PRÉFACE. XIX
des thèses désormais impossibles à soulenir, en changeant les preuves des thèses à retenir, en proportionnant ses moyens d'attaque et de défense à ceux de l'ennemi.
Dans cet état de choses, je ne vois donc que l'un ou Tautre de deux partis à prendre : ou restreindre l'enseignement officiel des établissements secondaires aux matières étrangères à la métaphysique, réservant ces dernières pour l'enseignement supérieur; — ou, si l'on ne peut consentir à un départ d'ailleurs fort naturel, élargir le cercle où jusqu'ici l'enseignement secondaire s'est circonscrit, je veux dire lui laisser la liberté de spéculation que comporte le développement actuel de l'esprit et des doctrines philosophiques.
De ces deux partis le premier me semblerait, dans l'état présent de notre société, le plus sûr et le plus facile. J'en ai dit ailleurs les raisons.
Dans le travail que je publie aujourd'hui, je n'ai dû être retenu par aucune difficulté de ce genre, par la raison que mon livre est indépendant de nos programmes, et qu'il n'est ni élémentaire ni classique.
J'ai d'ailleurs l'intime et profonde persuasion qu'il n'est pas bon de finasser avec la vérité; qu'en définitive elle est toujours salutaire, de même que l'erreur ne peut être, en fin de compte, que pernicieuse. Le seul culte qui convienne à l'ami du vrai, est la sincérité la plus entière.
On s'apercevra, je l'espère, par la manière même dont j'ai exécuté mon œuvre, que je n'ai pas plus péché par un abandon trop facile à de premiers et trompeurs