‹ Essai de logique judiciaire [microforme]Chapitre 23 sur 35 · IRE · texte numérisé non relu

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On sent qu'il y à dans ce suffrage beaucoup de bierveillance de la part « de M. de La Romiguièr e; M. de St. Albin n'a pas poussé si loin ses prétentions. # N'est-ce pas, dit-il, la logique la plus sûre et la plus élevée qu conduit les magistrats, les administrateurs, les guerriers dans leurs carrières si différentes ? N’est-pas cette logique qui, dans tous les siècles, a été la règle des philosophes, des publicistes, Homère, Phidias, Aristote, Tacite jusqu'à nos jours.”

En ettet, “les vrais poûtes ont été d'aussi meérveilieux logiciens que les philosopli es; et la poésie, la vraie nr n’est que la raison once de l'imagination et par le rhyvtme,” dit Timon, en eritiquant les poésies de M, de Lumartine.—La poésie et la peinture sont sœurs. Dans & peinture, la logique n’est autre chose que la vérité dans la conception, lx vérité locale, Pobservation des niœurs qui conviennent aux personnages du tableau, la perspective, la couleur, ete. Tous les grands maitres ont observé plus où moims cette logique; mais il parait que IS anciens maîtres ont été surpassés en beaucoup de “hoses par les modernes, Il est dit dans un ivre bien ingénieux et bien curieux par Un Gradué d'Oxford” que parmi les anciens, Teniers, Cuyp et Claude euximémes n'ont point réussi à peindre le sol; que Raysdacl et Vander-Velde ont seuls imité la mer— Qu'il y à peu de verité dans leur manière de peindre les cieux, et qu'ils ont mal exprimé Pespace. Kelon lui, les modernes ont icté plus de sentiment de la mer et des cieux dans un seul tableau que la plupart des anciens dans tous les tra vaux de leur vie, Ces derniers avaient aussi un tres grand désavantage dans Je paysage, parce que la géolome n’était point encore née Regardez, dit le Graduë d'Oxtord, l'Italie de Rogers à la vignette de la bataille de Marengo, et vous ne pourrez vous empecher de senûr ue Turner (‘) est aussi wéologue que pemntre. Voyez

(1) Sie William Turner, devenu millionnaire avec son art mort président de PAcadémie fovule

ses Alpes. Les phénomènes géologiques n'apparaissent point dans les Alpes de Claude. Les rochers de Salvator, liosa, ont une couleur impossible.”

Quant à la logique des sciences, elle a été faite et bien faite, et aussi jusqu’à un certain point celle des arts, par Bacon, dans le VNovum Organum, l'Augmentum scientiarum, l’Instauratio Magna, les Impetus Philosophiei. On sait que son principal argument est l’inducton.

La grammaire et l'histoire sont peut-être les seules branches où l'application de la logique ait proprement manqué. Il y reste une infinité de choses dont on ne peut logiquement rendre compte ; on y trouve de fausses inductions et des choses très petites. Par exemple, les grammairiens ont décidé que le masculin est plus noble que le féminin, et le féminin plus noble que le neutre. Cette décision donne lieu à je ne sais combien d'idées fausses. De quel genre est Dieu? Du genre neutre, et par conséquent, il ne faut point dire que le masculin ou le féminin sont plus nobles que le neutre. Mais neutre veut peut-être dire “ qui n’est d’aucun genre” or le neutre est plus genre que le masculin et le féminin, car il comprend un plus grand nombre d'êtres. Il fallait donc dire le sexe masculin, le sexe féminin, et les êtres qui n’ont point de sexe, d'autant plus que le masculin et le féminin ne feraient tout au plus qu'un genre : homanis appellatione tam fœminam quam masculum contineri non dubitatur, dit le jurisconsulte Gaïus, aussi bien que Papinien. La mauvaise subtilité grammaticale dont il s’agit ici, a été d’une plus grande conséquence qu’on le pourrait croire. Durant longtems les femmes ont été tenues dans le servage et l’infériorité, et sous Louis XTIT encore, un auteur qui aurait été hué sous Louis XIV, disait dans un traité sur les Droits Honorifiques, qu'une femme mème de la plus haute qualité devait marcher derrière tous les hommes dans les cérémonies publiques, parce que de par les grammairiens, le masculin est plus noble

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que le féminin. Partant de ce point de départ, il devait faire en lui-même ce raisonnement: Quod est minus nobile est ignobile ad minus relative ad id quod est nobilius, et il renvoyait ainsi les princesses derrière les journaliers.

La raison nous dit que le masculin et le féminin sont précisément aussi nobles l’un que l’autre, parce que la matière est la mème. Le préjugé que le masculin est plus noble que le féminin est fondé sur cet autre prejugé du moyen âge, que la force fait la noblesse. Mais la raison qui nous dit que l’homme et la femme ne sont pas plus nobles l’un que l’autre, nous enseigne de plus que l'homme qui représente ce qui est grand et fort, doit des égard à la femme, parce qu’elle représente le beau et le gracieux. “ Dans le rapport des sexes, dit Emmanuel Kant (‘) l’homme se perfectionne comme homme, et la femme comme femme. Dans ces situations relatives. tout débat de supériorité est déplacé.”

La philosophie infidele a appliqué une fausse logique à l’histoire, qui est devenue discutante depuis Hume et M. de Voltaire jusqu’à Michelet, Nicbuhr et Sismondi, de racontante qu’elle est nécessairement selon sa vraic logique.

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