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tomac : les ulcérations seraient donc dues au traumatisme expérimental et non à l’action trophique du nerf. Par ailleurs, on ne s’explique pas pourquoi la vagotomie provoquerait des ulcérations alors que la continuité du vague n’est jamais interrompue chez les ulcéreux. Bien plus, la vagotomie pratiquée dans un but thérapeutique a donné de bons résultats à Bircher, Stierlin, puis, plus récemment, à Wertheimer et à Gaudier. Quant au traitement par l’atropine qui réalise en quelque sorte la section physiologique du vague, il n’a jamais donné lieu à la production d’ulcérations d’origine trophique. D’autre part, les troubles trophiques observés par Cade, outre qu’ils ne concluent pas à la présence d’ulcérations, nous paraissent être l’expression histologique de l'arrêt de la sécrétion gastrique consécutive à la vagotomie.
Aussi pourrait-on être tenté d'attribuer non pas à la section, mais bien à l'excitation du vague, la genèse d’ulcérations gastriques. Or, Bircher a montré que le syndrome vagotonique pouvait exister sans localisation ulcéreuse chez des malades qu’on a pu appeler des ulcéreux sans ulcère. Leriche, enfin, a pu déduire des interventions qu’il a pratiquées que «la zone d’ulcère est apte sans la moindre excision à la réunion par première intention », ce qui prouverait que « l’ulcère de l’estomac, même le plus invétéré, n’est pas un ulcère trophique ».
Nous sommes done portés à conclure qu’il n'existe pas d’ulcérations trophiques d’origine vagale; on ne peut comparer l’ulcère de l’estomac au mal perfo-
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rant plantaire. Sans doute, l'insuline a pu être employée avec d’assez bons résultats par Cade et Barral; son rôle eutrophique n’en est pas pour cela démontré, puisque Dimitrakoff aurait obtenu des succès analogues avec des extraits pancréatiques désinsulinés.
Enfin, on a constaté à l’autopsie de certains malaces, atteints de méningite ou de tumeur du cerveau, des ulcérations gastriques que l’on a pu rapporter dans ces cas à une lésion du système nerveux central. Ces ulcérations, véritables épiphénomènes au cours de maladies mortelles par elles-mêmes, ne peuvent être comparées aux processus ulcératifs susceptibles d'évoluer secondairement vers l’ulcère.
Du SIÈGE ÉLECTIF DES ULCÉRATIONS AU NIVEAU DE CERTAINES RÉGIONS DE LA MUQUEUSE GASTRIQUE.
La localisation des ulcères au niveau de certaines régions de l’estomac et par là même des ulcérations qui les ont précédés, semble pouvoir être expliquée à laide de données histo-physiologiques.
C’est ainsi qu'avec Debeyre on peut diviser l’estomac en deux parties : le fond et le pylore. C’est au niveau du fond que se trouvent les glandes formées de cellules principales et de cellules bordantes, ces dernières élaborant l’acide chlorhydrique; le pylore renferme des glandes uniquement composées de cel-
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lules principales auxquelles est dévolue la sécrétion de la pepsine. A cette différenciation histologique correspond pour Heidenhain et Klemensiewicz une différence de réactions chimiques : la sécrétion des glandes pyloriques est toujours alcaline, celle des glandes fundiques est acide. Pathologiquement, Cogniaux, ayant examiné 45 coupes d’ulcères gastroduodénaux, a constaté que dans 40 cas l’ulcère siégeait dans la région pyloro-duodénale à sécrétion nettement alcaline. Dahl est arrivé à des conclusions voisines à la suite de constatations d’ordre différent : s'inspirant des travaux de Jouvenel d’après lesquels existeraient au niveau de la région pylorique et de la petite courbure des îlots aberrants de muqueuse intestinale avec glandes de Lieberkühn, il en a induit que c’étaient là des points de moindre résistance favôrisant le développement de l’ulcus. On a en effet constaté à l’examen de coupes d’ulcères, la présence au niveau de leurs bords de glandes à type intestinal. Cette théorie ferait donc des ulcéreux de véritables prédestinés puisqu'elle suppose l'existence préalable, congénitale de zones de moindre résistance au niveau de la muqueuse gastrique. Ce sont d’ailleurs ces mêmes régions de l’estomac qui, nous l'avons vu, sont considérées par certains auteurs américains
comme étant moins richement vascularisées.
On pourrait être tenté d’invoquer également que le suc gastrique n’est pas neutralisé par la régurgitation alcaline duodénale qui, pour une cause anormale, serait supprimée. — Cette thèse, née en Europe cen-
trale, a donné lieu à des déductions thérapeutiques spéciales. Nous ne pensons pas qu’elle corresponde à la majorité des cas observés; en particulier, elle n’explique pas la raison et la cause de l’hyperchlorhydrie.
Nous croyons plutôt que les ulcérations se localisent de façon élective au niveau des régions les moins résistantes de par leurs fonctions physiologiques, à savoir celles dont les glandes, formées uniquement de cellules principales, n’ont qu’une sécrétion alcaline.