‹ Essai de grammaire française [microforme]Chapitre 3 sur 40 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Dans cet essai de grammaire française je me propose particulièremént de faire connaitre les principes que l’ubbé Girard a ei bien développés dans sa grammaire, mais dont n’on a pas assez profité.

Les éloges de cet ouvrage, que javais souvent rencontrés dans mes recherches grammaticales, me déterminèrent, il y a sept à huit ans, à en faire une étude spéciale. Une première lecture me confirma dans mon dessein. Je commençai donc à en faire le précis dans le même ordre qu'offre l’original. Mais

quand je fus à peu près au tiers de ma tâche, ayant remarqué :

que Girard divise en général la grammaire en quatre branches distinctes, savoir la nomenclature, la construction, la syntaxe et l'orthographe, ainsi qu’un grand nombre de grammariens le font, sans cependant appliquer cette division à son ouvrage, je recommençai mon travail et le distribuai selon cette division. Lorsque je me fus un peu faniliarisé avec les sept parties constructives de la phrase, je sentis combien Condillac avait raison de dire qu’une science était une langue bien faite, puisque avec les sept mots qui dénomment ces sept membres de phrase, et avec les dix parties du discours que comprend le système de Girard, on possède un langage par le moyen du quel on peut analyser chaque partie d’une phrase avec clarté et précision, ainsi qu’on peut le voir dans les tableaux de la construction placés à la fin de ce volume. L’acquisition de cette méthode analytique me fit d’abcrd éprouver le plaisir que l’on ressent lorsque l’on découvre une vérité importante ; mais elle me fit regretter de n’avoir pas apprécié plutôt une giammaire, suivant moi, si supérieure aux autres. Cependant je me persuadai que je serais bien récompensé de mes peines, si elles pouvaient contribuer à l’instruction de la jeunesse.

Dans cet essai je ne me proposais que de donner la nomenclature et la construction, czpendant je le termine par un traité de ponctuation, parce que Je la considère comme le complément de la construction. Quant à la syntaxe et à l’orthographe, je laisse à l’instituteur le soin d’en faire remarquer, à ses élèves, des prin pes dans les exemples que je donne en cet ouvrage.

Je cr de bi dans bien Da rése gram traité

Je crois devoir prévenir ici le lecteur, que s’il se donne la peine de bien examiner les dix règles du régime constructif expliquées dans le ch. VII de la construction, il trouvera qu’il lui reste bien peu à faire pour se mettre au fait de la syntaxe.

Dans le cours de cet essai, je mentionne quelquefois que je réserve pour la syntaxe des explications sur quelques points de grammaire, c’est que j’ai extrait de la grammaire de Girard un traité de syntaxe : mais j'attends pour le publier que quelques circonstances l’exigent.

Je suis dans cet ouvrage l’orthographe de Voltaire, voici les motifs qui m’ont engagé à la préférer à celle de l’abbé Girard. Si l’on consulte la grammaire de Buffer n © . 957, la versification que l’on trouve en celle de Wailly, édition de 1786 et les écrivains du commencement du dix-huitième siècle, on voit que l'orthographe française était si peu fixée à cette époque que plusieurs hommes de lettres se faisaient sur ce sujet des systèmes différens, aux quels ils se conformaient dans leurs écrits, sans attendre que l’usage les eût adoptés : et Girard était de ce nombre. Cependant deux grandes autorités se balançaient, l’académie française d’un côté, et Voltaire de l’autre. Girard dans sa grammaire T. IL. p. 344, faisant, sans doute, allusion à l’orthographe de ce dernier, remarque qu’un usage, qui ne faisait que de naitre, exigeait que l’on écrivit angluis, français, j’avuis, j’aimerais, &e., au lieu d’anglois, de françois, ou de j’avois, &c., comme on avait écrit avant ce nouvel usage. ‘ Je ne crois pas, dit-il, ‘6 qu’on doive l’adopter avant qu’il ait acquis le crédit public, “ quelque raisonné qu’il puisse être. ” Depuis 1747 que Girard a publié sa grammaire, l’orthographe de Voltaire a été si généralement pratiquée que je crois me conformer aux intentions de notre savant grammairien en suivant cette orthographe dans cet essai. C: manque de fixité dans lorthographe française ne doit pas beaucoup nous surprendre, si nous considérons que la première grammaire française que l’on connaît, fut publiée à Londres, en juillet 1530, par l’anglais Jean Palsgrave, qui prétendait que le français s'était mieux conservé en Angleterre qu’en France ; et que la seconde fut publiée en latin, à Paris, en janvier 1531, par Jacques Dubois, qui affirmait que personne avant lui n’avait à sa connaissance,

ne es mm re

Page 1