‹ Essai de Pathogénie de l'Ulcère de l'EstomacChapitre 37 sur 41 · LAS · texte numérisé non relu

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thérapeutique analogue quand. on soumet l’ulcéreux en période de crise à la diète totale ou hydrique ou même au régime lacté intégral ? Pareil régime est censé devoir mettre l'estomac au repos; en réalité, il nous semble qu’il a surtout pour effet de diminuer de façon très appréciable l’apport des chlorures alimentaires et par là-même de tarir la sécrétion de l'acide chlorhydrique. En outre, la suppression concomitante des substances peptogènes amène la diminution de la propepsine : celle-ci, au contact d’un suc gastrique appauvri en acide chlorhydrique, ne pourra être transformée en pepsine.

En dehors des périodes de crises, on permettra un régime très peu sévère à la condition toutefois de supprimer l'apport dés chlorures alimentaires : le régime déchloruré, tel qu’on le prescrit au cours des néphrites hydropigènes, suffira sans doute à ramener l'acidité à un taux sensiblement normal.

b) Action sur le vague.

L'hypervagotonie, cause d’hypersécrétion, qu’elle soit acquise ou constitutionnelle, relève d’une thérapeutique symptomatique et étiologique.

L’atropine est la médication symptomatique de choix. Administrée de préférence par voie buccale plutôt que par voie sous-cutanée, elle réalise la section physiologique du vague : elle agit sur les spasmes, l’hypersécrétion et, par la diminution de celle-ci, favorise la leucopédèse gastrique. Cette leucopédèse, sur laquelle ont insisté Loeper et Marchal, combat l'infection si souvent greffée sur l’ulcère et

concourt à la cicatrisation des lésions. Cependant, il est des cas où l’action spécifique de l’atropine ne sera pas toujours aussi évidente : on pourrait alors supposer que son action inhibante ne peut contrebalancer l’action excitante du processus toxique ou infectieux, facteur de la névrite vagale.

Le traitement étiologique de la névrite du pneumogastrique sera avant tout dirigé contre l’infection qui est à sa base. Si les éléments du syndrome hypervagotonique ne sont pas au complet, bien plus, si les seuls signes observés sont constitués uniquement par l’hypersécrétion et les spasmes, on pourra penser à une hypervagotonie segmentaire radiculoterminale à point de départ gastrique. L’hyperleucocytose, constatée à différentes reprises chez un même malade, ou encore la positivité de l’intradermoréaction au streptocoque par exemple, plaideront en faveur de l'infection originelle. On pourrait utiliser alors la vaccination spécifique; il semble toutefois que l’emploi thérapeutique de protéines banales, nullement spécifiques telles que la caséine, le gluten, le lait total, la peptone, la novoprotine, ait donné de bons résultats; de même la « Vakzinneurin » de Holler, autolysat de bacillus prodigiosus et de staphylo-

- coque. Quant au traitement par l'insuline ou par les

extraits pancréatiques désinsulinés, a-t-il une action réellement spécifique ou ne peut-on homologuer celleci à un simple choc protéinique ? Tout récemment, Loeper, Debray, Michaux et Mile Sainton ont rapporté les résultats favorables obtenus au moyen d’in-

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jections de solution de pepsine associée au benzoate de soude. Pour ces auteurs, cette méthode combine à la fois la protéino et l’endocrinothérapie : la pepsine, étant un « colloïde positif >, remplace albumines et vaccins tout en ayant le même pouvoir de choc. Le choc humoral ainsi réalisé a vraisemblablement pour effet de déclancher après une phase initiale de leucopénie, une hyperleucocytose salutaire agissant sur le processus infectieux greffé au niveau du vague.

Si l’hypervagotonie paraît pouvoir être rattachée à une cause humorale, on pensera alors à la syphilis : la recherche des antécédents cutanés et muqueux, celle des stigmates cliniques et humoraux de la spécificité, enfin, l’action favorable du traitement d’épreuve, confirmeront cette hypothèse.

Si l’on en arrive à porter le diagnostic d’hypervagotonie constitutionnelle, il sera plus difficile de faire la preuve de son origine. En plus du traitement symptomatique par l’atropine, on tentera de rechercher et de traiter la cause vraisemblablement endocrinienne du déséquilibre neuro-végétatif.

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