‹ Essai de grammaire française [microforme]Chapitre 4 sur 40 · VIN · texte numérisé non relu

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composé ancun ou sur lala française, (Voyez le Biographie Universelle 2°. 32, p. 467 et 468.) dt

Je ne me suis déterminé à publier cet essai de qu'après en avoir fait l’épreuve en divers endroits ESS deux ou trois ans, en faisant usuge d’une méthode très facile dans la pratique. Pour mieux me fuire entendre, il faut que je dise que cet ouvrage comprend la nomenclature et la construction

ment dite d’une manière presque aussi étendue que dans loriginal, mais que j’ai eu soin de comprimer les principes fondamentaux de ces deux parties de la grammaire d’une manière assez concise, pour en faire des élémens proportionnés à une instruction absolument primaire. Ces élémens sont renfermés dans les notions préliminaires et dans le premier chapitre de la nomenclature, dans la conjugaison des verbes et dans les notions générales sur le régime et sur les parties constructives de la phrase qui précèdent l'étude des tableaux analytiques de la construction.

J'exige que les élèves apprennent cela par cœur, et qu'ils puissent le réciter imperturbablement chaque fois que l’occasion s’en présente. Cette tâche n’est pas fort difficile ; puisqu’elle ne comprend qu’environ trois pages, les verbes non compris. Quand à ceux-ci on les apprend aussi facilement que les trois pages dont on vient de parler. Voici l’avantage qu’on retire de cette méthode. Dès que les élèves savent les définitions des dix parties du discours et le chapitre de l’article, on les exerce à reconnaitre dans leurs lectures, les différentes parties d’oraison, ce en quoi ils réussissent en moins de temps qu’on ne pense généralement. Lorsqu'ils peuvent faire facilement l’analyse énonciative, que plusieurs appellent grammaticale, on doit les exercer à reconnaitre dans leurs lectures les différentes parties constructives de la phrase. J’observerai que tous ces exercices sur la grammaire commencent par le récit que font les élèves de tout ce qu’ils doivent savoir par cœur, en exceptant le verbe qui est l’ojet d’une étude particulière. J’observerai de plus qu’on les tient tous attentifs à la fois en leur faisant répéter ces leçons par petites portions, soit suivant l’ordre dans lequel ils se trouvent placés, soit en interrompant cet ordre par une question faite à quelqu’un d’eux au moment où il s’y attend le moins, et en excitant sans cesse

leur émulation par la crainte de céder leur place à un condisciple placé plus bas, si celui-ci répondait quand ils ne sont pas

bles de le faire eux-mêmes. Lorsque les élèves peuvent faire l’analyse énonciative et l’anaiyse constructive d’une manière proportionnée à un enseignement primaire, l’instituteur doit leur expliquer tout le reste de la grammaire, en leur en faisant observer les règles, d’abord dans des passages choisis, et ensuite pris au hasard, jusqu’à ce que le tout Le soit très familiér. Jusqu’à présent les élèves à qui jai fait faire l'essai de cette méthode n’étaient que des enfans de dix à douze ans qui ne faisaient que de commencer à lire et à écrire et qui ont réussi au-delà de mes espérances. Que ne pourrait-on pas espérer de jeunes gens qui auraient fait un peu plus de progrès dans la lecture et dans l'écriture sur-tout si l’enseignement mutuel secondait ce plan d’étude ?

Cette méthode de faire apprendre peu de choses par cœur et d’inculquer les principes par la pratique est fondée our l’expériénce. C’est la méthode que suivaitle savant Du Marsais pour enseigner le latin. : “ J’en appèle, dit-il, à tous les savans ‘ qui ne font point métier d’enseigner, et il n’y en pas un qui nait oublié la règle, et qui ne se ressouvienne de la plupart “ des prétérits et des supins ; l’usuge les a gravés dans leur “ esprit. ” J’aieu occasion de consulter des savans sur ce sujet : ils étaient d’accord avec moi que l’on oublie les règles de grammaire et qu’on se décide dans l’occasion d’après un nombre de petites phrases qu’on a profondément gravés dans la mémoire et qui servent comme autant de patrons, à tailler, pour ainsi dire, les phrases sur lesquelles on a quelques doutes. Quant à la quantité des choses que les hommes, qui géneralement parlant passent pour bien instruits, possèdent en fait de grammaire, j'ai souvent eu l’occasion de m’assurer que peu d’entre eux ont constamment présent à la mémoire une plus grande quantité de notions claires et positives que celles que j’exige que l’on apprenne par cœur. Toute la difficulté consiste à rendre les élèves attentifs. En eflet si vous pouvez captiver leur attention vous devez obtenir les mêmes résultats que vous observez continuellement dans le cours de la vie. Par exemple, vous êtes témoin d’un fait qui se passe devant vous. Que l’on vous interroge, vous allez raconter ce que vous avez vu et

entendu, sans avoir pris la peine d’apprendre par cœur aucune suite de mots pour donner votre réponse. Si par la suite vous êtes obligé de raconter cet événement, vous.le rapporterez fidèlement, avec d’autres expressions sans doute, mais qui exprimeront la même chose. Les autres personnes qui étaient tussi présentes en feront autant que vous quand on les interrogera sur ce fait. Il en serait de même des explications grammaticales si les instituteurs prenaient la peine de bien les graver dans l'esprit de leurs élèves.

Îl ne faut pas conclure delà que je sois absolument opposé à ce que les enfans apprennent par cœur aucune autre chose que ce que je viens dire que j’exige d'eux. Seulement je eur réserve cette tâche pour des objets qui méritent d’être constament présens à leur esprit, tels seraient les plus beaux passages de l’art poétique de Boileau, des vers techniques sur la géographie et sur l‘histoire, les vers dorés de Pythagore, ou d’autres morceaux sur des sujets intéressans.

Par ce que je viens dire on voit que mes soins ont pour but Pinstruction de la jeunesse. Cependant si quelques personnes déjà bien instruites désiraient se procurer la satisfaction de débrouiller avec Girard la proposition grammaticale, elles trouveraient dans cet essai tout ce que ce célèbre grammairien dit sur la construction, accompagné de tableaux analytiques, qui pourraient en deux ou trois Jours et même en quelques heures les rendre familliers avec un sujet qui, jusqu’à présent, a semblé inaccessible à la plupart des grammairiens. Je dirai en outre que l’on peut fort bien étudier cette importante portion de la grammaire en suivant pour le reste, les notions grammaticales que l’on a déjà puisés ailleurs.

La célérité et l’utilité qui sur-tout caractérisent les améliorations du dix-neuvième siècle, m’imposaient la loi de chercher une méthode aussi concise et aussi substantielle qu’il m’était possible. En cela je ne fais que suivre le noble exemple que nous donnent les colléges dirigés par notre clergé catholique, qui depuis plusieurs années accélèrent sagement et progressivement leurs cours d’études, en même temps qu’ils étendent de plus en plus la sphère des connaissances utiles,

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