‹ Essai de phonétique avec son application à l'étude des idiomes AfricainsChapitre 14 sur 56 · A. — VOYELLES ORALES · texte numérisé non relu

A. — VOYELLES ORALES

Les voyelles orales sont celles que Ton prononce de la bouche seulement. — Si nous nous contentons des moyennes, nous pouvons, en les énumérant, les ramener à sept types principaux : a, e, i, Oy u, œ, ii. Ce sont celles que Ton retrouve partout, en tout ou en partie, avec des différences plus ou moins marquées dans le degré d'ouverture ou de fermeture.

Autour de chacune de ces voyelles fondamentales^ nous pouvons grouper une infinité de degrés diversement nuancés, constituant tout autant de voyelles distinctes, dont nous retrouverons tel ou tel représentant à travers la grande variété de langues parlées dans les cinq parties du monde. Mais il est préférable, pour faciliter les recherches^ de limiter la distinction pour chacune des voyelles fondamentales à trois degrés principaux.: la variété ouverte , et la Yznéié fermée de la voyelle moyenne.

S'il est vrai que chaque idiome n'emploie qu'un nombre restreint de voyelles, et les choisit assez tranchées pour ne pas craindre de les confondre entre elles, on peut aussi nous faire observer qu'il est possible de rencontrer dans une langje particulière, non pas précisément les variétés ouvertes, moyennes ou fermées^ que nous avcyis prises ici comme repères, mais les intermédiaires à ces mêmes degrés, intermédiaires que nous sommes impuissants à

— 5» représenter convenablement. On nous objectera^ par exemple, qu'un à ouvert anglais n*a pas le même degré qu'un d ouvert français. A cela nous répondrons que la notation, voyelle ouverte, voyelle moyenne, voyelle fermée, conserve toujours sa valeur pour les trois principaux degrés d'ouverture d'une même voyelle dans une même langue. De plus, nonobstant l'écart, qui ne peut être considérable, entre la gamme des timbres d'une langue donnée et la gamme indiquée ici comme repère, il nous semble toujours possible et relativement facile d'indiquer dans un avis le sens et la valeur de l'écart de telle ou telle voyelle sur la voyelle portant la même notation dans une autre langue.

La distinction entre voyelles ouvertes et voyelles fermées, correspond réellement à une plus ou moins grande ouverture de la bouche, comme nous allons pouvoir le constater dans une étude plus approfondie de chacune d'elles.

Considérons d'abord les voyelles normales.

Nous avons une première voyelle, Va moyen, qui est une voyelle neutre. C'est celle que nous prononçons avec le minimum d'effort, la bouche moyennement ouverte, la langue légèrement bombée en son milieu sans pour ainsi dire avoir quitté la position de repos.

En prenant Va moyen comme point de départ, nous formons deux séries divergentes de voyelles normales : i° les antérieures^ appelées encore antérieures non labiales^ palatales^ linguales ; 2* les postérieures, dites aussi vélaires^ ou encore labiales.

Les antérieures sont à^ è^ e, é, t, i, i. De à en Ha langue s'avance de plus en plus, en même temps que sa partie médiane se relève vers le palais : d'où les noms de pala^ taies, linguales et antérieures. Les lèvres gardent la position neutre pour les voyelles moyennes, écartent leurs commissures pour les autres en même temps qu'elles

donnent le maximum d*ouverture pour les voyelles ouvertes et le minimum pour les voyelles fermées.

Lt% postérieures sont i, à, Oy o, n, u, ii. De à en û la langue se retire de plus en plus, en relevant sa base vers le voile du palais, en même temps que sa partie antérieure se creuse en gouttière, ce qui justifie leur nom de vélaires ou postérieures. De plus, les lèvres écartées en fente et légèrement contractées pour à s*allongent et s*arrondissent en couloir pour les auttes, l'ouverture de la bouche allant en diminuant de plus en plus de a jusqu'à ». De là^ Taspect général des voyelles â, o^ o, 6^ //, u, n, comparées avec les antérieures, nous montre une fermeture caractéristique des lèvres, d'où le nom de labiales.

D'après les données précédentes, il est possible de présenter comme il suit le tableau des voyelles normales :

ot^

litige

a moyen ou neutre

On saisit très nettement le déplacement de la langue en arrière, en prononçant successivement un i puis un u.

Si nous nous contentons de faire figurer dans notre diagramme les trois voyelles normales extrêmes, «, /, u.

nous voyons que e doit occuper la position intermédiaire entre a et /, que o doit tenir le milieu entre a et u, et nous réalisons la figure ci-dessous :

Elle nous fait comprendre commenta doit être le produit de la contraction de ai, et o celui de la contraction de au. Les deux voyelles extrêmes a et i', a et m, en se rapprochant Tune vers Tautre, atténuent leurs caractères opposés pour prendre une position moyenne; de là leur fusion intime.

Les voyelles œ et û sont dites anormales^ parce qu*elles réunissent les caractères opposés des antérieures et des postérieures. Pour les prononcer, la langue s'avance en redressant sa pointe comme pour les antérieures, pendant que les lèvres s'arrondissent comme pour les postérieures : œ tient le milieu entre ^ et ^ ; t^ se place entre u et /.

Le tableau complet des voyelles orales se présente maintenant sous la forme suivante :

moyen a ou neutre

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