambitieux sacrifie tout à la fortune. Le traitre ment impudemment.
30. La troisième que l’on nomme phrase intégrale, est celle qui renferme tous les membres mentionnés dans l'énumération des parties constructives, Ex. Monsieur, si vous me faites promptement réponse. Monsieur est l'adjonctif, si le conjoneuf, vous le subjectif, me le terminatif, faites l’attribucif, promplement le circonstanciel, réponse V’objectif,
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dont elle en trois
y bornant objectif, ñ appèle.
celle dans ncore les ou quelert, Ex.
eurs. Le à fortune.
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On voit par ces définitions et par les rxemples rapportés plus haut, que le conjonctif et l’adjonctif sont indifférens pour déterminer la phrase à être complette ou incomplette: mais qu'ils sont nécessaires pour la rendre intégrale.
ILT, De la phrase considérée par l’énonciation de ses membres.
La phrase considérée par l’énonciation de ses membres se divise pareillement en trois espèces, savoir : en simplifiée, en compliquée et en implicite.
lo. Les membres de la phrase peuvent être énoncés par une expression simple, c’est-à-dire, par un seul mot dénué de tout accompagnement, excepté de l’article et de ce qu’on nomme auxiliaire ; car ces deux sortes de mots s’unissent si fortement aux autres dans l’énonciation d’un membre de phrase qu’ils n’en altèrent point la simplicité. C'est cette première manière d’énoncer un membre de phrase qui constitue la phrase simplifiée. Ex. Le cœur trompe souvent lesprit.
20. Si ces membres sont énoncés par plusieurs mots unis ensemble, cette seconde manière d’énoncer est ce qui constitue la phrase compliquée. Ex. Celui qui menace le plus n’est pas, dans
l’occasion, le plus à redouter.
e 80. Si le subjectif ou l’attributif et quelque fois même tous les deux ne sont pas expressément énoncés ‘’äns la phrase, mais y sont simplement sous-entendus, cette troisième manière d’énoncer constitue la phrase implicite. Ex. 4 moi camarades. Heureux l’homme sans ait . Pourquoi se fier à des témoignages suspects ?
IV. De la phrase considérée par rapport à la forme de la structure.
La phrase considérée par la forme de la structure a aussi trois différences essentielles et générales, qui constituent autant de formes: savoir, l'expositive, l’impérative et l’interrogariive. Chacure de ces formes influe d’une façon particulière sur l'harmonie des membres. ; :
10. La phrase est expositive par sa forme lorsqu'elle décrit simplement ; soit en narrant, soit en faisant une hypothèse, soit en tirant une conséquence. Ex. L'intérêt, le plasir et la gloire sont trois
grands mobiles de nos actions et de notre conduite. Les hommes seraient
tous heureux si l’équitéles gouvernait tous. Il faut qu’il y ait des passions pour qu’il y ait des vertus.
La phrase est impérative lorsqu’elle fait entendre qu’on sh quelque chose par FORMS par exhortation ou par suppli-
plication. On lui donne cette forme à la première et à la seconde personne, en supprimant le pronom qui devait être le subjectif et en mettant en apostrophe toute dénomination à qui s'sdresse le discours. Ex. Fuyons la mauvaise compagnie. JN’attendez pas au lendemain. Obéissez au prince. Mortels, gardez-vous des appas séducteurs. Pour la troisième personne l’on ne supprime rien: on ajoute seulement la particule que et l’on met le verbe au subjonctif, Ex. Qu'il aille. Qu'ils écoutent. Que chacun fasse son devoir. Que les troupes aient défilé avant la nuit.
80. La phrase est interrogative lorsqu'elle a un tour d’enquête, qu’elle peut prendre par mauière de question, de doute ou d'avis, comme uans les exemples suivans. Qu’avez-vous résolu ? Quoi faire dans ces circonstances? Que ne profitail-il de l’occasion ? Cette forme se donne par trois moyens. Le premier en plaçant à la tête du régime l'un de ces pronoms relatils, qui, lequel, quoi, comme subjectif, objectif ou terminatif, Ex. Qu! trouvera la pierre que Lens La quelle des deux vous a plu ? Que faire à tout cela ? Le second moyen est en joignant à la dénomination l'adjectif pronominal quel. Ex. Quel monstre vous a fait peur ? Quelle femme prendre pour ne pas s’en repentir ? Le troisième moyen est de transporter le subjectif après le verbe qui sert à énoncer l’attributif. Mais il faut observer si ce verbe est d’un seul mot ou s’il est composé.du participe et de l’auxiliaire, et si le subjectif est un de ces huit pronoms, 7e, tu, vous, nous, il, elle, ou, ce, ou quelqu’autre expression ; parce que cela fait quelque différence dans la transposition. Lorsque le subjecuf est un de ces pronoms que nous venons de mentionner, ce qui arrive assez ordinairement ; sa transposition ne va pas jusqu’au delà du participe joirt À l’auxiliaire ; il se contente de se placer entre eux. Ex. Ai-je bien expliqué ce détail de construction ? As-tu profité de sa bonne volonté? Avez-vous satisfait à vos engagements ? Sommes-nous plus heureux dans l’élévalion que duns la médiocrité ? Sont-ils arrivés à temps ? Aurait-elle trahison ami? Se voit-on des mêmes yeux dont on regarde les autres ? Est-ce docilité que de sacrifier à l’opinion des hommes? Lorsque le subjecuf est énoncé par d'autres mots que par quelqu'un de ces huit pronoms, ce qui n'arrive que dans les phrases qui commencent par que, qui, ou quel ; alors sa transposition va toujours jusqu’après le verbe entier, quoique compüsé d’auxiliaire et de participe. Ex. Qu’avait fail votre fille pour la corriger si rudement ? À quoi auraient servi vos remontrances ? Quel crime a commis cet homme ? On peut ajouter au pronom de la troisième personne une dénomiaation propre qui serve à énoncer conjointement avec le subjectif, Alors la dénom nation marche avant le verbe, sans empècher que le pronom ne vienne qu'après pour donner à ia phrase la forme
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