SCOLIE IV
M. de St, Albin a donné pour exemple du dilemme ee raisonnement cité dans la plupart des logiques, sans être pour cela plus solide :
Où vous savez ce que vous dites, où vous ne le savez pas
Ni vous savez CG que vous dites, on peut donc savoir quelque chose,
Si vous ne savez pas ce que vous dites, vous avez tort d'assurer qu'on ne peut rien savoir, Car on ne doit point assurer Ce Qu'on ne sait pas.
Tous les termes d'un argument doiveut être ciairs : 161, 1is sont obscurs.
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ne radolez pas ie dilemme n’est qu'une impertinence.—1 n'est pas plus concluant si le sens est, vous avez la scienci de ce que vous diles où non : Je crois qu’'Emmanuel Kant ne se serait point trouvé décontenancé de si peu de chose, et qu’un pyrrhonien se serait contenté de repon dre : Par pitié pour vos subtilités, je vais convenir avec vous qu’on peut savoir une seule chose, c’est que lon ue peut rien savoir, La dispute n'est qu'une dispute de mots. —Les athées, dit De Luc, dans sa philosophie de Bacon, soutenant que l'Univers a pu se produire lui-méine tel qu’il est, on a toujours pû démontrer contre eux qu’ils ne le prouvaient pas: ainsi ils n’opposaient rien de réel à l'opinion de tous les hommes, qu’une cause intelligente, créatrice de Univers s'était révélée aux premiers hommes, Mais le cas était différent à l'égard des sceptiques qui ne nient ni affirment rien.
M. de St, Albin aurait dû avoir en pensée ce qu’il a dit une page plus bas: “ Le dilemme n'est pas concluant quand les prémisses ne sont pas appuyées de raisons solides. [ faut qu'il n’y ait d’autre parti à prendre que l’un des deux qu’on y propose.”
Si la logique n'avait point contre les sceptiques d’au tres armes que ce dilemme, ce serait bien le lieu de dire : Logica caligo, logica nugeæ.
L'existence de la Divinité se démontre par des argu mens connus, La vérité du christianisme peut se démon trer par la méthode syllogistique. En eftet, la résurrection ect le fondement du christianisme, dit Saül ou Paul, et cela est assez clair: Sè christus non resurrexit vanus est christianismus. De là le raisonnement suivant :
Ni la vie du second Josué est authentique dans ses détails, la résurrection est un fait véritable.—Prob, min. c’est-à-dire, que la vie de N. $. est authentique, par les écrits des grands écrivains de l’église, Augustin, Lactance, Tertullien, Bossuet, Suarez, et par ceux des philo sophes qui ont démontré l'harmonie des sciences et de la
religion, tels que Bacon, Newton, Cuvier, Buckland, De Luc, Passot, Wiseman, Young, Arago, Champollion,
Mais, dira-t-on, la difficulté pratique est précisément de faire lire la preuve. Notre méthode n’en est pas moins la seule infaillible pour ceux qui ne sont pas con: vertis par les voies extraordinaire, comme le Napolitain De Concilis et le juif De KRatisbonne, La question de l'autre vie vaut bien la peine d’un épichéremo un peu long, et si le sceptique ne veut pas le faire, ce n’est pas à à la méthode qu'il faut s'en prendre, mais à lui, qui à jugé sans entendre et à qui, au reste, il est rare qu ’on ne puisse pas appliquer ces paroles du poëte: Video meliora, prohoque, deteriora sequor.