‹ Essai de logique judiciaire [microforme]Chapitre 28 sur 35 · SCOLIE VI · texte numérisé non relu

SCOLIE VI

Mais les pierres dans une carrière sont-elles meubles ou immeubles ?

M. de Laurières a posé la question avec beaucoup d’érudition pour le tems où il vivait Mais aujourd’hui, cette érudition est devenue plus que ridicule, car depuis qu'on a étudié la croute terrestre on ne peut plus sérieusement chercher une solution de la question var les moyens qu ‘a pris ce jurisconsulte en marchant sur les traces des Romains. Il cite le jurisconsulte Ulpien, qui dit qu’il y a des lieux où les picrres renaissent, et Mar-

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clen qui, selon lui, établit la mème chose dans la loi 8ème du Digeste De acquirendo rerum dominio. Enfiu Ortizius, voyageur en Espagne, dit qu'il ÿ a vu un roc d’où l’on avait extrait de la pierre en assez grande abondance pour bâtir une ville, et qui cependant 1 ne diminuait pas.

M. de Laurières cite ces autorités pour décider si les pierres que l’on tire des carrières sont des fruits où non. En effet, si ce sont des fruits, la question est toute décidée, car il faut alors traiter les pierres comme les autres fruits: et selon lui, elles sont fruits dans les lieux où les pierres renaissent, chose bien extraordinaire, et qui cependant était encore répétée par Boucher d’Argis en 1784.—1] était permis à des jurisconsultes, Romains d'ignorer une science qui n’a été connue que si tard, mais, de nos jours, de telles hypothèses sont ridicules.

C’est le lieu d'observer que l’on croit que les pierres ont été d’abord en fusion et proviennent particulièrement de la chrystallisation de divers sédimens avec l'eau. On cite dans le livre intitulé Vestiges of Creation, un curieux passage de Sir John Herschell, ayant rapport avec cette formation des pierres.

Les pierres peuveni-elles renaître autrement qu'en ce sens, qu’il peut se former de nouveaux strata après un long laps de tems, ou une chrystallisation nouvelle de nouveaux sédimens avec l'eau? M. de Laurières à entrevu que non aux pages 239 et 40 de son premier volume, que nous avons eu autrefois sous la main. Il est donc difficile de considérer les pierres comme des fruits, et Lebrun est très raisonnable quand il dit que les pierres font partie du fonds d'où elles sont tirées, qui diminue par conséquent de valeur.

M. Doucet, dans ses Principes Fondamentaux des Lois du Canada, a suivi l'opinion de Férière, qui dit que les pierres tirées d’une carrière sont meubles quoique encore sur les lieux, Boucher d’Argis et Laurières, suivant les

Romains, sont de l’avis de Lebrun, excepté toujours le f2

cas où les pierres renaissent; r.ais comme elles ne renais sent pas more fructuum qnand même “l’on serait sage comme les Romains, qui no fesaient pas des trous profonds pour tirer les pierres avec des roues, et l’on ne bouleverserait pas les terres en telle manière qu’il est impossible qu’elles puissent reproduire des pierres qu'après un grand nombre de siècles, comme autour de Paris”... comme ces avancés, disons-nous, sont aujourd’hui mal placés dans les livres, et que les pierres ne peuvent être considérées comme des fruits qui renaissent régulièrement, on voit de suite de quel côté est la raison, La décision que nous donnons ici peut servir pour décider touchant les produits des ardoiseries, des mînes de charbon, etc., etc,

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