‹ Essai de phonétique avec son application à l'étude des idiomes AfricainsChapitre 15 sur 56 · ANTÉRIEURES NON LABIALES · texte numérisé non relu

ANTÉRIEURES NON LABIALES

(normales)

ANTÉRIEURES LABIALES (anormales)

POSTÉRIEURES OU LABIALES (normales)

On observe enfin que les sons vocaliques tendent à se distinguer les uns des autres par un timbre d'une hauteur différente : telle voyelle affecte de préférence un timbre grave, telle autre un timbre aigu.

Si nous rangeons les voyelles sur une gamme, dont le premier son u {ou) soit le plus grave, et le dernier ^le plus aigu, nous aurons la disposition suivante :

La démonstration, obtenue au moyen des instruments enregistreurs, confirme l'observation des musiciens, qui trouvent plus de facilité à donner une note grave sur les voyelles « et o que sur la voyelle i.

Quand on veut étudier les voyelles à ce dernier point de vue, il est préférable de les chuchoter, ce qui empêche d'élever ou de baisser inconsciemment le ton de la voix. Dans la voix chuchotée, le son fondamental étant supprimé les harmoniques seuls dominent, et, comme ce sont précisément eux qui modifient la hauteur du timbre vocalique, l'observation en devient plus aisée.

La raison de l'élévation progressive de la tonalité des voyelles de u à i', nous est fournie par les données de l'acoustique. On sait en effet que les tuyaux sonores, tuyaux d*orgue par exemple, rendent un son d^autant plus aigu qu'ils sont plus courts et plus étroits. Or c'est précisément ce que nous remarquons dans l'organe vocal en position de /, la voyelle aiguë : les lèvres se serrent contre les dents, les coins de la bouche s'étirent, en même temps que le larynx remonte et que la langue s'avance, occupant ainsi le maximum de place, de façon à diminuer le plus

— 5^ — possible la capacité de la chambre de résonance. La même chambre de résonance va ensuite en s'agrandissant progressivement jusqu'à r», la voyelle grave, pour laquelle les lèvres s'allongent en s'arrondissant, pendant que le larynx s'abaisse et que la langue creusée en gouttière se retire vers le palais mou, en sorte que le résonnateur atteint ici son maximum de longueur.

La question se pose maintenant de savoir s'il y a correspondance entre les voyelles graves ou aiguës de la phonétique expérimentale et les voyelles auxquelles la grammaire donne aussi ce nom. 11 n y a parité des termes que pour deux voyelles de la série antérieure, où :

è ouvert = è grave, /fermé = /aigu,

i ouvert = i grave, f fermé = ^aigu.

Les autres voyelles sont en désaccord :

à ouvert = a aigu, à fermé = à grave, d ouvert = 6 aigu, û ouvert = û aigu, œ ouvert = œ aigu, ù ouvert = U aigu.

La raison de cette anomalie, c'est que, dans la série labiale, le tuyau sonore s'alloqge de la variété ouverte à la variété fermée, ce qui donne pour cette dernière un tuyau plus long, et» par suite, un son plus bas (i).

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